Saint Germain

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Cinquième siècle.
En 2018, nous fêtons les 160 ans de l'élection de Saint Germain au siège épiscopal d'Auxerre.

Statue de saint Germain

Saint germain d’Auxerre est bien moins connu que son frère dans l’épiscopat, saint Martin de Tours, et pourtant, sa personnalité n’en est pas moins riche, sa vie n’en est pas moins passionnante.

Saint Germain est né en 378, à Appoigny, d’une famille de riches propriétaires terriens. Cet homme qui va étudier le Droit à Autun, Rome, va devenir un avocat réputé. Il fonde une famille et en rentrant en Gaule, il va être nommé gouverneur d’une grande région de la Gaule allant jusqu’à la Bretagne armoricaine.

Germain se révèle être un homme capable et ce terme a toute son importance quand on connaît le contexte troublé de son époque : l’Empire d’Occident, très fragilisé, tient encore grâce à des hommes capables qui font perdurer des institutions malmenées. L’évêque d’Auxerre de l’époque, saint Amâtre, discerne en lui un successeur à sa hauteur. Il faut saluer là aussi la clairvoyance de cet homme qui a su percevoir, dans ce riche gouverneur aristocrate, “homme du monde”, le futur saint-évêque qui marquera le Ve siècle de la Gaule romaine. Alors qu’Amâtre sent approcher sa fin, il le désigne, avec le soutien du peuple auxerrois, comme successeur.

En 418 donc, le haut fonctionnaire impérial devient, sans l’avoir choisi au sens moderne du terme, évêque d’Auxerre. Ce changement de vie, ce virage vocationnel, ne retirera rien à ses qualités de gouvernement et à sa fougue qui faisait l’admiration de tous. Dès lors qu’il accède à l’Épiscopat, Germain, sans doute influencé par l’exemple de saint Martin, fonde son quotidien sur le “trépied” traditionnel de la vie baptismale : configuré au Christ, Germain participe à sa vie et à sa dignité de Prêtre, Prophète et Roi.

Prêtre, Germain l’est magnifiquement en portant la vie du monde, et tout particulièrement ceux qui lui sont confiés, dans la prière. Il fonde sur la rive droite de l’Yonne, en face de la cité d’Auxerre, un monastère dédié à saint Côme et saint Damien, dans lequel il passera, tout au long de sa vie d’évêque, de longues périodes de retraite priante.

Prophète, il l’est dans l’infatigable annonce de la Parole de Dieu et de la Bonne Nouvelle à ses contemporains ; cette annonce se décline de bien des manières qu’il s’agisse de la prédication à ses diocésains ou encore de la lutte contre l’hérésie pélagienne jusqu’en Grande Bretagne. Dans cette lutte contre les déviances hérétiques, Germain est un relais du combat mené par saint Augustin, son contemporain.

À l’occasion de ses deux voyages dans l’île de Bretagne, il a aussi l’occasion de développer cette vocation royale qui consiste à ordonner la société, le monde, à la volonté de Dieu, en portant secours aux plus petits et en donnant sa juste place à chacun. Ainsi, dans ces expéditions outre-Manche comme dans celles qu’il mène en Armorique, Germain se met au service des peuples ; il défend les grands-bretons contre les envahisseurs pictes, il prend la défense des armoricains révoltés contre l’autorité impériale.

Saint Germain meurt à Ravenne en 448, à l’occasion d’un voyage diplomatique lié à ses expéditions, et son corps est ramené pieusement à Auxerre où il repose depuis, dans ce qui deviendra l’abbaye Saint-Germain.

 

Père Arnaud Montoux

Tous les ans, un pèlerinage a lieu à l’abbaye St Germain, à Auxerre, le dernier dimanche de juillet.

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