Église de Treigny

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L'église Saint-Symphorien de Treigny, édifiée à la fin du XVème siècle, a une façade de style gothique flamboyant.

Histoire et architecture

Devant la "cathédrale de la Puisaye", sur le parvis, s’étendait autrefois le cimetière planté d’acacias. De hauts murs surplombaient la rivière Vrille.

Prenons le temps de jeter un regard sur le travail de la façade, ses animaux sculptés courant sur son fronton. La porte droite est murée. C’était la "porte des lépreux" : au moyen-âge il y avait une léproserie à Treigny. A droite du parvis, un escalier conduit à la "porte de la fortune". Les fidèles des "bonnes terres" arrivant du sud-est de la ville empruntaient cette porte. Ils ne se mêlaient pas au peuple des "malterres", pauvres et argileuses. Les potiers, les artisans, les journaliers avaient leur propre porte, après la tour des cloches, la "porte de la Puisaye".

A droite de l’église se dressait le pilori, indiqué par un contrefort.

A gauche de l’église, le presbytère fut bâti en 1640. Il abrita les activités clandestines des Jansénistes après la fermeture de Port Royal.

On peut également voir la grange où le peuple payait la dîme, autrefois dépendance de l’église ; le couvent où les religieuses enseignaient jusqu’à la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat.

Entrons dans la "cathédrale" et admirons l’importante nef élancée, construite dans un style gothique tardif. Ses piliers délicatement nervurés et sa voute en ogive datent de la fin du XVIème siècle.

Art sacré

A droite sur le second pilier on remarque une armure et un bouclier orné de grappes de raisin, illustrant le vignoble réputé de Treigny, détruit par le phylloxera. Un porche en bois du XIXème siècle sépare le choeur de la nef. De chaque côté de l’entrée du choeur se dressent deux autels. Celui de gauche présente un reliquaire de Saint Symphorien, patron de la paroisse. Au dessus de chaque autel des tableaux sont dédiés à la Vierge représentant, à gauche une "pietà", à droite "l’Assomption", toutes deux datées de 1642. Des anges à genoux, un tableau central "l’adoration des bergers", procèdent à l’ornementation Louis XIII du choeur.

A droite du choeur, arrêtons-nous pour admirer le "Christ des lépreux", sculpté dans le chêne, qui porte les stigmates de la maladie. Il provient de l’ancienne léproserie. Au pied du crucifix se trouvent deux fragments d’une superbe sculpture bourguignonne "le Christ aux outrages", trouvés dans le mur d’une maison voisine. Près de là, un renfoncement orné d’un bas-relief représentant Adam et Eve tentés par le serpent, gardait les burettes.