<?xml version="1.0" encoding="utf-8" ?>
<rdf:RDF xmlns:rdf="http://www.w3.org/1999/02/22-rdf-syntax-ns#" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:syn="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/" xmlns="http://purl.org/rss/1.0/" xmlns:image="http://purl.org/rss/1.0/modules/image/" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/">



<channel rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/homelies-de-mgr-pascal-wintzer/RSS">
  <title>Homélies de Mgr Pascal Wintzer</title>
  <link>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/homelies-de-mgr-pascal-wintzer</link>
  
  <image rdf:resource="https://www.yonne.catholique.fr/logo.png"/>

  <items>
    <rdf:Seq>
      
        <rdf:li rdf:resource="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-messe-chrismale-2026"/>
      
      
        <rdf:li rdf:resource="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-rameaux-2026"/>
      
      
        <rdf:li rdf:resource="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-lappel-decisif-des-catechumenes"/>
      
      
        <rdf:li rdf:resource="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-nuit-de-noel-1"/>
      
      
        <rdf:li rdf:resource="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-du-jour-de-noel"/>
      
      
        <rdf:li rdf:resource="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-pour-le-28-decembre-2025"/>
      
      
        <rdf:li rdf:resource="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-pour-linstitution-aux-ministeres"/>
      
      
        <rdf:li rdf:resource="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-pour-le-11-novembre-2025"/>
      
      
        <rdf:li rdf:resource="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-pour-la-saint-germain-2025"/>
      
      
        <rdf:li rdf:resource="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-sainte-marie-madeleine"/>
      
      
        <rdf:li rdf:resource="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-messe-de-confirmation-diocesaine"/>
      
      
        <rdf:li rdf:resource="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-pour-les-400-ans-du-carmel-de-sens"/>
      
      
        <rdf:li rdf:resource="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-pour-le-centenaire-de-la-canonisation-de-madeleine-sophie-barat"/>
      
      
        <rdf:li rdf:resource="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-messe-pour-le-pape-francois"/>
      
      
        <rdf:li rdf:resource="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-vigile-pascale-2025"/>
      
      
        <rdf:li rdf:resource="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-du-jour-de-paques"/>
      
      
        <rdf:li rdf:resource="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-du-vendredi-saint-2025"/>
      
      
        <rdf:li rdf:resource="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-cene-2025"/>
      
      
        <rdf:li rdf:resource="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-des-rameaux-et-de-la-passion-2025"/>
      
      
        <rdf:li rdf:resource="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-messe-douverture-de-lannee-jubilaire-2025"/>
      
      
        <rdf:li rdf:resource="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-messe-du-jour-de-noel-2024"/>
      
      
        <rdf:li rdf:resource="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-messe-de-la-nuit-de-noel"/>
      
    </rdf:Seq>
  </items>

</channel>


  <item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-messe-chrismale-2026">
    <title>Homélie de la Messe Chrismale 2026</title>
    <link>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-messe-chrismale-2026</link>
    <description>
        Mgr Pascal Wintzer - cathédrale d'Auxerre - 31 mars 2026
    </description>
    <image:item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-messe-chrismale-2026/image_thumb">
        <dc:title>Homélie de la Messe Chrismale 2026</dc:title>
        <url>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-messe-chrismale-2026/image_thumb</url>
    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<p>Nous venons d’entendre ces paroles du prophète Isaïe&nbsp;: «&nbsp;Vous serez appelés ‘’Prêtres du Seigneur’’&nbsp;; on vous dira ‘’Servants de notre Dieu’’&nbsp;».<br />
Entendre ces mots lors de la messe chrismale, celle où les prêtres et les diacres renouvellent les engagements de leur ordination, c’est s’entendre désignés par ces mots que nous recevons de la liturgie&nbsp;: prêtres et servants.</p>

<p>Le Nouveau Testament, parmi les nombreux termes qui désignent les ministères, retient ce mot de «&nbsp;prêtre&nbsp;»&nbsp;; le mot «&nbsp;sacerdoce&nbsp;», le vocabulaire sacerdotal, ou bien est propre à l’Ancien Testament, ou bien désigne celui qui est notre seul Grand Prêtre devant Dieu, Jésus Christ.<br />
Vous le savez, le mot «&nbsp;prêtre&nbsp;» veut dire «&nbsp;ancien&nbsp;».<br />
C’est donc le mot «&nbsp;ancien&nbsp;» qui nous désigne, il faut en recevoir toutes les harmoniques.</p>

<p>Ce mot, «&nbsp;ancien&nbsp;», ne parle pas d’abord de notre âge, sinon, plusieurs d’entre nous s’en trouveraient exclus.<br />
Pourtant, il y a bien quelque chose de cela qui exprime les qualités auxquelles nous sommes appelés, même si certains d’entre nous sont encore jeunes par leur âge – je les rassure, cela ne durera pas&nbsp;!<br />
Ce qui caractérise un ancien, c’est une certaine liberté intérieure.<br />
Avec les années, on gagne en sagesse, en distance, en capacité à ne pas être trop sensible aux petites choses de la vie qui peuvent parfois blesser.<br />
Avec les années, on peut aussi devenir moins sensible aux pressions de toute sorte.<br />
Un prêtre, un «&nbsp;ancien&nbsp;» donc, doit pouvoir exercer sa mission en demeurant libre de toutes les influences ou pressions qui peuvent être exercées sur lui.<br />
Avec l’âge, on acquière donc une plus grande liberté, une plus grande «&nbsp;indifférence&nbsp;», pour adopter le vocabulaire ignatien.<br />
Ceci est une condition pour être au service de tous, et non des seuls intérêts de ceux-ci ou de ceux-là.</p>

<p>Et puis, entendons bien les paroles d’Isaïe&nbsp;: il s’agit d’être les prêtres «&nbsp;du Seigneur&nbsp;».<br />
Celui que nous servons, c’est le Seigneur, en tant qu’il est le Seigneur de tous.<br />
C’est devant lui, à son écoute, que nous remettons notre ministère, que nous le laissons l’éclairer.<br />
Bien entendu qu’il faut écouter et les uns et les autres&nbsp;; chacun des paroissiens, chacune des personnes que nous rencontrons.<br />
Comment en effet prétendre écouter Dieu, que l’on ne peut entendre par nos oreilles, si nous sommes incapables d’écouter ceux qui ont une voix&nbsp;?<br />
Mais, prenant en compte et les uns et les autres, nous laissons le Seigneur éclairer tout ce qui aura été entendu pour poser des choix ajustés.</p>

<p>Cultivons dans notre vie et notre ministère ces qualités des «&nbsp;anciens&nbsp;».<br />
Cependant, les anciens ont-ils toutes les qualités&nbsp;? Les anciens n’ont-ils que des qualités&nbsp;?<br />
Si j’en reste à l’âge, lorsque l’on en prend, de l’âge, on éprouve certaines limites de son corps&nbsp;; j’en souligne une&nbsp;: l’arthrose.<br />
Certains gestes deviennent plus difficiles&nbsp;; j’en souligne un, se mettre à genoux après la consécration&nbsp;!<br />
Or, l’arthrose peut ne pas être que physique&nbsp;; rappelez-vous que le pape François a dénoncé l’arthrose spirituelle, une forme d’incapacité à se mettre en mouvement, dans son esprit, dans son cœur. Je cite les mots qu’il employa&nbsp;: il parla de «&nbsp;pétrification mentale et spirituelle&nbsp;».</p>

<p>Croyez que, avançant en âge, je m’applique d’abord cette vigilance à moi-même.<br />
On peut en effet être tenté ou bien d’être las, ou bien d’être blasé.<br />
Plus profondément, il s’agit d’une maladie qui affecte la vertu d’espérance. On a espéré, on a eu des projets, on a essayé… et on a rencontré des échecs.<br />
Et puis, le spectacle du monde peut nous conduire à cette désespérance.<br />
C’est comme si l’humanité n’apprenait rien.<br />
Après deux guerres mondiales, et tant de guerres ici et là, on pense encore que les bombes vont résoudre une situation, voire qu’elles vont apporter la démocratie à un pays qui souffre de ne la pas connaître.<br />
Nous devrions savoir que c’est tout le contraire&nbsp;: les peuples victimes de violence de la part d’un autre, peuvent voir exacerbés leur désir de vengeance&nbsp;; bien des groupes terroristes sont nés de cela.</p>

<p>Ainsi, avec l’âge, avec les années, on peut sombrer dans une forme de mélancolie&nbsp;; dans une difficulté, voire une impossibilité à espérer.<br />
Alors, prêtres, si nous sommes des «&nbsp;anciens&nbsp;», soyons-le par la sagesse, jamais par la sclérose.<br />
Autrement dit, soyons des anciens dans le cœur, mais demeurons jeunes, fuyons toute forme de lassitude, pour laisser l’Esprit-Saint nourrir de la fougue, des projets, des désirs, des envies.<br />
C’est aussi ce que permet le presbyterium&nbsp;: nous y sommes plusieurs et différents&nbsp;; chacun peut recevoir des autres ce qui lui manque ou lui fait défaut, de manière habituelle – l’âge donne aussi de bien se connaître – ou bien de manière occasionnelle.</p>

<p>Je souligne aussi que, dans ses mots, Isaïe parle au pluriel&nbsp;: il parle «&nbsp;des&nbsp;» prêtres, et il parle «&nbsp;des&nbsp;» servants.<br />
Je viens de mentionner le presbyterium, je pourrais aussi parler de la fraternité diaconale, sans oublier le collège épiscopal.<br />
Mais,&nbsp;avant tout, il y a l’Eglise, mot au singulier, mais qui sous-entend un pluriel&nbsp;; l’Eglise, c’est un peuple aux mille visages, aux mille vies.</p>

<p>Avant tout, c’est bien parce que nous n’avons qu’un seul Grand Prêtre que les prêtres sont toujours au pluriel.<br />
Aucun d’entre nous ne peut dire et signifier la totalité du mystère et de la vie du Christ.<br />
Nos diverses missions, les lieux différents où nous exerçons donnent une expression concrète à cela.</p>

<p>On resterait toute sa vie dans le même lieu, ou dans la même mission, quel sens y aurait-t-il de parler de la diversité que nous représentons pour ceux auxquels nous sommes envoyés&nbsp;?</p>

<p>Est-ce que je peux le dire&nbsp;? C’est peut-être un peu moins vrai pour les diacres. Du fait du mariage, de la famille, parfois du travail, ils sont moins mobiles que les prêtres.<br />
Il faut alors que l’absence de mobilité géographique soit équilibrée par la mobilité dans les missions, comme par la liberté au regard des liens locaux, humains, qui sont tissés, et qui ne doivent pas devenir trop rigides.<br />
Un ministre de l’Eglise est envoyé à tous.<br />
Pour nous, prêtres et évêques de l’Eglise latine, je vois là un des avantages de notre célibat, il nous permet une plus grande disponibilité aux appels que nous recevons.</p>

<p>Le presbyterium est ce corps qui donne à voir et à vivre la diversité des figures de prêtres.<br />
Même si cela a toujours été avéré, ce l’est sans doute davantage aujourd’hui&nbsp;: notre diversité est celle des âges, mais aussi, parce qu’il y a parmi nous des icaunais de souche, des prêtres fidei donum, des prêtres incardinés, des religieux aussi.<br />
Nous sommes du même presbyterium, mais en conservant ce que chacun a de propre&nbsp;; faire taire toutes ces différences serait un appauvrissement.<br />
Chacun apporte à la même mission diocésaine les richesses et les expérience qui le marquent.</p>

<p>Je veux le souligner&nbsp;: Frères, n’hésitez pas à partager qui vous êtes, à enrichir l’Yonne de la vie des Eglises dont vous êtes originaires ou desquelles vous restez les membres vivants.<br />
Une Eglise qui aurait peur ou refuserait ce que les autres Eglises lui apportent serait atteinte de cette arthrose spirituelle que je mentionnais il y a quelques instants.</p>

<p>Ce soir, rendons grâce au Seigneur, à notre seul et unique Grand-Prêtre, des charismes que nous portons les uns et les autres.<br />
Apprenons à les considérer comme des avantages.<br />
Ce sont tous ces charismes que les autres apportent à la mission et qui manqueraient s’il n’y avait que chacun de nous.<br />
Surtout, recevons l’exemple du Seigneur lui-même&nbsp;: en tout, il a conduit à un autre que lui-même&nbsp;; en tout et en toute parole, il conduit vers le Père.</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Tiffany Gesquière</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    
      <dc:subject>actualité</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>Homélies</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>RSS</dc:subject>
    
    <dc:date>2026-04-03T07:32:36Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-rameaux-2026">
    <title>Homélie du dimanche des Rameaux et Passion 2026</title>
    <link>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-rameaux-2026</link>
    <description>
        29 mars 2026 à Auxerre (cathédrale Saint-Étienne)
    </description>
    <image:item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-rameaux-2026/image_thumb">
        <dc:title>Homélie du dimanche des Rameaux et Passion 2026</dc:title>
        <url>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-rameaux-2026/image_thumb</url>
    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<p>Nous sommes dans un temps de bruit et de fureur. C’est bien sûr le fracas des armes et des bombes, mais aussi combien de paroles définitives, qui n’admettent aucune contestation, aucun ajustement.<br />
Et ceci conduit à penser que pour exister, pour se faire entendre, il faudrait adopter de semblables attitudes&nbsp;: violence des gestes, violence des paroles.</p>

<p>Nous entrons dans cette Semaine Sainte qui est aussi de bruit et de fureur.<br />
C’est peut-être de cette manière que certains vivent et comprennent l’entrée de Jésus à Jérusalem&nbsp;: enfin, voici le roi qui va nous permettre de reprendre le pouvoir, d’imposer ce que Dieu veut, avec, comme sous-entendu, que nous savons et incarnons la volonté de Dieu.<br />
Ainsi ce que pensent les habitants de Jérusalem&nbsp;; ainsi ce que pensent certains chrétiens qui estiment que faire de la France et de son «&nbsp;blanc manteau d’églises&nbsp;» une nation catholique, de loi catholique, serait la bonne manière de mettre l’Evangile en pratique.</p>

<p>Dès lors, les habitants de Jérusalem ne pourront qu’être déçus par Jésus, il n’est pas celui qui va les aider à prendre les armes&nbsp;; aucune légion d’anges pour le sauver du supplice de la croix.<br />
La déception et la violence contre lui seront à la mesure des espérances erronées placées en lui.</p>

<p>Pourtant, ils auraient dû le savoir&nbsp;: rien dans la prédication ou les gestes du Nazaréen n’annonçait une nouvelle guerre juive ou un combat contre l’occupant romain.<br />
De même, en ce jour de son entrée à Jérusalem, la citation du prophète Zacharie que fait Jésus est tout sauf une profession de foi guerrière&nbsp;:<br />
«&nbsp;Dites à la fille de Sion&nbsp;: Voici ton roi qui vient vers toi,<br />
plein de douceur, monté sur une ânesse et un petit âne,<br />
le petit d’une bête de somme.&nbsp;»<br />
Certes, il est roi, mais un roi plein de douceur, et il est monté sur un ânon, le petit d’une bête de somme, bien loin des triomphes romains.</p>

<p>Aujourd’hui comme hier, nous pouvons avoir beaucoup de mal à accepter la douceur de notre Dieu, la douceur de notre religion.<br />
Nous associons spontanément la puissance à la force.<br />
On pourrait même comprendre ainsi la Résurrection, comme une revanche sur les méchants.</p>

<p>Pourtant, il est juste de croire que Dieu est Tout-Puissant, nous le confessons, mais ce mot, comme tous les mots de la foi, il s’agit de les comprendre tels que Dieu nous les révèle, tels que Jésus les incarne.<br />
La puissance de Dieu n’est pas destruction, revanche, vengeance&nbsp;; elle est une puissance qui sauve et qui délivre.<br />
Qui sommes-nous pour penser que la force pourrait délivrer de quoi que ce soit&nbsp;?<br />
Qui peut penser que des bombes soient accueillies par un peuple comme des signes de liberté&nbsp;?</p>

<p>Il s’agit de nous laisser évangéliser, en toute chose.<br />
Il s’agit de nous laisser convertir à la puissance de la douceur.<br />
Au sujet de notre foi, mais aussi au sujet de nos engagements dans la société.</p>

<p>Voici le chemin auquel toute cette semaine nous appelle.<br />
Certes, les activités ordinaires ne vont pas disparaître, la vie professionnelle, etc. Cependant, autant que possible, essayons de donner la priorité à la liturgie, à la prière communautaire, au silence.<br />
Mais ceci n’entre pas en contradiction avec nos activités habituelles&nbsp;; Dieu y est aussi présent, il n’est pas seulement dans nos églises.<br />
Mais, cherchons à suivre Jésus, à recevoir de lui ce qu’il nous révèle de lui, de Dieu son Père.<br />
C’est aussi l’Evangile de l’entrée à Jérusalem qui nous fait entendre cet appel à travers la question des foules de Jérusalem&nbsp;: «&nbsp;Qui est cet homme&nbsp;?&nbsp;»</p>

<p>Comprenons que chaque année, en entrant dans la Semaine Sainte, nous devons nous redire que nous ne connaissons pas le Seigneur.<br />
Pourtant, bien entendu, nous le connaissons, mais sans être encore allés jusqu’au cœur de son être, de son mystère.<br />
On peut alors réentendre l’appel du première jour du carême, du mercredi des cendres&nbsp;: «&nbsp;Convertissez-vous et faites pénitence.&nbsp;»<br />
Convertissez-vous, il faut l’entendre au sens où il s’agit de se convertir au Christ, avant même de faire des efforts pour changer certaines de ses manières de vivre.</p>

<p>Sans négliger cela, bien entendu, mesurons que nous avons à apprendre de Jésus qui il est.<br />
Qui est cet homme qui n’a eu de cesse d’étonner ses disciples, et même Marie sa mère&nbsp;?<br />
Là est sa puissance, celle de nous déplacer dans nos représentations, voire notre utilisation de sa personne ou de notre religion.</p>

<p>Alors, si nous allons à lui chacun des jours de cette semaine, laissons-le venir à nous et nous convertir&nbsp;:<br />
«&nbsp;Voici ton roi qui vient vers toi, plein de douceur, monté sur une ânesse et un petit âne, le petit d’une bête de somme.&nbsp;»</p>

<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Tiffany Gesquière</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    
      <dc:subject>actualité</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>Homélies</dc:subject>
    
    <dc:date>2026-03-31T07:21:07Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-lappel-decisif-des-catechumenes">
    <title>Homélie de l'Appel décisif des catéchumènes</title>
    <link>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-lappel-decisif-des-catechumenes</link>
    <description>
        Mgr Pascal Wintzer - 22 février 2026 à Toucy
    </description>
    <image:item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-lappel-decisif-des-catechumenes/image_thumb">
        <dc:title>Homélie de l'Appel décisif des catéchumènes</dc:title>
        <url>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-lappel-decisif-des-catechumenes/image_thumb</url>
    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<p>Le chemin qui vous conduit ici ce matin est souvent ancien.<br />
Ancien, non pas qu’il soit long, vous êtes la plupart encore bien jeunes, mais ancien parce que pour beaucoup d’entre vous il date de votre enfance.<br />
La présence de Dieu dans votre vie, qui vous conduit au choix du baptême, beaucoup l’ont perçue depuis ces premières années de leur vie.<br />
Mais ceci a souvent été un chemin intime, vécu au plus profond du cœur, sans même parfois avoir les mots pour se l’exprimer à soi-même.<br />
Il en est souvent ainsi pour les événements les plus importants de notre vie. Je crois même que c’est bien qu’il en soit ainsi.<br />
Il faut du temps pour dire à quelqu’un, à un homme, à une femme&nbsp;: «&nbsp;je t’aime&nbsp;».<br />
Ou alors, c’est une parole en l’air, une parole qui n’engage pas.<br />
J’ai constaté que c’est la même chose pour des événements plus douloureux.<br />
A certains signes, on pressent parfois qu’on peut être atteint d’une maladie grave.<br />
Il faut souvent du temps pour se l’avouer à soi-même, et aussi du temps pour le dire à un médecin.</p>

<p>Croyez-vous qu’il en soit autrement pour Dieu&nbsp;?<br />
Dieu prend du temps pour nous dire&nbsp;: «&nbsp;Je te connais&nbsp;; je t’aime&nbsp;; tu as du prix à mes yeux&nbsp;».<br />
Il faut du temps d’abord parce que Dieu respecte le temps de chacun.<br />
Et puis, parce que les mots qui ont du poids, on ne les dit pas à la légère.</p>

<p>Pourtant, il y a bien un moment où les choses doivent être dites.<br />
Tout comme on souffre de paroles en l’air, on meurt de l’absence de parole. Que ce soit dans un couple, dans une famille, au travail, et parfois même entre les chrétiens.<br />
Le silence est nécessaire bien sûr, mais le silence, ce n’est pas le mutisme.</p>

<p>Dieu prend du temps, Dieu donne du temps. Mais un jour, il parle.<br />
Et sa parole, c’est lui-même&nbsp;; sa Parole, c’est son Fils.<br />
Mais, quelle histoire jusqu’à Jésus&nbsp;; quelle histoire, depuis Adam et Eve, Abraham, Moïse, les prophètes, la Vierge Marie&nbsp;; quelle histoire pour conduire cette Parole absolue, cette parole définitive&nbsp;: «&nbsp;Je t’aime, et pour cela je te donne ma Parole, je te donne mon Fils&nbsp;».</p>

<p>S’il y a un temps pour se taire, il y a un temps pour parler.<br />
Non plus pour parler dans le secret d’une pièce bien fermée, mais pour proclamer au grand jour, sur la place, au milieu de l’Eglise, au cœur de l’assemblée.<br />
Et ce temps, il est venu pour vous&nbsp;: vous allez donner votre nom.<br />
Il n’y a pas de plus belle parole&nbsp;: en donnant votre nom, vous vous donnez vous-même.<br />
Il n’y a que l’amour qui puisse permettre cela. Amour pour amour. Don de soi-même, don de son amour, en réponse au don d’amour que Dieu vous fait.</p>

<p>Seul l’amour permet d’être. Seul l’amour permet de ne pas fuir sa réalité.<br />
Lorsque j’aime, je ne cherche pas à me dissimuler, voire à mentir.<br />
Lorsque j’aime, je ne prends ni masque ni pseudonyme.<br />
Dans cette église, nous ne sommes pas sur le mur de Facebook où le nombre de ses «&nbsp;amis&nbsp;» se compte par dizaines voire par centaines, mais où, pour beaucoup d’entre eux, on ne connaît ni leur vrai visage, ni leur vrai nom.</p>

