"Seigneur, à qui irions-nous ?"

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Édytorial de la revue diocésaine EDY du mois de juin 2016, par Mgr Hervé Giraud

Les chrétiens ont l’habitude de dire que Dieu est amour, tendresse, miséricorde et doivent le proclamer plus que jamais en cette année de Jubilé.

Mais depuis la résurrection de Jésus et la venue de l’Esprit de Pentecôte, nous affirmons même plus profondément que Dieu est Trinité  : un seul Dieu en trois Personnes. Difficile de rendre compte de ce mystère qui établit que nous vénérons un seul Dieu dans la Trinité, sans confondre les Personnes.

Il s’agit pourtant d’un élément capital pour comprendre ce que doit être notre vie à l’image de Dieu-Trinité  : proximité, relation, réciprocité, paternité, filiation, engendrement, inspiration, nouveauté… Mais en rencontrant dernièrement un sociologue spécialiste des personnes “radicalisées”, j’ai mieux compris que cette conception de Dieu est loin d’être partagée par tous les croyants dont les convictions sont même, pour beaucoup d’entre eux, diamétralement opposées à notre foi trinitaire. Dieu est aujourd’hui de plus en plus pensé comme un Dieu lointain, absent et même méchant. Cette montée en puissance d’un Dieu violent peut surprendre  : elle s’impose pourtant comme norme de respect suprême chez des jeunes radicalisés.

Face à la remise en cause du père, du prêtre, du professeur, du patron, de la patrie, du “prince”, du parti - les sept “p”- il devient urgent de signifier le Père des Cieux, le Prince de la Paix qu’est Jésus, la Promesse qu’est l’Esprit. Beaucoup soulignent aujourd’hui le besoin d’une autorité paternelle mais il faut aller plus loin  : il y a chez les jeunes une soif de connaissance, de culture, de science. Si celui qui partage sa connaissance est respecté, il devient donc de plus en plus important de prendre soin de notre formation religieuse pour tendre vers une meilleure connaissance de la foi chrétienne.

L’année prochaine, la formation aux responsabilités ecclésiales (FARE) sera relancée dans notre diocèse, résolument.

Car pour rendre compte de notre espérance, la bonne volonté et le bon sens ne suffisent pas. Il ne s’agit pas non plus d’un seul travail intellectuel, mais d’une fréquentation du Christ par son Évangile. Si Jésus a pris le temps ”d’enseigner longuement” ses disciples, s’il a pris la précaution de ne pas tout dire en même temps, en respectant ce que chacun peut porter, si l’Esprit nous conduit vers la vérité tout entière, il est alors urgent de trouver les mots et les gestes qui témoignent du vrai Dieu, celui que Jésus nous a révélé par l’Esprit.

 

+ Mgr Hervé Giraud

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