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Paroisse Saint-Vincent
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Fête hier et aujourd'hui : fête du Christ-Roi

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Une chronique mensuelle pour découvrir les fêtes de notre calendrier liturgique

Fixée depuis 1969 au dernier dimanche de l’année liturgique, la fête du Christ-Roi reste quelque peu « indéfinie » dans l’esprit de nombreux fidèles. Certes, la royauté du Christ est bel et bien affirmée tout au long de l’Ancien et du Nouveau Testaments, depuis la Genèse (le patriarche Jacob prédit : « Le sceptre n'échappera point à Juda, ni le bâton de chef…, jusqu'à ce que vienne celui à qui les peuples obéiront », Gn 40, 10), jusqu’à saint Paul qui, dans son épître aux Éphésiens, affirme que le dessein de Dieu est de « ramener toute chose sous un seul chef, le Christ ». Il s’agit bien d’une royauté spirituelle, comme le dit lui-même Jésus lorsqu’il répond à Pilate : « mon royaume n’est pas de ce monde » (Jean 18, 36) ; malgré cela, les Romains marqueront avec ironie, sur la Croix, l’ambition prêtée au Christ par ses accusateurs d’un pouvoir terrestre, en y accrochant un « titulus » portant les lettres I.N.R.I pour « Iesus Naraeus Rex Iudeorum » (Jésus de Nazareth, roi des Juifs).

Mais il fallut attendre 1925 pour que soit instituée une fête spécifique célébrant la royauté du Christ. Le 11 décembre de cette année, Pie XI en fit l’annonce à toute l’Église.

Mais la célébration était déjà en germe dans les milieux autorisés. La preuve en est le vocable de la nouvelle église de Migennes, élevée de 1925, justement,  à 1935, et  dont la célèbre flèche en brique rouge, haute de 60 mètres, s’élève fièrement vers le ciel. C’est la seule qui, dans notre diocèse et département, porte le nom de « Christ-Roi ».
Si, dans les années 20, l’Église, inquiète des progrès de l’athéisme et de la sécularisation de la société, tente de promouvoir la figure d’un Christ sous l’autorité duquel devraient se placer toutes les Nations, celle des années 70, post-conciliaire, réoriente la solennité vers la figure d’un Christ « Pantocrator », c’est-à-dire créateur et maître de l’univers et dont les fidèles sont appelés à célébrer sans fin la Gloire. Cela explique le déplacement de la fête dans le calendrier liturgique, du dernier dimanche d’octobre au dernier dimanche de l’année liturgique, ultime jalon vers un Avent qui annonce, pour la voir se manifester enfin, à Noël et à l’Épiphanie, la Gloire du Sauveur incarné. 

 

Photo : l’église du Christ-Roi de Migennes

Patrice