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Paroisse Saint-Vincent
Paroisse Saint-Vincent

Zoom sur son prieuré

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Découvrez plus en détails cette particularité de l’église de Charentenay

Dépendant maintenant du Canton de Coulanges la Vineuse, sis dans le triangle Auxerre Clamecy Avallon, le Charentiniacum de l’époque romaine est un très vieux bourg.

Fortifié en 1530, il fut jusqu’en 1789, quoique enclave du Comte d’Auxerre, rattaché à la province de l’île de France.

Il n’est plus désormais qu’un paisible village de 350 habitants exclusivement rural et agricole, n’ayant rien conservé de ses anciennes fortifications, aux maisons bourguignonnes construites avec la pierre de sa carrière qui, à l’instar de celles de Courson ( à 7 km), est de vieille réputation et sert notamment à la restauration de monuments « classés » (l’hôtel de Ville de Paris aurait été édifié avec la pierre de Charentenay).

Il ne subsiste de son passé que deux bâtiments l’Eglise St Laurent, du XVe, et son Monastère.

Ce dernier – rebaptisé « Le Prieuré » - n’est à vrai dire qu’une vieille et assez vaste maison qui, malgré des transformations successives probables, a conservé une tour mi-hexagonale du XVe et des entourages de fenêtres en pierres sculptées de même époque. Ce monastère, chose curieuse, n’a jamais eu de chapelle. Les religieuses ayant fait aménager la leur dans l’église même, sise de l’autre côté de la rue.

L’Abbaye de Charentenay. En 635, 8ème année du règne de Dagobert, St Pallade évêque d’Auxerre fonda, dans cette ville, l’abbaye des Femmes de St Julien. Au XIIIe siècle Hugues de Montaigu, évêque d’Auxerre, donne la paroisse de Charentenay à cet Ordre.

A noter que son fondateur avait déjà doté les Dames de St Julien de riches revenus qu’il tenait lui-même des libéralités du roi Dagobert, fixant en contrepartie obligation aux religieuses de célébrer l’office divin et de nourrir les pauvres en mémoire du bon roi ainsi qu’à celle des évêques d’Auxerre.

Brûlée en 887, et 889 par les Normands, pillée en 1359 par les Anglais, démolie complètement par les Huguenots en 1567-68 en 1594 les religieuses de St Julien renoncent à rebâtir leur abbaye à Auxerre, et vont se fixer sur leurs terres de Charentenay dans la maison sise en face de l’église. Elles y resteront jusqu’en 1657. L’âge d’or de l’Abbaye de Charentenay se situe ainsi sous les règnes d’Henri IV, Louis XIII et début de celui de Louis XIV.

Les archives régionales montrent que les Dames de St Julien – qui possédaient la totalité du pays – géraient leur domaine avec un sens aigu des affaires baux renouvelés, bornages etc… Elles contribuèrent à développer considérablement la richesse du pays.

Ces archives témoignent également de l’autorité particulière de Gabrielle de la Madeleine qui fut leur abbesse de 1606 à 1657, relatant les incidents épiques autant que multiples dont le Monastère fut le théâtre, par suite du refus de cette abbesse de recevoir les inspections canoniques (fussent-elles accompagnées du Procureur du Roy) que tentèrent en vain trois évêques auxerrois successifs.

Cette petite guerre ne devant prendre fin que par un compromis, le 25 juin 1646 qui décernait le titre de « Fondatrice » - « Restauratrice » à cette maîtresse femme, autorisait les Dames de St Julien qui le désireraient à rester à Charentenay, les novices ne pouvant être acceptées qu’à l’abbaye d’Auxerre reconstruite.

Quatre religieuses très âgées allaient rester avec l’abbesse et devaient s’éteindre assez rapidement, laissant seule Gabrielle de la Madeleine dans son monastère de Charentenay.

Celle-ci déchargée des soins d’administrer une collectivité disparue, va désormais vivre en toute liberté. Elle ira prendre « les eaux », fera des voyages, revenant de temps à autre dans sa solitude de Charentenay où elle mourut en 1657. Avec elle disparut la dernière « Dame de Charentenay ».

En 1920 l’ancien Monastère abbaye devenu presbytère était vendu aux enchères, la cure ayant été supprimée (Rattachée à un village voisin). Après cette guerre, l’ex-maison abbatiale fut louée aux P.T.T. pour y installer au rez de chaussée la poste locale. Celle-ci quittait les bâtiments en 1956.

Revendue le 10 mai 1958, cette propriété est rebaptisée « le Prieuré ».