Église de Volgré

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La terre de Volgré fut donnée à l’Abbaye de Saint Pierre‐le‐Vif de Sens par une petite‐fille de Clovis.

Un moine de ce monastère, Odoranne, qui en écrivit l’histoire au XIe siècle, nous apprend que Théodechilde, fille de Théodoric, l’un des fils de Clovis, fonda Saint Pierre‐le‐Vif en 519. Elle y fit construire l’église et le cloître et y choisit sa sépulture. Par testament, elle enrichit le monastère de plusieurs domaines : « la propriété à moi appartenant, à savoir Vograde (Volgré), la moitié du Baïonne (Béon), de plus dans le territoire d’Auvergne la métairie appelée Ursicide (Orcet, Puy de Dôme) ». (1)

« En 1672, les habitants de Volgré font requête à l’archevêque de Sens, pour que leur village soit érigé en cure » (Archives Départementales G218). L’Eglise était vicariale depuis 1553 (AD G856). Auparavant, elle n’était que chapelle.

En 1491, Vaugré est « terrier de Senan ». En 1647, Voulgray ou Voulgré est qualifié de « hameau dépendant de Senan ». Avant 1789, Volgré appartenait au diocèse de Sens, à la province d’Ile‐de‐France, à l’élection de Joigny et au présidial de Montargis.(2)

Le 30 septembre 1807, le village de Volgré est réuni à la paroisse de Senan.

L'église Sainte-Barbe - Saint-Claude

  • Fête Patronale : 3e dimanche de juillet
  • Fête de saint Claude, évêque de Besançon : 6 juin
  • Fête de sainte Barbe, patronne des pompiers : 4 décembre

Façade : au-dessus du portail, inscription (datée de 1890) « tremblez devant la porte de mon sanctuaire » (Lévitique XIX, 30). Ce verset, tiré de l’Ancien Testament, révèle le sentiment janséniste très présent dans la région au XVIIe siècle.

Un nouveau coq a été placé au sommet du clocher le 2 juillet 1996. Monté sur roulement à billes, il nous indique fidèlement la direction du vent.

Épi de faîtage installé sur la toiture côté abside en 1996.

La cloche en bronze est datée de 1484 : c’est la plus ancienne de toute la vallée d’Aillant. Elle a été classée le 11 juillet 1942. Électrifiée, elle sonne les heures et l’Angélus.

Intérieur de l’église


Longueur du vaisseau : 20,50m - largeur des nefs 15,70m - hauteur de la voûte à la nef centrale 8,75m

Sanctuaire Renaissance à colonnes toscanes. Porte cintrée XVIIe, surmontée d’un clocher carré, peu élevé. La nef centrale, après 4 travées, aboutit au chœur surélevé d’une marche et terminé par un chevet plat, bien éclairé par deux grandes baies aux vitraux non colorés. 3 nefs rustiques, XVIe, voutées en bois, en berceau, formant 4 travées portées par des piliers carrés massifs et sans moulures. Fenêtres petites, cintrées, à moulures de la Renaissance. L’église a été sérieusement remaniée à la fin du XIXe siècle, à la suite d’un incendie. Mais elle a pu conserver certaines pièces de grande valeur, en particulier les statues d’art populaire et le retable de l’Adoration des bergers.

Les matériaux utilisés pour la construction sont d’origine locale : base en grès, au-dessus, blocs de craie marneuse issus des carrières de Volgré (où passe maintenant l’autoroute A6) et silex de Volgré également (chemin de la Cahutte en contrebas du Château). Ce calcaire marneux a l’inconvénient d’absorber l’eau et le bâtiment souffre d’humidité. Au sol, des tomettes, fabriquées avec l’argile de nos plateaux, dans les tuileries voisines. Elles sont hexagonales dans le chœur et carrées dans les nefs. L’abside comporte un dallage de marbre blanc avec des bouchons noirs. La voûte en berceau est en plancher blanchi ; la toiture est en petites tuiles de Bourgogne, celle du clocher en ardoise. Les marches d’accès à la nef sont constituées d’anciennes pierres tombales réemployées.

Au fond de l’église, les fonts baptismaux en marbre rose (Initium sapientiae‐Timor Domini : la crainte de Dieu est le début de la Sagesse) et le confessionnal (délabré) : il comporte trois inscriptions latines tirées de l’Écriture ; sur la côté gauche, un texte du prophète Isaïe : « quand vos péchés seraient comme l’écarlate », se poursuit sur le côté droit : « comme laine blanche, ils deviendront ». Au centre, une adaptation d’un texte de Zacharie : « Source puissante pour la sanctification du pêcheur ».

 

L’autel du bas-côté nord, porte un tableau très dégradé de St Claude et de Ste Barbe, les deux patrons de l’église.

