Carême 2018 à Thury : troisième cours biblique

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Relecture du troisième cours biblique avec le père Joseph NADLONEK.

Introduction

Ce mardi 27 février à la Maison paroissiale à Thury s’est tenu le troisième cours biblique avec le père Joseph NADLONEK, curé de la paroisse. En cette année 2018, le support d’étude est constitué d’une série de fiches intitulées « Avec saint Marc, tisser la fraternité ». Ces documents sont disponibles en téléchargement sur le site internet du service diocésain de la formation permanente.

Pour cette session, il s’agissait de la fiche no 3 intitulée « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-le ! » proposant l’extrait suivant de l’Évangile de saint Marc (Mc 9, 2-10) :

« Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. Élie leur apparut avec Moïse, et tous deux s’entretenaient avec Jésus. Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : « Rabbi, il est bon que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » De fait, Pierre ne savait que dire, tant leur frayeur était grande. Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux. Ils descendirent de la montagne, et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. Et ils restèrent fermement attachés à cette parole, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d’entre les morts ». »

Synthèse de l’étude dirigée par le père Joseph

Quelle surprenante déclaration que de commencer en disant « Six jours après… » ! Pourquoi Marc nous pose-t-il un tel délai ? La réponse se trouve dans l’Ancien Testament au livre de l’Exode : « Moïse gravit donc la montagne, […] la gloire du Seigneur demeura sur la montagne du Sinaï, que la nuée recouvrit pendant six jours. Le septième jour, le Seigneur appela Moïse du milieu de la nuée. » (Ex 24, 15-16). Dans la tradition juive de la Torah, ces six jours correspondent à l’attente d’une purification intérieure donc d’une réflexion avant de pouvoir approcher Dieu. Et le septième jour, depuis la nuée Dieu appelle Moïse. À cet instant, l’aspect du Seigneur est celui d’une flamme dévorante envahissant la montagne du Sinaï.

Jésus ne prend avec lui que Pierre, Jacques et Jean. Et oui seulement trois disciples ont ce privilège, de même qu’ils ont eu le privilège de voir la résurrection de la jeune fille de Jaïre, chef d’une synagogue (Mc 5, 37s). Ils seront aussi plus tard les témoins de l’agonie de Jésus à Gethsémani (Mc 14, 33). Ces trois apôtres deviennent un soutien de foi pour les foules.

Pourquoi gravir une montagne ? Pour rencontrer la Parole de Dieu et recevoir ses grâces, il faut être à l’écoute du silence. Le meilleur moyen est de prendre de la hauteur, de s’éloigner de l’agitation du monde.

« Et il fut transfiguré devant eux. » (Mc 9, 2b). Marc dévoile l’axe du récit : Jésus est lumière, il rayonne de l’intérieur. L’expression « il fut » indique clairement qu’il est héritier d’une personne qui n’est autre que Dieu le Père. Le préfixe « trans- » indique la présence de deux réalités imbriquées. Oui, Jésus est engendré par Dieu et a pris chair de Marie comme le dit le Symbole de Nicée-Constantinople. Jésus est à la fois humain et divin. Il est l’homme qui révèle son origine divine. Quid de la blancheur ? Là aussi nous devons y voir une symbolique biblique : le blanc c’est le domaine des Cieux donc de Dieu, c’est la couleur de l’ange le matin de la résurrection, c’est l’Ascension du Christ. À notre dimension humaine, c’est le vêtement christique reçu au baptême, c’est l’aube du prêtre et des servants d’autel. Saint Paul dit : « Il faut que cet être mortel revête l’immortalité. » (1 Co 15, 53). La lumière s’oppose à l’obscurité, elle est le signe visible de la transcendance de Dieu s’opposant à l’obscurité de la condition de l’homme.

Comment expliquer la présence de Moïse et Élie ? Ce sont les deux figures majeures de la première Alliance : Moïse symbolise l’attente du peuple d’Israël inscrite dans la Loi et Élie symbolise les générations de prophètes. Dieu s’est révélé à Moïse dans le Sinaï et à Élie au Mont Carmel près d’Haïfa. La dimension institutionnelle de Moïse et la dimension charismatique d’Élie s’unissent dans la Parole salvatrice de la manifestation de Dieu qui s’est fait chair d’où cet entretien en trio rapporté par Marc.

Au verset 5, l’apôtre Pierre se fait porte-parole, mais avec son incertitude et son incompréhension. Marc nous insère une histoire de trois tentes. Revenons une fois de plus au livre de l’Exode : le peuple hébreu attend six jours le retour de Moïse et que fait-il en attendant ? Il s’abrite sous des tentes dressées dans le désert et se laisse tenter par l’adoration d’un veau d’or. Les tentes symbolisent la fragilité de l’homme sur son chemin vers la promesse de Dieu. Dans le judaïsme, la fête des tentes (Yom Sukkôt) se positionne six jours après la grande fête du pardon (Yom Kippour). Cette fragilité de l’homme est comparable à l’errance des hébreux qui campent au désert pendant quarante ans (cf. Nb 14, 33-34 et Nb 33).

Arrive la nuée au verset 7 qui couvre tout le monde, et la voix du Père résonne comme au jour du baptême de Jésus dans le Jourdain : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » (Mc 9, 7). Oui, allons au-delà de nos raisonnements. Soyons, à l’écart du monde, attentifs à la prière capable de nous donner l’identité réelle du Fils par la révélation du Père. En résumé, la transfiguration de Jésus est le signe avant-coureur de la résurrection et de la vie éternelle promise aux hommes. La présence de trois disciples nous rappelle que beaucoup sont appelés, mais peu sont choisi.

Temps de prière

Donne à ton Église, Seigneur, la joie de transmettre ta vie à ceux qui se préparent au baptême : par leur naissance de la chair, ils sont des êtres de chair, qu’ils deviennent des fils de Dieu en renaissant de l’Esprit. Par Jésus Christ notre Seigneur et notre frère, lui le Vivant maintenant et pour les siècles des siècles. Amen !

Pour approfondir la réflexion du module, nous vous invitons à le télécharger en cliquant ici.