Eglise Notre Dame de Tonnerre

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Au coeur de la ville l'église Notre Dame est construite sur un ancien site dédié aux pèlerins

Historique :

A l’origine de cette église, on trouve à partir du XIème siècle, un modeste hôpital destiné à héberger les voyageurs qui affluaient nombreux à Tonnerre, carrefour de plusieurs voies d’importante circulation dont celle de Sens à Alésia. Les pèlerins en route vers Saint Jacques de Compostelle y faisaient halte avant de se regrouper à Vézelay. L’hospitalité était accordée pour une seule nuit ; des matrones appelées par un historien du XVIIIème siècle « nonnains aux poignets blancs » soignaient et pensaient les blessures et distribuaient à chaque voyageurs un viatique de cinq sols. Un maître, quatre chapelains et un procureur complétaient le personnel.

Avec le développement de la ville qui, descendant de la colline Saint-Pierre, s’en vient peupler la place du Centre et le Val Corbe la chapelle de la maison-Dieu est érigée en 1164 en paroisse. Au XIVème siècle, l’hôpital est uni à la cure et au XVIème siècle, le curé est condamné à relever l’édifice hospitalier. Jusqu’à la Révolution, les habitants contestèrent la fusion des revenus de la maison-Dieu avec ceux de la paroisse. A partir de 1672, sa position centrale en fait le lieu de toutes les cérémonies publiques : processions générales (Pâques, Pentecôte, Rogations, Saint-Sacrement, Saint-Roch…) et Te Deum officiels. L’église est le siège de nombreuses confréries dont celle du Saint-Sacrement (1626) et celle de Saint-Vincent Spoliée à la Révolution, un moment transformée en temple de la déesse Raison, Notre Dame redevient paroisse après le Concordat, le 15 Août 1802. Au début du XVIIIème siècle, les curés maintiennent une assistance aux mendiants.

De par sa disposition, l’église a été exposée à tous les pillages et destructions de l’histoire : elle fut incendiée par les Anglais en 1359 et par les Bourguignons en 1414. Le grand incendie de 1556 l’endommagea grandement : destruction du clocher de plomb, façades calcinées, pignons et voûtes endommagées. L’infrastructure de l’édifice en fut atteinte, ce qui, malgré les travaux continuels, conduisit à plusieurs reprises l’édifice à être fermé et les offices transférés dans l‘église du Vieil Hôpital, notamment en 1741 puis en 1809. Installé à l’Hôpital en 1812, la paroisse Notre-Dame y reste jusqu’en 1831 et y abandonne une partie de son mobilier religieux qui y demeure encore : les stalles, la table de communion, l’autel avec les gradins et le tabernacle, le tableau de la Pêche miraculeuse…

Les travaux reprennent en 1862 et ce n’est qu’en 1883 que l’église est à nouveau ouverte au culte et consacrée par l’archevêque de Sens.

Le bombardement du 15 Juin 1940 crible la façade ; celui de mai 1944 endommage le chœur et la nef, causant la mort de neuf enfants.

Classé monument historique en 1944, l’édifice bénéficie de l’aide de l’Etat qui assure le déblaiement et la remis en état de l’intérieur.

A remarquer :

La chapelle de Saint-Roch (actuelle chapelle du Sacré-Cœur)

Cette chapelle est un ajout à l’ensemble de l’édifice effectué en 1635 à l’occasion de la peste qui en 1632-1633 affligea la ville faisant 3500 morts. Une plaque de marbre noir garde souvenir du vœu à Saint-Roch invoqué contre ce fléau et dont la solennité fut célébrée à Tonnerre jusqu’à la Révolution.

Les deux portails Renaissance

Le petit portail que surmonte la tour serait antérieur au grand.

L’historien Calle (XVIIIème siècle) attribue leur construction à la générosité de la duchesse d’Uzès, comtesse de Tonnerre, et propose la date de 1536. Les destructions du feu de 1556 n’on jamais été complètement résorbées. Sur les plans latéraux, on remarque encore six panneaux séparés par d’élégantes colonnettes, relatifs à la vie de la Vierge.

La tour

Ebauchée avant l’incendie de 1556, cette tour qui donne sa physionomie au quartier, fut édifiée de 1619 à 1628 grâce à la générosité du comte Charles-Henry de Clermont. Elle a été construite en pierre de Tonnerre extraite des carrières de Saint-Michel (au pied de l’abbaye) et de la Perrière de la Reyne (route de Fresnes). Elle est l’œuvre de compagnons tonnerrois dont on a conservé les noms (Colombat, Pasquinot de Tonnerre, Jehan Volage de Lézinnes, Guillaume Dubois de Tanlay…) et qui étaient payés, moitié en argent et moitié en vin. Les cloches qui l’animaient furent emportées à Paris à la Révolution mais à la même époque, sur l’insistance des Tonnerrois, elles furent remplacées par le bourdon de l’abbaye Saint –Michel fondu en 1522, refait en 1708, dont la voix grave et solennelle répond bien à sa mission, gravée sur sa robe « Vox mea cunctorum sit terror daemoniorom » (Que ma voix soit la terreur de tous les démons)

Renseignements:
Paroisses Tonnerroises
09 rue du Pâtis
89700 Tonnerre
03 86 55 10 98
Courriel paroisse.tonnerre@orange.fr

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