<p>Lorsque l’on aime, ni masque, ni pseudo.<br />
Mais c’est lorsque l’amour a disparu que l’on fuit ce que l’on est, que l’on se cache.<br />
Lorsque la crainte, la peur, la ruse, ont pris le dessus, alors, on se dissimule.<br />
Tant qu’Adam et Eve s’aiment, tant qu’ils aiment Dieu, la nudité ne leur fait pas peur.<br />
Ils ont confiance les uns dans les autres.<br />
En effet, seul l’amour permet d’être nu.<br />
Mais, lorsqu’il n’y a plus d’amour, la nudité devient une honte, ou bien une provocation, ou bien encore une humiliation.<br />
Au contraire, lorsque le temps a su prendre son temps&nbsp;; lorsque l’on a appris à se connaître en vérité et en confiance&nbsp;; lorsque la parole a été rare et précieuse&nbsp;; alors, on peut être nu, on peut être vrai&nbsp;; alors, on peut livrer son nom.<br />
C’est l’amour qui permet la vérité&nbsp;; qui permet d’être fort, parfois&nbsp;; mais aussi d’être fragile.<br />
L’amour donne d’accepter simplement de revenir à ce que nous sommes.<br />
Ecoutez ce beau texte de la Genèse&nbsp;: «&nbsp;Au temps où le Seigneur Dieu fit le ciel et la terre, il modela l’homme avec la poussière tirée du sol.&nbsp;»<br />
Nous venons de la poussière&nbsp;; nous sommes de la poussière.<br />
Mais non pas au sens où nous serions méprisables, où nous serions des moins que rien.<br />
Nous sommes poussière, parce que nous en avons la fragilité et la volatilité (je fais le geste de la poussière qui s’envole).<br />
Alors, à quel souffle nous laissons-nous&nbsp;?<br />
Aux vents contradictoires des modes et des opinions&nbsp;?<br />
Ou bien, au souffle de l’Esprit de Dieu&nbsp;?<br />
«&nbsp;Après son baptême, Jésus fut conduit au désert par l’Esprit&nbsp;».</p>

<p>Oui, nous sommes des poussières de vie, des poussières d’humanité, mais infiniment plus précieuses que les poussières du diamant, du rubis ou de l’émeraude.<br />
Laissons-nous au souffle de l’amour&nbsp;; laissez-vous à l’Esprit de Dieu.<br />
C’est lui qui vous montre la route qui s’ouvre pour vous aujourd’hui, c’est lui qui vous guide, et c’est lui aussi qui vous accompagne.<br />
«&nbsp;Au temps où le Seigneur Dieu fit le ciel et la terre, il modela l’homme avec la poussière tirée du sol&nbsp;; il insuffla dans ses narines ne souffle de vie, et l’homme devient un être vivant.&nbsp;»</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Tiffany Gesquière</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    
      <dc:subject>actualité</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>Homélies</dc:subject>
    
    <dc:date>2026-02-24T07:43:59Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-nuit-de-noel-1">
    <title>Homélie de la nuit de Noël</title>
    <link>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-nuit-de-noel-1</link>
    <description>
        Mgr Pascal Wintzer - 24 décembre 2025 à Tonnerre
    </description>
    <image:item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-nuit-de-noel-1/image_thumb">
        <dc:title>Homélie de la nuit de Noël</dc:title>
        <url>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-nuit-de-noel-1/image_thumb</url>
    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<p>L’Evangile de la nuit de Noël est d’abord fait de noms&nbsp;: Auguste, Quirinius, Joseph, David, Marie, et aussi, Sauveur, Christ, Seigneur.<br />
Plusieurs raisons à cela&nbsp;: l’évangéliste entend inscrire cet événement dans l’histoire et dans la géographie.<br />
Il ne s’agit pas d’une légende, d’un conte, d’une belle histoire&nbsp;; c’est un événement bien réel, la naissance d’un enfant.<br />
Et Dieu nous dit, par les anges, qui est cet enfant.</p>

<p>Mais ces noms disent aussi autre chose&nbsp;: chaque personne compte&nbsp;; une personne c’est un nom, un visage.<br />
Pas de mépris pour les puissants.<br />
Par de mépris pour les plus humbles.<br />
Ceci, de la part de Dieu pour lequel chacun est quelqu’un.<br />
Et c’est un appel pour nous tous, pour nos relations entre nous.<br />
Chacun est un nom, un visage, une personne, et aussi un mystère qu’il s’agit d’accueillir et de respecter.</p>

<p>C’est aussi le sens des questions qui entourent la naissance de Jésus&nbsp;: «&nbsp;Que sera donc cet enfant&nbsp;?&nbsp;»<br />
Ce dont il faut se garder c’est d’apporter trop vite des réponses, et même de donner des réponses.<br />
La relation est vraie lorsque l’on s’efforce d’accueillir ce qui est donné, ce que la personne révèle d’elle-même, plutôt que de «&nbsp;savoir&nbsp;».<br />
Une naissance, toute naissance, et la naissance de la nuit de Noël est d’abord cela, une joie, une émerveillement, une beauté.<br />
Une naissance nous demande avant tout de pouvoir accueillir l’enfant tel qu’il est, tel qu’il sera.<br />
Cela remet en cause bien de nos manières de penser aujourd’hui, cette attitude qui nous laisse penser qu’il faut tout savoir, tout maîtriser.<br />
Non, la vie s’accueille, elle se reçoit&nbsp;; elle ne se programme pas.</p>

<p>L’Evangile de Noël rapporte aussi des gestes&nbsp;; en eux, c’est avant tout la délicatesse qui est soulignée.<br />
C’est la tendresse d’une mère pour son bébé.<br />
Mais il y a aussi l’attitude des bergers&nbsp;: ils «&nbsp;vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux&nbsp;» dit l’Evangile.<br />
Même si la Judée est au Moyen-Orient, le Judée est une montagne, qui connaît le froid.<br />
Ces quelques mots de l’Evangile soulignent, tout simplement, l’attention des éleveurs pour leurs animaux.<br />
Ils restent dehors, dans la nuit, avec eux.<br />
Voyez combien ceci résonne avec notre actualité, avec ces éleveurs bouleversés par la maladie qui touche certaines bêtes et qui conduirait à abattre tout un troupeau.</p>

<p>La naissance de Jésus est un événement singulier, comme toute naissance, mais, à Noël, il y a aussi quelque chose d’universel.<br />
Il s’agit d’une naissance, comme bien d’autres naissances dans l’histoire humaine, mais qui change quelque chose à l’histoire entière.<br />
A l’histoire humaine bien entendu, mais aussi à l’histoire de l’univers.<br />
Ce sont les bergers, les animaux des champs, aussi les animaux de la crèche, mais aussi toute la nature.</p>

<p>Et puis, n’oublions pas les anges.<br />
Ils sont les messagers de Dieu.<br />
Mais eux aussi expriment la portée de cet événement, de cette naissance&nbsp;:<br />
Aujourd’hui le terre et le paradis chantent, sont bouleversés&nbsp;; c’est tout l’univers qui est concerné par cette nuit de Noël.</p>

<p>Le ciel et la terre se rencontrent&nbsp;; autrement dit, il n’y a pas deux mondes, deux réalités&nbsp;; Dieu est Créateur et Maître de toute chose.<br />
C’est aussi ce que dit le signe qui nous est donné&nbsp;: «&nbsp;Vous trouverez un nouveau-né emmaillotté et coché dans une mangeoire&nbsp;».<br />
Ce qu’il y a de plus simple, de plus humble, est ce qui nous révèle le visage de Dieu.<br />
Dieu est autant présent dans la plus grand simplicité que dans la lumière éternelle des cieux.<br />
La naissance de Jésus vient rejoindre chacun, qu’il soit puissant ou misérable, de l’empereur Auguste au berger qui passe la nuit dans les champs</p>

<p>Il n’y a jamais loin à aller pour chercher Dieu, pour trouver Dieu.<br />
Il est tout près de nous, il dans la simplicité de la vie la plus ordinaire.<br />
Et c’est pourtant cet ordinaire qui est porteur de ce qu’il y a de plus beau et de plus grand.</p>

<p>Comme les anges, comme les bergers, sachons continuer à nous étonner, à nous émerveiller.<br />
Les enfants le font spontanément.<br />
Pour eux, tout est souvent nouveau.<br />
Pour les plus anciens, dont je suis, nous pouvons vivre en pensant qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil, que nous ce qui existe, nous l’avons déjà vu.<br />
La nuit de Noël est ce moment, cet événement qui nous aide à ne pas être des gens blasés, habitués, mais des femmes et des hommes qui continuons à nous émerveiller de la vie, et bien entendu, à nous émerveiller de Dieu.</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Tiffany Gesquière</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    
      <dc:subject>Homélies</dc:subject>
    
    <dc:date>2026-01-06T13:56:35Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-du-jour-de-noel">
    <title>Homélie du jour de Noël</title>
    <link>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-du-jour-de-noel</link>
    <description>
        Mgr Pascal Wintzer - 25 décembre 2025
    </description>
    <image:item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-du-jour-de-noel/image_thumb">
        <dc:title>Homélie du jour de Noël</dc:title>
        <url>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-du-jour-de-noel/image_thumb</url>
    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<p>Noël, c’est le mystère de l’Incarnation, c’est la venue du Fils éternel de Dieu qui se fait homme, qui assume en toute chose notre humanité, excepté le péché.<br />
«&nbsp;Ce que nous avons contemplé de nos yeux, ce que nous avons vu et que nos&nbsp;mains ont touché, c’est le Verbe, la Parole de la vie&nbsp;» affirme saint Jean sans sa 1ère lettre.</p>

<p>Dieu ne triche pas avec l’humanité, il ne fait pas semblant, il devient totalement homme.<br />
La divinité, l’éternité, la majesté, la gloire, tout ce qui exprime notre Dieu, accepte la plus grande humilité, la choisit même.<br />
Les conditions de la naissance de Jésus manifestent cela&nbsp;: la crèche, la grotte, les bergers&nbsp;; il ne serait pas juste de voir cela comme de la misère, mais plutôt comme la plus grande des simplicités, une vraie modestie.<br />
Mais, avant même les conditions dans lesquelles elle se réalise, c’est la naissance même d’un petit bébé qui exprime l’humilité, l’abaissement de Dieu, sa kénose, pour le dire de manière plus théologique.</p>

<p>C’est bien un vrai bébé qui naît&nbsp;; puis il sera un enfant, et comme tout enfant, Jésus devra apprendre ce que c’est que d’être un homme.<br />
Le Fils de Dieu a accepté de se mettre à l’école de l’humanité, il a voulu l’apprendre de Marie et de Joseph, ainsi que des autres adultes qui ont fait son éducation.<br />
Il s’est confié à une famille humaine.<br />
Pourtant, parce qu’il est le Fils de Dieu, on pourrait penser qu’il est tout, qu’il sait tout, qu’il n’a besoin de rien ni de personne.<br />
Or, c’est faux&nbsp;; le Fils de Dieu devient vraiment homme, ou plutôt, il va apprendre ce que c’est que de devenir un homme.<br />
Le Fils éternel de Dieu a aimé les hommes jusqu’à abandonner la gloire de sa divinité, pour apprendre le métier d’homme.<br />
Lui, le créateur, a voulu, par amour, apprendre de ceux-là même qu’il avait créés, ce que c’est que la vie de ce monde.</p>

<p>S’il en est ainsi pour lui, à combien plus forte raison pour nous.<br />
Notre humanité n’est pas achevée lorsque nous naissons&nbsp;; nous ne somme pas encore des hommes et des femmes, nous avons à le devenir.<br />
Et comment le faire, sinon grâce aux autres, par les autres&nbsp;; avant tout par nos familles.<br />
C’est parce que je suis reconnu comme un homme, comme une femme, que je deviens tel.<br />
C’est parce que quelqu’un pose sur moi un regard d’estime, d’encouragement&nbsp;; c’est parce que quelqu’un prononce mon nom, que j’accède à ma dignité, à ma vie.<br />
Vous savez comment on peut détruire quelqu’un lorsqu’on l’identifie à tel acte, bon ou mauvais&nbsp;; lorsque, dans l’enfance, il n’y a eu aucune parole, aucun geste, d’amour, ou simplement de tendresse.</p>

<p>Pour Dieu, devenir petit enfant, c’est bien le signe de la plus grande des humilités, du plus grand amour.<br />
Or, notre époque, notre culture, a sans doute de la peine à percevoir cela.<br />
Aujourd’hui, l’enfance, plutôt que d’être l’âge des apprentissages, plutôt que d’être l’âge qui fait passer des borborygmes infantiles à la parole articulée&nbsp;; plutôt que d’être ce passage du bébé au visage fripé à l’adulte aux traits bien dessinés&nbsp;; l’enfance est l’âge où l’on perd quelque chose, plutôt que cet âge où l’on va gagner plus d’existence, plus de vie.</p>

<p>Aujourd’hui, l’enfance est davantage perçue et présentée comme l’âge idéal.<br />
Grandir, devenir adulte, s’est perdre cette richesse première.<br />
Et que dire de la vieillesse, elle est de plus en plus perçue comme une maladie&nbsp;; et comme c’est une maladie dont on ne guérit pas, pourquoi ne pas hâter son traitement complet et définitif&nbsp;?<br />
J’ai aussi remarqué cette chose, anodine, mais significative&nbsp;: dans un groupe, si on dit «&nbsp;bienvenue aux jeunes&nbsp;», on se fait applaudir&nbsp;; mais si on se risque à dire «&nbsp;bienvenue aux vieux&nbsp;», on se fait siffler.<br />
Faites le test&nbsp;!</p>

<p>Alors que normalement ce sont les enfants qui ont à apprendre des adultes, aujourd’hui ce sont plutôt les adultes qui sont présentés comme devant se mettre à l’école de leurs propres enfants.<br />
«&nbsp;La vérité sort de la bouche des enfants&nbsp;», dit le proverbe&nbsp;; un proverbe qui n’est en aucun cas plus vrai que ne le serait son contraire.<br />
Vous savez comment on parle des «&nbsp;générations futures&nbsp;»&nbsp;: elles doivent interroger nos comportements, et le plus souvent les remettre en cause.<br />
Or, il y a une manière d’utiliser cet argument qui ne sert qu’à mettre en accusation la génération des parents et celle des grands-parents.<br />
«&nbsp;Regardez quelle planète vous laissez à vos enfants&nbsp;! Pollution, armement, violence, disparition d’espèces animales, etc.&nbsp;»<br />
La génération de l’an 2000 met ainsi en accusation la génération de ses parents&nbsp;; et les générations futures nous mettent à leur tour en accusation&nbsp;: quelle planète somme-nous en train de léguer à nos propres enfants&nbsp;?</p>

<p>De telles questions ne sont pas fausses bien sûr, elles contribuent cependant, à nous conforter dans l’idée que nous serions incapables d’agir pour notre bien et celui de notre planète.<br />
Les adultes sont tous coupables, ou au moins incapables, de transmettre quoi que ce soit&nbsp;; ils ont donc à apprendre la vie de leurs propres enfants.</p>

<p>Pourtant, s’il y a un enfant qui a le droit de mettre en accusation les hommes, c’est bien l’enfant de Bethléem.<br />
Mais lorsqu’il naît, il ne vient pas avec un doigt accusateur.<br />
Il ne vient pas mettre en accusation les générations d’humains qui, depuis Adam et son péché, ont préféré leur propre sort à celui de leurs frères, oubliant le Dieu qui les a créés.<br />
Non, la naissance du Fils de Dieu, la naissance du Saint parmi&nbsp;les pécheurs, ne transmet pas une parole de culpabilité ou d’accusation.<br />
Ses gestes ne sont un doigt qui accuse, mais c’est une main qui bénit.<br />
Noël, c’est vraiment une Bonne Nouvelle, c’est une parole d’amour et de salut.<br />
L’enfant Jésus n’est pas l’enfant qui vient admonester les adultes&nbsp;; il choisit au contraire d’apprendre d’eux ce qu’est l’humanité.<br />
Pour être vraiment leur frère, le Fils de Dieu se fait d’abord leur enfant.&nbsp;</p>

<p>Il y a 2000 ans comme aujourd’hui, le monde et les enfants, ont besoin d’adultes, certes respectueux, certes à l’écoute, mais d’adultes qui soient authentiquement des adultes et qui assument leur responsabilité d’éducateurs, leur responsabilité de «&nbsp;passeurs d’humanité&nbsp;».<br />
La famille n’est pas un handicap à la liberté, elle est le chemin de la liberté.</p>

<p>L’enfant de Noël a voulu recevoir des adultes le chemin de cette humanité qui sera le chemin du salut pour tous.<br />
Il nous appelle alors à ne pas déserter notre mission.<br />
Il nous conforte dans nos capacités à répondre à ce que nous sommes et à donner du bon et du beau au monde, spécialement à nos enfants.</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Tiffany Gesquière</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    
      <dc:subject>Homélies</dc:subject>
    
    <dc:date>2026-01-06T12:36:32Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-pour-le-28-decembre-2025">
    <title>Homélie pour le 28 décembre 2025</title>
    <link>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-pour-le-28-decembre-2025</link>
    <description>
        Messe de la Sainte famille et clôture de l’année jubilaire, par Mgr Pascal Wintzer

    </description>
    <image:item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-pour-le-28-decembre-2025/image_thumb">
        <dc:title>Homélie pour le 28 décembre 2025</dc:title>
        <url>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-pour-le-28-decembre-2025/image_thumb</url>
    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<p>Il y a un an, nous ouvrions l’année jubilaire, ici, à la cathédrale&nbsp;; aujourd’hui, nous la clôturons.<br />
Et c’est la fête de la Sainte famille, en 2025 comme en 2024, dans laquelle est inscrite le jubilé.<br />
Deux mots donnent sens à cette année jubilaire&nbsp;: la joie d’abord, c’est le sens du mot «&nbsp;jubilé&nbsp;» et l’espérance, c’est la thématique qui fut choisie par le pape François&nbsp;: «&nbsp;l’espérance ne déçoit pas&nbsp;», selon le titre de la bulle d’indiction du jubilé.</p>

<p>Avec ce jour, faut-il comprendre que nous en avons fini avec la joie et avec l’espérance&nbsp;? Certes non.<br />
Et puis, 2024 a-t-elle été une année où la joie et l’espérance ont été davantage au rendez-vous que les années précédentes&nbsp;?<br />
Chacun de nous peut apporter des réponses différentes à cette question.<br />
Mais ceci nous révèle que la joie et l’espérance sont au-delà des événements qui scandent une journée ou une année.<br />
Sans nier ce fait que nous sommes marqués, affectés, blessés, encouragés… par les événements qui surviennent, notre vie est-elle seulement à la remorque des événements, voire des journaux télévisés&nbsp;?</p>

<p>2025 fut une année jubilaire, mais elle trouve son sens dans un événement qui s’est passé en l’an 0&nbsp;: la naissance du Sauveur.<br />
Autrement dit, la joie et l’espérance ne sont pas des sentiments qui fluctuent au gré des jours et des saisons&nbsp;; la joie et l’espérance sont des forces qui demeurent, quels que soient les événements et les aléas.<br />
Le jubilé nous inscrit dans le temps long et souligne que c’est le temps long qui donne du sens à nos vies.<br />
Ne vivre qu’en fonction de l’instant est la cause de bien des fragilités.</p>

<p>Même les événements dont parle l’Evangile prennent sens parce qu’ils s’inscrivent dans une très longue histoire, celle du peuple d’Israël, celle de la fidélité de Dieu à son peuple, et déjà même à sa création.<br />
On vient d’entendre combien saint Matthieu est soucieux de montrer cela&nbsp;; son Evangile est truffé de citations de l’Ancien Testament.<br />
Oui, Dieu est le même hier et aujourd’hui&nbsp;; Dieu est fidèle.<br />
C’est bien cette fidélité, et non pas le caractère fluctuant de nos sentiments ou des événements qui nous permet de connaître la joie et l’espérance.</p>

<p>Je le soulignais, c’est en ce jour où nous fêtons la Sainte famille que se clôture comme s’est ouvert le jubilé.<br />
Les choses s’éclairent les unes les autres.</p>

<p>La famille est une réalité que l’on peut aborder de bien des manières.<br />
Les dimensions de la vie de famille sont diverses : religieuse, sociale, politique, morale.<br />
Ces différentes manières de regarder la famille ne sont pas indépendantes les unes des autres.<br />
Au contraire, il faut que ces divers regards convergent, entrent en dialogue les uns avec les autres.</p>

<p>Ainsi, le regard religieux, pour nous le regard chrétien, que nous portons sur la famille, ne peut pas ignorer les autres dimensions de la vie familiale.<br />
Si la famille n’est pas seulement une réalité économique, elle n’est pas non plus seulement une réalité religieuse.<br />
C’est ce que nous rappelle la logique de la foi chrétienne, c’est-à-dire la logique de l’incarnation.<br />
Et c’est ce que nous fêtons en ce temps de Noël&nbsp;: Dieu s’est fait chair, Dieu a rejoint la vie des hommes.<br />
Oublier les dimensions concrètes dans lesquelles vivent les familles aujourd’hui, c’est risquer de n’avoir qu’un discours idéal et abstrait à propos de la famille, et qui ne rejoindra pas les familles dans leur réalité.</p>

<p>Saint Paul, qui est un homme concret, qui sait que les caractères humains ne sont pas toujours très souples (il le sait en se regardant lui-même), exprime bien la réalité de la vie comme étant un chemin, comme étant une progression. L’amour se construit peu à peu&nbsp;: « Revêtez-vous de tendresse et de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur et de patience. »<br />
La vie familiale correspond bien à cette dimension d’itinéraire. Et ceci résonne avec l’année jubilaire&nbsp;: nous sommes des «&nbsp;pèlerins d’espérance&nbsp;».<br />
C’est un chemin où l’on va de l’amour à l’amour.<br />
On va de l’amour qui naît entre un homme et une femme, un amour qui souvent est très fort, mais un amour qui n’est encore fondé que sur une connaissance limitée qu’ils ont l’un de l’autre.<br />
L’amour c’est peut-être le coup de foudre des premiers jours, mais c’est aussi ce chemin où se vivent la tendresse, la bonté, l’humilité, parfois la patience, toujours du pardon.<br />
Bien sûr qu’il ne faut pas oublier l’idéal, mais cet idéal n’est vrai, n’est possible, que s’il fait l'expérience de l’histoire, de la durée.</p>

<p>Il y a une autre dimension de la famille qui est soulignée ce dimanche, c’est la dimension de la foi.<br />
Lorsque saint Paul s’exprime, il s’adresse à ceux qu’il appelle « les fidèles et les bien-aimés du Seigneur ».<br />
Les fidèles du Seigneur, ce sont ceux qui ont la foi. C’est bien sûr la foi que nous avons en Dieu, mais c’est aussi foi que nous avons les uns dans les autres.<br />
Si l’amour est un idéal, s’il est ce vers quoi nous marchons tout au long de notre vie, la foi est en quelque sorte le moyen de vivre cet idéal.<br />
La foi, c’est-à-dire la fidélité à nos engagements, la fidélité aux personnes vis-à-vis desquelles nous sommes engagés.</p>

