Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Paroisse Saint-Vincent
Paroisse Saint-Vincent

Zoom sur sa statue de sainte Catherine

Add this
Découvrez plus en détails cette particularité de l'église de Fouronnes

Statue découverte il y a peu (2007) dans le blocage qui obturait une ancienne porte donnant sur le côté nord de l’église et mise au jour à l’occasion de la réalisation de travaux sur les enduits du bâtiment.

Il s’agit d’une superbe petite statue en pierre polychrome du XVIe siècle, représentant sainte Catherine d’Alexandrie, immédiatement reconnaissable à son attribut classique, la roue à dents, instrument traditionnel de son martyre.

REMARQUES SUR L’ICONOGRAPHIE DE LA STATUE

— léger déhanchement de la sainte, qui porte sa jambe droite en avant et penche légèrement en avant son cou. Le buste est bien marqué par une ceinture portée haut, sous la poitrine,
— élégance de la posture et des drapés, en particulier du manteau qui passe sur la hanche droite et repasse en jeté sur l’épaule gauche. Visage plutôt juvénile, équilibré et gracieux.
— la sainte porte une couronne (en « dents de scie »), insigne traditionnel du martyre, mais aussi probable allusion à la noblesse de son lignage, selon la tradition.
— l’avant-bras droit manque en quasi totalité mais on peut, d’après le départ qui en subsiste et l’iconographie habituelle, supposer que la sainte tenait en avant la palme, autre attribut du martyre, à moins que ce ne soit l’épée de sa décollation (décapitation).
— de sa main gauche, la sainte tient un livre contre son flanc. Il s’agit de la Bible.
— attribut spécifique du martyre que, selon la légende, aurait subi sainte Catherine, la roue à dents est partiellement figurée derrière la jambe gauche de la sainte.

OBSERVATIONS SUR L’ÉTAT DE LA STATUE

— la statue a été jadis brisée horizontalement en deux parties au niveau du torse, puis remontée, les deux parties étant fixées l’une au moyen d’ un tenon central, qu’il ne nous a pas été possible de voir.
— l’avant-bras droit manque ; mais, au niveau de la coupure franche, en son centre, subsiste un petit fragment d’os (d’ovin ?) ayant servi de tenon avec la partie manquante, qui avait été rajoutée au corps principal de la statue.
— la polychromie subsiste dans un état exceptionnel. Il se pourrait que ce soit celle d’origine, rien ne laissant deviner un repeint postérieur. On notera en particulier :
[-]  vêtements : tunique rouge-orangée et manteau bleu
[-]  visage : traitement raffiné des yeux (pupilles noires) et des lèvres (rouges pâle)
[-]  chevelure ondulante noire
[-]  cou : collier de perles sous forme de petits ronds noirs.

L’équilibre et l’élégance de cette statue en font une œuvre de fort belle facture.

Ce que dit la tradition de sainte Catherine d’Alexandrie

(Si Catherine d’Alexandrie a existé, sa légende, telle que la rapporte la tradition médiévale, n’a aucun fondement historique).

Issue d’une famille noble d’Alexandrie d’Égypte, Catherine aurait vécu au début du IVe siècle. Chrétienne, elle se voua au Christ et refusa d’épouser l’empereur romain Maxence (ou, selon certaines variantes, Maximien) qui, de plus, exigeait d’elle qu’elle sacrifiait aux idoles païennes. L’empereur convoqua alors une cinquantaine de sages et philosophes qui furent chargés de la convaincre de son erreur et de la détourner de sa foi, mais Catherine fut si habile et convaincante qu’elle les convertit tous, provoquant la colère de l’empereur qui fit mettre à mort les sages par le feu et fit emprisonner Catherine sans nourriture.

La sainte fut alors nourrie par une colombe envoyée par Dieu. Lassé de l’obstination de Catherine, l’empereur la fit supplicier par une roue garnie de pointes de fer destinées à déchirer les chairs. La roue s’étant alors brisée sur intervention divine, il ordonna de faire décapiter la sainte ; du lait aurait alors jailli du cou de celle-ci.

Diffusé en Occident dès le IXe siècle, à partir de récits proche-orientaux le culte de sainte Catherine connut un immense succès à partir du XIVe siècle et ce, jusqu’au XVIIe siècle. Elle fit partie des saints les plus invoqués par la piété tant populaire qu’aristocratique.

Elle est la sainte patronne :
— des charrons (la roue)
— des jeunes filles (non mariée)
— des femmes qui allaitent et des nourrices (le lait)
— des philosophes et orateurs (le débat)

Sainte Catherine était particulièrement invoquée pour l’allaitement et les maux de tête (allusion à la décapitation).

La roue dentée est son principal attribut.

Catherine d’Alexandrie ne doit pas être confondue avec sainte Catherine de Sienne, mystique dominicaine italienne morte en 1380.