S’approcher de l’indicible

Add this
Édytorial de la revue diocésaine de juillet/août 2016, par le père Joël Rignault, vicaire général

Un des grands désirs du croyant, c’est de s’approcher de l’indicible.

Certes, pour le chrétien, le mystère de Dieu n’est pas si silencieux que cela. Dieu se révèle à nous par sa parole et particulièrement par sa parole faite chair en Jésus-Christ. L’évangéliste saint Jean a su déployer cela merveilleusement  : la grande proximité du Christ et son Amour infini. L’expérience que nous pouvons vivre, en faisant oraison, peut nous mettre sur le bon chemin. Les psaumes peuvent nous aider à entrer en dialogue avec le Seigneur.

Si nous désirons nous approcher du réel dans toute son intensité, y compris du réel que nous sommes, du réel de Dieu, il va être nécessaire de s’en donner les moyens. La démarche intellectuelle peut-être d’un grand secours mais elle ne pourra pas se suffire à elle-même. Nous avons souhaité, dans le numéro d’ÉDY de juillet/août 2016 , nous attarder sur la portée de la musique et du chant. Nous aurions pu aisément nous attarder sur l’expérience de l’émerveillement. La période des vacances est souvent propice pour la découverte de nouveaux horizons, de nouvelles cultures. Parfois, nous sommes mieux disposés à nous laisser toucher par le message que nous laisse la beauté de la nature. Le Saint-Père aime à nous dire qu’il s’agit comme d’une “caresse” (Laudato Si n°84) de la part du Seigneur comme une “brise légère” (1R 19, 12) qui se suggère.

La place du chant et de la musique liturgiques peut ainsi être importante pour fissurer les murs de nos certitudes, les remparts que nous avons élevés pour nous protéger de ce que nous ne connaissons pas. Se laisser toucher par une musique ou un chant, au point de réaliser qu’il y a, en nous, plus grand que nous-mêmes, peut être une expérience bouleversante.

La grâce de ceux qui ont une extrême sensibilité musicale au point de nous entraîner sur ces chemins d’expériences spirituelles intenses est inestimable.
Connaître le Christ, s’être approché de sa parole, des sacrements, au point de traduire en musique les fruits de cette rencontre, c’est sans doute une très belle façon d’être apôtre de la Bonne Nouvelle.

Par ailleurs, traduire par la générosité de son chant, de son animation liturgique, de son accompagnement musical, notre désir d’être messager d’une Bonne Nouvelle, c’est également un beau chemin de vie. Dans ce domaine, pour être de bons messagers de la Bonne Nouvelle, il faut évidemment de la technique, donner de son temps, mais il me semble qu’il faut aussi aimer notre Église et se laisser habiter par l’Amour de Dieu.

Merci à celles et à ceux qui traduisent cela si merveilleusement par le chant et la musique sacrée.

Père Joël Rignault,
Vicaire général

Mots-clés associés :
Navigation
Mots-clés associés :