Sommes-nous laïcs ?

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Le 19 novembre 2017, une quarantaine de personnes se sont retrouvées au Puits d'Hiver pour parler de la Laïcité.

                                                

                   Le café à thème a commencé par l'intervention de Gabriel D. (cliquer sur la photo pour la lecture de l'intervention).

 

  Laurence, infirmière depuis 31 ans, nous explique que le besoin de spiritualité fait partie des besoins fondamentaux des malades ; elle se sent interpelée par la négation de la spiritualité à l’hôpital public.

Citant les exemples de la crèche de Noël et de la croix autour du cou, Laurence nous dit qu’en 25 ans de pratique de son métier, c’est la 1ère fois que cela lui a été dit récemment. Le terme de laïcité est mal interprété par le personnel soignant, les services publics ce qui engendre malaise et incompréhension. Le fait de la présence d’une aumônerie est évoqué.

 

 

 

 

 

  Michel Morineau a travaillé sur la question de la Laïcité pendant plus de    30 ans, et a créé le Cercle Condorcet d'Auxerre ainsi que les Entretiens d'Auxerre.

Michel relève que le témoignage de Laurence est très intéressant car il pose le problème de la société vis à vis de la laïcité : les règles instituées (le fonctionnement des gens) et la réalité (les pratiques culturelles de chacun). Il y a confusion sur le terme laïc dans tous les services publics.

 

 

La liberté de conscience concerne les individus. La liberté de culte s’adresse aux communautés. L’aumônerie n’est pas une concession faite à l’Eglise mais l’application de l’article sur la liberté de conscience. La loi reconnaît le besoin spirituel, ainsi que la neutralité des agents de l’Etat. Jean Baubérot parle d’accomodements raisonnables, d’où la nécessité de débats sur la question. Depuis la loi de 1905, les choses n’avancent pas beaucoup et il reste des malentendus. La laïcité n’est pas une question de valeur mais une notion juridique.

Sur l’islam, Michel souligne qu'il n'a sans doute pas la même position qu’il y a 20 ans à l’époque de laïcité et islam, c’est une question épineuse. Il ne faut pas oublier la notion de culture majoritaire. L’islam doit faire un travail de relecture, comme l’a fait l’Eglise catholique en son temps. Les intellectuels musulmans, dont certains de haute tenue, ne sont pas reconnus.

Dans l’histoire de la sécularisation, le moment où les scientifiques ont dit qu’il ne fallait pas confondre foi et raison a été très important ; il cite notamment Avicennes et Averroès qui ont été dans le mouvement des Lumières de l’islam.

La croix de Ploërmel : cela avait été institué par une instance démocratique, il est stupide de réclamer aujourd’hui son déplacement. La crèche de Noël : pour préserver la paix civile, on peut accepter cette tolérance.

La revendication identitaire là, c’est autre chose ; la République a toujours eu du mal à concilier l’unité dans la diversité ; aujourd’hui, la question identitaire ressort, mais elle ne peut pas faire la loi commune ; la culture est subordonnée au politique. La France n’est pas préparée au communautarisme : il n’y a pas de droit des communautés. L’intégrisme laïc est traversé par ces débats. En 1867, sort la bulle pontificale Syllabus : 80 articles à charge contre ? Des associations cultuelles sont sous le régime de la  Loi 1901.

Les prières de rue : on est là, face à une absence de lieu de culte ; une commune peut passer un bail emphytéotique (99 ans) avec une association ; il faudra trouver le moyen d’édifier des lieux de culte.

Après ce temps d'échanges, Gabriel a rappelé que le groupe laïcité est ouvert à tous, et ce café à thème a permis d'étoffer notre réflexion. D’autre part, vous pouvez visionner le film : La Séparation  qui traite justement de la séparation des Eglises et de l’Etat, avec des acteurs actuels.

                                                                                                                                                          Notes de Gabriel D.