La fraternité avec le Christ, fondement de notre fraternité

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Le 13 janvier dernier avait lieu le premier « temps fort paroissial » de l’année. Nous nous sommes retrouvés à Villeneuve le Guyard, pour un enseignement du Père Joël Rignault, suivi de l’Eucharistie et du repas partagé.
Par un parcours à travers les Ecritures et les textes majeurs de l’Eglise, le père Joël nous a fait réfléchir à « la fraternité avec le Christ, fondement de notre fraternité ».

Voici quelques notes sur l’intervention du père Joël Rignault :

La fraternité avec le Christ, fondement de la fraternité

 

La fraternité peut se vivre de façon différente en fonction des lieux.
Le père Gilson proposait le « 5x5 » : vivre 5 points majeurs de la vie chrétienne, chacun 5 fois par an, à savoir : la prière, la Parole, le service, la formation, la convivialité.
Les premiers chrétiens étaient organisés en petites communautés, avec des qualités humaines qui témoignaient de l’Evangile, avec une liturgie, des hymnes qui exprimaient le cœur de leur foi. La qualité évangélique donne envie d’être chrétien, c’est dans cette vie évangélique, dynamique et heureuse, que se vit la puissance de l’Evangile à travers les siècles.

 

Pour explorer la figure du Christ, notre frère, cheminons dans un parcours  à travers des textes connus :

1.Le récit de l’annonciation (Luc 1, 26-38)

A l’initiative du Seigneur, l’ange s’adresse à une jeune fille dans une situation précise, et concrète, inscrite dans une histoire précise, comme dans nos communautés.

Le projet de Dieu est d’entrer dans notre histoire : sa fidélité s’inscrit dans l’histoire des hommes. C’est ce que nous montre  la frise diocésaine de l’histoire du Salut.

A ce titre, le catéchuménat mérite une attention particulière. Dieu fait irruption dans la vie de personnes, toutes très différentes, qui sont travaillées par Dieu. Ces personnes n’ont pas toujours les mots de la foi, c’est pourquoi il est important de se former pour y répondre.

Dans ce texte : qu’est-il dit de Jésus ?

- Qu’il est Fils de Marie : il est pleinement humain, avec ses fragilités (cf. sa soif au désert, la soif lors de sa rencontre avec la Samaritaine). Le nom de Jésus signifie « Dieu sauve » ;
- « Il sera grand, il sera appelé Fils du Très Haut » : cet enfant ne sera pas tout à fait comme les autres ;

- « le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père » : Jésus accomplira la promesse

- « Celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu »

Notre vie en Eglise doit nous permettre de nous approcher du vrai Dieu : Dans ma vie de foi, vois-je Jésus plutôt comme un homme qui me ressemble, ou comme le Fils de Dieu ? Il faut tenir les deux de façon parfaitement équilibrée.

2.Le baptême du Christ

Jésus reçoit le baptême de Jean, qui est un baptême de conversion.

« Celui-ci est mon fils bien aimé, celui qu’il m’a plu de choisir» Mt 3, 17

 « Celui qui m’a vu, a vu le Père » Jn 14, 9

 « Personne n’a jamais vu Dieu ; Dieu Fils unique, qui est dans le sein du Père, nous l’a dévoilé » Jn 1, 18

Nous sommes tous des chercheurs de Dieu, c’est en Jésus Christ que nous savons qui il est. C’est en m’approchant du Christ dans l’évangile du dimanche que je m’approche de Dieu et de sa majesté. Là encore, il nous faut tenir l’équilibre : Jésus est vrai homme, et vrai Dieu.

3.Le CREDO de Nicée Constantinople

C’est un récit, qui nous reporte tout d’abord au récit de la Genèse (« Né du Père avant tous les siècles, lumière née de la Lumière, et par lui tout a été fait »)

« Il est Dieu, né de Dieu » : Jésus n’est pas qu’un homme, il n’est pas un « copain ».

« Engendré, non pas créé » : car il est Dieu !

« Il est descendu du Ciel » : La volonté divine est de descendre dans la condition humaine, comme l’écrit Paul dans la Lettre aux Philippiens : «  Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. »

Jésus est vrai homme et vrai Dieu : et nous ? En quoi sommes-nous concernés ? En quoi Jésus est-il notre frère ?

4.LE BAPTEME

Le baptême nous plonge dans la mort et la résurrection du Christ.

Par sa résurrection, Jésus est le premier à marcher sur la terre des vivants. Toute la chair humaine est concernée : pour tous ceux qui marchent à sa suite, c’est le chemin. On retrouve ce chemin dans la liturgie pascale, lorsque nous entrons en procession derrière le cierge : nous sommes ressuscités, vivants à tout jamais par le baptême. Parce que le Christ prend la condition humaine, nous avons un passage à sa suite.

Donc, Jésus tire la condition humaine vers le Royaume : c’est en cela qu’il est notre frère aîné.

5.LETTRE DE SAINT PAUL AUX GALATES (Ga 3 , 26-28)

« Car tous, dans le Christ Jésus, vous êtes fils de Dieu par la foi. En effet, vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ » :

 Sans l’Esprit Saint, cette réalité pourrait nous écraser.

« Il n’y a plus ni juif ni grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus. »

Nous sommes tous uniques, tous ensemble, nous déployons le visage du Christ, chacun dans notre unicité. L’Eglise est un corps organique, avec des ministères différents.

Nous sommes le visage du Christ appelé à la vie éternelle. C’est le fondement de toute vie missionnaire, c’est aussi le fondement de toute vie fraternelle. Si on l’oublie, on vit la vie de l’Eglise comme des païens, et non pas comme des ressuscités.

6.LA JOIE DE L’EVANGILE (Pape François)

Les premiers mots de cette encyclique : « La joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. » Tout un programme !

« Le grand risque du monde d’aujourd’hui, avec son offre de consommation multiple et écrasante, est une tristesse individualiste qui vient du cœur bien installé et avare, de la recherche malade de plaisirs superficiels, de la conscience isolée. Quand la vie intérieure se ferme sur ses propres intérêts, il n’y a plus de place pour les autres, les pauvres n’entrent plus, on n’écoute plus la voix de Dieu, on ne jouit plus de la douce joie de son amour, l’enthousiasme de faire le bien ne palpite plus. »

La fraternité doit donc être la préoccupation de tous, y compris du curé, car l’Eglise n’est pas qu’un service, même s’il faut une disponibilité très grande.

Le rôle du Curé est de veiller à ce que chacun des chrétiens puisse progresser dans son intimité avec le Christ. La vocation de l’Eglise est d’être toujours portes ouvertes : les assemblées paroissiales doivent veiller à l’accueil.

La fraternité est aussi la charge de chacun et chacune d’entre nous. Paul dit « exhortez-vous (encouragez-vous) les uns les autres » : il nous faut réapprendre cela avec les fraternités paroissiales, pour vivre plus naturellement cet encouragement à s’approcher du Christ.

 

Avant de passer au concret de la fraternité, posons nous régulièrement la question : « Pour moi, Jésus est-il vraiment Dieu ET vraiment homme ? »

 

Merci Père Joël pour ce cheminement, à présent en route pour la fraternité en paroisse !

Quelques photos de Jean-Claude Duez sur les bons moments de cette journée :