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Paroisse Saint-Vincent
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Trésor d’art et de foi : le médaillon peint (Courson-les-Carrières)

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Une chronique mensuelle pour découvrir notre patrimoine

Les vestiges anciens sont plutôt rares dans l’église St-Pierre de Courson-les-Carrières, très largement remaniée aux XIXe et XXe siècles. Cela rend d’autant plus précieuse l’unique peinture murale qui subsiste dans l’édifice, trace d’un décor plus ample qui a quasiment disparu aujourd’hui. C’est sur le mur du bas-côté nord, à main droite quand on pénètre par la petite porte latérale, que l’on peut voir un beau médaillon peint datable, par son style, du XVIe siècle. De forme circulaire, bordé d’un large bandeau noir qui le met en valeur, il contint la figure, en buste, d’un Apôtre, reconnaissable à l’attribut qu’il tient en main ; il s’agit, en effet, d’André, identifiable à la croix en X sur laquelle, selon le récit traditionnel, il fut crucifié. Frère de Pierre, disciple de Jean le Baptiste, il est cité parmi les quatre premiers disciples du Christ. Il évangélisa la Grèce et mourut en martyr vers l’an 60. L’Apôtre tient aussi en main droite une croix, signe visible de sa foi.

Mais que fait-il sur les murs de St-Pierre de Courson-les-Carrières ? On ne peut le comprendre que si l’on restitue en imagination l’ensemble auquel appartenait jadis ce médaillon, aujourd’hui bien isolé. Survivant d’une série, il constituait avec onze autres ce qu‘on appelle le « collège apostolique », c’est-à-dire  la communauté des Apôtres. Alors, pourquoi sur les murs de l’église ? Parce que ces peintures servaient, selon l’ancien rituel, à la consécration des lieux ; au cours de la cérémonie, l’évêque marquait du Saint Chrême les douze médaillons, portant la figure des piliers de l’Église, corps mystique du Christ, et dont la paroisse locale est un membre. Nombreuses sont, dans notre diocèse, les églises qui conservent partie ou totalité de ces marques de consécration, parfois sous forme de simples croix, peintes la plupart du temps. Peut-être les badigeons anciens qui recouvrent les murs de l’église de Courson cachent-ils d’autres vestiges de ces médaillons … Il n’est pas interdit de le penser

Quant au tracé noir qui s’étire de gauche à droite, et semble antérieur au médaillon, il s’agit d’une « litre » ; ce terme, féminin, désigne un bandeau funéraire peint sur les murs, intérieurs et souvent extérieurs , des églises. La famille seigneuriale du lieu y faisait peindre les armoiries de ses membres au fur et à mesure de leur décès, ce qui incitait la communauté paroissiale à prier pour eux et rappelait aussi quotidiennement aux fidèles qu’ils vivaient sous l’autorité d‘un lignage souvent bienfaiteur de l’église.

Patrice