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Paroisse Saint-Vincent
Paroisse Saint-Vincent

Histoire et description

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Découvrez une présentation de l’histoire et des lieux

Mentionné dès la fin du VIe siècle dans un règlement liturgique de la cathédrale d’Auxerre, le village de « Decimiacus » correspond très probablement à l’actuel Saint-Cyr-les-Colons ; on y signale en effet l’existence d’un « monastère Saint-Cyr » qui semble avoir été éphémère, puisqu’on en perd toute trace par la suite.

Mais le bourg pourrait avoir pris le nom de cette fondation monastique. A l’époque carolingienne (IXe s.) la paroisse relève de la grande abbaye Saint-Germain d’Auxerre qui la cède au XIe siècle à l’abbaye de Saint-Laurent-les-Cosne (Nièvre). L’actuel édifice paroissial date principalement des XIIe-XVIe siècles.

L’EXTERIEUR

La surprenante largeur de la façade et l’imposante superficie de la toiture de la nef s’expliquent par l’histoire du bâtiment : [Retour ligne manuel]
— à l’origine (seconde moitié du XIIe s.), l’église se composait d’un chœur et d’une nef unique, à laquelle on accédait par une petite porte centrale en plein cintre (arc en demi-cercle) ; cette ouverture était équipée d’un dispositif défensif dit « assommoir » qui permettait, à partir du sommet du pignon, d’envoyer des pierres ou d’autres projectiles sur quiconque tentait de pénétrer de force dans l’édifice. Il s’agit certainement d’un vestige des guerres seigneuriales qui ont à cette époque troublé la région. [Retour ligne manuel]
— à l’extrême fin du XVe ou au tout début du XVIe siècle, l’édifice est agrandi par l’adjonction de deux bas-côtés (avec porte gothique à gauche sur la façade) ainsi que de deux transepts.

La maçonnerie de la façade garde trace de ces deux étapes de construction : les pierres d’angle de la façade primitive se voient de part et d’autre de la partie centrale. Par la suite (dès le XVIIe siècle), une toiture unique recouvrit d’un seul jet la nef et les bas-côtés. C’est ainsi que la nef est devenue « aveugle » (baies hautes obturées). Il fallut aussi rehausser la pente du toit, ce qui explique que ce dernier masque partiellement les baies romanes du premier niveau du clocher qui fut complété d’un second étage au XVIIe siècle.

Contre le mur sud de la nef (à gauche de la façade), un couvercle de sarcophage des VIe-VIIe siècles a été déposé. Il provient d’un cimetière mérovingien découvert en 1966 à proximité immédiate du village.

L’INTÉRIEUR

La nef, très remaniée au XIXe siècle (réfection des voûtes et des piliers, adjonction de tirants en bois destinés à prévenir l’écartement des murs) conduit à la partie la plus originale de l’édifice : le chœur roman. On y observera en particulier :
— le chevet plat à « triplet » : deux baies surmontées d’un oculus ( » œil »).
— les chapiteaux à décor, soit végétal (larges feuilles d’angle), soit animal (deux griffons ou chimère, angle de droite).
— les chapiteaux des piliers de la croisée du transept ont été profondément remaniés au XIXe siècle (noter la date de restauration gravée au sommet de l’arc brisé d’entrée du cœur)
— l’ancien maître-autel en bois peint date du XVIIe siècle (1672 ?).
— les statuettes de bois doré représentent :
[-]  au centre : le Christ (au tabernacle), entouré de saint Pierre et saint Paul, saint Patrons de l’Eglise.
[-]  à gauche : sainte Julitte avec saint Cyr son fils.
[-]  à droite : un saint évêque, probablement Germain d’Auxerre.

Le démontage récent de l’autel pour restauration a permis de découvrir le massif en pierre d’un autel antérieur (XVIe s. ?), ainsi que deux niches romanes en plein cintre dans le mur du chevet.

Transept Nord (à gauche) : autel de saint Cyr et sainte Julitte, patrons de l’église.
— au mur, statue de plâtre (XIXe s.) : sainte Julitte tient l’épée de sa décollation (décapitation) et la palme, symbole chrétien du martyre.
— au sol, statue de pierre (XVIIe s.) : saint Cyr et sainte Julitte.
— à droite de la baie vitrée, traces d’une peinture murale (XVIe s.) : une sainte femme, un saint évêque, non identifiables.

Transept Sud (à droite) : autel de la Vierge.
— au mur : statue de plâtre, XIXe s (Notre Dame de Lourdes).
— au sol, statue de pierre (XVIIe s.) : Vierge à l’Enfant. Les têtes d’origine ont disparu (guerres de religion ? Révolution ?) ; elles ont été remplacées au début du XIXe siècle, probablement lors de la restauration du culte en 1802, sous Napoléon Ier. (figures et coiffures à bouclettes de style « Récamier »).

Bas-côté Sud, chapelle :

Statues polychromes mutilées (XVIe s.) découvertes dans le sol de la sacristie, à l’occasion de travaux réalisés en 1998 ; remarquer entre autres fragments :
— l’éducation de la Vierge par sainte Anne sa Mère.(au fond à gauche)
— saint Jean-Baptiste (à son pied a été déposé l’Agneau qui l’accompagne, symbole du Christ sacrifié : « Voici l’Agneau de Dieu… »).
— une femme tenant un enfant par la main, très probablement sainte Julitte et son fils saint Cyr.(devant à droite)

Réemployées dans la maçonnerie du mur de soutènement du plancher, ces statues avaient peut-être été mutilées pendant la Révolution (?).

Bas-côté sud, au revers du mur de façade :
— groupe en plâtre, fin du XIXe siècle : Notre Dame de la Salette. Cet ensemble, offert en ex-voto (par vœu), célèbre l’apparition de la Vierge à deux jeunes bergers de la Salette (Isère) en 1846. Marie couronnée, en pleurs, porte sur elle les instruments de la Passion du Christ.
— le culte de saint Cyr et de sainte Julitte