Être disciple et témoin pour servir l’Évangile

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Édytorial de la revue diocésaine de mai 2017, par Mgr Hervé Giraud.

“Ressuscités avec le Christ” (Col 3,1) les chrétiens tracent, depuis vingt siècles, une route d’humanité avec foi, espérance et amour. Sur ce chemin vers la Jérusalem céleste, Dieu nous a rejoints et, aujourd’hui encore, il nous soutient et nous conduit. Il nous réserve aussi des surprises, comme autant de moments d’Emmaüs où nous devenons un peu plus chrétiens, prêts à mieux Le reconnaître à la fraction du pain et prompts à L’annoncer à des frères… déjà prévenus : “À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent : “Le Seigneur est réel­lement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre”. (Lc 24,33-34).

Aujourd’hui plus que jamais, il faut nous encourager à devenir tous davantage chrétiens, en Église, pour le service du Christ en ce monde. En 2001, lors de la rencontre des Séminaires de France, j’entendais le cardinal Billé nous expliquer : “Le défi des défis, c’est la foi en Jésus-Christ. Cette question fondamentale nous concerne nous, les chrétiens, et notre foi. Jusqu’où sommes-nous chrétiens ? Notre problème missionnaire le plus sérieux n’est pas celui des non-chrétiens et des non-baptisés ; c’est celui des chrétiens eux-mêmes qui doivent être aidés à croire davantage dans le Seigneur Jésus. Dans l’Europe d’aujourd’hui, la priorité n’est pas tant de baptiser les convertis que de convertir les baptisés”.

Ces propos me semblent d’autant plus d’actualité que cette démarche est à notre portée. L’Évangile doit être prêché par l’Église, et avant tout dans l’Église ; annoncé par nous mais avant tout vécu par nous, fidèles du Christ, témoins du Père miséricordieux, animés par l’Esprit qui nous aide à marcher dans la foi, et non dans la claire vision. Le pape François ne dit pas autre chose quand il affirme que “le monde réclame des évangélisateurs qui lui parlent d’un Dieu qu’ils connaissent et fréquentent comme s’ils voyaient l’invisible” (Evangelii Gaudium, 150).

L’évangélisation n’est donc pas synonyme de stratégie mais de conversion intérieure, ce qui n’élimine nullement la nécessité de changer aussi les structures injustes de ce monde.

Comme l’indique la Mission de France, il nous faut travailler à la “justesse de l’attitude chrétienne”. Celle-ci se manifeste dans une manière d’être présent­ dans les milieux de travail et dans la vie ordinaire. Dans la foi, l’espérance et la charité, des attitudes évangéliques doivent être privilégiées par les témoins du Christ : la rencontre, le dialogue, la présence fidèle, la réciprocité, l’écoute, l’altérité, la gratuité, la prière ordinaire, la fraternité universelle.

Ayons la passion de vivre l’Évangile dans cette même proximité que Jésus a vécue avec les gens de son temps. 

Mgr Hervé Giraud

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