“Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’Il aime.” (Lc 2,14)

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Édytorial de la revue diocésaine de décembre 2017, par Mgr Hervé Giraud

“Peace and love” (“Paix et amour”) lisait-on en 1968… “Love and peace” a répondu le pape François en allant au Myanmar (ex-Birmanie) et au Bangladesh du 25 novembre au 2 décembre derniers.

Car c’est bien l’amour de Dieu qui est source de la paix : “paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime”. Et cette simple inversion des termes exprime le cœur de notre foi en l’incarnation. Elle est la nouveauté de la révélation de Noël : ce n’est pas l’homme qui se fait Dieu, c’est Dieu qui se fait homme. Ce n’est pas l’homme qui va vers Dieu, c’est Dieu qui vient vers l’homme. Ce n’est pas nous qui faisons la paix, c’est Dieu qui nous la donne. Cette inversion doit surtout résonner comme un appel à une conversion de notre état d’esprit : comment rendre à Dieu ce qui est à Dieu ? Notre foi chrétienne exige cette inversion quotidienne : “Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi” (Ga 2,20). L’action de grâce est d’ailleurs le moment où nous reconnaissons cette inversion de Noël : tout vient de Lui.

Il n’est pas vain que, chaque année, nous entendions personnellement “Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime” (Lc 2,14), que chaque année le pape propose justement au monde entier un message de… paix, le 1er janvier : “Que la paix soit sur toutes les personnes et toutes les nations de la terre ! Cette paix, que les anges annoncent aux bergers la nuit de Noël, est une aspiration profonde de tout le monde et de tous les peuples, surtout de ceux qui souffrent le plus de son absence.”

Car la paix commence en nous et c’est pourquoi le Ressuscité fait en premier lieu ce don : “la Paix soit avec vous”. Comment l’accueillir vraiment ? Comment ne pas nous décourager quand l’actualité ne donne que des exemples de violence et de terrorisme ? Cela semble au-delà de nos forces humaines.

Et pourtant… ne sommes-nous pas capables d’ouvrir en nous un immense océan de paix qui recouvrirait les bruits violents du monde ?

La paix dans le monde dépend de chacun de nous. Comment en déplorer l’absence ailleurs si nous ne la laissons pas germer en nous et entre nous ? Si notre tâche est de “montrer à tous que Dieu est un Dieu de paix et non de violence, de liberté et non de contrainte, de concorde et non de discorde” (Benoît XVI), aurons-nous la sagesse d’accueillir tout simplement la paix que Dieu nous donne ? Le monde a tant besoin de sagesse et de paix : ”les sages me pacifient…” résumait Marie Noël. Pacifions-nous, pacifions notre terre !

Mgr Hervé Giraud

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