Se questionner dans la confiance

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Édytorial de la revue diocésaine Église dans l'Yonne de septembre 2017, par le père Joël Rignault, vicaire général.

Pour s’approcher de plus près du mystère de Dieu, de ce que nous sommes en profondeur et de notre vocation baptismale, il est nécessaire de développer le goût de la recherche et du questionnement. Mais il faut reconnaître que cette démarche ne nous est pas si naturelle que cela. Certes, dans le développement de l’enfant, on remarque qu’il passe souvent par la phase du questionnement métaphysique. Il y a un âge où les choses ne vont pas de soi, où l’enfant aime comprendre et en fait même parfois un jeu. Mais, il faut le reconnaître, pour de multiples raisons, ce goût du questionnement passe. Il arrive même que, lorsqu’on arrive à l’âge adulte, on entende les interrogations comme des remises en question, des déstabilisations, voire des agressions. Je n’irai pas jusqu’à dire que le questionnement est alors considéré comme un soupçon, mais au moins comme un doute. Dans un contexte où les facteurs de déstabilisation sont nombreux et fragilisants, il n’est pas rare que l’homme moderne s’interdise de réfléchir et de se questionner : “ce n’est pas le moment, il faut être efficace, performant… les questions, on verra plus tard !”

Adopter une attitude de confiance

Nous entrons alors dans une autre perspective. Lorsque, dans la première lettre de saint Pierre (1 P 3,15) rappelle qu’il faut “rendre raison de l’espérance qui est en vous”, nous recevons un appel à mieux identifier la nature de l’espérance qui nous anime. Évidemment que la rencontre du Seigneur dans les sacrements et la prière nous affermit dans la confiance et peut donc éveiller en nous le goût de nous approcher plus près de la lumière de la foi, lumière qui illumine tout le réel.

Dans le numéro de septembre 2017 d'Edy, nous prenons le temps de regarder ce que l’événement de la Réforme a provoqué dans le monde chrétien. Effectivement, on peut s’attarder sur le drame du schisme, sur les tensions et les violences qu’il a provoquées. Mais, avec le recul du temps, si nous réalisons que cela a conduit le monde chrétien à affiner la question des sacrements, de ce qu’est le mystère de l’Église, de la place de la Parole de Dieu pour progresser dans la foi, alors nous comprenons mieux qu’aujourd’hui nous bénéficions de cet affinement de notre perception de la foi chrétienne. Cette foi chrétienne que nous vivons alors que nous parcourons notre pèlerinage terrestre, qui n’est souvent pas un long fleuve tranquille. Bien des défis inédits se présentent à nous, comme en ce début d’une nouvelle année scolaire qui rythme la vie de nos communautés et de nos familles. Suffira-t-il d’avancer dans le brouillard le plus rapidement possible en évitant au mieux les accidents ? La confiance dans la fidélité bienveillante du Seigneur suffira-t-elle ?

Si, au seuil de cette nouvelle année pastorale, vous trouvez le livret de formation, ce n’est pas uniquement l’effet d’un hasard du calendrier ! Il s’agit de vous présenter les multiples propositions pour vous permettre des questionnements dans la lumière de la confiance. Forts de la confiance que nous entretenons dans le Seigneur, nous n’avons rien à craindre à prendre la liberté du questionnement. Il ne s’agit pas d’un questionnement à base de soupçon ou de doute, mais d’un questionnement qui permet la consolidation des bases de notre espérance. La joie et la sérénité de notre vie de foi en ont besoin !

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