L’église de Sementron

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Église Sainte-Geneviève et Saint-Pierre

Présentation

L’église de Sementron placée sous l’égide de saint Pierre, puis plus tard également sous celle de sainte Geneviève. Le chœur est daté du XIIIe siècle, tout le reste de l’édifice provient d’une reconstruction de la fin du XVe et du début du XVIe siècle.

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Les premières traces réelles archivées du village de Sementron remontent à la fin du XIIe siècle : en 1196 Sa Sainteté le pape Célestin II évoque les biens de l’abbaye Saint-Nicolas à Prégilbert et le prélèvement de dîmes sur les terres de Sementron. Mais l’origine du village est probablement plus ancienne (période gallo-romaine) comme l’attestent des recherches archéologiques. Au Moyen Âge, Sementron (qui s’appelait Soubzmentron) était une seigneurie qui dépendait de la châtellenie de Druyes-les-Belles-Fontaines. L’ensemble étant alors sous l’autorité du comte de Nevers-Auxerre.

L’église de Sementron placée sous l’égide de saint Pierre, puis plus tard également sous celle de sainte Geneviève, figure dans des textes anciens vers l’an 1250. Le chœur est daté du XIIIe siècle, tout le reste de l’édifice provient d’une reconstruction de la fin du XVe et début du XVIe siècle. La richesse décorative du portail est typique du gothique flamboyant que l’on surnomme aussi gothique finissant. La niche centrale devait abriter une statue de saint Pierre, aujourd’hui il s’agirait, au vu des attributs, de saint Fiacre moine irlandais du VIIe siècle. Notons que les murs extérieurs sont soutenus par des contreforts à corniche rampante qui ne sont pas sans nous rappeler une subtile influence romane.

La nef et ses bas-côtés (fin XVe début XVIe siècles) sont d’une très belle architecture, les ogives retombantes des voûtes pénètrent directement dans les piliers dépourvus de chapiteaux. Les deux travées proches du chœur sont embellies par une complexité de croisées d’ogives en lierne. Le chœur à chevet plat possède une croisée d’ogive dont la clé de voûte est magnifiquement ornée de l’Agnus Dei, l’Agneau de Dieu tenant la croix glorieuse de la résurrection du Christ. Les peintures murales révèlent l’ornementation religieuse de style médiéval qui était très présente au cours du XIXe siècle.

L’ancien maître-autel est du XVIIIe siècle, le devant de la table en bois est orné de deux cœurs enflammés représentant pour l’un la Vierge Marie et pour l’autre le Christ. Le retable de style classique abrite un tableau montrant saint Pierre délivré par l’ange du Seigneur (récit des actes des apôtres). Cet autel est encadré par deux sculptures : l’une sainte Geneviève et l’autre un évêque (saint Vérain ou saint Germain d’Auxerre selon les traditions locales). À droite, une niche en arcature brisée marque l’emplacement de l’ancienne piscine liturgique qui servait aux prêtres pour le lavement des mains avant la liturgie eucharistique de la messe.

Les bas-côtés de la nef sont ornés de vitraux et de sculptures du XIXe siècle :

  •  Côté nord : le roi saint Louis, un pape avec sa tiare, un évêque (peut-être saint Germain d’Auxerre) et la Sainte Famille.
  •  Côté sud : saint Étienne (il est le saint patron du diocèse de Sens-Auxerre), sainte Élisabeth de Hongrie, saint Pierre, saint Éloi et saint Jean-Baptiste.

Nous ne pouvons terminer cette présentation sans évoquer la fontaine Sainte-Geneviève située le long d’un chemin côté nord de l’église. Son origine certainement très ancienne est inconnue, ses eaux miraculeuses ont le pouvoir de guérir les affections oculaires. La tradition locale du village rapporte que sainte Geneviève, consacrée à Dieu par saint Germain d’Auxerre, s’est vue refuser l’hospitalité et un verre d’eau au village de Lain. L’accueil fut par contre très chaleureux à Sementron, c’est pourquoi Geneviève témoigna sa reconnaissance aux habitants en indiquant une source. Depuis ce temps et malgré de terribles sécheresses au cours des siècles, le village de Sementron n’a jamais connu de manque d’eau.

Description réalisée à partir de recherches documentaires effectuées par David-Marie GESTALDER, membre des Parvis de l’Yonne.

Bibliographie :

  •  Histoire des communes de l’Yonne, Maurice PIGNARD-PÉGUET, éd. de la Tour Gile 1913.
  •  Documents du regretté père Paul GUYARD (1930-2015) qui fut prêtre auxiliaire à Thury.

Prière au saint patron

Heureuse fillette de sept ans, Geneviève, le grand évêque saint Germain d’Auxerre de passage à Nanterre, t’a orientée dans ta vocation chrétienne.

Dès quinze ans, consacrée au Seigneur, tu l’as cherché et servi. Puis tu as su conduire d’autres jeunes filles sur les chemins du don total par amour de Jésus.

Face aux terribles menaces d’Attila tu as redonné courage aux hommes de Paris et la ville fut sauvée. Plus tard quand la famine a sévi, tu as envoyé des bateaux remonter la Seine pour ramener le blé indispensable à tous et particulièrement aux plus pauvres.

Sainte Geneviève, patronne de Paris et des gendarmes veillant à la paix et à la sécurité, obtiens-nous de Jésus : le courage sans panique en toute situation difficile. Le partage avec les plus pauvres, les plus démunis. L’esprit de prière, de silence, de pauvreté qui libère et nous permet de nous donner à Dieu et de servir le prochain en vérité. Amen !

Prière composée par l’abbé Pierre-Marie LHOSTE.