Retour sur l'assemblée diocésaine du 1er décembre 2018

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L’Assemblée diocésaine a rassemblé, samedi 1er décembre 2018, les 180 acteurs de la mission de notre diocèse ayant répondu à l’invitation de Mgr Hervé Giraud. Cette troisième édition a permis de faire le point sur les visites pastorales et de s’interroger sur les moyens de poursuivre simplement et concrètement notre mission. Voici un compte-rendu de l’après midi et une résumé de l’intervention de Mgr Hervé Giraud.

La deuxième Assemblée diocésaine du 2 décembre 2017 sur les fraternités avait lancé leur mise en place progressive dans le diocèse. Quatre témoignages de catéchumènes et d’initiatives locales développées cette année (avec les sœurs de Cheny, paroisses du Christ Roi de Migennes et à Dannemoine, paroisse Saint-Robert en Tonnerrois) ont précédé l’exposé de Mgr Hervé Giraud.

Les initiatives locales

Témoignage de la Fraternité Onésime, de Cheny

Notre groupe a pris naissance en 2009 à l'initiative de sœur Henriette du Prieuré de Cheny. Elle souhaitait ardemment former un groupe biblique comprenant des jeunes. La proposition du service de formation du diocèse : lire ensemble l'Évangile de Luc, lui en a fourni l'occasion.

Sœur Henriette a pris son bâton de pèlerin et elle est venue faire cette proposition à chacun ; nous étions 6 au début (François, Pascale, Sandrine, Sandrine, Isabelle et Anne) mais elle souhaitait que le groupe s'étoffe et très vite 5 autres (Monik puis Brigitte, Elisabeth, Sylvie et enfin Brigitte) nous ont rejoints. Et deux nous ont quittés. Henriette est finalement partie en 2016, dans la Drôme, intégrer une autre communauté et nous avons été heureux que Francine, en arrivant au prieuré de Cheny, accepte de nous accompagner.

Ensemble nous avons lu l'Évangile de Luc en 2009 puis les Actes des Apôtres, des textes de Jean proposés pour la retraite de Carême en 2011, l'Évangile de Marc à partir du livret diocésain en 2012. Nous avons partagé sur le bien commun et sur la miséricorde. En 2015, nous avons lu l'encyclique Laudato Si et en 2016, nous avons fait une première approche des psaumes. En 2017, nous avons commencé de faire connaissance avec quelques femmes de la Bible (Sarah, Ruth, Déborah). Mais nous les avons laissées pour répondre à la proposition du Père Hervé Giraud, lire l'Évangile de Marc et devenir une fraternité.

D'autre part, des témoignages souvent très forts manifestant l'importance que les membres de notre fraternité accordent au service, se sont intercalés à nos lectures bibliques ; ces témoignages concernent la loi Leonetti et l'association JALMAV, l'expérience de plusieurs d'entre nous en tant qu'hospitaliers lors du pèlerinage diocésain à Lourdes, et pour d'autres, leur itinéraire de foi, leur engagement pour le bien commun, ou au sein d'APRI (Association pour la Promotion Rurale Internationale) et de la DCC (Délégation Catholique pour la Coopération)... Il y a un an, nous avons pris connaissance ensemble de la proposition diocésaine de former une fraternité et plusieurs d'entre nous ont participé à la rencontre de lancement du projet : “Tisser la Fraternité”. Les fiches ont été pour nous un réel soutien dans le déroulement de nos rencontres, en particulier la partie pour méditer, les questions nous ont incités à approfondir notre relation à Dieu et aux autres, même si certaines sont restées sans trop de réponse orale car parfois les réponses nous semblaient relever de notre intimité (comme par exemple sur la fiche 9 : une seule chose te manque... viens et suis-moi ! Marc 13,24-32 : quels sont les manques essentiels que je peux identifier dans ma vie aujourd'hui ?). Nous avons aussi constaté que le temps de prière était un peu court. Par ailleurs, les membres de notre fraternité étant pour la plupart en activité, il a parfois été difficile à certains de faire la préparation du texte.

Les ateliers évangiles proposés pour se former ont été très appréciés par ceux qui les ont suivis. Malheureusement, l'heure n'était pas favorable pour ceux qui travaillent.