Dans le chœur, pierre tombale avec dédicace et dessin d’une tête de mort couronnée de lauriers, symbole d‘éternité, et ornée d’un ruban :

CY GIT TRES CHRETIENNE DAME MARIE POUREAU PLEINE DE VERTUS ET DE PIETE. MERE DE M. PIERRE TRUCHY PRESTRE DESSERVANT DE CETTE PAROISSE. DECEDEE LE 25 JANVIER 1779 AGEE DE 72 ANS ET DEMI

 

Le retable au-dessus du Maître-Autel porte la date de 1668 et est classé ; il est orné d’un tableau de la Nativité du Christ, appelé aussi Adoration des Bergers, de l’École française du XVIIe siècle.

C’est une toile posée sur bois qui mesure 109 cm sur 124. Elle met en scène une famille paysanne – sans doute les donateurs – la femme, la vieille mère et le jeune garçon qui figure en bon pasteur, tous trois agenouillés en prière ; derrière eux, le père, est demeuré debout et se découvre avec respect.

L’Enfant est posé, non sur la paille, mais sur un petit lit porté par des tréteaux. Le seul élément de décor est une base de colonne que l’on aperçoit derrière St Joseph.

Calvaire en bois polychrome XVIIe, classé, situé face à la chaire :

Le Christ du Calvaire (hauteur 154 cm, envergure 148 cm) a été restauré en 2001. La Vierge et Saint Jean restaurés et bénis en 2011.

La qualité sculpturale du Christ en Croix est évidente. Le Christ provient d’un excellent atelier du XVIIe siècle, sculpté dans du bois fruitier (sans doute du poirier), bois choisi dans la meilleure partie du tronc et sans nœud. Les proportions sont justes et tiennent compte de la perspective, car la croix est attachée en hauteur.

Anatomiquement, tout est évoqué : les muscles sont longs et saillants, les tendons des poignets sont marqués, la structure du squelette apparaît sous-jacente à la surface de la peau. Les bras tendus font saillir les côtes du buste. Les doigts sont à leur juste proportion. Barbe et cheveux sont précisément dessinés. La sculpture apparaît nerveuse et précise et traduit la maigreur et la souffrance. Les traits du visage traduisent cependant la sérénité. Une restauration complète a été réalisée en raison de la qualité de l’œuvre.

De chaque côté du chœur, des statues polychromes, classées Monuments Historiques :

  • Une Vierge à l’Enfant : XVIIe siècle, en bois fruitier, surpeinte plusieurs fois, restaurée en 2000
  • Saint Claude et sainte Barbe sur les piles de l’abside : XVIIe, en pierre, sont les deux patrons de la paroisse
  • Saint Vincent, XIXe, patron des vignerons, avec sa palme de martyr et sa grappe de raisin

Non représentés :

  • Sainte assise : XVIIe
  • Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, Sacré-Cœur de Jésus
  • Ste Anne, patronne des Bretons : XXe

Sources :

  • (1) Bulletins de la Société des Sciences no10 année 1856 et no45 année 1891
  • Histoire de Saint Pierre-le-Vif par l’abbé BOUVIER
  • La Vallée d’Aillant tome 1, p.132-133 par l’abbé NOIROT
  • Henri STEIN, conservateur-paléographe
  • (2) Dictionnaire topographique du Département de l’Yonne par Max Quentin, Imprimerie Impériale 1862

L’Association de Sauvegarde du Patrimoine de Volgré (ASPATRIV)

Le Patrimoine mobilier important, sauvé par les curés du XIXe siècle et enrichi au fil des années par des bienfaiteurs et par la fabrique chargée des finances de la paroisse, est vulnérable à la dégradation séculaire.

C’est pourquoi, une Association de Sauvegarde du Patrimoine de Volgré, a été créée en 1991. Grâce à un effort important de la commune, à la générosité des donateurs de l’association et aux subventions, le bâtiment de l’église (intérieur et extérieur) a été restauré entre 1993 et 1996, ainsi que des statues en 2001 et 2011. Des désordres, dus à des malfaçons et à un drainage insuffisant (humidité, chute de tuiles, enduits des murs s’effritent) sont rapidement apparus ; des procédures sont en cours.

Aujourd’hui, 4 statues,  2 tableaux, les autels, l’escalier du clocher etc... attendent à leur tour des soins urgents

Nous remercions les personnes qui, par leur adhésion à l’ASPATRIV, contribueront à la restauration de notre patrimoine de Volgré. Des bulletins d’adhésion sont à votre disposition au fond de l’église. Vente de cartes postales et d’aquarelles, concerts et vide-grenier annuel organisés au bénéfice de l’ASPATRIV.