<p>Donc, si l’homme a foi en Dieu, il faut aussi que l’homme ait foi en l’homme, ou plus exactement que l’homme ait foi en sa femme, et inversement.<br />
Le mariage, le choix de fonder une famille, est bien un acte de foi.<br />
Le mariage est un acte de foi en une personne, en sa parole, alors qu’on ne connaît pas l’avenir, alors qu’on ne connaît pas encore les événements qui marqueront la vie de chacun.</p>

<p>Par la foi, nous croyons que la parole humaine est fiable, qu’elle est digne de confiance.<br />
Mais nous savons aussi que nous ne sommes capables de croire en la parole de l’autre, de nous fier en sa parole, que si nous-mêmes sommes fidèles à nos propres paroles.<br />
Si nous-mêmes ne sommes pas fiables, pourrons-nous croire que les autres le sont&nbsp;?<br />
Il faut aussi que nous ayons rencontré autour de nous des personnes qui ne nous ont pas trompés.<br />
Le rôle des parents et des éducateurs est primordial : des enfants qui ont été trompés par des adultes resteront souvent blessés durant toute leur vie.</p>

<p>La foi en Dieu, la foi dans les autres et dans leur parole, c’est notre capacité à sortir de nous-mêmes, à aller à la rencontre, à prendre la route, à marcher vers l’idéal de toute vie humaine.<br />
L’Evangile nous montre cela chez Marie et Joseph : ils obéissent à l’appel de l'ange.<br />
Il n’y a sans doute pas beaucoup d’anges dans notre vie, mais il y a des hommes et des femmes qui nous ont appelés à partir, à aller plus loin.<br />
La fête de ce jour nous annonce que c’est là que se trouve le chemin de notre sainteté, le chemin de sainteté qu’est l’amour, l’amour vécu dans la famille.<br />
Frères et Sœurs, que la foi vécue nourrisse et soutienne la joie et l’espérance de nos vies.</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Tiffany Gesquière</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    
      <dc:subject>Jubilé2025-témoignage</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>actualité</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>Homélies</dc:subject>
    
    <dc:date>2026-01-26T14:59:17Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-pour-linstitution-aux-ministeres">
    <title>Homélie pour l'institution aux ministères</title>
    <link>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-pour-linstitution-aux-ministeres</link>
    <description>
        Mgr Pascal Wintzer - 12 novembre 2025 au Séminaire d'Orléans
    </description>
    <image:item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-pour-linstitution-aux-ministeres/image_thumb">
        <dc:title>Homélie pour l'institution aux ministères</dc:title>
        <url>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-pour-linstitution-aux-ministeres/image_thumb</url>
    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<p>Comme toujours, c’est le Seigneur qui, par sa Parole, son Esprit, donne sens à nos vies, aux événements de nos vies.<br />
Ce matin, l’institution de plusieurs d’entre vous aux ministères de l’acolytat et du lectorat se trouve sous la lumière de la Parole, d’abord, du livre de la Sagesse.<br />
Le mot qui ouvre la péricope, un verbe, à l’impératif, est le premier commandement que Dieu donne&nbsp;: «&nbsp;Ecoutez&nbsp;». C’est la profession de foi du peuple choisi&nbsp;: «&nbsp;Ecoute, Israël&nbsp;», c’est aussi le premier commandement qui est mentionné dans le dialogue évangélique entre le scribe et Jésus.</p>

<p>Institués ce 12 novembre, et nous tous avec vous, nous entendons aussi cet impératif&nbsp;: «&nbsp;Ecoutez&nbsp;».<br />
Répondre à cela n’est certainement pas plus facile aujourd’hui qu’hier&nbsp;; pourquoi sinon la Bible rappellerait-elle sans cesse cet appel&nbsp;!<br />
Gardons-nous de penser que les bruits de notre présent (numérique, réseaux sociaux) seraient des plus grands obstacles que les bruits d’hier.<br />
Surtout ne pensons pas que les obstacles à l’écoute seraient la faute de la société, des autres, que sais-je encore&nbsp;; le premier obstacle, c’est nous-même&nbsp;; c’est nous qui peinons à écouter, ou bien qui croyons écouter alors que nous demeurons enfermés dans nos précompréhensions et nos a priori.</p>

<p>Sur le chemin vers lequel vous conduisent et le séminaire et ces institutions, entendez l’appel qui caractérise une attitude prioritaire pour un pasteur&nbsp;: l’écoute.</p>

<p>Le texte du livre de la Sagesse s’adresse aux rois de la terre, mais, au-delà de ceux-ci, il me semble qu’un prêtre, un évêque, peut entendre pour lui ce qui sont de réelles mises en garde&nbsp;:<br />
«&nbsp;Ecoutez, ô rois, et comprenez&nbsp;; instruisez-vous, juges de toute la terre.<br />
Soyez attentifs, vous qui dominez les foules, qui vous vantez de la multitude de vos peuples.<br />
Car la domination vous a été donnée par le Seigneur, et le pouvoir, par le Très-Haut.&nbsp;»</p>

<p>Bien entendu, il faut aller au-delà des mots eux-mêmes&nbsp;; surtout, nous ne sommes plus, en France, dans un contexte où l’Eglise, ou bien les hommes d’Eglise, organisaient la vie sociale, voire la vie politique – il arrive que certains le regrettent… – mais, prêtres, évêques, nous disposons d’une autorité, d’un pouvoir, en tout cas sur les personnes qui veulent bien se tourner vers nous.<br />
Il importe d’en avoir conscience&nbsp;; d’avoir conscience également que nous pouvons, parfois inconsciemment, éprouver une certaine satisfaction de ce pouvoir, de son exercice.<br />
Rappelons-nous alors, rappelons-nous toujours, que rien de ce que nous sommes, rien de ce qui nous est confié, ne peur servir à tourner qui que ce soit vers nous.<br />
«&nbsp;La domination vous a été donnée par le Seigneur, et le pouvoir, par le Très-Haut&nbsp;» affirme l’Ecriture.<br />
Ce que nous sommes, ce qui nous est donné, n’a qu’une finalité, aider chacun à se tourner vers le Seigneur.<br />
Les disciples le sont du Seigneur, et non pas de nous&nbsp;!<br />
Je crois qu’il fait avoir grande méfiance d’une forme grammaticale&nbsp;: le possessif.<br />
Certes, la langue française ne l’interdit pas, mais mesurons ce que son simple emploi peut laisser suggérer, voire instille en nous&nbsp;: mes paroissiens, les diocésains, mes séminaristes, mes prêtres… je vous laisse poursuivre cette litanie.</p>

<p>Si nous avons quelque qualité, si nous acquerrons quelque compétence, et tout cela est souhaitable et heureux, ceci nous est donné par le Seigneur, et ceci doit lui être rapporté.<br />
Tous les dons de Dieu, dont celui du pouvoir exercé, sont pour son service et pour celui des frères et des sœurs.</p>

<p>S’il était nécessaire de souligner encore que les paroles de l’Ecriture sont bien pour nous aujourd’hui, je souligne ce verset&nbsp;: «&nbsp;Vous êtes les ministres de sa royauté&nbsp;».<br />
Vous êtes les ministres de la Parole et de l’autel&nbsp;; vous y êtes appelés et le devenez aujourd’hui.<br />
Tout comme nous, ordonnés, sommes ministres, recevant tout du Seigneur et de son Eglise, et recevant mission d’aider à se mettre à son écoute et à le servir.<br />
Le moyen de demeurer dans cet état, le moyen de demeurer vigilant est donné par la conclusion de cette lecture&nbsp;:<br />
«&nbsp;Recherchez mes paroles, désirez-les&nbsp;; elles feront votre éducation.&nbsp;»</p>

<p>Vous recevez ce matin deux ministères dans la cadre du séminaire.<br />
Vous les recevez avec d’autres&nbsp;; ceci est heureux.<br />
Si vous êtes appelés à être ordonnés diacres et prêtres, serez sans doute ordonné seul&nbsp;; le nombre des ordinations aujourd’hui conduit le plus souvent à cela.<br />
Ce peut être une joie, une fierté, et ce sont de bien belles choses, mais j’y perçois aussi un appel à la vigilance.</p>

<p>Seul Dieu est Un, et pourtant, même en lui il y a de la pluralité, c’est le mystère trinitaire.<br />
Or, pour tout ce qui n’est pas Dieu, sa création, l’humanité, l’Eglise, tout cela est sous le signe du multiple.<br />
Ceci a des conséquences bien concrètes, pour l’ensemble du réel, mais aussi pour l’Eglise et ses ministres.<br />
Ce mot doit toujours être compris et vécu au pluriel&nbsp;; c’est la diversité des ministères, institués, ordonnés, reconnus, qui expriment la belle complémentarité des uns et des autres.<br />
C’est aussi chaque ministère pris en lui-même&nbsp;; vous savez que le texte de Vatican II consacré aux prêtres, <em>Presbyterorum ordinis</em>, parle d’eux au pluriel&nbsp;; autrement dit, aucun prêtre, aucun ministre, n’incarne à lui tout seul un ministère.<br />
Et puis, surtout, le ministre du Père par excellence, son Fils, manifeste par sa parole et ses actes, qu’il conduit à un autre, il conduit vers le Père.</p>

<p>J’ajoute, que lorsqu’il est sollicité, il répond, il agit certes, mais il oriente aussi vers d’autres que lui.<br />
On vient de l’entendre&nbsp;:<br />
«&nbsp;Dix lépreux vinrent à sa rencontre.<br />
Ils s’arrêtèrent à distance et lui crièrent&nbsp;: ‘’Jésus, maître, prends pitié de nous.’’<br />
À cette vue, Jésus leur dit&nbsp;: ‘’Allez vous montrer aux prêtres.’’&nbsp;»</p>

<p>Si ce que l’on attend d’un ministre de l’Eglise est de conduire au Père, un ministre doit, si j’ose dire, tout autant, conduire vers d’autres que lui-même.<br />
D’autres, plus compétents que lui, en tel domaine, ou bien plus ajustés pour apporter la réponse qui est attendue.<br />
Ne nous y trompons pas, orienter vers d’autres personnes que soi, et donc estimer ces autres personnes, savoir leurs qualités, c’est le test d’une relation ajustée avec Dieu lui-même.<br />
En effet, celui qui estime qu’il conduit à Dieu alors qu’il ne sait pas conduire vers quelqu’un d’autre que lui se berce d’illusions.</p>

<p>Enfin, j’entends pour moi, j’entends pour mes confrères vos évêques, un appel à notre sujet.<br />
«&nbsp;En cours de route, ils furent purifiés.<br />
L’un d’eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix.<br />
Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce.&nbsp;»<br />
Oui, je rends grâce au Seigneur qui appelle, qui envoie&nbsp;; et je rends grâce à votre sujet qui prêtez l’oreille à ces appels et, qui, ce matin, vous présentez disponibles à son action dans vos vies.<br />
Avec nos diocèses, je remercie le Seigneur qui vous donne à nous comme ses serviteurs.</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Tiffany Gesquière</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    
      <dc:subject>actualité</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>Homélies</dc:subject>
    
    <dc:date>2025-11-25T15:37:42Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    <albums>
        
            <link>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/institution-au-lectorat-et-acolytat-de-francois-xavier-boulard/json</link>
        
    </albums>
  </item>


  <item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-pour-le-11-novembre-2025">
    <title>Homélie pour le 11 novembre 2025</title>
    <link>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-pour-le-11-novembre-2025</link>
    <description>
        Par Mgr Pascal Wintzer
    </description>
    <image:item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-pour-le-11-novembre-2025/image_thumb">
        <dc:title>Homélie pour le 11 novembre 2025</dc:title>
        <url>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-pour-le-11-novembre-2025/image_thumb</url>
    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<p>Chaque année, le 11 novembre, nous faisons mémoire de l’armistice et nous honorons la mémoire des victimes des guerres.<br />
Pourtant, nous la savons bien, ce n’est pas une victoire que nous célébrons, mais un échec.<br />
La Première guerre mondiale, comme toutes les guerres, n’est la victoire ou bien la défaite, ou bien des uns ou bien des autres, c’est un échec, l’échec de l’homme et l’échec de la culture.<br />
Lorsque l’on constate ce que l’homme est capable de faire, pas seulement dans les guerres, mais dans le mal et les violences, peut-on encore espérer en lui&nbsp;?<br />
Oui, toute guerre est un échec.<br />
Au-delà de la victoire des uns ou des autres, c’est l’humanité qui est toujours perdante&nbsp;; d’abord à travers des hommes et des femmes, des victimes, mais aussi lorsque d’autres ont été des bourreaux.</p>

<p>Comme souvent, ce sont les artistes qui seront les interprètes les plus expressifs de cet échec de l’humanité.<br />
Je pense ici aux courants artistiques qui ont jailli de la Première guerre mondiale.<br />
En Allemagne, c’est l’expressionnisme avec des artistes comme Otto Dix, et en France, c’est à la fois le surréalisme et les œuvres d’un Marcel Duchamp dont vous savez que l’une des plus célèbres, qui porte pour titre «&nbsp;fontaine&nbsp;», est un urinoir.<br />
Si besoin était, la Seconde guerre mondiale a encore développé ce sentiment d’échec&nbsp;: peut-on encore mettre un espoir en l’humanité&nbsp;?<br />
Au-delà de la destruction réciproque, c’est la barbarie qui s’est exprimée, et ce de la part de peuples de très haute et belle culture.<br />
Les auteurs de la Shoah n’étaient pas des hommes sans culture.<br />
Au sortir du nazisme, de l’impérialisme nippon, puis du stalinisme, il était encore bien davantage permis de douter qu’une quelconque espérance puisse être mise en l’humanité.<br />
A nouveau, des artistes l’exprimèrent.<br />
Alors qu’aux Etats-Unis, l’abstraction veut laisser penser qu’une nouvelle création est possible, un monde nouveau peut jaillir du tohu-bohu qu’a laissé la guerre&nbsp;; en Europe, un grand artiste comme Francis Bacon ne montre le visage ou le corps humain que déformé, défiguré même.</p>

<p>Même à plus de 110 ans de la Première guerre mondiale, malgré ce qu’a construit l'Europe après les deux guerres mondiales, son unité économique, et même si l’unité politique est encore à venir, l’homme européen doute toujours de lui-même.<br />
Sans cesse on lui renvoie ses propres erreurs et ses fautes&nbsp;: les guerres, le colonialisme, et désormais la crise écologique qui présente l’homme comme un prédateur et un ennemi dont la planète devrait se défendre et se protéger.</p>

<p>Du fait de cette histoire douloureuse dont nous sommes les héritiers, plaise à Dieu et aux autres que nous n’en soyons pas les acteurs, beaucoup doutent que la beauté soit possible, en tout cas possible sur le visage d’un homme ou d’une femme.<br />
Chez nous, la beauté est parfois, souvent, comprise comme un mensonge, une hypocrisie.<br />
Elle masque, disent ou pensent certains, ce qui serait la vérité de l’homme&nbsp;: marqué par deux guerres mondiales et les systèmes totalitaires, l’homme européen doute de sa beauté, de sa dignité.<br />
La pornographie a fait aussi du corps une marchandise, un objet.</p>

<p>Sans oublier les échecs, les erreurs, ni même les fautes, les chrétiens vivent et annoncent un Dieu qui est pardon, guérison et salut.<br />
Ils témoignent que le pardon est offert à tous&nbsp;; la faute n’est le dernier mot d’aucune vie humaine, ni d’aucune civilisation, pas même celle de «&nbsp;l’homme blanc&nbsp;».<br />
Les chrétiens espèrent&nbsp;: l’art expressif, la figuration, la beauté, sont alors, de notre part, une profession de foi d’espérance, en Dieu, et en l’homme aussi.<br />
Une espérance qui n’est pas aveugle, ni sur la souffrance, ni sur le mal, mais qui sait que le Christ en est victorieux.<br />
Par la beauté on sert l’espérance des hommes. C’est notre devoir, et c’est notre foi.</p>

<p>Les chrétiens ont aussi l’expérience de l'échec, et même de la faillite de ce pour quoi ils vivent&nbsp;: les guerres de religion ont vu les chrétiens s’entretuer, et ont conduit beaucoup à refuser toute religion.<br />
Garder la mémoire de l’échec est l’antidote toujours nécessaire qui nous rappelle qu’aucun d’entre nous ne doit se croire incapable de reproduire les erreurs et les fautes du passé, ou d’en commettre de nouvelles.<br />
En même temps, l’erreur et la faute, ne seront jamais le tout de l’humanité.</p>

<p>Sur chacun de nos visages, c'est d’abord la beauté et la noblesse que nous devons reconnaître et contempler.<br />
Pour les chrétiens, les visages des saints et des saintes sont comme des icônes où se révèle la beauté de Dieu.<br />
Il n’est pas insignifiant de relever que sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus se nommait également sainte Thérèse de la Sainte-Face.<br />
Combien de personnes, aussi parmi des personnes non catholiques, ne contemplent-ils pas souvent une image de sainte Thérèse.<br />
C’est en regardant ce qui est beau que nous renaissons à l'espérance.</p>

<p>En un jour comme celui-ci, il est toujours essentiel, et même vital, tant pour l’homme que pour la civilisation, de rappeler que l’homme et la femme sont beaux, qu’ils sont dignes d’estime et capables de vouloir et d’agir pour le bien, tant pour eux-mêmes que pour la société qu’ils construisent.</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Tiffany Gesquière</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    
      <dc:subject>Homélies</dc:subject>
    
    <dc:date>2025-11-20T10:33:26Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-pour-la-saint-germain-2025">
    <title>Homélie pour la saint Germain 2025</title>
    <link>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-pour-la-saint-germain-2025</link>
    <description>
        Mgr Pascal Wintzer - 27 juillet 2025, à Auxerre (cathédrale Saint-Étienne)
    </description>
    <image:item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-pour-la-saint-germain-2025/image_thumb">
        <dc:title>Homélie pour la saint Germain 2025</dc:title>
        <url>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-pour-la-saint-germain-2025/image_thumb</url>
    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<p>On retrouve dans la vie de saint Germain bien des traits communs aux plus illustres pasteurs de l’antiquité. Arrivant de Poitiers parmi vous il y a moins d’un an, j’ai retrouvé dans ce que les biographes rapportent de saint Germain des éléments qu’il partage avec saint Hilaire.</p>

<p>D’abord, il n’a pas choisi de devenir évêque.<br />
Il avait une carrière civile, honorable et honorée, une femme, une famille. C’est l’Eglise d’Auxerre qui l’a choisi pour être son évêque ; il en fut de même pour saint Hilaire.</p>

<p>Bien entendu, les comparaisons montrent toujours leurs limites, mais ce trait doit demeurer comme une caractéristique de toute mission dans l’Eglise : on y est appelé, on ne la choisit pas.</p>

<p>Pourtant, cela signifie-t-il pour autant qu’il ne faut rien attendre, rien rechercher ?<br />
Nous savons les appels du Seigneur : «Demandez, vous trouverez ; frappez, la porte vous sera ouverte.»<br />
Il n’y a rien de plus triste qu’une vie où l’on n’attend plus rien.<br />
C’est vrai, cela peut être une épreuve que chacun peut connaître, traverser.<br />
On a espéré, on a attendu, et rien n’est venu ; ou bien, ce sont les déceptions qui ont été au rendez-vous.<br />
Alors, on peut avoir fait taire toute espérance.<br />
Même si cela n’est pas une seule question de volonté, puisse chacun de nous demeurer un être de désir.</p>

<p>Alors, il est bon de chercher, d’attendre, d’espérer.<br />
Ben Sirac le Sage, dans la première lecture, déclare que c’est la sagesse qu’il faut chercher.<br />
La sagesse, c’est une vertu.<br />
Employant ce mot, je souligne que la vertu est une disposition stable, qui n’est pas fluctuante, sujette à éclipse ; la vertu permet de mener sa vie de manière égale, et donc, d’avoir des relations égales avec les autres.<br />
La vertu, celle de la sagesse, peut être vue comme une caractéristique de l’âge adulte.</p>

<p><br />
En effet, le petit enfant est soumis à ses désirs immédiats, il ne supporte aucune frustration, ou bien il se met à pleurer, et lorsque c’est en public, ses parents ne savent plus où se mettre.<br />
L’éducation permet, en particulier, d’accepter que tous nos désirs ne soient pas des ordres.<br />
Devenir adulte, c’est accepter les frustrations, les limites, personnelles et collectives.</p>

<p>C’est vrai, la société de consommation tend à nous infantiliser, à nous rendre insupportable de ne pas disposer de telle chose, de tel objet.<br />
Et nous voulons être satisfaits tout de suite : sur internet, on peut acquérir immédiatement tel objet qu’on nous présente comme indispensable.</p>

<p>La vertu de sagesse est tout l’opposé.<br />
Elle est indispensable lorsqu’une charge est confiée, sinon, cette charge devient l’objet d’une recherche de soi, d’une recherche de pouvoir.</p>

<p>On dit de saint Germain, qu’appelé à devenir évêque, il choisit de mener une vie d’ermite, de renoncement ; il allait de son ermitage à son église.<br />
Sans doute montre-t-il ainsi qu’il sait que toute forme d’exercice d’un pouvoir présente la tentation de jouir de ce pouvoir, d’en faire une recherche pour soi.<br />
Il ne suffit donc pas de ne pas aspirer à une responsabilité, lorsqu’on l’exerce, même malgré soi, toute tentation n’a pas disparu.<br />
La vigilance est de mise.</p>

<p>Ce n’est pas parce que l’on dira que le pouvoir dans l’Eglise est un service – on aime bien affirmer cela – que toute dérive est supprimée ou oubliée.<br />
Là encore, nous retrouvons la vertu de sagesse qui permet de demeurer vigilant à toutes les formes de tentation, sans jamais penser que l’on en serait délivré.<br />
C’est même justement lorsqu’on se pense sur le chemin de Dieu que le tentateur veut nous en détourner.<br />
Plus on veut se mettre au service de Dieu, plus le tentateur travaille à nous en détourner.</p>

<p>Poursuivant notre écoute des textes bibliques de la fête de saint Germain, il y a Paul.<br />
Dans la première Lettre aux Corinthiens, il a cette affirmation : «ce qu’on demande aux intendants, c’est de mériter confiance».<br />
On peut alors parler d’une autre attitude vertueuse.<br />
Il ne s’agit pas d’être sans limite, sans faille, sans défaut – j’imagine que même saint Germain avait quelque défaut – mais il s’agit d’agir en vérité, en clarté, de fuir tout ce qui est caché, dissimulé, autrement dit le mensonge.</p>

