Église de La Ferté-Loupière

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Église Saint-Germain

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Pour une visite guidée de groupe de la Danse macabre, veuillez vous adresser à :
M. René GRATESSOLLE
La Ferté-Loupière,
tél. : 03 86 73 18 65
Courriel : gratessolle.rene@orange.fr

Saint Germain l’Auxerrois

Fêté le 31 juillet

Avant-propos

Depuis quatre ans, dans notre modeste journal paroissial, se sont succédé les vies de la plupart des saints et saintes de notre diocèse. Saint Martin, l’apôtre des Gaules dont les reliques ont parcouru le pays icaunais en tous sens, a été le premier de la liste. Il est normal que le grand saint de notre région, né et enterré à Auxerre, honoré dans vingt églises, le grand saint Germain termine cette chronique. La vie de saint Germain d’Auxerre a été écrite par Constance de Lyon, une cinquantaine d’années après sa mort. Elle est publiée en traduction française dans la collection Sources chrétiennes, n° 112.

Au temps des grandes invasions qui ravagent la Gaule, la foi chrétienne connaît une période d’expansion où ceux que l’on appelle les Pères de l’Eglise, saint Augustin, saint Jérôme, saint Jean Chrysostome, aident à comprendre la Bible et développent la réflexion sur la foi. A cette époque, vers 378, naît à Auxerre qui a un rang de "cité", dans une famille noble et riche, un enfant nommé Germain. En latin, germanus est un adjectif qui a plusieurs sens : ’naturel, vrai, authentique’ ; ’de frère germain’ (même père et mère) ; ou bien ’de Germanie’.

D’abord, le jeune homme fréquente les meilleures écoles gauloises puis va à Rome suivre des études supérieures et devient avocat. Revenu dans sa ville natale, il épouse une femme brillante de la meilleure société. Il aime beaucoup la chasse et tous les avantages d’une vie riche et brillante. A l’époque, l’évêque d’Auxerre est Amator (saint Amâtre). Bien sûr, il a remarque non seulement la grande culture de Germain, mais aussi toutes ses qualités humaines. Devenant âgé, il propose aux chrétiens assemblés que Germain lui succède comme évêque. Par acclamation, ce choix est ratifié. N’osant pas aller contre la volonté de Dieu ainsi manifestée, Germain accepte. Il sera ordonné par les évêques de la région.

Dès lors, Germain abandonne le service de ce monde et choisit l’humilité comme genre de vie. Son épouse devient comme une sœur pour lui. Il s’impose une vie d’austérité et de prière entraînant les foules sur le chemin de la prière et de la charité. Sur l’autre rive de l’Yonne, il crée un monastère, ce qui lui permet de vivre en moine et en évêque.

Les évêques de Grande Bretagne sont inquiets de la diffusion d’une erreur propagée par un moine breton, un certain Pélage. Celui-ci prétend que vivre selon l’Evangile est d’abord une affaire de volonté personnelle, aussi importante que la grâce de Dieu. Ils demandent de l’aide aux évêques des Gaules qui choisissent Germain et Loup, l’évêque de Troyes, pour apporter la vraie doctrine du salut par la grâce de Jésus-Christ. Les deux hommes se rendent en Angleterre. Passant par Nanterre, Germain y rencontre une petite fille âgée de neuf ans, Geneviève dont il confirme la vocation de consacrée au Seigneur. Germain et Loup sillonnent le pays en affermissant la foi des paysans et des citadins. Ils retourneront une seconde fois conforter les résultats de leur mission.

Revenu à Auxerre, Germain s’emploie à soutenir l’administration civile de la cité dont les finances sont au plus bas. Il décide de rencontrer le préfet des Gaules à Arles où il se rend par la voie d’eau, Saône et Rhône. Tout au long du parcours, il est accueilli par des acclamations, en particulier à Lyon. Auprès du préfet, Germain obtient le dégrèvement de toutes les taxes et impôts qui frappent la cité d’Auxerre et ses environs.

A peine de retour, Germain reçoit une délégation d’Armorique (la Bretagne) venue rechercher ses médiations auprès du gouverneur Aetius. Les populations de cette région sont belliqueuses et veulent une large autonomie. Pour en venir au bout, Aetius autorise la peuplade barbare des Alains, ayant à leur tête le cruel Goar, à quitter l’Orléanais pour s’installer en Armorique. Avec audace, Germain se rend auprès de Goar et n’arrivant pas à se faire écouter, saisit la bride de son cheval pour l’obliger à s’arrêter. Stupéfait, le chef des Alains accepte de ne plus aller plus loin à condition qu’Aetius ou l’empereur lui-même soit d’accord. Germain entreprend donc un voyage long et difficile jusqu’à Ravenne où résident le jeune empereur Valentinien et sa mère, l’impératrice Gala Placida. Très chaleureusement accueilli, Germain obtient des conditions de paix très avantageuses pour l’Armorique. Il séjourne quelques temps auprès de l’évêque saint Pierre Chrysologue (parole d’or). Une nuit, il reçoit l’avertissement de sa mort prochaine. Il obtient de l’impératrice que son corps soit ramené à Auxerre. Aux termes d’une courte maladie, il meurt le 31 juillet 448 à Ravenne.

Un important convoi funèbre est organisé (relire l’histoire des cinq vierges de Ravenne), salué au passage par de grandes marques de respect et de ferveur religieuse. Il arrive à Auxerre le 1er octobre, escorté d’une multitude de flambeaux et entouré d’une affection toute particulière. Le corps est déposé dans la petite chapelle dédiée à saint Maurice que Germain avait fait construire en dehors des murs de la cité. Cet édifice remanié par la reine Clotilde deviendra le noyau de l’abbaye Saint-Germain dont la plus grande partie subsiste toujours.

Dans notre département, un village porte le nom de Saint-Germain-des-Champs et vingt églises sont dédiées à saint Germain. On retiendra La Ferté Loupière, Guerchy, Poilly-sur-Tholon, Villeneuve-la-Guyarde... Le nom de saint Germain a été donné à un grand nombre de communes de France. La sainteté de Germain a rayonné au loin et tout au long des siècles.

Michel Latapie