Le chemin de la sainteté est fatigant mais la fatigue est source de joie !

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Édytorial de la revue diocésaine de l'été 2018, par le père Joël Rignault, vicaire général.

Il nous a semblé que nous entrions dans une période de l’année favorable à la méditation de l’appel à la sainteté dans le monde actuel que nous propose le Saint-Père. Aussi, très brièvement, dans le numéro de l'été d’Église dans l'Yonne, nous avons souhaité illustrer quelques traits de ce chemin proposé à tous. Nous pouvons recevoir les propos de notre Pape comme un encouragement à prendre le chemin de la sainteté parce qu’il a eu souci de mettre en place une réelle accessibilité à la sainteté. Nos pouvoirs publics ont bien le souci de nous faire progresser sur l’accessibilité à tous dans les lieux publics… Il est aussi légitime que notre Pape se préoccupe de l’accessibilité du plus grand nombre à la sainteté !

Dès les premières lignes, il rapproche la sainteté à portée de vue : “J’aime voir la sainteté dans le patient peuple de Dieu : chez ces parents qui éduquent avec tant d’amour leurs enfants, chez ces hommes et ces femmes qui travaillent pour apporter le pain à la maison, chez les malades, chez les religieuses âgées qui continuent de sourire. Dans cette constance à aller de l’avant chaque jour, je vois la sainteté de l’Église militante. C’est cela, souvent, la sainteté ‘‘de la porte d’à côté’’, de ceux qui vivent proches de nous et sont un reflet de la présence de Dieu, ou, pour employer une autre expression, ‘‘la classe moyenne de la sainteté” (§ 7).

La période estivale peut être propice pour ouvrir les yeux sur cette sainteté visible avec les yeux de la foi mais peut-être également que le moment est favorable pour trouver le chemin qui nous est propre. Le pape veut nous dire que “Ce qui importe, c’est que chaque croyant discerne son propre chemin et mette en lumière le meilleur de lui-même, ce que le Seigneur a déposé de vraiment personnel en lui (cf. 1 Co 12, 7) et qu’il ne s’épuise pas en cherchant à imiter quelque chose qui n’a pas été pensé pour lui”. C’est la raison pour laquelle il est bon que chacun fasse une lecture personnelle de l’itinéraire proposé par l’exhortation. Deux aspects ont retenu mon attention. Le premier est le fait qu’il ne faut pas craindre de se fatiguer pour Dieu et pour les autres ; le second est l’insistance du Saint-Père sur les petits détails de notre vie et leur enjeu.

Alors que nous sommes très soucieux de notre équilibre de vie, de la place des loisirs, que la perspective des vacances s’ouvre à nous, il nous est dit : “tu ne te sanctifieras pas sans te donner corps et âme pour offrir le meilleur de toi-même dans cet engagement. Il n’est pas sain d’aimer le silence et de fuir la rencontre avec l’autre, de souhaiter le repos et d’éviter l’activité, de chercher la prière et de mépriser le service” (§ 25 et 26). La vie chrétienne est fatigante et c’est normal ! Il y a certes le fait de donner de ses forces et de son temps, mais aussi le combat réaliste contre le “Malin” est fatigant. Le discernement quotidien est loin d’être reposant, le temps donné dans la disponibilité intérieure au Seigneur doit être conséquent. Et cependant, une vraie joie dynamise notre vie, celle d’être habité par un amour qui ne vient pas de nous. La tentation est grande de vouloir réussir notre vie sans Dieu, y compris notre vie chrétienne. Le Saint-Père nous alerte sur ce risque grave. Il attire donc particulièrement notre attention sur la vitalité de notre vie spirituelle qui nous permet d’acquérir un style de vie très particulier. 

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“Soyez dans la joie et l’allégresse” (Mt 5, 12). Le Saint Siège a rendu public, le 9 avril 2018, la troisième exhortation apostolique du pape François intitulée "Gaudete et Exsultate" sur l'appel à la sainteté dans le monde actuel.

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