<p>C’est ainsi que l’on mérite la confiance.<br />
La tromperie, la dissimulation blessent à jamais la confiance, elles instillent le doute : qui a trompé une fois ne risque-t-il pas de tromper à nouveau ?<br />
Le mensonge n’est pas un petit péché ; le mensonge c’est ce qui atteint la capacité à vivre de vraies relations.</p>

<p>Enfin, l’Evangile de saint Jean fait entendre un autre appel : «Celui qui croit en moi fera les choses que je fais. Il en fera même de plus grandes.»<br />
Ici, il s’agit de l’appel à croire, à croire non pas en soi, en ses qualités, ses compétences, il s’agit de croire en Dieu.</p>

<p>Tout ceci ne dit qu’une seule chose : servir l’Eglise demande que l’on s’oublie soi-même.<br />
Il s’agit de croire en Dieu, de s’en remettre à lui, et il s’agit de mériter la confiance des autres.<br />
Et cela n’advient pas tout seul ; ce ne sont pas des qualités dont tel ou tel serait doté de manière naturelle, spontanée.<br />
Saint Germain a mené un vrai combat spirituel.<br />
Aucun de nous ne peut échapper à ce combat.<br />
La tentation n’est jamais derrière nous.</p>

<p>Lorsque l’on parle de tentation, on comprend ce mot de manière morale, et on a raison de le faire.<br />
Mais la tentation est aussi théologique, je veux dire que la tentation survient aussi en fonction des idées que nous avons au sujet de Dieu.<br />
Notre théologie peut alors être bien utile à donner une justification à nos tentations : nous nous imaginons Dieu de telle manière qu’il justifie ce que nous pensons, ce que nous vivons.</p>

<p>Sur ce point aussi saint Germain est un maître, un exemple.<br />
En effet, plusieurs fois les évêques l’ont dépêché en Bretagne (il faut entendre l’Angleterre), pour combattre une hérésie, le pélagianisme. Cette hérésie, qui doit son nom à son promoteur le plus célèbre, Pélage.<br />
Il était un moine breton justement, un Anglais. Et, voulant développer une conception positive, optimiste de la nature humaine, il affirmait que l’être humain pouvait, par ses efforts, sa volonté, parvenir au salut.<br />
Or, même s’il ne s’agit pas de verser dans le pessimisme, la foi affirme que le salut est l’œuvre de Dieu et non pas la récompense de nos actes.</p>

<p>Là aussi, dans ce combat théologique, Germain nous montre qu’il s’agit de s’en remettre à Dieu, d’avoir foi en lui.<br />
C’est la grâce qui donne d’accomplir ce qui sera toujours plus grand que nos capacités, que nos mérites, même s’ils existent, mais, eux aussi, sont des dons de Dieu, il n’y a pas à en tirer orgueil.<br />
Tout vient de Dieu, tout est à remettre à Dieu. Le comprendre, le vivre, quelle liberté !<br />
Rendons grâce au Seigneur de nous avoir donné Germain comme son vivant témoin.</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Isabelle Téqui</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    
      <dc:subject>actualité</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>Homélies</dc:subject>
    
    <dc:date>2025-09-02T06:16:55Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-sainte-marie-madeleine">
    <title>Homélie de la Sainte-Marie-Madeleine</title>
    <link>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-sainte-marie-madeleine</link>
    <description>
        22 juillet 2025 - Sainte-Marie-Madeleine 
    </description>
    <image:item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-sainte-marie-madeleine/image_thumb">
        <dc:title>Homélie de la Sainte-Marie-Madeleine</dc:title>
        <url>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-sainte-marie-madeleine/image_thumb</url>
    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>

<p>J’aime à lire le 4<sup>ème</sup> Evangile comme un contre-point, un écho au livre de la Genèse.<br />
Ceci n’est pas artificiel mais manifeste l’unité de l’Ecriture, l’unité de la Bible&nbsp;; «&nbsp;l’un et l’autre Testament&nbsp;» écrivait Paul Beauchamp.<br />
Avant tout, l’unité de la Bible manifeste la fidélité de Dieu. Le créateur est le sauveur&nbsp;; Dieu ne se renie pas, il est le Dieu de la promesse qui agit pour que cette promesse demeure et se renouvelle malgré les fautes et les refus des humains.</p>

<p>Ce lien avec la Genèse est bien entendu naturel pour le 1<sup>er</sup> chapitre de l’Evangile selon saint Jean.<br />
Je le perçois aussi à d’autres endroits, ainsi pour les chapitres 20 et 21, les événements qui suivent la résurrection du Seigneur.<br />
Ici, dans la basilique, à l’entrée de la galerie qui mène à la salle capitulaire, il y a une reproduction d’une œuvre de Fra Angelico, et cette image mentionne une des phrases de la prose que l’on chante le dimanche de Pâques et pendant toute l’octave pascale, le Victimae pascali laudes.<br />
Un des couplets nous fait dire&nbsp;: Dic nobis Maria quid vidisti in via.<br />
Nous demandons à Marie-Madeleine, une femme, de nous transmettre son témoignage.<br />
En adressant à Marie cette demande, nous sommes de fidèles auditeurs de l’Evangile, nous sommes disciples du Seigneur ; nous recevons ceux, ici "celle", à qui il confie une mission.<br />
Cette mission confiée à une femme, Marie-Madeleine, pour des disciples, elle l’est spécialement, pour des hommes, les apôtres, c’est d’abord à eux de se mettre à l’écoute de celle que l’on désigne désormais comme «&nbsp;l’apôtre des apôtres&nbsp;».</p>

<p>C’est là un des nombreux signes qui nous montrent que dans la résurrection du Christ, Dieu renouvelle toute chose.<br />
Alors que le péché originel conduisait à perdre toute confiance en la parole des femmes, puisque Eve est la messagère du serpent, la résurrection doit nous conduire à retrouver cette confiance.</p>

<p>Marie-Madeleine est ici plus qu’elle-même, même si elle est avant tout cette femme unique, singulière, dont parle les Ecritures.<br />
Mais, ici, elle est "la" femme, et c’est ainsi qu’elle est appelée, et par les anges, et par le Seigneur lui-même :&nbsp;<br />
«&nbsp;Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ?&nbsp;»<br />
On pourrait ici la rapprocher d’une autre Marie, la mère du Seigneur, qui elle aussi est appelée "femme".<br />
On dit de Marie qu’elle est la nouvelle Eve.<br />
Mais je crois qu’ici, Marie-Madeleine l’est tout autant : celle qui a beaucoup péché a bien plus besoin du salut et de la miséricorde que celle qui est sans péché.</p>

<p>La résurrection renouvelle et relève, elle change nos rapports les uns avec les autres, et aussi nos regards les uns sur les autres.<br />
Mais il peut toujours exister aujourd’hui, parmi les disciples, une certaine défiance par rapport aux femmes.&nbsp;<br />
Parmi les disciples… et pourquoi pas le dire, parmi les hommes de l’Eglise !<br />
Ceci peut également nourrir des pensées essentialistes qui dénient à certains, plutôt à certaines, des missions et des responsabilités, y compris pour des petites filles.<br />
On peinera à trouver quelque justification à cela dans l’Ecriture, voire dans des textes de l’Eglise, mais j’y perçois la permanence d’une pensée archaïque qui ose parler de pureté ou d’impureté rituelle, et ceci lié au sexe, au genre.<br />
«&nbsp;Tous les hommes sont pécheurs&nbsp;» rappelle l’apôtre Paul&nbsp;; mais tous sont appelés au salut&nbsp;; et je ne sais pas que le salut serait incomplet pour celui-ci ou, plutôt, pour celle-là.<br />
C’est vrai que le péché a abondé ; mais, dans le mystère pascal, c’est la grâce qui a surabondé !<br />
Dieu fait toutes choses nouvelles, et il faut que ce renouvellement imprime nos vies, nos rapports les uns avec les autres.</p>

<p>Pour saint Jean, le jardin du sépulcre rappelle un autre jardin, celui de la Genèse. Nous nous retrouvons au matin de Pâques comme au soir de la création.&nbsp;<br />
La femme est en pleurs&nbsp;: ce sont les pleurs d’Eve qui mouillent encore les joues de Marie-Madeleine.<br />
Le jardin de ce qui fut le paradis terrestre, n’est plus le lieu de paix et d’harmonie voulu par le Créateur, il est désormais un lieu de peine et de souffrance.<br />
L’homme n’est plus dans un rapport immédiat et familier avec son Dieu.<br />
Il n’entend plus le bruit de ses pas, lorsqu’il se promène dans le jardin, à la brise du jour.<br />
Or, voici qu’au matin de Pâques, quelqu’un se promène dans le jardin, et adresse à Marie une parole.<br />
Cette parole, c’est la première parole depuis que toute parole s’est tue après qu’Eve et Adam aient préféré le sifflement de la ruse à La Parole de la vérité.<br />
Mais Marie n’est pas capable de reconnaître cette parole.<br />
Le jardin est encore pour elle un lieu interdit, un lieu fermé.</p>

<p>Qui donc peut être dans ce jardin ?<br />
Ce ne peut être que le "gardien", c’est-à-dire ces "gardiens" dont parle la Genèse, les gardiens que le Seigneur a placés à la porte du jardin pour en interdire l’entrée.<br />
«&nbsp;Dieu posta à l’Orient du jardin d’Eden les chérubins et la flamme du glaive tournoyant, pour garder le chemin de l'arbre de vie.&nbsp;»<br />
Certes, au matin de Pâques, il y a encore des gardiens, ce sont les anges vêtus de blanc.<br />
Mais ils ne gardent plus le lieu de la vie, le jardin ; ils gardent le tombeau, le lieu de la mort.<br />
C’est ce lieu-là qui est désormais fermé à tout jamais.<br />
L’espérance est désormais possible pour tous&nbsp;; nul ne peut être considéré comme inapte à accueillir l’amour de Dieu et témoigner de la vie offerte, de la vie donnée.</p>

<p>Quant à Jésus, il n’est pas le gardien.<br />
Il n’est pas non plus le jardinier.<br />
Le jardinier, c’est l’homme, l’homme à qui Dieu a confié la terre pour qu’il la travaille.<br />
Jésus, c’est le maître, il se fait reconnaître comme tel, et Marie l’appelle ainsi : "Rabbouni".<br />
Jésus est l’arbre de vie dont l’accès demeurait jusqu’ici interdit.<br />
Le jardin interdit est désormais rouvert ; la parole de la femme ne transmet plus la mort mais conduit à la vie ; la proximité avec Dieu est de nouveau possible, à la femme, comme à l’homme.</p>

<p>A chacun d’entre nous, comme à Marie, le Seigneur dit&nbsp;: "ne me retiens pas", "ne me touche pas", "ne porte pas la main sur moi".<br />
Il nous envoie annoncer, avec Marie, que le jardin est désormais rouvert, et qu’il l’est à tous.<br />
Ce jardin, c’est la Galilée, c’est là que le Seigneur se donne à voir. La Galilée, autrement dit le "carrefour des nations", le monde tout entier.<br />
Le Ressuscité nous fait témoins d’espérance&nbsp;: Marie-Madeleine, la pécheresse, Pierre, celui qui a renié, Paul, le persécuteur, tous se voient ouvertes les portes du jardin.<br />
Le regard que nous portons les uns sur les autres est-il transformé par ce regard nouveau que porte le Seigneur&nbsp;?</p>

<p>Le jardin, c’est la Galilée, mais le jardin, c’est ici, nous y sommes, le jardin c’est cette basilique.<br />
Elle est ce lieu de pierre qui accueille toute&nbsp;la création, la forêt des piliers, le foisonnement de la création sur les chapiteaux.<br />
Ce jardin, il nous est ouvert&nbsp;: le Christ, les bras grands ouverts, nous y accueille.<br />
Alors qu’une femme ferma la porte du premier jardin, ici c’est une femme, Marie-Madeleine qui nous ouvre le jardin, qui même, est ce jardin.<br />
Ce qui a changé, c’est l’humanité, qui ferme puis qui ouvre.<br />
Dieu est demeuré le même&nbsp;: comme au premier jour du monde, en ce jour, il a toujours les bras ouverts.</p>

<p>Le jardin où nous sommes accueillis n’est pas hors du monde&nbsp;; il est au milieu du monde, comme la basilique est au cœur du village.<br />
Et dans ce jardin, nul n’est exclu.<br />
Toute la création s’y trouve… jusqu’aux démons.<br />
Marie-Madeleine fut délivrée de 7 démons&nbsp;; sur les chapiteaux, il y a bien plus que 7 démons.<br />
Oui, ce jardin n’est pas encore le Royaume, nous sommes encore au cœur du monde, dans ce lieu où ni le danger, ni les tentations ne sont exclus.<br />
Et pourtant, si les démons sont dans la basilique, et non pas à l’extérieur, j’aime y voir une affirmation de la puissance de Dieu, y entendre une espérance pour tous, aussi pour les démons.<br />
Ne pourraient-ils pas, eux aussi, être attirés par la lumière et, enfin, accueillir le Dieu&nbsp;du salut ?<br />
Il est permis d’espérer, d’espérer pour tous.</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Isabelle Téqui</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    
      <dc:subject>actualité</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>Homélies</dc:subject>
    
    <dc:date>2025-07-25T09:19:39Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-messe-de-confirmation-diocesaine">
    <title>Homélie de la messe de Confirmation diocésaine</title>
    <link>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-messe-de-confirmation-diocesaine</link>
    <description>
        Mgr Pascal Wintzer - 9 juin 2025 à Sens - Marie, Mère de l'Église
    </description>
    <image:item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-messe-de-confirmation-diocesaine/image_thumb">
        <dc:title>Homélie de la messe de Confirmation diocésaine</dc:title>
        <url>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-messe-de-confirmation-diocesaine/image_thumb</url>
    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<p>Lendemain de Pentecôte, pour le calendrier catholique, c’est l’entrée dans le temps ordinaire.&nbsp;Et ceci nous dit quel est l’“ordinaire”&nbsp;de la vie chrétienne&nbsp;: vivre de l’Esprit-Saint, se laisser à son action.&nbsp;Bien entendu, Dieu est présent dans des événements extraordinaires, étonnants, mais il l’est aussi dans ce qu’il y a de plus ordinaire de chacune de nos vies.<br />
Dieu nous adresse des signes, des appels&nbsp;; beaucoup d’entre vous en avez perçu et vous y répondez aujourd’hui.<br />
Ces signes sont précieux, ils sont un aide de Dieu pour nous.&nbsp;Mais, il y a les jours ordinaires, sans aucun signe, ne risquons pas de penser que Dieu ne serait plus présent.</p>

<p>Pourtant, entrer dans la vie ordinaire n’est pas si simple, nous avons besoin d’un sas.<br />
Pour cela, le pape François a instauré une nouvelle fête, pour le lundi de la Pentecôte&nbsp;: nous fêtons désormais la mémoire de la Vierge Marie, Mère de l’Eglise.&nbsp;Qu’est-ce à dire&nbsp;?<br />
En quelque sorte Marie donne naissance à l’Eglise, elle est à la fois un modèle et un secours pour l’Eglise, pour chacun de nous.</p>

<p>La 1ère lecture montre Marie et les apôtres en prière.&nbsp;C’est le cœur de la vie de chacun de nous, prier.&nbsp;Autrement dit, être tournés vers Dieu, dans le silence, le recueillement.&nbsp;Et puis, c’est ensuite l’Evangile qui nous la montre au pied de la croix.&nbsp;Chacun, les mères en particulier, peuvent mesurer ce qu’elle a pu vivre, éprouver, dans de tels moments.</p>

<p>Il existe une ancienne prière qui exprime cela, le <em>Stabat mater</em>.&nbsp;Ecoutez quelques strophes de cette prière&nbsp;:</p>

<p style="text-align: center;">“Figée de douleur, la Mère était là,<br />
Toute en larmes, auprès de la croix,<br />
Alors que son Fils y était suspendu.</p>

<p style="text-align: center;">Son âme gémissante,<br />
Désespérée et souffrante,<br />
Fut transpercée d’un glaive.</p>

<p style="text-align: center;">Qu’elle était triste, anéantie,<br />
La femme entre toutes bénie,<br />
La Mère du Fils unique&nbsp;!”</p>

<p>De quoi a-t-elle été le témoin&nbsp;? Elle était seule, avec d’autres femmes, et un seul des apôtres, Jean&nbsp;; tous les autres s’étaient enfuis, Pierre avait renié son Maître.</p>

<p><br />
Quelques-jours plus tard, que fait-elle&nbsp;? Où est-elle&nbsp;?<br />
Ces mêmes apôtres sont dans la chambre haute&nbsp;: “Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus et avec ses frères ”.</p>

<p>Voici comment Marie nous est donnée en exemple&nbsp;: elle prie avec ceux qui avaient abandonné son fils, les mêmes.<br />
Ceci était-il simple à vivre pour elle&nbsp;?<br />
On n’en dit rien, mais le texte, nous les montrant ensemble, nous donne un exemple et appelle un chemin pour la vie des chrétiens&nbsp;: ce qui compte c’est de prier ensemble.</p>

<p>“Ensemble”, c’est-à-dire quelles que soient les histoires, les différends&nbsp;; ensemble, autrement dit pardonnés, réconciliés.<br />
“D’un même&nbsp;cœur”&nbsp;disent ces versets.<br />
Marie est pour l’Eglise et pour chacun un modèle de courage&nbsp;: l’épreuve ne l’a pas abattue.<br />
Elle montre aussi que le pardon est la vraie force.<br />
Le pardon n’est pas une faiblesse, tout au contraire&nbsp;: le pardon nous montre que l’on peut être plus fort que les mauvais souvenirs.<br />
Entretenir de la rancœur ne mène à rien, ne construit rien.</p>

<p>Bien sûr que les apôtres ont été lâches et peureux, et après… ne sont-ils que cela&nbsp;?&nbsp;<br />
Leur est-il interdit de reprendre la route&nbsp;? De redevenir des témoins de leur Maître&nbsp;?</p>

<p>Chacun de nous a des raisons, parfois de bonnes raisons, de faire des reproches à celui-ci ou à celle-là&nbsp;; ou bien de se faire des reproches à lui-même… et après&nbsp;!</p>

<p>On ne dit pas si les apôtres ont demandé pardon à Marie&nbsp;; la Bible nous les montre ensemble, d’un même cœur, et cela suffit.</p>

<p>Cette attitude désigne le service que nous pouvons, nous, chrétiens, rendre à nos sociétés&nbsp;: témoigner de la paix, contribuer à la paix de notre temps.&nbsp;Comment, cependant, sans paix ni pardon entre nous, espérer la paix pour le monde et même en parler, il vaut mieux se taire.</p>

<p>Ce matin, mes amis, vous recevez l’Esprit-Saint, vous recevez le même Esprit-Saint.<br />
Il est un appel et un don pour que nous soyons en paix les uns avec les autres.</p>

<p>La 1ère lecture nous indique un chemin pour cela.<br />
On y parle du groupe des Douze, mais ils ne sont plus que onze&nbsp;; mais, surtout, ce n’est pas un groupe dont on parle, chacun d’eux est nommé, chaque a un nom, un visage, une identité.&nbsp;<br />
J’y entends un appel pour notre Eglise, mais vos groupes, vos paroisses&nbsp;: nous devons apprendre à nous connaître, à dépasser l’anonymat.<br />
Il devait en être de même dans la société&nbsp;: c’est lorsque l’autre est un anonyme, qu’il est un «&nbsp;on&nbsp;», que les relations risquent de ne pas être vraiment humaines.</p>

<p>Et puis, il y a aussi une autre manière pour Marie, et pour Jésus bien entendu, d’être nos modèles, notre chemin&nbsp;: ils se présentent désarmés, sans jamais arborer un quelconque signe de puissance, toujours disponibles à l’autre, quel qu’il soit, sans jamais supposer, voire suspecter, quelque mauvaise intention.</p>

<p>Confiants, jamais méfiants.<br />
Ils n’ont rien à défendre, pas d’amour-propre, d’image qui pourrait être déformée.<br />
Ils sont libres d’eux-mêmes&nbsp;; seuls comptent la vérité de chacun et son accès au Père.</p>

<p>Qui peut imaginer de la part de Marie une parole, ou simplement un regard de reproche adressé aux apôtres&nbsp;?<br />
De sa part, la prière et l’encouragement&nbsp;; c’est en cela qu’elle aide l’homme blessé, par sa faute, sa honte, à ne pas s’y sentir enfermé mais à se relever.</p>

<p>N’est-ce pas comme cela qu’agit toute mère digne de ce nom&nbsp;? Elle relève, elle console, elle redonne confiance.<br />
Alors, si l’Eglise peut aussi être appelée une mère, c’est ce qu’elle doit faire et être, c’est ce que nous devons faire et être en son nom&nbsp;: relever, consoler, donner et redonner confiance.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Isabelle Téqui</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    
      <dc:subject>actualité</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>Homélies</dc:subject>
    
    <dc:date>2025-06-16T13:09:04Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-pour-les-400-ans-du-carmel-de-sens">
    <title>Homélie pour les 400 ans du Carmel de Sens</title>
    <link>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-pour-les-400-ans-du-carmel-de-sens</link>
    <description>
        31 mai 2025 - fête de la Visitation de la Vierge Marie
    </description>
    <image:item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-pour-les-400-ans-du-carmel-de-sens/image_thumb">
        <dc:title>Homélie pour les 400 ans du Carmel de Sens</dc:title>
        <url>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-pour-les-400-ans-du-carmel-de-sens/image_thumb</url>
    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<p>Vous le savez, la Vierge Marie est l’image et le modèle de l’Église, elle l’est pour chacun de nous.<br />
Ainsi, pour reprendre les paroles du pape François, Marie est le modèle de l’Église en sortie, c’est-à-dire de l’Église qui sort de chez elle pour aller à la rencontre des autres.<br />
Elle le fait en cette fête de la Visitation&nbsp;: Marie se met en route pour aller à la rencontre de sa cousine Élisabeth.<br />
Et elle le fait sans barguigner, sans hésiter&nbsp;: elle se met en route «&nbsp;avec empressement&nbsp;» dit le texte de l’Évangile.</p>

<p>Selon qui nous sommes, selon aussi la culture de son pays, chacun est plus ou moins un rapide ou un lent.<br />
Mais je remarque que notre époque n’aime pas la lenteur&nbsp;; en tout, on nous dit qu’il faut aller vite.<br />
Or, l’être humain est marqué par ses rythmes biologiques&nbsp;; mais, on a du mal à le supporter, tout devrait aller au rythme d’un TGV.<br />
Alors, on développe des techniques pour passer outre nos rythmes naturels&nbsp;: l’intelligence artificielle va permettre d’aller vers un être humain augmenté.<br />
Certes, il y a des choses qui demandent de la rapidité&nbsp;; certaines maladies appellent une intervention urgente, mais pas toutes.<br />
Lorsque tout devient urgent, rien ne l’est vraiment.</p>

