Le mercredi des Cendres

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Mais qu’est-ce que le Carême ? Est-ce encore d’actualité ? A-t-on véritablement besoin pour vivre notre foi chrétienne d’emprunter ce triple chemin de la prière, du jeûne et du don ? La réponse à cette question est probablement liée à la conscience de notre fragilité et de notre besoin de conversion.

Si je suis convaincu d’être juste, de ne faire que le bien et d’être une vivante image de la perfection divine, pourquoi faudrait-il prendre au sérieux cet appel de l’Église à la conversion ? Si au contraire, je me rends compte que ma vie à un besoin urgent de transformation intérieure, alors j’ouvrirai avec joie la porte du Carême.

Cette porte c’est le mercredi des cendres ; ces cendres sont le rappel de ma pauvreté ; je vois bien dans ma vie ce qui a pu être brûlé, consumé par le temps, mes lassitudes, la corruption du péché ; j’ai fait l’expérience bien des fois de ces enthousiasmes verdoyants qui, faute d’eau, ont séché sur place, sont devenus des branches sèches, cassantes comme de vieux idéaux désenchantés. C’est avec ce vieux bois dont nos âmes sont jonchées que l’Église allume un grand feu dont elle collecte les cendres. Ces cendres appliquées sur notre front sont un appel à reconnaître ces fragilités et ses échecs et à accueillir l’appel à reverdir.

Tout ce Carême est tendu vers le printemps de Pâques, printemps de Purification et de Renaissance mais il passe par l’humilité fertile des cendres.