Où est la route du Royaume ?

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Édytorial de la revue diocésaine Église dans l'Yonne de janvier 2018, par le père Joël Rignault, vicaire général.

Elles deviennent rares les occasions où nous sommes conduits à demander de l’aide pour trouver notre direction. En effet, le GPS nous permet de nous passer de l’aide des autres. Nous avons peut-être là une image de ce que peut être la traversée de notre vie sur cette terre : plus besoin des autres, de l’Église, et même parfois de Dieu. Très facilement, nous imaginons que notre cœur est équipé d’un GPS qui nous dispense d’avoir besoin des autres ou même parfois du Seigneur pour orienter notre vie !

Bientôt, nous allons entrer dans la période du Carême. Et loin de moi l’idée de relativiser l’importance de la conscience pour orienter notre vie mais interroger une conscience qui s’autopersuade - sans se laisser toucher par la rencontre des frères, par la Parole de Dieu, la vie en Église, la prière - risque de nous conduire dans des impasses.

En fait, si le Carême est un temps privilégié pour éveiller notre capacité d’aimer à la suite du Christ, et donc orienter notre vie sur la route du Royaume, ce temps ne sera bénéfique que si nous acceptons le risque de la rencontre des frères, du Seigneur, dans la prière, de la rencontre de la Parole de Dieu qui ne se contente jamais de conforter nos a priori. Accepter le risque de la conversion, c’est-à-dire de changer entre le début et la fin du Carême, c’est sans doute la condition pour prendre plus sûrement cette route du Royaume.

Le CCFD qui, pendant le Carême, tient à nous rappeler qu’une terre solidaire ne se fera pas par “miracle”, nous incite cette année à oser des rencontres avec la différence. L’intitulé de la démarche proposée est le suivant : “Avec nos différences, tissons ensemble une terre solidaire”. Cela suppose donc d’accepter la rencontre avec les autres, inévitablement différents dans leurs sensibilités, leurs centres d’intérêt, leurs préoccupations.

Pour consentir à ce dérangement, des mots nous sont proposés : “s’approcher, se laisser toucher, se lier, se donner, s’élever”. Ces mots pourraient nous apparaître comme des abstractions si nous n’avions pas l’exemple du Christ qui rencontre notre humanité. Les Évangiles nous mettent effectivement en présence du Christ qui, plus que de s’approcher, prend notre condition humaine, se laisse toucher lorsqu’il est au cœur de la foule au point d’être saisi de pitié, se lie au point de nous aimer, se donne, s’élève sur la croix.

En fait, si nous acceptons de mettre une fois de plus nos pas dans ceux du Christ, nous aurons l’audace de rencontrer nos frères y compris dans nos différences. Avec Lui, en progressant ensemble dans nos communautés, peut-être même dans nos fraternités naissantes, il nous sera plus facile de trouver la route du Royaume.

Père Joël Rignault
vicaire général

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