Témoignages de leurs expériences dans des pays africains

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Le 22 janvier 2017, nous étions plus de trente personnes réunies au Puits d'Hiver pour écouter Frère Jean-Louis Lejay et Sylvie Gibier nous raconter leurs expériences dans des pays africains.

                                             

Christian Canavesio nous présente Frère Jean-Louis et Sylvie Gibier.

 

Frère Jean-Louis a passé beaucoup de temps en Afrique : au Burkina Faso, dans un institut de formation interculturel, avec des religieux/ses venant de toute l'Afrique de l'Ouest et de l'Afrique Centrale ; et au Togo, associés à la recherche de développement rural et la croissance des communautés chrétiennes. Il a montré comment l’insécurité, les dictatures, la corruption, certaines traditions freinent le développement ; mais aussi comment les africains inventent leur chemin et s’adaptent au progrès, ex : le rôle des portables dans la communication quotidienne et même la révolution. Les mentalités évoluent lentement, le temps n'est pas le même qu'ici.les anciens sont toujours respectés mais les jeunes font éclater certaines traditions. Les Frères agissent dans la perspective d’autopromotion communautaire : aider l’homme à s’aider lui-même et son milieu. A travers puits, pistes, ponts, maraichage, culture attelée,  ce développement passait par la libération des peurs et de la parole. Ils ont fait l’expérience que le développement n’est pas qu’économique. Il  faut prendre en compte le culturel et l’influence internationale.

Sylvie Gibier enseignante dans l’Yonne nous partage un regard sur 3 pays différents où elle a vécu quelques années comme volontaire: la République de Djibouti, le Rwanda et la République Centrafricaine. A Ali Sabieh (Djibouti), elle a découvert la religion musulmane (100 % de musulmans). Avec beaucoup de respect, elle a  questionné  la manière de vivre la foi, sa foi, dans les échanges  avec la population locale. Le Rwanda, avec  son régime de  dictature, son système de surveillance, ses travaux communautaires obligatoires, les tribunaux populaires  l’ont interpellée. Elle s’est sentie en sécurité malgré les difficultés à s’exprimer librement sur ses opinions. En Centrafrique, les valeurs dites universelles n’ont pas forcément la même place que pour nous, le peuple est souvent « en survie » et cela transforme le quotidien. Sylvie est partie avec la DCC qui fêtera ces 50 ans en 2017. ONG  qui forme et accompagne les personnes qu’elle envoie en mission car il est difficile d’avoir tous les codes pour vivre au quotidien dans un autre pays. Cette remarque nous permet de penser aux migrants, qui viennent ici en France et qui n’ont pas nos codes, il est nécessaire de faire un travail d’accompagnement.Sylvie est engagée dans l’APRI (Association pour la Promotion Rurale Internationale), en lien avec les Sœurs et les Frères Missionnaires des campagnes (aide financière et/ou  recherche de  partenaires, pour des projets divers (l’alphabétisation au Burkina, lutte contre la malnutrition des enfants au Bénin, l’éveil scolaire, formation agricole…etc.).

Damien B. nous présente une autre association pour le développement rural : AFDI.

 

                                    

  

Quelques convictions sur le développement

A partir des témoignages de Sylvie et Jean-Louis, et du débat qui a suivi, nous pouvons souligner quelques convictions pour un vrai développement ; critères  valables également  pour notre vie sociale, les  choix politiques, notre vie en Eglise, etc.

  • le développement concerne tout l’homme et tout homme (développement intégral),
  • il aide les gens à prendre leur destin en mains.
  • il ne se réduit pas à des projets purement économiques ou techniques,
  • il tient compte des capacités des personnes, des gens du terrain, de leur culture, de leur histoire. Les concepteurs de projets doivent se faire accompagnateurs, humbles présences tout en étant vigilants ; ‘faire-avec’ et non ‘faire pour’,
  • il implique le dialogue entre les divers acteurs (base, experts, services officiels, partenaires),
  • il met en route, il éveille, il responsabilise, il libère la parole,
  • il implique formation et pédagogie adaptées,
  • il ouvre un chemin au de-là des intérêts particuliers,
  • il demande aux acteurs de vérifier  les objectifs, les conséquences de ce qui est mis en route. Relire son action, car il faut repérer les freins ou obstacles. Causes internes : insécurité, dictature, corruption, traditions culturelles. Causes externes : lois commerciales de la mondialisation, néocolonialisme, idées toutes faites sur le développement, etc.

Le développement est un processus lent, global, qui demande du suivi régulier et du temps pour permettre aux mentalités de changer. Mettre en route des hommes et des femmes pour inventer leur chemin… Ecouter les plus démunis, les plus faibles…Lutter contre les ambigüités des intérêts particuliers et  les structures qui écrasent les personnes… C’est mettre en pratique l’Esprit de l’Evangile !

 Frère Jean-Louis et Sylvie