<p>Dans votre carmel, vous nous rappelez, mes Sœurs, la nécessité de trouver le rythme qui convient à chaque chose.<br />
De même la Vierge Marie, qui se rend rapidement vers sa cousine, et qui, ensuite, va demeurer avec elle pendant trois mois.<br />
Recevons ces leçons, acceptons de comprendre que la lenteur est nécessaire pour chacune de nos vies.</p>

<p>Si on regarde les pays du monde, on constate aussi de fortes différences culturelles.<br />
Un pays comme la France n’aime pas être brusqué.<br />
Chez nous, tout doit être discuté, débattu&nbsp;; quelqu’un qui n’aurait pas été consulté quant à une décision juge cela intolérable.<br />
La contrepartie c’est souvent un certain immobilisme.</p>

<p>D’autres pays du monde ont d’autres manières d’agir, je pense en particulier à la Chine.<br />
Mais, voulons-nous un tel régime politique&nbsp;?<br />
Chez nous, on consulte beaucoup plus qu’on ne décide.<br />
Ce peut être la même chose dans l’Église catholique.<br />
Nous avons la culture du dialogue, de la discussion, avec le risque du peu de mobilité et de décision.<br />
Cependant, imposer est le meilleur moyen pour qu’une décision ne soit pas reçue.<br />
Le carmel, ainsi que les communautés religieuses, ont la pratique de la délibération, de l’écoute mutuelle, mais aussi du vote qui permet la décision, mais seulement quand le temps est venu.<br />
Toute chose en son temps, toute chose selon son rythme.<br />
Il s’agit de concilier à la fois le temps long qui seul permet le discernement, et le temps court qui est celui de la décision.</p>

<p>Nous voyons cela chez la Vierge Marie.<br />
Au jour de la Visitation, la Vierge Marie n’a pas hésité, elle est sortie pour aller vers Élisabeth.<br />
Mais elle est aussi cette fille d’Israël qui conserve toutes choses en son cœur.<br />
Un exemple et un appel pour la vie contemplative, celle qui donne sens à votre vie mes Sœurs, mais, je le crois vraiment, qui doit aussi inspirer chacune de nos vies.<br />
Si nous ne savons pas nous arrêter, méditer, prier, faire silence, nos vies seront blessées, déficientes, malades.</p>

<p>Dans l’Évangile de Luc, le récit de la Visitation suit le récit de l’Annonciation&nbsp;: parce que Marie a accueilli le message de l’ange au plus intime de son cœur, Maris est prête à d’autres découvertes, à d’autres surprises.<br />
La loi intérieure qui guide Marie c’est l’appel de Dieu, ce ne sont pas ses habitudes.<br />
Marie accepte que le Seigneur la conduise sur des chemins qu’elle ignorait.<br />
C’est une des expressions de sa foi&nbsp;: Marie est toute disponible à la Parole de Dieu, elle sait que ce que le Seigneur lui demande ne peut qu’être un chemin de progrès pour elle.<br />
<em>A contrario</em>, rappelons-nous la parole du Seigneur à ses apôtres&nbsp;: «&nbsp;Hommes de peu de foi, pourquoi avez-vous peur&nbsp;?&nbsp;»</p>

<p>Cet appel est aussi pour nous, ce double appel&nbsp;: à la fois celui de la confiance de Marie, et en même temps celui de la mise en cause de la peur des apôtres.<br />
Comme Marie, nous sommes appelés à prendre les chemins nouveaux de la foi.<br />
Comme Marie, nous devons passer de l’Ancien au Nouveau Testament.<br />
Comme Marie, nous devons devenir une Eglise qui ne craint pas de sortir sur les chemins de vie des hommes et des femmes d’aujourd’hui.</p>

<p>Et cela, ce n’est pas en cherchant à aller toujours plus vite.<br />
La vie consacrée, la vie du carmel nous mettent en garde face à la pression permanente, face à l’accélération perpétuelle des rythmes de la vie.<br />
Et votre vie dit aussi la disponibilité à répondre à des appels du Seigneur. C’est ce qui donne sens à ce que nous sommes et ce que nous vivons.<br />
Quand Dieu appelle, il n’y a pas à hésiter, on répond avec générosité.<br />
Et il s’agit pourtant de discerner ce à quoi Dieu appelle, et cela demande du temps.</p>

<p><br />
Votre Carmel a 400 ans&nbsp;; que d’événements pendant toutes ces années.<br />
Événements intimes de la vie des unes et des autres, mais aussi événements sociaux, bouleversements des régimes politiques, des modes de vie.<br />
Pour l’Église dans son ensemble, c’est depuis plus de 2000 ans, 2025 ans cette année, qu’elle a vécu sa mission de manières bien différentes.<br />
Et c’est aussi le cas selon les grandes régions du monde.</p>

<p>C’est vrai, il y a des périodes où les transitions sont plus marquées, à l’époque de l’empereur Constantin, au moment de la Réforme protestante, puis de la Révolution française, et maintenant au début du XXI<sup>e</sup> siècle.<br />
Aujourd’hui, nous voyons une forme de vie chrétienne qui disparait&nbsp;; nous peinons sans doute à voir la vie d’Église qui naît.<br />
Et pourtant des signes nous sont donnés de cette naissance, par les catéchumènes, les néophytes, les confirmands.<br />
Si nous nous réjouissons de ce qui naît, nous peinons à accepter que d’autres choses disparaissent.<br />
Et pourtant, l’Église n’est-elle pas sous le signe du mystère pascal du Seigneur&nbsp;? Un mystère de mort et un mystère de vie.<br />
Cependant, comme Marie, nous devons grandir dans notre foi en Dieu et en l’action de son Esprit Saint.</p>

<p>Or, qu’est-ce qui est nouveau dans l’Église&nbsp;? Est-ce nous&nbsp;? Qu’est-ce qui est vieux&nbsp;? Est-ce nous&nbsp;?<br />
C’est l’Évangile qui est toujours nouveau, et c’est lui qui nous appelle, tous, quel que soit notre âge, au renouveau.<br />
400 ans… c’est un bel âge&nbsp;; mais j’aime aussi y voir, comme y invite toujours l’Evangile, l’âge d’un nouvel enfantement.<br />
Aujourd’hui, comme chaque jour, vous, mes Sœurs, comme nous tous, nous naissons à la vie nouvelle de l’Evangile, nous sommes renouvelés par la grâce du Seigneur.</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Tiffany Gesquière</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    
      <dc:subject>actualité</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>Homélies</dc:subject>
    
    <dc:date>2025-06-02T15:04:47Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-pour-le-centenaire-de-la-canonisation-de-madeleine-sophie-barat">
    <title>Homélie pour le centenaire de la canonisation de Madeleine-Sophie Barat</title>
    <link>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-pour-le-centenaire-de-la-canonisation-de-madeleine-sophie-barat</link>
    <description>
        Joigny, 24 mai 2025
    </description>
    <image:item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-pour-le-centenaire-de-la-canonisation-de-madeleine-sophie-barat/image_thumb">
        <dc:title>Homélie pour le centenaire de la canonisation de Madeleine-Sophie Barat</dc:title>
        <url>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-pour-le-centenaire-de-la-canonisation-de-madeleine-sophie-barat/image_thumb</url>
    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<p>Pourquoi célèbre-t-on un anniversaire&nbsp;? Après tout, il ne s’agit que d’une date sur un calendrier.<br />
Et puis, célébrer un anniversaire, c’est rappeler l’âge d’une personne, et, lorsqu’il s’agit d’une femme, on nous dit qu’il n’est guère heureux de parler de son âge&nbsp;!<br />
Et j’ajoute que Madeleine-Sophie ne recherchait pas à ce que l’on parle d’elle&nbsp;; alors que la photo naissait à la fin de sa vie, elle n’a pour voulu qu’on la prit en photo.<br />
Face à l’insistance de ses Sœurs, elle disait&nbsp;: « Mes filles, ce n’est pas mon visage qu’il faut photographier, mais l’amour que j’ai pour vous&nbsp;».<br />
C’est pour cela que la seule photo qu’il existe d’elle sera prise alors qu’elle ne pourra plus s’y opposer&nbsp;: sur son lit de mort.<br />
Il serait plus juste de dire, en reprenant des termes de la tradition franciscaine, que c’est la photo de son «&nbsp;transitus&nbsp;», de son passage de ce monde au Seigneur.</p>

<p>Malgré tout cela, nous célébrons un anniversaire&nbsp;: aujourd’hui Madeleine-Sophie a 100 ans&nbsp;! Ou plutôt, il y a 100 ans qu’elle fut canonisée par l’Église catholique.<br />
Cependant, ce que nous vivons ensemble parle aussi d’une naissance, celle à la vie chrétienne, le jour de son baptême.<br />
Il n’y a rien qui parle de mort donc, mais de naissance, de vie&nbsp;: naissance chrétienne par le baptême, naissance à l’éternité par la fin de sa vie terrestre, et naissance de sa reconnaissance comme sainte.</p>

<p>Dans tout cela j’entends des appels pour nous, mais aussi pour notre humanité de cette première moitié du XXI<sup>e</sup> siècle, et spécialement pour nous, Français et Européens.<br />
Cet après-midi, Madeleine-Sophie nous parle de vie et de naissance, et j’ai ce sentiment que beaucoup de nous vivons notre époque sur un horizon de mort.<br />
Nous sommes plus portés à voir ce qui s’efface, disparaît&nbsp;; entrant aussi dans une nostalgie qui est plus sous le mode du regret que de la gratitude.</p>

<p>On ironise parfois au sujet de ceux, peut-être sommes-nous de ceux-là, qui ont ce refrain à l’esprit, voire à la bouche&nbsp;: «&nbsp;C’était mieux avant&nbsp;!&nbsp;»<br />
Il me semble qu’un tel refrain est heureux lorsqu’il nous conduit à nous réjouir de ce dont nous héritons, de ce qui nous a construit.<br />
Lorsqu’il est utilisé pour alimenter une déploration continuelle sur le présent, je ne crois pas que ceci serve à grand-chose.</p>

<p>Madeleine-Sophie, en nous faisant conjuguer ces diverses naissances qui la concernent, nous appelle, je le crois, à plutôt considérer là où la vie éclot, ainsi dans une fontaine baptismale, dans l’enfance, et à accepter l’incertitude qu’il y a nécessairement dans ce qui commence à poindre, mais dont on ne saura pas quelle forme cela prendra.</p>

<p>Madeleine-Sophie appartient à cette génération qui a connu la fin d’un monde et l’émergence d’un monde nouveau.<br />
Non pas un nouveau continent, mais une société, et une Église, entièrement nouvelles.<br />
La Révolution française a mis fin à une société à bout de souffle&nbsp;; même la société religieuse. Entre les évêques de cour et des monastères qui, au XVIII<sup>e</sup> siècle, étaient quasiment vides.<br />
Après les espoirs, les violences et les désillusions, tout était à reconstruire, ou plus exactement, à construire.<br />
Il ne s’agissait pas de restaurer ce qui s’était écroulé, il fallait bâtir du neuf.<br />
Est-ce que cela ne pourrait pas aussi nous inspirer&nbsp;?</p>

<p>Je mesure aussi les limites, voire les risques de mon propos.<br />
On peut se laisser aller à un lyrisme plein d’illusions lorsque l’on parle de bâtir du neuf, comme si rien n’avait existé avant nous.<br />
Bien entendu qu’il faut toujours utiliser des fondations solides lorsque l’on construit.</p>

<p>Madeleine-Sophie connaissait ces bases solides.<br />
La vie chrétienne en famille les lui avait transmises.<br />
Peu importe la beauté des murs et du décor, s’ils sont seuls à exister, ils sont une illusion et n’auront guère de solidité.<br />
A quoi bon des photos qui enjolivent le réel – et notre époque aime cela, malade qu’elle est de la communication. Mais qui croit encore qu’une bonne campagne d’information trompe qui que ce soit&nbsp;?<br />
La vraie solidité elle est intérieure, elle est dans le cœur.<br />
C’est lorsque le cœur est de peu de force que l’on recherche les murs et que l’on se dote d’une armure.</p>

<p>Madeleine-Sophie, comme ces générations contemporaines du passage au XVIII<sup>e</sup> au XIX<sup>e</sup> siècles, avait vu tant de choses prétendument solides s’effondrer, qu’elle ne nourrissait guère de rêve pour la montre, pour le paraître.<br />
Je la cite dans une de ses lettres&nbsp;:<br />
«&nbsp;<em>Recourez à l’esprit intérieur, veillez attentivement sur vous, mettez toute votre confiance en Jésus Christ, mais méditez aussi cette parole&nbsp;: ‘’Il y a que les violents qui emportent le Royaume de Dieu.’’ Le mot ‘’violent’’ dit tant de choses&nbsp;! Il suppose du courage mais un courage qui ne se dément jamais, qui s’excite même et qui augmente à mesure qu’il trouve des difficultés et des obstacles&nbsp;</em>» (L, 1826).</p>

<p>Même si Marguerite-Marie et Claude de La Colombière sont du XVII<sup>e</sup> siècle, c’est sans doute le XIX<sup>e</sup> siècle qui est le grand siècle du Sacré-Cœur, les jésuites et la famille ignacienne n’y sont pas pour rien.<br />
Revenir au cœur, c’est ne pas se tromper quant à ce qui est la une vraie solidité&nbsp;: Dieu lui-même, notre cœur à cœur avec lui.<br />
L’Évangile choisi aujourd’hui exprime cela et résonne avec une autre lettre de Madeleine-Sophie&nbsp;:<br />
«&nbsp;Je suis la vigne et mon père est le vigneron. Unissons notre être à ce divin tronc d’où coulent la sève et la vie. Laissons-nous émonder, tailler, afin de porter du fruit.<br />
Tout est dans la transformation de notre vie naturelle&nbsp;: sacrifier les branches mortes et renouveler toutes nos potentialités pour qu’elles produisent du fruit.<br />
Revenez souvent à cette vie de grâce et de ressemblance avec celle de Jésus, pratiquez-la sans cesse et qu’elle exprime en nous et par nous la vie de son Cœur divin (L, 11 janvier 1842).</p>

<p>Célébrer un anniversaire, tel celui d’une canonisation, c’est nous tourner vers l’origine, mais une origine qui n’est pas un passé, mais bien une promesse.<br />
Une canonisation n’est surtout pas une manière de clore une page, de fixer, comme sur une photo immobile, une vie, ou un moment de cette vie.<br />
Une canonisation dit qu’une vie ne s’est pas achevée lors de la fin de la vie terrestre, ou bien qu’elle est enclose dans les documents rassemblés pour instruire le procès de cette canonisation.<br />
La vie de Madeleine-Sophie, je dis bien sa vie, et pas seulement son exemple et ses enseignements, sont d’aujourd’hui et de demain.<br />
C’est bien cela la sainteté chrétienne, une vie qui se déploie dans les manières dont un Institut de vie consacrée, mais aussi des fidèles, des lecteurs, toutes sortes de personnes reçoivent la vie de Madeleine-Sophie et la développent selon des manières infiniment variées.</p>

<p>Il ne s’agit pas de dupliquer une photo – d’ailleurs il n’y en a pas – mais il s’agit de créer, en recevant, et en accueillant, la liberté que donne l’Esprit Saint.<br />
En tout cela, vous le comprenez bien, il est question d’amour, car qu’y a-t-il de plus inventif, d’inattendu, de surprenant que les manières d’aimer&nbsp;?<br />
«&nbsp;Jusqu’où pourrait aller l’amour de Dieu&nbsp;» – demande Madeleine-Sophie – et elle répond&nbsp;: «&nbsp;Jusqu’à l’infini.&nbsp;»</p>

<p>Vos Constitutions de 1982, mes Sœurs, redisent cela, cette intuition, cet appel&nbsp;: «&nbsp;Dans l’Amour du Cœur de Jésus est la source de la croissance de la personne et le chemin vers la réconciliation entre tous.&nbsp;»</p>

<p>Oui, il s’agit bien, il s’agit toujours d’une naissance, d’un commencement.<br />
De grâce, et cela quel que soit notre âge, accueillons nos vies, accueillons le monde, et même notre Eglise qui nous semble parfois si marquée de rides, comme une vie en naissance, et dont nous avons à la fois à recevoir et à faire fructifier les promesses.<br />
L’amour est toujours nouveau&nbsp;: l’amour est toujours en naissance.</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Tiffany Gesquière</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    
      <dc:subject>actualité</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>Homélies</dc:subject>
    
    <dc:date>2025-06-02T12:58:10Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-messe-pour-le-pape-francois">
    <title>Homélie de la messe pour le pape François</title>
    <link>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-messe-pour-le-pape-francois</link>
    <description>
        Mgr Pascal Wintzer - 23 avril 2025, à Auxerre
    </description>
    <image:item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-messe-pour-le-pape-francois/image_thumb">
        <dc:title>Homélie de la messe pour le pape François</dc:title>
        <url>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-messe-pour-le-pape-francois/image_thumb</url>
    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<h2>Action de grâce et prière - 23 avril 2025</h2>

<p>&nbsp;</p>

<p>Le pape François aimait à dire que «&nbsp;le temps est supérieur à l’espace&nbsp;». A quelques jours de sa mort, les temps, les moments qui ont entouré cette mort sont pleins d’enseignements.<br />
Epuisé par une santé qui s’était détériorée, les deux derniers rendez-vous qu’il a honorés sont certainement parmi ceux qui comptaient le plus pour lui.<br />
Le Jeudi Saint, s’il n’a pu accomplir le geste du lavement des pieds, il a pourtant tenu à visiter les détenus de la prison <em>Regina coeli</em> de Rome&nbsp;; et le jour de Pâques, alors qu’il n’a pu prononcer que quelques vœux de Pâques, il a circulé place Saint-Pierre au milieu des pèlerins et de la foule.</p>

<p>Je me souviens, lors d’un pèlerinage à Rome où nous étions pour apporter les actes du synode de Poitiers au pape François, nous étions à l’audience du mercredi.&nbsp;<br />
Après la catéchèse et les salutations, le pape François est resté pour saluer ceux qui le voulaient, ce temps a duré bien plus longtemps que le temps officiel des prises de parole&nbsp;; je peux certainement dire que, celui qui a quitté la place Saint-Pierre en dernier, c’est le Pape&nbsp;! Son temps était pour ceux qui désiraient le saluer.</p>

<p>Certainement que, pour lui, être Pape aurait pu être un fardeau, il aurait pu se sentir comme prisonnier des palais du Vatican.<br />
Mais, dès le début, il a refusé de résider dans ce que l’on appelle le «&nbsp;palais apostolique&nbsp;» pour préférer la Maison Sainte-Marthe.<br />
Il faut le dire, c’est un édifice assez banal, pas vraiment très beau. Mais, le cardinal Bergoglio était un religieux, un jésuite. Comme tel il avait toujours mené une vie communautaire. Se retrouver seul, même dans un palais décoré par Raphaël et Le Pérugin ne lui allait pas vraiment. A Sainte-Marthe, il pouvait mener une vie à peu près ordinaire, pour la prière commune, en particulier la messe du matin, ainsi que pour le déjeuner.<br />
En ceci, le pape François a su imposer sa volonté à une administration bien installée ;&nbsp;il a su bousculer des usages pourtant ancestraux.</p>

<p>Il est alors juste de souligner la liberté du pape François.<br />
Il avait sans doute la capacité et la volonté pour le faire, mais il n’a pas cherché cette liberté d’abord pour lui-même.<br />
Beaucoup ont souligné qu’il a permis que la parole se libère au sujet de questions qui semblaient interdites, au risque de sanctions.<br />
L’organisation de l’Eglise, la place des femmes et l’exercice de leur part de vraies responsabilités, les couples ayant vécu un divorce et un remariage, les personnes homosexuelles et les unions qui les lient… Dans ces domaines comme en bien d’autres, beaucoup se sont sentis libres de parler, de poser des questions, de rechercher quels chemins ouvrent l’Evangile et la réalité de la vie des personnes.<br />
«&nbsp;N’ayez pas peur&nbsp;» affirme si souvent la Bible, dont le Seigneur dans l’Evangile de saint Jean.<br />
Il faut reconnaître que l’Eglise catholique s’est donnée et a donné au monde de grands hommes, de belles personnalités&nbsp;: ainsi des deniers Papes, Jean-Paul II, Benoît XVI et François.<br />
Heureusement des hommes différents, comme est riche notre Eglise de celles et ceux qui la composent, mais surtout comme sont riches et divers les dons de l’Esprit-Saint, les charismes qu’il confie à chacun.</p>

<p>S’il faut relier ces trois Papes, il y a leur engagement et leurs appels incessants contre toutes les formes de violences, contre les guerres.<br />
«&nbsp;Plus jamais la guerre&nbsp;» proclamait le pape Paul VI à la tribune des Nations Unies à New-York.<br />
C’est le même appel que ses successeurs firent entendre, et pour chacun d’eux jusqu’au bout de leurs forces.<br />
On se rappelle l’opposition de Jean-Paul II aux deux guerres d’Irak, pourtant portées par des pays occidentaux sûrs de leur bon droit.<br />
Lors du synode de 2012, auquel je participais, le pape Benoît a voulu tenter une médiation, voire envoyer une délégation en Syrie où sévissait la guerre civile. Et François a dit l’absurde de la guerre en Ukraine, au risque de n’être pas compris.<br />
Aucune naïveté de leur part, mais le rappel que l’Evangile ne saurait ni justifier ni bénir aucune guerre.</p>

<p>Ce n’est par sans raison que le pape François a placé l’année jubilaire que nous vivons sous le signe de l’espérance. Certainement parce que nous sommes une époque où l’espérance est difficile.</p>

<p>D’abord, l’espérance est un combat. Non pas que nous ayons à chercher des ennemis&nbsp;: que serait une espérance qui naîtrait par la défaite de qui que ce soit&nbsp;!&nbsp;<br />
Non, le combat est à mener contre toutes les petites voix intérieures qui nous susurrent&nbsp;: «&nbsp;à quoi bon&nbsp;!&nbsp;»&nbsp;; «&nbsp;on a tout essayé&nbsp;!&nbsp;»&nbsp;; «&nbsp;rien ne changera&nbsp;!&nbsp;».<br />
Se laisser à ces passions tristes c’est se priver de toute capacité de rêve, de désir, d’action… Se priver de toute capacité d’espérance.</p>

