Le carême : un rajeunissement du cœur

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Édytorial de la revue diocésaine de février 2017, par le père Joël Rignault, vicaire général.

Il arrive que la maladie rende rigide toutes les articulations. Cela est souvent source d’une grande souffrance et réduit considérablement la mobilité. Cette difficulté physique qui paralyse progressivement la personne peut se transposer pour ce qui concerne la rigidité spirituelle qui paralyse petit à petit la personne. Progressivement, il n’est plus possible de pardonner, il n’est plus possible de partager, plus possible de rendre service, plus possible de tourner le regard vers l’autre, parfois même plus possible de tourner le regard vers le Seigneur. Le drame réside dans le fait que cette paralysie spirituelle s’installe progressivement et de façon silencieuse.

Le rendez-vous du Mercredi des Cendres sonne comme un réveil collectif et personnel. Le texte du prophète Joël qui est proposé par la liturgie de ce jour est un appel à une mobilisation générale. Du nourrisson à la personne âgée, du mendiant au dignitaire, tous sont appelés à cette démarche de pénitence. Effectivement, il est nécessaire de s’encourager ensemble à cette demande de réveil. Il n’est jamais facile d’accepter lucidement qu’une conversion soit utile au plan collectif comme au plan personnel. Le Mercredi des Cendres, une démarche collective est proposée : recevoir les cendres et une parole qui est un appel : "convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle" ou "souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière". Autrement dit : "aujourd’hui tu es vivant alors libère-toi de tes paralysies" ! 

Ces dernières années, je remarque que de nombreuses personnes, de nombreuses familles ont bien compris que, quand bien même c’est un mercredi, au cœur de la semaine de travail, que ce rendez-vous a lieu ; manquer cette première étape, c’est prendre le risque de manquer cette belle occasion annuelle de rajeunir son cœur. Le CCFD-Terre solidaire et bien d’autres nous aident à rajeunir notre façon de penser et notre façon de voir les pauvretés de ce monde. La progression offerte par les liturgies des dimanches de Carême nous donne la chance de nous assouplir spirituellement, c’est-à-dire de tourner notre regard vers le Seigneur, de tendre les mains vers ceux qui ont besoin de soutien, d’aller à la rencontre de nos frères dans la foi ou de nos frères en humanité. Notre diocèse sera en mesure d’offrir dans différents endroits des chemins du Pardon. 

Vous êtes de plus en plus nombreux à vous rendre à ce rendez-vous qui permet de faire de nous des personnes remises debout par le Christ. Souhaitons donc que, soutenus par les différentes propositions du diocèse, notamment la retraite à domicile, celles faites par nos paroisses ou nos mouvements, nous profitions amplement de ce beau rajeunissement du cœur qu’est le Carême. 

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