L’Épiphanie

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Chaque année, nous fêtons l’Épiphanie… L’occasion de revenir sur cet événement rapporté dans l’Évangile de Matthieu, et sur sa signification.

Le mot « épiphanie » vient d’un mot grec qui signifie « apparition, manifestation ». L’Eglise fête la manifestation de Jésus comme Fils de Dieu, par le récit de trois événements qui marquent le début de la vie publique de Jésus :

  •    Le baptême de Jésus (évangile du 6 janvier 2017, Marc 1, 7-11),
  •    Les Noces de Cana (évangile du 7 janvier 2017, Jean 2, 1-11)
  •    L’adoration des mages (évangile du 8 janvier 2017, Matthieu 2, 1-12).

Traditionnellement, l’Eglise d’Orient met l’accent sur le baptême de Jésus dans le Jourdain, alors qu’en Occident, c’est la manifestation de Dieu aux mages qui est fêtée.

Le texte de Matthieu : quand le contraste devient message pour tous les hommes d’hier et d’aujourd’hui

Que de contrastes dans ce récit !

Les mages viennent de loin, ce sont des païens, ils ne connaissent pas les prophètes de l’Ancien Testament qui annoncent la venue à Bethléem d’un messie pour Israël, pourtant ils se mettent en route, se renseignent auprès des grands prêtres, et finalement « se réjouirent d’une très grande joie », et « tombant à ses pieds, se prosternèrent » devant l’enfant Jésus le Messie.

Cependant Hérode et les grands prêtres font partie du peuple juif, ce sont de fins connaisseurs de l’Ancien Testament, qui renseignent les mages sur le lieu de naissance du Messie. Pourtant ils ne le reconnaissent pas et cherchent à lui nuire…

Les mages sont d’origines diverses (la tradition nous dit qu’ils viennent d’Afrique, d’Europe et d’Asie). Ils sont le signe que Dieu se manifeste à toutes les nations. Jésus est venu sauver tous les hommes, son message est universel, il fait tomber les barrières d’appartenance à un peuple. L’étoile a une portée symbolique : Dieu guide son peuple, et les mages ont su observer ce signe, se mettre en route, se laisser guider par la Parole de Dieu vers Bethléem pour adorer Jésus, l’enfant né dans le dénuement à qui ils offrent pourtant des cadeaux de roi.

Ces cadeaux ont une signification symbolique :

  •   L’or honore la puissance et la royauté, ce cadeau fait à Jésus le désigne comme un roi,
  •   L’encens est le cadeau divin, offert à Jésus comme reconnaissance de sa divinité,
  •   La myrrhe, résine odorante, était utilisée pour embaumer les morts. Elle désigne l’humanité de Jésus, sa finitude assumée par Dieu dans l’Incarnation. En cela, elle symbolise toute l’humanité et annonce la Passion. Mais la myrrhe entre également dans la composition de l’huile d’onction sacerdotale chez les Juifs, c’est donc aussi une allusion symbolique à la promesse de Résurrection offerte à l’humanité.
Pour résumer :
 

En célébrant l’Epiphanie, nous nous rappelons que Dieu nous appelle à regarder les signes des temps, à nous mettre en route vers Jésus, le Sauveur de toute l’humanité. Il est roi, il est Dieu venu habiter parmi nous, il est la lumière qui éclaire la vie des hommes.

Et la tradition, et la galette ?
 

L’Evangile de Matthieu ne précise pas que les mages étaient trois, ni qu’ils étaient rois ! C’est à partir du VIIeme siècle que cette tradition apparaît : les rois-mages étaient trois, venant d’Asie, d’Afrique et d’Europe, et se nommaient Gaspard, Melchior et Balthazar.

Quant à la galette, elle commence à devenir coutumière en France à partir du XIVeme siècle, sans lien direct avec l’évangile : la galette ronde et dorée symbolise le retour tant attendu du soleil et de la lumière avec le rallongement des jours.

L’Epiphanie est fêtée dans toute l’Europe, mais pas de la même façon partout. La richesse et la diversité des traditions locales illustrent encore à leur manière l’universalité du message : Jésus vient sauver l’humanité toute entière,