L'Église est communication

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Édytorial de la revue diocésaine d'avril 2017, par le père Joël Rignault, vicaire général.

C'est bien une Bonne Nouvelle qui nous anime et nous porte à prendre la parole. L’Église ne cherche pas d’abord à trouver une technique efficace pour commu­ni­quer, elle cherche à être présente et prendre la Parole selon la façon d’être du Christ tel que nous le rapportent les Évangiles.

Les Évangiles nous mettent en présence du Christ qui est accessible, que l’on peut approcher, même si parfois la foule fait rempart. Le Christ a “l’oreille fine”, le regard aiguisé, le cœur attentif au point de comprendre ce qui se passe dans le cœur de ceux qui l’approchent. Il perçoit les fermetures, les appels à la guérison, les disponibilités à le suivre. Notre prière est bien que nos communautés chrétiennes, chacun de nous, reçoivent cette grâce de la perspicacité, de la finesse du cœur pour pressentir, comprendre­, accueillir.

Nous ne pouvons pas quitter l’école du Christ si nous voulons vraiment être Église du Christ. Si nous souhaitons être présents dans notre société et prendre la Parole. Il s’agit bien d’un mode de présence selon le Christ et cela peut faire peur. Le lieu où par excellence Dieu révèle l’intensité de son amour, c’est la Croix. La Croix est le moyen de communication que Dieu a choisi pour nous révéler combien il traverse la condition humaine jusqu’à la mort, mais aussi combien il veut la vie et la vie éternelle pour tout homme.

Jésus-Christ a pris les moyens pour nous préparer à comprendre l’enjeu de ce qui se vit dans la semaine de la Passion. Il marche sur les eaux, domine la tempête, guérit le paralytique, relève de la mort son ami Lazare. Il parle fréquemment en parabole pour nous mettre dans la direction du Royaume. Ses paroles et ses actes sont l’école de la communication offerte à notre Église.

Nous utilisons les radios, la presse, internet pour prendre la parole. Nous nous rencontrons lors des liturgies, autour du livret diocésain pour approfondir notre foi, mais tout cela il nous faut le suivre selon l’école de communication qu’est l’Évangile. Imaginons un seul instant que nous ayons de hautes compétences dans les techniques internet, la presse, le management de réunions sans qu’il y ait en nous le désir d’aimer à la façon du Christ, le désir de se donner, de vivre la fraternité, de se pardonner, de porter ensemble les souffrances, les fragilités. Une telle technicité qui prétendrait se vivre en s’émancipant de l’école du Christ sombrerait dans une propagande qui oublierait par exemple facilement la liberté intérieure des personnes. Nous ne sommes que l’Église qui atteste que le Seigneur fait route avec nous au long de notre histoire pour nous orienter vers l’Espérance.

J’aime à redonner la parole du saint Père qui conclut son message pour la 51e journée mondiale des communications sociales en nous disant : “Le fil avec lequel est tissée cette histoire sacrée est l’espérance, et son tisserand est nul autre que l’Esprit Consolateur. L’espérance est la plus humble des vertus, car elle reste cachée dans les plis de la vie, mais elle est comme le levain qui fait lever toute la pâte. Nous la cultivons en lisant encore et encore la Bonne Nouvelle, l’Évangile qui a été “réédité” en de nombreuses éditions dans la vie des saints, des hommes et des femmes qui sont devenus des icônes de l’amour de Dieu.

Lire le message complet du pape pour la 51e journée mondiale des communications sociales

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