Zoom sur sa sainte épine

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Découvrez plus en détails cette particularité de l’église de Courgis

Il semble probable que le soir même du Vendredi Saint, alors que le Christ venait de mourir, la couronne d’épines que les soldats romains lui avait posée sur la tête en signe de dérision, fut partagée entre les disciples du Seigneur. Cette couronne, dépouillée de ses épines, est ce cercle de joncs tressés que l’on peut voir dans le trésor de Notre Dame de Paris.

Ce qui s’est passé par la suite est nettement moins précis. Constantin V aurait donné à Charlemagne quelques épines vers 770, mais on en perd la trace. On sait également que Saint Louis racheta la couronne et vint lui même la chercher à Villeneuve l’Archevêque le 10 août 1239. Il la transporta à Sens puis à Paris, où elle fut déposée dans la Sainte Chapelle du Palais et ce jusqu’à la Révolution.

La sainte Épine de Courgis a t’elle été un don de Saint Louis ? On a quand même bien du mal à comprendre pourquoi le petit village de Courgis aurait joui des mêmes privilèges et honneurs que Trèves, Gand, Valence, Autun, Toulouse, Rome, Florence, Venise, Pise ou encore Naples qui ont reçu une épine de la Sainte Couronne.

C’est pourquoi il semble plus sérieux de suivre la piste proposée par les Archives départementales de l’Yonne. La Sainte Épine de Courgis aurait été rapportée de Jérusalem par les Croisés. Godefroy de Bouillon, au début du XIIe siècle, la donna à son frère Baudoin et elle fut déposée dans une chapelle du château de Girondelles (département des Ardennes) jusqu’en 1555.

Edmée de Girondelles, mariée en première noce à Louis de Nivernais, baron de Courgis, avait hérité du château de Courgis. A cette époque, la guerre opposant le roi de France Henri II et l’empereur d’ Allemagne Charles Quint, faisait rage.

Or Girondelles se trouvait en plein sur les lieux de ces affrontements. C’est pourquoi Edmée de Girondelles se réfugia dans son château de Courgis en confiant à l’abbé Nicolas Chaumard le soin de transporter la Sainte Épine Celle ci fut déposée au château de Courgis le 8 décembre 1555 et authentifiée en 1559 par un délégué de Robert de Lenoncourt, évêque d‘Auxerre de 1534 à 1560.

Le reliquaire fut donné à l’église de Courgis en 1633 par Jacques Ferrand et son épouse Françoise Julliot.

La Sainte Épine est contenue dans un médaillon en cristal, lui même enchâssé dans un petit soleil de vermeil, représentant la couronne du Christ, et surmonté de 53 épines de vermeil. Tous les ans, le deuxième dimanche d’août, a lieu en l’église Notre Dame de Courgis une messe de vénération de la Saine Épine, messe durant laquelle on chante ave coup de ferveur le couplet suivant :

Toi que Courgis, par un insigne grâce,
Possède encore et gardera toujours,
Préserve nous de l’orage qui passe,
Sur notre terre attire d‘heureux jours.

Tout commence par la messe. Puis ceux qui le souhaitent vont embrasser Épine en faisant un vœu ou une prière. Puis les participants, partagent un repas tiré du sac. On dit que Épine protège le vignoble de Courgis de la grêle et du gel.