<p>La tentation la plus profonde serait de ne plus espérer en quiconque, ni en soi-même.<br />
Bien des choses peuvent nourrir cette tentation, lorsque l’égoïsme des individus et des nations semble dominant, lorsque les autres sont perçus comme des dangers voire des adversaires, ou bien encore lorsque l’on croit que c’est la loi de la force, de la puissance qui est à choisir.</p>

<p>La vraie force, pour l’Evangile, c’est l’espérance, c’est le refus de se résigner, de baisser les bras.<br />
La vraie force c’est lorsque nous croyons que le pardon, la paix, la douceur ont plus de poids que toutes les formes de violence, parce que ce sont elles qui changent les cœurs&nbsp;; les armes et la violence, elles ne changent rien, elles détruisent.<br />
Le&nbsp;pape François, comme ses prédécesseurs, redit cela sans fin&nbsp;; l’Evangile pourrait-il ne pas y conduire&nbsp;?</p>

<p>Je le disais en commençant, le pape François est mort le jour de Pâques&nbsp;; très concrètement, pendant l’octave de Pâques qui nous fait célébrer le même jour, le 8<sup>ème</sup> jour, le jour de la Résurrection, pendant toute une semaine.<br />
Nous nous rappelons que c’est cette même semaine, en la vigile du dimanche de la Miséricorde, que le pape Jean-Paul II était décédé, en 2005.</p>

<p>Nous le croyons, même si la mort est une épreuve, un arrachement, elle est notre sort à tous. Qui peut être surpris devant la mort&nbsp;? Toute chose et tout être meurent. Le Seigneur lui-même a connu la mort, nous l’avons rappelé le Vendredi Saint.<br />
Chrétiens, nous ne croyons pas en l’immortalité, nous croyons en la résurrection, nous croyons en la vie nouvelle promise, donnée.<br />
La mort des chrétiens est une nouvelle naissance, comme le fut notre baptême.</p>

<p>Ce soir, c’est aussi l’Evangile des pèlerins d’Emmaüs qui résonne pour nous.<br />
Pèlerin d’Emmaüs, pèlerin d’espérance, le pape François aimait à rappeler que le pasteur, était, parfois devant son peuple, pour indiquer la route, d’autres fois au milieu de lui, partageant tout de la vie de tous, et d’autres fois encore derrière le peuple, pour suivre ceux qui lui indiquaient la route.</p>

<p>Frères et Sœurs, rendons grâce pour la vie et pour le ministère du pape François.<br />
Prions pour lui alors que se poursuit son voyage au-delà de ce monde.<br />
Qu’il demeure ce pèlerin d’espérance qu’il nous appelle tous à mieux être durant cette année jubilaire.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<h2>Prière universelle, proposée par Mgr Pascal Wintzer</h2>

<p>En cette octave de Pâques, dans la lumière de la Résurrection du Seigneur, confions le pape François à l’amour et à la miséricorde du Père.</p>

<ol>
	<li>Élu pape en 2013, Jorge-Mario Bergoglio déclara que les cardinaux avaient choisi un Pape qui venait du bout du monde.&nbsp;<br />
	Le pape François, par sa personne, sa vie, ses paroles a fait percevoir à l’Église toute sa catholicité, faite de femmes et d’hommes de tous les continents, de toutes les cultures.<br />
	Nous t’en prions Seigneur, aide-nous à grandir dans la fraternité qui nous relie tous, enfants du même Père.<br />
	&nbsp;</li>
	<li>Le premier déplacement du pape François fut pour l’île de Lampedusa, dans la Méditerranée. Il n’a jamais pris son parti des désordres du monde qui poussent tant et tant de personnes à quitter leur pays pour risquer leur vie dans l’espérance d’une maison plus sûre.<br />
	Nous t’en prions Seigneur, éclaire nos intelligences et nos cœurs pour que nous agissions pour des conditions de vie, chez nous et ailleurs dans le monde, qui respectent les droits de chacun.<br />
	&nbsp;</li>
	<li>Reprenant les paroles de celui dont il choisit le nom, François, le Pape chanta la beauté du monde, de tout être humain, des animaux, des végétaux, de l’eau et du vent, <em>Laudato si’ Ô mi Signore.</em><br />
	Nous avons encore à beaucoup changer pour comprendre que “tout est lié”, que la préservation de la planète est au bénéfice de chacun de nous.<br />
	Nous t’en prions Seigneur, aide-nous, chrétiens et personnes de bonne volonté, à réfréner nos instincts prédateurs pour respecter et préserver ce qu’il y a de fragile dans le monde.<br />
	&nbsp;</li>
	<li>À la suite du pape Benoît XVI, le pape François a agi pour rendre justice et protéger les personnes, surtout les femmes et les enfants, qui ont eu ou qui ont encore à subir la violence de la part de prêtres, de religieux, de personnes engagées dans l’Église catholique.<br />
	Nous t’en prions Seigneur, aide chacun à ne pas détourner le regard, à ne pas fermer les yeux lorsqu’il apprend des faits de violence. Qu’aucun de nous ne soit complice par son silence ou sa pusillanimité.</li>
</ol>

<p>&nbsp;</p>

<p>Seigneur accueille les prières que nous t’adressons en ce jour. Elles se joignent à notre action de grâce pour celui qui t’a servi par sa vie et sa parole, le pape François. Nous te le recommandons, toi qui vis et règne pour les siècles des siècles.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Isabelle Téqui</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    
      <dc:subject>actualité</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>Homélies</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>RSS</dc:subject>
    
    <dc:date>2025-05-05T13:07:57Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-vigile-pascale-2025">
    <title>Homélie de la Vigile Pascale 2025</title>
    <link>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-vigile-pascale-2025</link>
    <description>
        Mgr Pascal Wintzer - 19 avril 2025, à Villeneuve-l'Archevêque
    </description>
    <image:item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-vigile-pascale-2025/image_thumb">
        <dc:title>Homélie de la Vigile Pascale 2025</dc:title>
        <url>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-vigile-pascale-2025/image_thumb</url>
    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<p>Vigile pascale 2025</p>

<p>Mes amis, je commençais avec vous la célébration de la Semaine sainte, dimanche, avec les Rameaux et la Passion&nbsp;; je la conclus avec vous en cette veillée pascale.<br />
Voici que nous avons traversé toute la semaine&nbsp;; nous avons célébré et accompagné le Seigneur dans les jours les plus douloureux de sa vie.<br />
Nous sommes au cœur de la nuit, l’obscurité est tombée, et la lumière, nous l’avons vécu il y a quelques instants, n’est dispensée que par un cierge, certes majestueux, le cierge pascal, mais dont la flamme est fragile.</p>

<p>Ainsi de la Résurrection du Seigneur, elle commence aussi dans l’obscurité, elle étonne, elle rencontre l’incrédulité&nbsp;; il va falloir du temps aux Apôtres et aux disciples pour parvenir à la foi.<br />
Surtout pour les hommes… les femmes ont accordé plus spontanément leur confiance&nbsp;; elles furent même les premières messagères.<br />
Vous savez que l’on appelle Marie-Madeleine l’apôtre des Apôtres.</p>

<p>Alors que la nuit est tombée, que l’on peine à voir, les lectures de la Bible nous disent une seule chose, et c’est en particulier le refrain de la Genèse&nbsp;: «&nbsp;Dieu vit que cela était bon.&nbsp;»<br />
Et après que l’homme et la femme aient été créés, le refrain change, pour ces mots&nbsp;: «&nbsp;Dieu vit que cela était très bon.&nbsp;»</p>

<p>Dimanche, au regard de la versatilité des foules de Jérusalem, je nous interrogeais sur notre capacité à espérer en l’humanité.<br />
Cette nuit, la Bible nous montre ce que Dieu a fait et voulu, et davantage encore, que Dieu est fidèle à lui-même, il n’abandonne pas ses enfants, quoi qu’ils fassent.&nbsp;Entendons bien cela&nbsp;: «&nbsp;quoi qu’ils fassent&nbsp;! »<br />
N’est-ce pas aussi l’attitude de tout parent&nbsp;? Quoi que son enfant puisse faire, il reste son enfant, il sait que le mal n’arrive jamais à occuper toute la place, à détruire toute espérance.</p>

<p>Combien de pages de l’Evangile nous montrent Jésus aller chercher celui, celle qui est perdue, qui s’est égarée sur le chemin, sachant que la conversion est toujours possible, entendons bien, «&nbsp;toujours&nbsp;» possible.<br />
Elle peut être longue, laborieuse, on peut s’y dérober de nombreuses fois, mais, aucun cœur, aucune vie n’est perdue à jamais.<br />
J’aime cette belle parole de saint Paul dans la 2<sup>ème</sup> Lettre à Timothée (2, 13)&nbsp;: «&nbsp;Si nous manquons de foi, lui reste fidèle à sa parole, car il ne peut se rejeter lui-même.&nbsp;»</p>

<p>Cette année, nous célébrons la fête de Pâques au cœur d’une année de Jubilé.<br />
Vous le savez, ce Jubilé commémore la naissance de Jésus, il y a 2025 ans.<br />
Or, c’est bien cette naissance, qui atteste la fidélité de Dieu&nbsp;: alors que l’humanité s’est éloignée, s’est égarée, c’est Dieu lui-même, c’est le Fils unique, qui revient vers elle.<br />
Et quand Jésus sort du tombeau, quand le Père lui donne la vie et l’appelle auprès de lui, Jésus ne vient pas seul, il nous emporte tous avec lui.<br />
Il y a une très belle œuvre d’art qui représente cela.&nbsp;Elle est à Istanbul, dans l’église Saint-Sauveur in Chora.<br />
On y voit Jésus qui sort du tombeau, plein de force, plein de vie, et d’une main il tient la main d’un homme, de l’autre la main d’une femme&nbsp;; ce sont Adam et Eve que Jésus sort des enfers, qu’il emporte avec lui au ciel.<br />
Et en Adam et Eve, c’est toute l’humanité, c’est nous tous.</p>

<p>Ce geste du Seigneur qui tend les mains, qui ouvre ses bras, c’est déjà Moïse qui l’accomplit lorsqu’il guide les Hébreux pour quitter l’esclavage de l’Egypte.&nbsp;« Moïse étendit le bras sur la mer. Le Seigneur chassa la mer toute la nuit par un fort vent d’est&nbsp;; il mit la mer à sec, et les eaux se fendirent.<br />
Les fils d’Israël entrèrent au milieu de la mer à pied sec, les eaux formant une muraille à leur droite et à leur gauche.&nbsp;» Exode 14, 21-22.&nbsp;Une nouvelle image de salut, de libération.</p>

<p>Mais, vous me direz, la suite est moins heureuse, moins glorieuse&nbsp;:<br />
«&nbsp;Moïse étendit le bras sur la mer. Au point du jour, la mer reprit sa place&nbsp;; dans leur fuite, les Égyptiens s’y heurtèrent, et le Seigneur les précipita au milieu de la mer.<br />
Les eaux refluèrent et recouvrirent les chars et les guerriers, toute l’armée de Pharaon qui était entrée dans la mer à la poursuite d’Israël. Il n’en resta pas un seul.&nbsp;» Exode 14, 27-28.</p>

<p>Peut-on lire cela, entendre cela, sans barguigner, sans même se révolter ?<br />
Dieu sauve… et voilà que les Egyptiens périssent dans les flots.<br />
En effet, quoi qu’ils aient fait, rien ne peut les conduire à mériter un tel sort.<br />
Il faudra alors bien des siècles pour que, peu à peu, Israël découvre que Dieu n’est pas le Dieu d’un peuple particulier, mais qu’il est le Dieu de tous&nbsp;; que Dieu ne sauve pas seulement les Hébreux, mais aussi les Egyptiens et même l’univers entier.</p>

<p>La fresque d’Istanbul l’exprime, lorsque Jésus ressuscite, ce n’est pas un peuple en particulier qu’il emporte, c’est toute l’humanité, représentée dans nos premiers parents, Adam et Eve.<br />
Vous le comprenez bien, c’est pour cela que, pour les chrétiens, toute séparation, toute exclusive, est contraire à la volonté et à l’œuvre de Dieu.<br />
Il veut, dit encore saint Paul, que «&nbsp;que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la pleine connaissance de la vérité.&nbsp;» 1 Tm 2, 4.</p>

<p>Alors, laissons l’homme ancien mourir sur la croix, l’homme du ressentiment, de la jalousie, du mensonge, l’homme qui doute de l’espérance et juge les autres.<br />
Oui, que naisse, que ressuscite, l’humanité nouvelle, renouvelée, habitée par la joie que donne la foi, l’espérance invincible, l’assurance que l’amour est possible, toujours, comme&nbsp;l’est le pardon des péchés.<br />
Frères et Sœurs, «&nbsp;pensez, toujours, que vous êtes morts au péché, mais vivants pour Dieu en Jésus Christ&nbsp;» Rm 6, 11.</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Isabelle Téqui</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    
      <dc:subject>actualité</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>Homélies</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>Semaine Sainte</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>RSS</dc:subject>
    
    <dc:date>2025-04-28T08:05:32Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-du-jour-de-paques">
    <title>Homélie du jour de Pâques</title>
    <link>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-du-jour-de-paques</link>
    <description>
        Mgr Pascal Wintzer - 20 avril 2025, à Auxerre
    </description>
    <image:item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-du-jour-de-paques/image_thumb">
        <dc:title>Homélie du jour de Pâques</dc:title>
        <url>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-du-jour-de-paques/image_thumb</url>
    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<h2>20 avril 2025 - Résurrection du Seigneur</h2>

<p>En ce jour de Pâques comme pendant toute l’octave qui s’ouvre aujourd’hui, nous chantons le Victimae pascali laudes.<br />
L’un des couplets nous fait dire : <em>Dic nobis Maria quid vidisti in via.</em>&nbsp;<br />
Nous demandons à Marie-Madeleine, une femme, de nous transmettre son témoignage.&nbsp;<br />
En adressant à Marie cette demande, nous sommes de fidèles auditeurs de l’Evangile, nous sommes disciples du Seigneur ; nous recevons ceux, ici "celle", à qui il confie une mission.</p>

<p>Cette mission confiée à une femme, Marie-Madeleine, pour des disciples, elle l’est spécialement pour des hommes, les apôtres ; c’est d'abord à eux de l’écouter.<br />
C’est là un des nombreux signes qui nous montrent que dans la résurrection du Christ, Dieu renouvelle toute chose.</p>

<p>Alors que le péché originel nous conduisait à perdre toute confiance en la parole des femmes, puisque Eve est la messagère du serpent, la résurrection doit nous conduire à retrouver cette confiance.<br />
Marie-Madeleine est ici plus qu’elle-même, même si elle est avant tout cette femme-là.<br />
Elle est "la" femme, et c’est ainsi qu’elle est appelée, et par les anges, et par le Seigneur lui-même :<br />
«&nbsp;Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ?&nbsp;»<br />
On pourrait ici la rapprocher d’une autre Marie, la mère du Seigneur, qui, elle aussi, est appelée "femme".<br />
On dit de Marie, mère de Jésus, qu’elle est la nouvelle Eve.<br />
Mais je crois qu’ici, Marie-Madeleine l’est tout autant : celle qui a beaucoup péché a bien plus besoin du salut et de la miséricorde que celle qui est sans péché.</p>

<p>La résurrection renouvelle et relève, elle change nos rapports les uns avec les autres, et aussi nos regards les uns sur les autres.<br />
Mais il peut encore exister aujourd’hui, parmi les disciples, une certaine défiance par rapport aux femmes ; parmi les disciples… parmi les hommes de l’Eglise !<br />
C’est vrai que le péché a abondé ; mais, dans le mystère pascal, c'est la grâce qui a surabondé !<br />
Dieu fait toutes choses nouvelles, et il faut que ce renouvellement imprime nos vies, nos rapports les uns avec les autres.</p>

<p>Pour saint Jean, le jardin du sépulcre rappelle le jardin de la Genèse.<br />
Nous nous retrouvons au matin de Pâques comme au soir de la création.<br />
La femme est en pleurs ; ce sont les pleurs d’Eve qui marquent encore les joues de Marie-Madeleine.<br />
Le jardin de ce qui fut le paradis terrestre, n’est plus un lieu de paix et d’harmonie, mais un lieu de peine et de souffrance.<br />
L’homme n'est plus dans un rapport immédiat et familier avec son Dieu.<br />
Il n’entend plus le bruit de ses pas, lorsqu’il se promène dans le jardin, à la brise du jour.<br />
Or, voici que ce matin, quelqu’un se promène dans le jardin, et adresse à Marie une parole.<br />
Cette parole, c'est la première parole depuis que toute parole s’est tue après qu’Eve et Adam aient préféré le sifflement de la ruse à la Parole de la vérité.<br />
Mais Marie n’est pas capable de reconnaître cette parole.<br />
Le jardin est encore pour elle un lieu interdit, un lieu fermé.<br />
Alors, qui est-il, celui qui est dans ce jardin ?</p>

<p>Ce ne peut être que le "gardien", c’est-à-dire ces "gardiens" dont parle la Genèse, les gardiens que le Seigneur a placés à la porte du jardin pour en interdire l’entrée.<br />
«&nbsp;Dieu posta à l'Orient du jardin d'Eden les chérubins et la flamme du glaive tournoyant, pour garder le chemin de l'arbre de vie.&nbsp;»<br />
Certes, au matin de Pâques, il y a encore des gardiens, ce sont les anges vêtus de blanc.<br />
Mais ils ne gardent plus le lieu de la vie, le jardin ; ils gardent le tombeau, le lieu de la mort.<br />
C’est ce lieu-là qui est désormais fermé à tout jamais.</p>

<p>Jésus, lui, n’est pas le gardien.<br />
Il n’est pas non plus le jardinier, comme le disent d’autres traductions.<br />
Le jardinier, c'est l’homme, l’homme à qui Dieu a confié la terre pour qu’il la travaille.</p>

<p>Jésus, c’est le Maître, il se fait reconnaître comme tel, et Marie l’appelle ainsi : "Rabbouni".<br />
Il est l’arbre de vie dont l'accès demeurait jusqu’ici interdit. Le jardin interdit est désormais réouvert.<br />
La parole de la femme ne transmet plus la mort mais conduit à la vie.<br />
La proximité avec Dieu est de nouveau possible, à la femme, comme à l’homme.</p>

<p>Mais comme à la première heure du monde, à la première heure de la résurrection, une heure dans laquelle nous sommes ce matin, nous ne devons pas oublier qui nous sommes, nous ne pouvons pas oublier que tout ce que nous sommes nous le recevons de Dieu, sans jamais nous en croire propriétaires, sans devenir comme des dieux, sans mettre la main sur Dieu.</p>

<p>A chacun d’entre nous, comme à Marie, le Seigneur dit : «&nbsp;ne me retiens pas&nbsp;», «&nbsp;ne me touche pas&nbsp;», «&nbsp;ne porte pas la main sur moi&nbsp;».&nbsp;<br />
Nous devons passer de la crédulité, voire de l’idolâtrie à la foi.<br />
Alors, il nous envoie annoncer, avec Marie, que le jardin est désormais rouvert, et qu’il l’est à tous.&nbsp;<br />
Ce jardin, c’est la Galilée, c’est là que le Seigneur se donne à voir.<br />
La Galilée, c’est-à-dire le ‘’carrefour des nations’’, le monde tout entier.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Isabelle Téqui</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    
      <dc:subject>actualité</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>Homélies</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>Semaine Sainte</dc:subject>
    
    <dc:date>2025-04-28T07:30:54Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-du-vendredi-saint-2025">
    <title>Homélie du Vendredi Saint 2025</title>
    <link>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-du-vendredi-saint-2025</link>
    <description>
        Mgr Pascal Wintzer - 18 avril 2025, à Auxerre (cathédrale Saint-Étienne)
    </description>
    <image:item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-du-vendredi-saint-2025/image_thumb">
        <dc:title>Homélie du Vendredi Saint 2025</dc:title>
        <url>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-du-vendredi-saint-2025/image_thumb</url>
    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<h2>Passion du Seigneur 2025</h2>

<p>Sur la croix, Dieu n’est pas caché, il est montré, il est révélé.<br />
L’humanité de Jésus révèle qui est Dieu, dans cet acte même où il souffre et où il meurt.<br />
C’est à travers les événements mêmes que nous est révélé qui est Jésus et en Jésus qui est Dieu.<br />
La foi nous fait reconnaître dans sa croix le lieu ultime de sa prédication : le Christ que nous prêchons est celui qui est mort sur la croix.<br />
Cependant, nous continuons à nous interroger : pour quelles raisons Jésus a-t-il été condamné ? Quel sens a sa mort sur la croix ?&nbsp;Le sens de cette mort ne peut se déchiffrer qu’à travers les circonstances, précises, historiques, de celle-ci.</p>

<p>Pour l’histoire, la mort de Jésus n’est ni naturelle, ni accidentelle, il est mort en conséquence de son action.<br />
Comprendre la mort de Jésus, ce n’est donc pas seulement considérer un fait mais c’est en comprendre ses causes. Si on ne revient pas à l’histoire qui a conduit Jésus à la croix, on court le risque de se créer une figure mythique et «spirituelle» de Jésus.</p>

<p>D’abord c’est comme « blasphémateur » que Jésus est condamné.<br />
De bien des manières, Jésus revendique une autorité indépendante et supérieure à celle de Moïse, il se met au-dessus de Moïse et de la Loi, pensons en particulier aux antithèses du discours sur la montagne.<br />
Le point culminant c’est le pardon des péchés : la vraie provocation, pour les gardiens de la Loi, c’est le fait que quelqu’un n’ayant «ni fonction ni dignité» venant de la tradition, empiète sur la fonction et la dignité de Dieu lui-même et révèle d’une manière tout autre la justice de Dieu en pardonnant les péchés.<br />
Son exécution est alors la conséquence nécessaire de son conflit avec la Loi. Son procès avec les gardiens de la Loi est un procès au sujet de la volonté de Dieu, cette volonté que la Loi prétendait avoir codifiée une fois pour toutes.<br />
La vie de Jésus fut un conflit théologique entretenu avec la manière dominante de comprendre la Loi. De ce conflit surgit le procès au sujet de la justice de Dieu entre son Evangile et la Loi.<br />
Ce procès ne peut se conclure que par la mort ; mais, dans le procès d’après Pâques, ce sera la mort de la Loi, cette Loi qui est impuissante à donner la justification.</p>

