Trésor d’art et de foi : la Sainte Famille de Courson-les-Carrières

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C’est un beau petit tableau que l’on peut admirer dans l’église St-Pierre de Courson ; placé au-dessus de l’ancien banc d’œuvre, il représente la Sainte-Famille, qui a été fêtée il y a peu de temps au calendrier liturgique, très exactement, et logiquement , au dimanche suivant Noël.

L’œuvre, anonyme, est de fort belle facture. C’est une peinture sur toile, datée du XVIIIe siècle, et très certainement inspirée, sinon copiée, d’un modèle italien, comme le suggère en particulier le traitement des visages. Celui de la Vierge est, de ce point de vue, exemplaire : carnation très pâle, mais pommettes et lèvres bien marquées de rouge, front dégagé, yeux fins, quasiment mi-clos, et surmontés de hauts sourcils.

La composition elle-même n’est pas sans intérêt. Légèrement décentrée à droite, se détachant sur les sombres tentures qui composent le fond, la scène principale réunit de façon frontale et selon un schéma triangulaire, l’Enfant Jésus, la Vierge et le jeune Jean le Baptiste. À gauche, Joseph, qui tourne le dos, comme exclu de la scène ou pour le moins marginalisé, semble s’en aller vers un fond paysager ouvert. Mais son visage tourné et le regard porté vers l’Enfant Dieu maintient quand même le lien avec le premier groupe.

Le jeu subtil des gestes, bras et mains, et des regards, traduit ici la relation intime qui unit la Mère et l’Enfant, mais aussi le cousin, Jean, qui apparaît logiquement dans une position légèrement inférieure à celle de Celui dont il sera le Prophète et le Précurseur.

Si Jésus donne une pomme à Jean, c’est bien vers celle que tend sa Mère que se porte son regard. Les cerises, au rouge vif, qu’offre Marie, peuvent, dans le langage symbolique de l’époque, annoncer par la couleur « sang » la Passion dont la Croix que tient Jean, discrètement figurée sur le fond noir, se fait écho. 


Patrice