La paroisse, une cellule de Miséricorde

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Édytorial de la revue diocésaine de février 2016, par Mgr Hervé Giraud

Saint Martin, évêque de Tours dont nous fêtons le 17e centenaire, introduisit non seulement le monachisme en Gaule mais inspira la création de ce qui devint très vite des paroisses. Aujourd’hui plus de 250 communes portent son nom en France et plus de 3 700 églises sont placées sous son vocable. En remplaçant les sanctuaires païens par des églises, saint Martin évangélisa les campagnes alors que la foi chrétienne était encore essentiellement vécue dans les villes. Peu à peu naîtront les paroisses groupant le plus souvent les fidèles autour d’un seul clocher. Or, le 2  février 2016 ont été érigées 31 paroisses dans l’archidiocèse de Sens & Auxerre (prochain dossier d’EDY, en mars 2016), occasion de revenir sur l’histoire et le sens de la paroisse.

Car la situation a aujourd’hui changé. Le concile Vatican II n’évoque la paroisse ni dans Lumen Gentium ni dans Gaudium et Spes mais seulement dans la Constitution sur la liturgie  : “L’évêque doit nécessairement constituer des assemblées de fidèles parmi lesquelles les plus importantes sont les paroisses, organisées localement sous un pasteur qui tient la place de l’évêque  ; car, d’une certaine manière, elles représentent l’Église visible établie dans l’univers”. Et ce dernier concile demande de travailler à ce “que le sens de la communauté paroissiale s’épanouisse, surtout dans la célébration communautaire de la Messe dominicale”.

En 1983, le pape Jean-Paul II promulguant le dernier acte du concile, le Code de droit canonique, précise qu’une paroisse n’est pas d’abord un territoire mais une communauté  : “La paroisse est la communauté précise de fidèles qui est constituée d’une manière stable dans l’Église particulière, et dont la charge pastorale est confiée au curé, comme à son pasteur propre, sous l’autorité de l’évêque diocésain.” (Canon 515 § 1). Il revient alors à l’évêque diocésain d’ériger, de supprimer ou de modifier les paroisses. C’est ce qui vient d’être fait dans notre diocèse non sans avoir expérimenté au préalable les regroupements paroissiaux, consulté au niveau paroissial et réfléchi avec le conseil presbytéral.

Désormais de nouvelles Équipes d’Animation Paroissiale seront créées ou renouvelées. Leur Statut sera bientôt promulgué afin de favoriser la participation de tous les fidèles (cf. Canon 519)  : la collaboration d’autres ministres ordonnés et la participation active des fidèles laïcs ne sont pas facultatives mais bien inhérentes à l’exercice même de l’office du curé.

Tout ceci n’a de sens que pour l’évangélisation. Le pape Benoît XVI demandait que l’Église ne s’institutionnalise pas trop. En maintenant “sa propre organisation administrative aussi légère que possible”, en s’appuyant sur ce minimum paroissial, l’Église diocésaine pourra alors “sortir et aller chercher les personnes là où elles vivent, où elles souffrent et où elles espèrent” comme le demande le pape François. La paroisse n’a en effet de sens que pour être cette “cellule de miséricorde” afin que le monde croie.

Mgr Hervé Giraud,
Archevêque de Sens & Auxerre

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