<p>Accusé de blasphème, condamné pour cela, Jésus meurt pour cette autre raison qu’il est aussi accusé de sédition.<br />
En effet, à Rome, la crucifixion est un châtiment politique infligé pour révolte contre l’ordre social et politique de l’empire romain.<br />
Pour Oscar Cullmann «Jésus a été condamné par Pilate comme rebelle politique, comme zélote», c’est le sens du <em>titulus</em> de la croix «roi des Juifs» : voulant prendre le pouvoir, Jésus s’oppose au roi légitime, César.<br />
C’est là une deuxième dimension théologique de l’histoire de Jésus, cela aboutit à la crucifixion de Jésus comme «séditieux».<br />
Cela souligne la dimension politique de l’Evangile de Jésus, ceci dans un monde où religion et politique ont partie liée.<br />
La théologie de la croix a aussi une dimension publique, sociale et politique.</p>

<p>Enfin Jésus est condamné parce qu’il est déclaré « abandonné de Dieu ».<br />
Jésus n’est pas mort comme un stoïcien, il mourut «avec de grands cris et des larmes» dit la Lettre aux Hébreux (5, 7).<br />
Mais, en disant «Mon Dieu, Mon Dieu», Jésus manifeste une relation de proximité avec Dieu, il est «son» Dieu.<br />
Jésus en appelle à la divinité et à la fidélité de son Père.<br />
Et dans la mort de Jésus, c’est aussi le Père qui s’abandonne, qui ne se manifeste pas.<br />
Nous sommes alors conduits à abandonner une certaine idée de la «toute-puissance» de Dieu. C’est donc dans l’idée que nous nous faisons de Dieu que se produit une transformation : il faut passer du dieu de la philosophie et de la sagesse au Dieu manifesté en Jésus Christ.<br />
La Croix est une révélation ; sur elle meurt le dieu qui répond à nos désirs, le dieu magique qui récompense celui qui se croit juste et punit celui que nous estimons pécheur.</p>

<p>La Croix n’est par une récompense, elle est le salut ; c’est ce qu’affirme la foi : « il est mort pour nos péchés ».&nbsp;<br />
Cette expression, «mort pour nos péchés», a plusieurs sens dans la Bible.&nbsp;<br />
<em>D’abord,</em> Jésus est mort «à cause de…, du fait de nos péchés, victime de nos péchés».&nbsp;<br />
Le péché contre Dieu, c’est l’incrédulité, et Jésus est aussi victime de ce péché collectif des hommes, il meurt du refus opposé à Dieu, ou bien de ne pas correspondre à ce que les hommes voudraient que soient Dieu et son Messie.<br />
Alors, on préfère le tuer plutôt que de se laisser convertir ; il est si confortable de se faire un dieu à sa correspondance plutôt que de l’accueillir tel qu’il se donne.</p>

<p><em>D’autre part,</em> « mort pour nos péchés », signifie que Jésus a assumé notre incrédulité elle-même.<br />
Il a assumé en lui la «recherche» religieuse, la «recherche» de Dieu ailleurs que par les sentiers balisés du judaïsme.<br />
Jésus s’interroge sur les moyens à employer pour accomplir sa mission ; rappelez-vous l’épisode des tentations. Dans la passion, il a connu et vécu l’échec.&nbsp;<br />
En cela aussi, «Jésus est mort pour nos péchés» : par l’épreuve qu’il a subie, il a porté sur la croix tous nos péchés d’incrédulité pour les détruire dans sa mort acceptée comme ultime témoignage de foi.&nbsp;<br />
Il désigne ce qu’est l’acte de foi, non de magie et de solution immédiate, mais de recherches et d’interrogations.</p>

<p>« Mort pour nos péchés » Jésus ouvre le salut et l’amour au-delà des bornes et des frontières, c’est pour tous que Jésus est mort, parce que, comme l’écrira saint Paul, « tous les hommes sont pécheurs ».<br />
Dieu seul nous justifie, et c’est sur la croix et par la croix que ceci se réalise.<br />
Le même saint Paul pourra dès lors proclamer : ‘’tous seront sauvés par l’obéissance d’un seul’’ (cf. Rm 5).</p>

<p>Nous croyons <em>ensuite</em> en l’efficacité de la mort de Jésus : il est mort «pour nous», pour nous réconcilier avec Dieu.<br />
Dieu pardonne le péché d’incrédulité et d’idolâtrie, il chasse cet esprit du cœur de ceux qui mettent leur confiance dans le Christ.<br />
Il dévoile les idoles et révèle le vrai Dieu, le Dieu du salut gratuit et radical<br />
&nbsp;</p>

<p><em>Enfin</em> « mort pour nos péchés » dit un acte de substitution : Jésus est mort à notre place.<br />
Jésus fait de sa mort l’expression absolue et parfaitement libre de son «oui» à Dieu.<br />
C’est donc le péché qui meurt sur la croix, le péché, c’est-à-dire le refus absolu de Dieu.<br />
Jésus offre sa mort à Dieu pour tous les hommes, il sacrifie sa vie à sa mission.<br />
C’est par cet acte de foi et de parfaite humilité que le monde est sauvé.<br />
La mort du Seigneur exprime le «oui» absolu, sans condition, des hommes à Dieu, un ‘’oui’’ qui se retourne en un ‘’oui’’ de Dieu aux hommes.</p>

<p>Cependant, tout reste à faire ! Personne ne sera sauvé sans un acte de libre participation à la foi du Christ.<br />
Le Christ rend cet acte de foi possible : sur la croix, il remet l’Esprit ; sur la croix, il a donné, une fois pour toutes l’Esprit Saint, l’Esprit qui murmure au cœur de chacun de nous : « viens vers le Père ».</p>

<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Isabelle Téqui</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    
      <dc:subject>actualité</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>Homélies</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>Semaine Sainte</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>RSS</dc:subject>
    
    <dc:date>2025-04-28T07:30:38Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-cene-2025">
    <title>Homélie de la Cène 2025</title>
    <link>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-cene-2025</link>
    <description>
        Mgr Pascal Wintzer - 17 avril 2025, à Sens (cathédrale Saint-Étienne)
    </description>
    <image:item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-cene-2025/image_thumb">
        <dc:title>Homélie de la Cène 2025</dc:title>
        <url>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-cene-2025/image_thumb</url>
    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<p>Ce soir, nous entrons dans la liturgie qui donne sens à toute notre vie de chrétiens, le triduum pascal, la communion au mystère pascal de Jésus Christ, au don de lui-même pour notre salut, pour que nous recevions la vie éternelle au matin de sa résurrection.<br />
Nous entrons dans ce mouvement par cette célébration de la Cène.<br />
Le contexte est dramatique&nbsp;: Jésus va être livré, demain il sera crucifié, samedi il descendra aux enfers.<br />
Et le geste qu’il accomplit manifeste jusqu’où il nous aime&nbsp;: le Maître se fait le serviteur, il se met à genoux et lave les pieds des apôtres.<br />
A la suite de ce geste, nous allons commémorer la dernière Cène, le repas pascal, la première eucharistie&nbsp;; le sens est le même&nbsp;: Jésus s’offre, Jésus se donne&nbsp;: «&nbsp;ayant aimé les siens qui étaient dans&nbsp;le monde, il les aima jusqu’au bout.&nbsp;»</p>

<p>La question que je veux me poser avec vous est celle-ci&nbsp;: En quoi ce que vit Jésus est-il un sacrifice&nbsp;? On parle en effet du saint sacrifice de l’eucharistie.<br />
Ou encore, peut-on dire que Jésus se sacrifie&nbsp;?<br />
En fait, il s’agit de comprendre le sens chrétien de ce mot. En effet, la Bible, la foi, souvent, donnent des sens nouveaux aux mots de notre vocabulaire&nbsp;; ne pas saisir ce sens, biblique, chrétien, c’est risquer de mal comprendre et de mal vivre notre foi.<br />
Alors, quel est donc le sens du sacrifice de Jésus&nbsp;?</p>

<p>Pensons-nous que Dieu, le Père, aurait voulu la mort de son Fils&nbsp;?<br />
Je sais que cette représentation peut habiter des esprits.<br />
On se souvient de quelques-uns des mots du chant «&nbsp;Minuit Chrétiens&nbsp;»&nbsp;: Jésus est venu «&nbsp;apaiser le courroux de son Père&nbsp;».<br />
Un tel Dieu, qui semble vouloir la souffrance, qui semble aimer la souffrance, peut-il susciter notre foi&nbsp;?&nbsp;Peut-on aimer un Dieu qui exigerait la souffrance, la mort&nbsp;? Qui aurait besoin d’être apaisé par cela&nbsp;?&nbsp;Surtout, ce Dieu-là est-il celui que nous révèle la Bible&nbsp;? Toute théologie, pour être chrétienne, ne doit pas s’attacher à chercher Dieu en lui-même, mais doit se poser cette question : «&nbsp;Quel est le Dieu que nous découvrons en Jésus Christ ?&nbsp;»</p>

<p>Avant tout, ce qu’il faut souligner, c’est que la mort de Jésus est l’aboutissement de toute une vie de fidélité : il est fidèle à Dieu, même lorsque Dieu semble se dérober, même lorsque Dieu se tait.<br />
Il est fidèle à ses disciples, même lorsque ceux-ci, par peur, se détournent, le renient.&nbsp;Le sacrifice de Jésus, c’est le sacrifice de sa vie donnée jusqu’à la mort éprouvée dans le silence de Dieu.&nbsp;<br />
Jésus est fidèle, et il nous aide à comprendre que Dieu, le Père, son Père, notre Père, est fidèle, même lorsque nous ne percevons plus aucun signe de sa présence.</p>

<p>Pourtant, Dieu ne se tait pas, Dieu ne nous abandonne pas, mais, pour Jésus comme pour nous, combien de moments où nous nous sentons seul, sans aucune aide, sans aucun signe de Dieu.<br />
Dans ces moments, c’est la croix qui éclaire toute la vie de Jésus, jusqu’au refus des tentations.<br />
Il refuse de renier Dieu&nbsp;; Jésus sait que le Père l’aime, jusqu’au bout, ne l’abandonne pas.</p>

<p>Et puis, Jésus instaure un nouveau régime cultuel. C’est bien ce que les grands-prêtres de Jérusalem vont lui reprocher.<br />
Il n’est plus besoin d’offrir des sacrifices d’animaux dans le Temple pour plaire à Dieu.&nbsp;<br />
Rappelez-vous ces paroles à la femme de Samarie&nbsp;: «&nbsp;Femme, crois-moi – dit Jésus –,&nbsp;l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père.&nbsp;»</p>

<p>Le vrai sacrifice, ce n’est plus celui d’animaux&nbsp;; ce sont encore moins des sacrifices humains.<br />
Le vrai sacrifice c’est celui de toute l’existence, et celui de la foi donnée, à la suite de Jésus Christ lui-même.<br />
C’est là le «&nbsp;sacrifice de louange&nbsp;» à offrir à Dieu en Jésus Christ : le vrai sacrifice, c’est la foi au Christ ainsi que l’amour pour le prochain qui se manifeste dans la bienfaisance et dans l’entraide.<br />
Ce sont encore ces paroles adressées à la Samaritaine&nbsp;: «&nbsp;L’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité&nbsp;: tels sont les adorateurs que recherche le Père.&nbsp;»</p>

<p>Pour le christianisme, le centre de la pratique religieuse c’est la pratique morale au cœur du profane et non plus les rites. Ou plutôt les rites sont vrais lorsqu’ils conduisent à la pratique de la charité fraternelle.&nbsp;</p>

<p>La liturgie de ce soir le manifeste ô combien&nbsp;: alors que nous commémorons la dernière Cène, nous renouvelons le geste que Jésus accomplit et nous donne en exemple, celui du lavement des pieds, le geste par excellence de la charité fraternelle.<br />
Les mêmes mains qui tiennent ce qu’il y a de plus sacré, le corps et le sang du Christ ressuscité, sont les mêmes mains qui touchent et qui nettoient des pieds.<br />
La vénération que nous avons pour l’eucharistie doit conduire à vénérer les pieds, la vie, de chaque être humain.<br />
Par ce geste, Jésus ne privilégie quiconque, il lave les pieds de ceux qui sont présents, justes et pécheurs, pécheurs assurément comme le comprend bien saint Pierre.<br />
Jésus ne choisit ni les personnes, ni les pieds si j’ose dire, mais il se tourne vers chacun&nbsp;; chacun ayant même droit, même dignité à être aimé, à être servi.</p>

<p>Jésus a supprimé le sacrifice, mais il a laissé un rite en mémorial de lui, un rite que les chrétiens ont compris comme un sacrifice, l’eucharistie.<br />
Dans l’eucharistie, il y a bien une dimension d’oblation, c’est le don ou l’offrande du pain et du vin.<br />
Nous offrons à Dieu, nous rapportons à Dieu, le pain et le vin qui représentent, en quelque sorte, toute la création, fruits de la terre et de la vigne, fruits du travail de l’homme.<br />
Le pain, le vin, la terre, nos vies, ne sont pas détruits dans le sacrifice&nbsp;; ils sont rapportés à Dieu, lui sont donnés, offerts.<br />
C’est cela le sacrifice qui plaît à Dieu&nbsp;; jamais la destruction, mais le don, joyeux, généreux.<br />
Encore&nbsp;une fois, quel Dieu voudrait détruire la vie qu’il a créée&nbsp;?<br />
De plus, offrir le monde, offrir nos vies, manifeste que nos vies, même blessées par le péché, plaisent à Dieu&nbsp;; il les accueille, il leur donne miséricorde et amour, tout comme Jésus lave les pieds de pécheurs.</p>

<p>L’être humain se reconnaît dans sa grandeur, il a capacité à offrir, et dans sa vérité, il se reçoit et il reçoit d’un Autre.<br />
En offrant, en mangeant et en buvant, les êtres humains et l’Eglise se dessaisissent d’eux-mêmes, ils reconnaissent se recevoir d’un Autre, de Dieu.<br />
Pour nous, il ne s’agit pas de nous sacrifier, au sens de nous anéantir, mais de reconnaître que tout ce que nous sommes nous est donné, et alors de le donner à Dieu et aux autres, non par la destruction mais par le don.<br />
Voilà bien le sacrifice chrétien&nbsp;: donner et non pas détruire.</p>

<p>Le Christ a vécu sa vie comme un sacrifice, selon le sens renouvelé qu’il lui donne : l’offrande à son Père, par la foi et par le don.<br />
Dans l’eucharistie, l’Eglise devient à son tour une victime sacrificielle : elle rapporte le monde à Dieu, elle se donne à Dieu, pour mieux se recevoir de lui.<br />
C’est bien ce que nous célébrons ce soir et que nous allons vivre pendant le triduum pascal&nbsp;: je donne tout ce que je suis à Dieu, parce que je sais que Dieu ne retire rien, il donne, et il donne infiniment au-delà de ce que nous offrons&nbsp;: au matin de Pâques, c’est la vie éternelle qu’il nous donne en Jésus, le Ressuscité.</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Isabelle Téqui</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    
      <dc:subject>actualité</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>Homélies</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>RSS</dc:subject>
    
    <dc:date>2025-04-18T08:34:37Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-des-rameaux-et-de-la-passion-2025">
    <title>Homélie des Rameaux et de la Passion 2025</title>
    <link>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-des-rameaux-et-de-la-passion-2025</link>
    <description>
        Mgr Pascal Wintzer - 13 avril 2025, à Villeneuve-l'Archevêque
    </description>
    <image:item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-des-rameaux-et-de-la-passion-2025/image_thumb">
        <dc:title>Homélie des Rameaux et de la Passion 2025</dc:title>
        <url>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-des-rameaux-et-de-la-passion-2025/image_thumb</url>
    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<p>Nous entrons dans la Semaine Sainte, ce temps privilégié de notre vie de chrétiens.<br />
C’est vrai, nos autres activités vont se poursuivre, mais, je le souhaite, nous donnerons plus de temps à prier ensemble, à nous retrouver pour la liturgie.</p>

<p>Ce dimanche, je suis toujours frappé par le grand contraste, même la contradiction que nous fait vivre cette messe.<br />
Nous commençons dans l’allégresse, nous acclamons Jésus avec les foules de Jérusalem, et, une fois entrés dans l’église, nous lisons la Passion et aussi des textes qui parlent de rejet, de souffrance, de mort… Vous avez entendu le prophète Isaïe.<br />
D’ailleurs, c’est sans doute moins le cas maintenant, mais dans le passé, certains choisissaient de ne pas vivre ce contraste&nbsp;: on venait pour faire bénir le buis, et sitôt cela fait, on repartait chez soi, sans participer à la messe.<br />
Pourtant, même avec le geste du buis, on ne pouvait échapper à la mort, puisqu’il est de tradition de le déposer sur les tombes, lieux de la mort, mais aussi d’une espérance avec cette branche aux feuilles toujours vertes.</p>

<p>Oui, contraste et même contradiction, dans les gestes, dans la liturgie,&nbsp;et surtout chez les foules qui, en quelques jours, quelques heures, passent des acclamations aux cris de haine&nbsp;: “En croix&nbsp;! En croix&nbsp;!”<br />
Ceci peut conduire à ne pas tenir en haute estime les êtres humains.<br />
Aucune persévérance, aucune fidélité&nbsp;; capables de changer d’opinion en quelques heures.<br />
Il me semble qu’il y a là le grand danger qui nous guette tous, non pas celui de la versatilité, du “retournement de veste” pour le dire autrement, mais le danger de ne plus avoir aucune estime pour les êtres humains, comme aussi pour nous-même.<br />
“Voyez de quoi ils sont capables&nbsp;!”</p>

<p>On acclame Jésus, puis on le conduit à la mort.<br />
Tentation douloureuse, tentation qui vient du dépit, des espoirs déçus.<br />
Reconnaissons que nous pouvons tous connaître cela.<br />
Il y a là un poison qui s’instille lentement, mais un poison ô combien destructeur.<br />
Il détruit tout, l’estime de soi, mais aussi toute capacité à accorder sa confiance… S’il ou si elle est capable de tellement changer, de se renier, qui peut-on croire&nbsp;?<br />
Et cela touche aussi nos relations en Eglise.</p>

<p>Vous le savez bien, ma présence parmi vous est exceptionnelle, vous en savez la cause, la décision que j’ai prise au sujet du prêtre de votre paroisse, et de ce que j’ai appris à son sujet.<br />
Le mal, la déception, les regrets, le déni aussi, se nourrissent eux-mêmes.<br />
Dire ce qui ne va&nbsp;pas est nécessaire, mais, en tout cas dans un premier temps, cela développe la souffrance, les accusations, les divisions.<br />
Il faut en avoir conscience, aussi pour ne pas se laisser se développer ces poisons en nous et autour de nous.<br />
Il ne faut pas se répandre en accusations infondées.<br />
Oui, les êtres humains ont le cœur parfois malade, et nous sommes tous de ces êtres humains.<br />
Ne pensons pas que les foules de Jérusalem étaient pires que nous, plus coupables, ou moins innocentes.<br />
Alors… Y&nbsp;a-t-il quelque chose à espérer, à attendre, des hommes et des femmes&nbsp;? D’hier et d’aujourd’hui ?</p>

<p>Jésus n’aurait-il pas pu être traversé par ces mêmes questions&nbsp;? Connaître aussi cette même tentation de douter de la nature humaine&nbsp;?<br />
L’Evangile nous dit qu’il a été tenté&nbsp;; nous l’avons entendu le premier dimanche de Carême.<br />
Mais, à chaque fois, il s’est tourné vers son Père.<br />
Il nous montre que succomber à la tentation, en particulier celle de désespérer des autres, voire de soi-même, détruit tout.<br />
Combien de raisons avait-il pourtant… ainsi des foules de Jérusalem, mais aussi de ses plus proches&nbsp;: le récit de la Passion vient de nous rappeler les attitudes des Apôtres, dont celle de Pierre, lorsque Jésus est arrêté.</p>

<p>Pourtant, Jésus combat, Jésus refuse le piège de Satan, celui qui conduit à désespérer et de Dieu et des hommes.<br />
Il nous suffit d’entendre les paroles que Jésus prononce lorsqu’il est suspendu à la croix.<br />
Aucune condamnation, mais une prière, une intercession&nbsp;: “Père, pardonne-leur&nbsp;; ils ne savent pas ce qu’ils font”.<br />
De même pour l’un des malfaiteurs crucifiés avec lui&nbsp;: “Amen, je te le dis&nbsp;: aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis”.<br />
Et enfin, ce qu’il dit au Père, alors que la foule le pousse à se moquer&nbsp;: “Père, entre tes mains, je remets mon esprit”.<br />
Pour tenir de telles paroles, il faut, sans doute, d’une manière ou d’une autre, passer par la croix.<br />
Je veux dire qu’il faut faire taire toutes les pensées négatives qui peuvent nous assaillir.<br />
Car, oui, le mal existe bien.<br />
Le manque de courage aussi, les trahisons… Et je pourrais poursuivre la liste de ce dont nous pouvons tous nous rendre coupables d’une manière ou d’une autre.</p>

<p>Mais, Jésus, l’Evangile, toute la Bible nous appellent à résister à toutes les formes de désespérance, en soi-même, dans les autres.</p>

<p>Seigneur, aide-nous, aide-moi, à espérer, encore et encore, même en ceux qui me déçoivent.<br />
Aide-moi, aide-nous à nous tourner vers ton Père et notre Père, certains qu’il&nbsp;écoute, soutient, aime, sauve.<br />
Seigneur, aide-moi, aide-nous à laisser nos pensées négatives et désespérées mourir sur la croix pour que l’espérance soit plus vive en nous au matin de Pâques.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Isabelle Téqui</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    
      <dc:subject>actualité</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>Homélies</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>Semaine Sainte</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>RSS</dc:subject>
    
    <dc:date>2025-04-28T07:31:12Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-messe-douverture-de-lannee-jubilaire-2025">
    <title>Homélie de la messe d'ouverture de l'année jubilaire 2025</title>
    <link>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-messe-douverture-de-lannee-jubilaire-2025</link>
    <description>
        29 décembre 2024 - Sens - fête de la Sainte Famille
    </description>
    <image:item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-messe-douverture-de-lannee-jubilaire-2025/image_thumb">
        <dc:title>Homélie de la messe d'ouverture de l'année jubilaire 2025</dc:title>
        <url>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-messe-douverture-de-lannee-jubilaire-2025/image_thumb</url>
    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<p>Dans les diocèses du monde entier, l’ouverture de l’année jubilaire est célébrée aujourd’hui.<br />
Or, ce dimanche 29 décembre est aussi la fête de la Sainte Famille. Loin de placer devant nos yeux un modèle familial éthéré et inatteignable, la famille de Jésus, Marie et Joseph exprime la proximité de Dieu en son Fils, comme de Marie et de Joseph avec chacun de nous et nos familles. Il y est autant question de l’intimité d’une vie familiale que de la vocation commune de l’humanité et de l’Eglise&nbsp;: être une famille, devenir une famille, où chacune et chacun découvre sa place unique comme les liens qui tissent sa vie.</p>

