Une communauté de destin qui devient une grâce

Add this
Édytorial de la revue diocésaine de janvier 2016, par le père Joël Rignault, vicaire général

Dans l’itinéraire d’une existence, s’il y a une conquête qui peut nous mobiliser avec enthousiasme, c’est la conquête de la liberté intérieure.

“Deviens ce que tu es”, voici un appel lancé par les Pères de l’Église qui peut structurer notre itinéraire spirituel et humain. Construire une pensée, une perception sur soi-même, la société, le mystère de Dieu tel qu’il nous est révélé en Jésus-Christ, c’est souvent l’entreprise de toute une vie.

Cela suppose constamment­ de vérifier que nous ne sommes pas devenus de simples répétiteurs de ce que l’on a entendu, de ce que l’on nous a dit de croire ou de penser.

C’est un travail onéreux. Vérifier que nous ne sommes pas devenus, plus ou moins consciemment, le jouet de nos émotions ou de nos pulsions, c’est aussi une démarche assez décapante qui a la grâce de nous rapprocher du réel. Cette conquête de la liberté intérieure ne peut pas se vivre exclusivement dans le secret du cœur. La rencontre authentique, sincère avec la personne qui est très différente de moi me permet de préciser qui je suis et où j’en suis de ma liberté intérieure. Évidemment, la rencontre authentique avec le Seigneur dans la prière est de cet ordre.

La pensée personnaliste initiée par Emmanuel Mounier nous a bien aidés à réaliser que la rencontre avec l’autre est une chance pour chacun de nous. Il se trouve que cette année, le CCFD-Terre solidaire aimerait provoquer une démarche de conversion durant le Carême, déjà proche, autour de notre investissement à tisser des liens avec le monde dans lequel nous vivons. Comment qualifions-nous les liens que nous tissons  ? Est-ce de l’ordre d’une commu­nau­té, d’une fraternité  ?

Parfois, nous aimerions choisir librement les personnes que nous fréquentons, avec qui nous allons ou pourrions faire communauté. Attention que cela ne devienne par un idéal confortable, qui empêche toute progression… Mais n’oublions pas que nous vivons dans un certain nombre de communautés de destin et que c’est une véritable grâce  !

Les habitants d’un village ne se sont pas choisis et vivent bien là dans une communauté de destin dans laquelle il va falloir relever de défi qui permettra aussi bien à l’enfant, à l’adolescent, au couple ou à la personne âgée de s’épanouir dans les meilleures conditions possibles. Les membres d’une entreprise, d’une communauté éducative… devront relever un défi semblable…

Récemment, le saint Père nous a rappelé que les humains résidaient dans une “maison commune” confiée par le Seigneur. Il y a bien là une communauté de destin qu’il nous faut prendre très au sérieux.

Le dossier de ce numéro d’EDY concerne toutes ces questions. Il nous sera vraisemblablement très profitable pour ajuster nos capacités à tisser les liens, à vivre ensemble au projet que le Seigneur nous propose, au travers des textes sacrés.

Décidément, l’année de la miséricorde peut nous conduire sur des chemins de renouvellement très concrets, si nous y consentons.

Père Joël Rignault,
vicaire général

Mots-clés associés :
Navigation
Mots-clés associés :