S’engager...

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Éditorial de la revue diocésaine de juin 2018, par Mgr Hervé Giraud

Avec les beaux jours semble revenir l’heure des engagements : mariage, ordination, consécration religieuse, et parfois changement de travail, inscription universitaire… Ces engagements peuvent être effectivement multiples : dans une association, dans la société civile, dans la vie politique, dans l’humanitaire, dans l’Église… Nous pourrions continuer longtemps à décliner tous les lieux où nous nous engageons. Certains le font pour la vie, d’autres pour un temps. Certains n’engagent qu’une part d’eux-mêmes, d’autres s’engagent “corps et âme”. Ainsi, toutes les décisions que nous prenons engagent et nous engagent, quand ils n’engagent pas plus que nous-mêmes !

Mais pourquoi nous engager ? Le plus souvent nous le faisons par attrait ou par intérêt, pour un objectif ou pour le bien commun, pour Dieu ou pour une belle cause. Dans tous les cas, un engagement sera réussi s’il nous construit et nous fait progresser. Saint Grégoire de Nysse laissait entendre que l’engagement nous “crée” car il est le résultat d’un choix libre : “par nos choix, nous sommes, en un sens, nos propres parents, nous créant nous-mêmes tels que nous voulons être…” (Vie de Moïse, II, 2-3).

Aujourd’hui, l’allongement de la durée de vie est souvent et peut être trop logiquement invoqué pour expliquer une plus grande difficulté à prendre un engagement pour toute la vie. Sans doute l’engagement implique-t-il effectivement d’en avoir acquis peu à peu l’habitude. D’où l’importance d’apprendre très tôt toutes ces petites fidélités quotidiennes qui préparent de plus grandes et de plus profondes pour demain. La famille, l’école, le sport ou le scoutisme sont des lieux qui apprennent à s’engager, c’est-à-dire à réfléchir, à dire oui… ou non.

Car l’engagement n’est pas qu’un oui, il est aussi renoncement. S’engager sur une voie, c’est renoncer à d’autres voies en exerçant une liberté. C’est aussi croire en l’avenir que Dieu ouvre. Les divers témoignages du numéro de juin 2018 d’ÉDY aideront à réfléchir et soutiendront tous ceux qui envisagent ou vivent déjà l’engagement. C’est à la manière dont nous nous engageons que l’on nous reconnaîtra, sans excès de volontarisme, mais en tenant compte de nos limites, de nos fragilités. Et, avant tout cela, n’oublions pas que c’est bien notre foi en Dieu qui doit se concrétiser dans notre engagement commun pour le bien de tous et la dignité de chacun : “C’est seulement à partir du don de Dieu, librement accueilli et humblement reçu, que nous pouvons coopérer par nos efforts à nous laisser transformer de plus en plus. Il faut d’abord appartenir à Dieu. Il s’agit de nous offrir à celui qui nous devance, de lui remettre nos capacités, notre engagement, notre lutte contre le mal et notre créativité, pour que son don gratuit grandisse et se développe en nous. (Gaudete et Exsultate, n° 56)”.

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