<p>L’année jubilaire se conclura le dimanche 28 décembre 2025, aussi fête de la Sainte Famille.<br />
Puissent chacun des jours de cette année nous aider, tous, à grandir dans des relations plus cordiales, fraternelles, douces, respectueuses.<br />
En employant ces mots, je pense désigner ce qui nourrit nos espérances. Qui d’entre nous n’espère pas plus d’entente et de fraternité dans les familles et entre nous tous, comme aussi dans l’Église&nbsp;?</p>

<p>Or, tout ceci, fraternité, respect, amour, n’est pas donné de manière spontanée, cela se désire et cela se construit.<br />
L’Évangile vient de nous montrer qu’il en fut ainsi pour Marie et pour Joseph.<br />
D’ailleurs, c’est quelque chose qui pourrait nous étonner.<br />
Les Évangiles de l’enfance nous ont montré que, tant Marie que Joseph, ont bénéficié de messages de Dieu transmis par l’ange.<br />
Ils ont donc compris que l’enfant qui allait naître ne serait pas un enfant comme un autre. Il est Emmanuel – Dieu avec nous – il est le Messie, il est le Sauveur. Ils savent le lien unique de cet enfant avec Dieu.<br />
Or, on vient d’entendre ces paroles de Marie&nbsp;: “Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela&nbsp;? Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant&nbsp;!”</p>

<p>Il faut d’abord se garder de faire une lecture psychologique de l’Évangile.<br />
La Bible n’a pas d’abord été écrite comme un reportage ou comme un roman sentimental.<br />
La Bible se comprend en fonction de son projet&nbsp;: conduire à la foi, soutenir la foi, nous permettre de connaître Dieu.<br />
Et c’est bien cela dont il est question dans ce texte.<br />
Les paroles de Jésus, déjà à douze ans, âge auquel on devient adulte dans le peuple d’Israël, révèlent qui est Dieu&nbsp;: “Comment se fait-il que vous m’ayez cherché&nbsp;? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père&nbsp;?”</p>

<p>Oui, voilà qui est Dieu&nbsp;: il est le Père de Jésus, et l’Évangile montrera ensuite que Jésus nous le donne aussi pour notre Père.<br />
Le dessein de l’Evangile n’a que ce projet-là&nbsp;: nous révéler qui est Dieu et nous conduire à lui.<br />
Et de cela, c’est Jésus qui en est le chemin.</p>

<p>Oui, Joseph et Marie savaient cela, cependant, au risque de la psychologie, le texte nous montre qu’ils sont aussi des êtres humains et qu’il leur faut du temps pour accéder à ce que cela signifie, pour eux, et pour toute l’humanité.<br />
C’est une expérience courante dans les familles&nbsp;: le tempo de chacun de ses membres est spécifique.<br />
Lorsqu’un enfant annonce qu’il a rencontré quelqu’un, ou quelqu’une, voire qu’il veut entrer au séminaire ou dans la vie consacrée, il faut du temps aux parents pour accueillir et accepter ce choix – excepté si c’est le choix de maman ou de papa… c’est alors à l’enfant qu’il faut du temps pour accepter ce que ses parents décident pour lui… auquel cas j’espère que l’enfant saura refuser ce que d’autres, même ses parents, décident pour sa vie.</p>

<p>Bref, Marie et Joseph, comme tous les parents, doivent découvrir peu à peu la manière dont prend forme la personnalité et la mission de leur fils Jésus.<br />
Cela, ils le font de deux manières.<br />
D’abord en interrogeant&nbsp;: “Pourquoi nous as-tu fait cela&nbsp;?”<br />
D’aucune manière, poser des questions ce n’est manquer de foi.<br />
Les Evangiles et toute la Bible rapportent moulte questions adressées à Dieu, ou à Jésus.<br />
Ayons la simplicité d’accepter que nous ne comprenions pas le sens de tout ce qui arrive, dans le monde, dans nos vies. D’accepter que, parfois, des événements nous bousculent, voire nous scandalisent.<br />
L’acte de foi n’est jamais une abdication de la volonté et de l’intelligence.<br />
Tout au contraire, la foi appelle l’adhésion de l’une et de l’autre, intelligence et volonté, et cette adhésion peut demander du temps, comme demander beaucoup de questions.<br />
Cette année jubilaire, qui est aussi celle de l’anniversaire du concile de Nicée et de son symbole de foi, 325, peut être une belle occasion de nous interroger pour mieux comprendre les mots de la foi, de son symbole.<br />
En effet, poser une question, exprimer nos “pourquoi”, c’est nous donner la chance que le Seigneur nous réponde, qu’il nous éclaire, comme il le fait ici pour Joseph et pour Marie.</p>

<p>Et puis, au-delà des questions, il y a aussi cette autre attitude de Marie&nbsp;: "Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements.”<br />
Comme on le disait le matin de Noël, le silence, le recueillement, la prière nous permettent d’accéder au sens de la vie, au sens profond des événements.<br />
Et cela demande du temps, appelle la patience qui fait accueillir ce qui ne dépend pas entièrement de nous.</p>

<p>Par ces choses toutes simples, et pourtant pas toujours faciles à mettre en œuvre en une époque où nous voulons que tout aille vite, l’Evangile et ce qu’il rapporte de Marie et de Joseph, donnent des chemins pour une vie familiale plus sereine, plus belle.<br />
Avoir la simplicité de se parler, de s’interroger, et j’ajoute de s’écouter surtout&nbsp;: si la question importe, la réponse compte au moins tout autant.<br />
Et puis, accepter le temps, les rythmes différents&nbsp;; cultiver la vertu de la patience.<br />
L’année jubilaire qui commence aujourd’hui veut faire de tous des “pèlerins d’espérance”, je reprends les mots du pape François dans le texte qui présente le jubilé.<br />
Par ces deux mots, “pèlerins d’espérance”, le pape souligne que l’espérance n’est pas un état, mais plutôt un mouvement, un dynamisme, surtout qu’elle se découvre en marchant, ou bien encore en vivant.</p>

<p>C’est la raison pour laquelle, pendant une année jubilaire, il y a des marches, des processions, des pèlerinages, comme nous l’avons fait entre le carmel et la cathédrale.<br />
Nous marchons avec nos corps, mais nous marchons aussi dans nos esprits, dans nos cœurs.</p>

<p>Je le souligne, il s’agit bien de marcher, avec nos pieds, et nous savons que cela prend du temps.<br />
A nouveau cette vertu de la patience qui sait que les choses profondes ne se font pas à la vitesse du TGV.<br />
Mais, soyons-en certains, non pas au terme de la marche, mais à chaque pas de celle-ci, notre espérance sera soutenue, encouragée, nourrie, car, pour reprendre les paroles de l’apôtre Paul, “l’espérance ne déçoit pas”&nbsp;(Rm 5, 5).</p>

<p>Terminons ensemble en récitant la prière du Jubilé.</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Tiffany Gesquière</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    
      <dc:subject>Jubilé2025-témoignage</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>actualité</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>Homélies</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>RSS</dc:subject>
    
    <dc:date>2025-02-07T09:00:53Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-messe-du-jour-de-noel-2024">
    <title>Homélie de la messe du jour de Noël 2024</title>
    <link>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-messe-du-jour-de-noel-2024</link>
    <description>
        Mgr Pascal Wintzer - 25 décembre 2024 - Sens
    </description>
    <image:item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-messe-du-jour-de-noel-2024/image_thumb">
        <dc:title>Homélie de la messe du jour de Noël 2024</dc:title>
        <url>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-messe-du-jour-de-noel-2024/image_thumb</url>
    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<p>La nuit de Noël est marquée par la joie, une joie qui s’exprime même au ciel, avec le chant des anges.<br />
Au matin de Noël, la joie demeure bien sûr, mais ce qui caractérise ce moment, c’est plutôt le silence.<br />
C’est le silence très concret des rues, et même de nos églises. Nos assemblées sont plus calmes et clairsemées au matin de Noël.<br />
Je souligne cela, surtout pour ne pas opposer la nuit et le jour de Noël, opposer la joie et le silence.<br />
Nous avons besoin de l’une et de l’autre. Nous avons besoin à la fois de la fête et du recueillement.<br />
La liturgie de Noël exprime cela&nbsp;: il est bon de célébrer et la nuit et le jour, et ainsi de donner place à la fois aux chants et à la fois au silence.</p>

<p>Reconnaissons aussi que, pour certains, le silence est un vrai luxe.<br />
Certains vivent en permanence dans le bruit.<br />
Bien sûr, c’est exceptionnel, mais, à chaque fois que je me rends dans une prison, je suis frappé par les sons, les bruits, les cris.<br />
Il y a aussi certains environnements professionnels qui sont bruyants en permanence.<br />
On peut avoir tellement été habitué au bruit, que le silence peut devenir insupportable. Des personnes ont besoin d’avoir toujours des sons autour d’eux, voire des images&nbsp;: on porte alors des écouteurs et on a les yeux rivés sur un écran.</p>

<p>A contrario, il existe des personnes qui sont dans un perpétuel silence, des gens âgés, isolés, seuls, auxquels personne ne parle jamais.<br />
Pour ma part, vivant seul, je ne suis pas privé de silence, ce que j’apprécie&nbsp;; c’est plutôt lorsque je me trouve dans des environnements bruyants que cela me gêne.<br />
Bref, sans parole d’une part, et sans silence de l’autre, nos vies sont déficientes.</p>

<p>Au matin de Noël, nous célébrons la naissance de celui dont Jean l’Evangéliste affirme qu’il est “le Verbe”, “la Parole”.<br />
Dans le silence de la nuit, une parole retentit. Sans le silence, comment pourrions-nous l’entendre&nbsp;?<br />
Autant que cela nous est possible, sachons cultiver le silence, sachons supporter le silence.<br />
Résistons à un des diktats de notre époque&nbsp;: il faut que nous soyons tout le temps stimulés, par des sons, des images, des publicités, des choses, sinon, nous avons l’impression du vide. Jusqu’à dire que le silence serait réservé aux cimetières&nbsp;!</p>

<p>Tout être humain a besoin de rêver, de divaguer, d’imaginer, de laisser sa pensée vagabonder.<br />
Sans cela nous perdons l’habitude de penser par nous-même, tout nous vient de l’extérieur.<br />
Serions-nous incapables de créer, d’inventer&nbsp;?<br />
Parfois, j’ai entendu des personnes s’accuser de ne pas avoir été totalement présentes à la messe.<br />
Certes, leur corps est là, mais la pensée est ailleurs.<br />
A&nbsp;Noël, elle peut être occupée par le repas d’hier ou celui de tout à l’heure, par les cadeaux, que sais-je encore.</p>

<p>Est-ce si grave&nbsp;?<br />
Je ne connais aucun être humain dont l’esprit soit totalement mobilisé par ce qu’il vit et ce qu’il entend… surtout lorsqu’il s’agit d’une homélie… on en prend et on en laisse.<br />
Rien de bien grave.<br />
Surtout, c’est cela la richesse de l’esprit humain&nbsp;: être au croisement de bien des choses, d’ordres bien différents, repas, cadeaux, prière, que sais-je encore, et ainsi faire notre miel de tout cela.</p>

<p>Ce jour de Noël, nous fêtons l’incarnation du Fils de Dieu&nbsp;; nous croyons que le Fils éternel de Dieu s’est fait homme, il a pris chair.<br />
Comprenons ce que cela signifie&nbsp;: l’humanité, la chair, dans ce que cela a de plus concret, sont capables de Dieu. Il n’est pas besoin d’oublier ce qui fait notre humanité, ou de le combattre, pour rencontrer Dieu.<br />
Le Fils s’est fait homme en toutes choses, excepté une seule&nbsp;: le péché.<br />
Et le péché, c’est une seule chose, ce n’est ni le corps, ni l’esprit, ni rien de notre humanité, le péché c’est de se passer de Dieu, ou de penser que Dieu voudrait se passer de l’humanité.<br />
Non, Dieu nous aime et nous appelle à l’aimer.</p>

<p>Avons-nous bien entendu les paroles de l’évangéliste&nbsp;? «&nbsp;Rien de ce qui s’est fait, ne s’est fait sans lui.&nbsp;»<br />
Noël renouvelle notre espérance, en Dieu bien entendu, mais aussi en nous, en l’humanité.<br />
Nous la savons parfois capable du pire, mais croyons-la, sachons-la capable du meilleur.<br />
Capables du pire&nbsp;: «&nbsp;Les siens ne l’ont pas reçu.&nbsp;»<br />
Et capables du meilleur&nbsp;: «&nbsp;A tous ceux qui l’ont reçu, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu.&nbsp;»<br />
Plutôt que d’entendre dans ce verset une opposition entre les uns et les autres, entre les bons et les méchants, c’est chacun de nous qui est à la fois celui qui reçoit et celui qui refuse.<br />
Chaque année, célébrer Noël, c’est entendre l’appel à accepter d’être des enfants de Dieu, et c’est entendre Dieu nous dire que nous en sommes tous capables, que Dieu nous en rend tous capables.<br />
Espérer en Dieu, et aussi espérer en nous… nous le célébrons à quelques jours de l’entrée dans l’année jubilaire, une année tout entière placée sous le signe de l’espérance.</p>

<p>Le silence de ce matin de Noël est alors un double appel.<br />
D’abord l’appel à faire taire, ou à ne pas écouter tous les prophètes de malheur qui entretiennent le désespoir en l’humanité.<br />
Ils nous coupent les ailes, ils énervent la moindre énergie que nous pourrions avoir, laissant croire que rien ne peut être fait.<br />
Donc, ne pas les écouter.</p>

<p>Mais, au contraire, tendre l’oreille à toute parole, tout signe, qui apporte un quelconque encouragement.<br />
Tout ce qui s’apparente aux paroles du livre d’Isaïe, la première lecture de ce jour&nbsp;:<br />
“Écoutez la voix des guetteurs&nbsp;: ils élèvent la voix, tous ensemble ils crient de joie car, de leurs propres yeux, ils voient le Seigneur qui revient à Sion.”<br />
Le silence permet d’écouter&nbsp;; mais il s’agit aussi de voir.<br />
Ce n’est pas sans raison qu’au moment de Noël, le moment de l’année où le jour est le plus court, nous aimons décorer de lumières nos rues et nos maisons.<br />
Bien entendu, ce sont des signes, mais ils renvoient à la Lumière véritable&nbsp;:<br />
“Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde.”</p>

<p>Il y a nos mots, ils ouvrent le cœur à la Parole.<br />
Il y a nos lumières, nos guirlandes, elles ouvrent nos yeux à la Lumière.<br />
Pas les uns sans les autres.<br />
Oui, l’humanité, tout ce qui fait notre humanité, est le chemin vers Dieu.</p>

<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Tiffany Gesquière</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    
      <dc:subject>actualité</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>Homélies</dc:subject>
    
    <dc:date>2025-01-06T14:42:17Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>


  <item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-messe-de-la-nuit-de-noel">
    <title>Homélie de la messe de la Nuit de Noël</title>
    <link>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-messe-de-la-nuit-de-noel</link>
    <description>
        24 décembre 2024, à Auxerre
    </description>
    <image:item rdf:about="https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-messe-de-la-nuit-de-noel/image_thumb">
        <dc:title>Homélie de la messe de la Nuit de Noël</dc:title>
        <url>https://www.yonne.catholique.fr/actualites/diocese/homelie-de-la-messe-de-la-nuit-de-noel/image_thumb</url>
    </image:item>
    <content:encoded><![CDATA[<p>Au cœur de la nuit de Noël est annoncée une grande joie pour tout le peuple.<br />
N’ayons pas peur de cette joie, ne nous sentons pas coupables d’être joyeux.<br />
C’est vrai, nous savons que des choses vont mal&nbsp;; des personnes traversent des épreuves, des peuples sont en guerre ou connaissent de grandes souffrances, pour nous, Français, nous ne pouvons oublier Mayotte frappée par un cyclone exceptionnel.<br />
Même dans la nuit de Noël, ceci est présent à nos esprits.<br />
Mais ceci ne doit pas nous interdire la joie ou bien lui donner un goût amer.</p>

<p>Lorsque l’on connaît la joie, on ne retire rien aux autres, c’est même tout le contraire.<br />
Ceux qui vont mal, la joie n’est pas une insulte pour eux, elle fait du bien.<br />
On en a tous fait l’expérience, voir un sourire sur un visage nous apporte bien plus qu’une grimace ou une “face de carême”.<br />
Si cela ne va pas bien, pour certains d’entre nous, je souhaite que le sourire et la joie des autres les soutiennent, leur apportent un peu de force et d’entrain.<br />
La joie, ce n’est pas un égoïsme, c’est plutôt un signe de fraternité, une expression de la charité.</p>

<p>Je parle ici de la joie, un sentiment qui habite le cœur et qui éclaire le visage, le nôtre et celui des autres&nbsp;; je ne parle pas des raisons de la joie.<br />
Bien entendu, à Noël, pour les chrétiens, la raison de la joie, c’est une naissance, celle de Jésus, le Sauveur, le Fils de Dieu.<br />
C’est cette joie qui ravit Marie et Joseph, les bergers, et jusqu’aux anges du ciel.<br />
Tout le reste, la fête, les cadeaux, la nourriture sont des manières d’exprimer la joie de cette naissance.</p>

<p>Il est souvent facile d’opposer l’une aux autres, la naissance au milieu des animaux et toutes ces manières dont nous fêtons Noël, avec nos dépenses.<br />
Oui, on peut le faire… mais, nous ne sommes pas de purs esprits, nous ne sommes pas des anges&nbsp;: nous sommes des êtres humains et notre joie, elle passe aussi par des choses matérielles, depuis les lumières du sapin jusqu’à ce qu’il y a sur les tables du réveillon.<br />
Et tout cela, ce n’est pas un péché&nbsp;; quel mal y a-t-il à se faire du bien, et faire du bien aux autres&nbsp;?</p>

<p>Mais il faut dire cependant que ce qui procure de la joie, ce qui entretient la joie, peut être bien différent pour les uns et pour les autres.<br />
On a le droit de préférer autre chose à la nourriture.<br />
On a le droit de préférer le silence à la musique et aux chants.<br />
Et ceci, je veux le souligner, contre une joie trop programmée, trop organisée, qui laisserait entendre que sans cela, telle nourriture, tel cadeau, tel chant, la joie serait impossible.<br />
Soyons libres de certains diktats, qui, plutôt que de soutenir la joie pourraient conduire à nous en priver.</p>

<p>La joie n’est pas un produit, elle est un cadeau, elle est un don.<br />
Elle est un des dons de Dieu, de son Esprit-Saint&nbsp;; le prophète Isaïe vient de le dire&nbsp;: “Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse”.<br />
Et ce sont les paroles de l’ange de Bethléem&nbsp;: “Voici que je vous annonce une grande joie pour tout le peuple&nbsp;: Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur.”</p>

<p>Voilà quelque chose que l’on peut, que l’on doit demander dans notre prière&nbsp;: Seigneur, donne-nous la joie, donne-moi de la joie.<br />
Nous le savons, elle est une vraie force, elle est un dynamisme.<br />
La joie ne supprime pas les épreuves ou les combats de la vie, mais elle nous soutient pour les affronter, ne pas nous laisser écraser.<br />
On sait que les peuples qui ont connu des conditions d’existence très difficiles, des dictatures, ont développé un grand sens de l’humour.<br />
C’est aussi, pour eux, une manière de résister.<br />
En effet, les dictateurs n’ont aucun humour, une dictature se prend au sérieux, elle ne sait pas rire.</p>

<p>Beaucoup connaissent des blagues soviétiques&nbsp;; je peux donner un petit exemple, pour sourire&nbsp;:<br />
<em>Qu’est-ce qu’un quatuor à cordes soviétique&nbsp;?&nbsp;Un orchestre symphonique soviétique de retour d’une tournée à l’Ouest.<br />
Ou encore&nbsp;: La différence entre un rouble soviétique et un dollar&nbsp;? Un dollar.</em><br />
Le sourire, la joie, ce sont des outils de liberté, cela aide à ne pas être écrasé par les épreuves.<br />
N’ayons pas peur de rire et de sourire&nbsp;; cela nous fait du bien et cela fait du bien aux autres<em>.</em></p>

<p>Bien entendu la joie de Noël, ce ne sont pas que des blagues et des sourires, mais c’est aussi cela.<br />
Plus profondément, que serait une religion qui ne saurait pas se réjouir de ce que sont les autres, de ce que nous donne la vie&nbsp;?<br />
La foi devrait d’abord nous enseigner cela, non pas à critiquer, à dresser la liste de ce qui va mal, de ce que les autres font de mal, mais à nous réjouir des autres, de qui ils sont, de leurs choix.<br />
En disant cela, je me rends compte que c’est l’exact opposé de ce qui se passe sur ce que l’on appelle les “réseaux sociaux”.<br />
On y fait bien peu de compliments, on passe son temps à critiquer les autres.</p>

<p>Je disais qu’il faut avant tout rechercher ce qui nous fait du bien, et ce qui fait du bien aux autres… et je n’ai guère constaté que les réseaux sociaux produisaient ceci… je vous laisse conclure au sujet de leur usage.</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>La fête de Noël pourrait nous aider à, avant tout, savoir regarder ce qui est beau, ce qui est bon.<br />
Critiquer, dénoncer, non&nbsp;!<br />
Regarder ce qui va bien, ce n’est pas oublier le reste, mais permet que les gens et les choses aillent mieux.<br />
Les parents et les éducateurs le savent bien&nbsp;: un enfant, un jeune progresse plus par les encouragements que par les reproches.<br />
Pour le dire autrement, évitons l’ironie, qui consiste à se moquer des autres, et pratiquons l’humour, qui consiste à apprendre à rire de soi-même.<br />
Je parlais de l’humour soviétique… les jésuites le pratiquent aussi.<br />
Vous savez qu’ils sont la Compagnie de Jésus, et bien, à la crèche, il leur est donné de contempler quelle est cette compagnie de Jésus&nbsp;: un bœuf et un âne&nbsp;!</p>

<p>Oui, au-delà du sourire, c’est bien toute la création qui est éclairée par la naissance de Jésus&nbsp;: les êtres humains que nous sommes, mais aussi les animaux, les végétaux, la nature, et jusqu’au ciel, par le chant des anges.<br />
Oui, qu’il y ait beaucoup de joie en cette nuit de Noël.</p>

<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
    <dc:publisher>No publisher</dc:publisher>
    <dc:creator>Tiffany Gesquière</dc:creator>
    <dc:rights></dc:rights>
    
      <dc:subject>actualité</dc:subject>
    
    
      <dc:subject>Homélies</dc:subject>
    
    <dc:date>2025-01-06T14:12:33Z</dc:date>
    <dc:type>News Item</dc:type>
    
    
  </item>



</rdf:RDF>