D'autre part, deux d'entre nous ont cherché un nom à notre fraternité et ont fait plusieurs propositions au groupe. À l'unanimité, nous avons choisi Onésime à cause de l'histoire de sa vie et du sens de son nom : esclave et païen au service du chrétien Philémon, Onésime (dont le nom signifie avantageux, utile, serviable) s'enfuit à Rome après avoir volé son maître. Il rencontre Paul qui le convertit et qui demande à Philémon de l'accueillir en frère bien-aimé. Onésime serait devenu évêque et mort martyre.

Un temps d'échange parfois long, au début ou à la fin des rencontres, a permis au groupe de tisser au fil des années, des liens profonds d'amitié ; il arrive que l'un ou l'autre nous présente un projet personnel (ainsi dernièrement, par l'une d'entre nous, la recherche d'un habitat collectif partagé) ; tout naturellement nous essayons aussi de nous soutenir quand l'un de nous rencontre et partage une grande difficulté dans sa propre vie (que ce soit en famille, dans son milieu professionnel, lors d'un deuil ou encore lors d'un problème matériel) ; et plus simplement nous sommes heureux de pouvoir échanger quand nous nous rencontrons par hasard ou à la sortie d'une messe ; depuis quelque temps nous terminons l'année par un repas champêtre. Cet été, nous avons inauguré les estivales d'Onésime : une fois par semaine, ceux qui étaient disponibles sont venus au prieuré faire un partage à partir des textes du dimanche suivant.

Bien sûr nous continuons nos rencontres et notre recherche spirituelle ; plusieurs ont répondu à l'invitation de Lectio Divina qui avait lieu à Joigny et portait sur trois textes de l'Évangile de Luc ; ils ont été ravis par cette méditation. Enfin, pour nous aider à animer notre fraternité, deux d'entre nous ont participé à la journée de formation au Puits d'hiver pour lancer cette nouvelle année : «choisir la Fraternité Aujourd'hui».

Témoignage de la fraternité de Dannemoine

Je suis de la paroisse Saint Robert du Tonnerrois. À la suite des ateliers de l’Évangile selon saint Marc présenté par le Père François Campagnac, une fraternité a été créée sur le secteur de Dannemoine. Une participante à cette rencontre a émis le souhait de poursuivre ce temps de réflexion autour de l’Évangile.

Le Père Bégin m’a demandé de répondre à la demande et de mettre en place une fraternité. J’ai contacté les membres de l’équipe liturgique et deux personnes du secteur. À ce jour, nous sommes 6 paroissiens retraités. Nous nous réunissons une fois par mois chez l’un ou l’autre, pendant une heure et demie, l’après-midi. La personne qui nous reçoit a prévu une bougie, une icone ou image religieuse, une bible.

Après un temps de salutations, nous procédons aux échanges des nouvelles du secteur. Puis, l’un d’entre nous lit l’Évangile. Nous échangeons sur le texte pour nous dire la phrase ou le mot qui nous interroge ou important pour nous. Puis nous poursuivons notre réflexion en faisant le lien avec le texte de l’Évangile et notre vie à l’aide des questions. Notre rencontre se termine par le temps de prière proposée sur la fiche, y compris le texte du Pape François.

Notre réflexion n’est partagée qu’au sein du groupe sans en relater à la communauté.
L’un d’entre nous ne comprend pas l’absence du prêtre pour ces rencontres.

L'intervention de Mgr Hervé Giraud

Après être revenu sur la raison d’être de cette Assemblée diocésaine en rappelant que ”pour gouverner un diocèse un évêque a non seulement des conseils, en commençant par le conseil presbytéral et le conseil diocésain aux affaires économiques, mais aussi deux leviers principaux : les visites pastorales et le synode”, Mgr Hervé Giraud a rappelé en quelques mots, le contexte mondial, national et ce qui concerne plus directement l’Église catholique.

Ces visites permettent de dégager trois thématiques : territoires, gouvernance, pôles. Pour chacun de ces axes, Mgr Hervé Giraud a partagé sa ou ses convictions.

Ses visites pastorales ont permis à Mgr Hervé Giraud de développer d’autres points de réflexions : sur la vie consacrée, les initiatives de solidarité, des insuffisances ou des manques constatés

L’ignorance concernant la Parole de Dieu l’a également interpellé. Sa conviction est qu’il faut servir la Parole et que seule l’écoute de la Parole, en solitude, en communauté ou en Fraternité, rend apte à l’acte de foi quotidien qui fait devenir chrétiens.
Mgr Hervé Giraud a conclu son intervention par deux interrogations majeures :

  • Voulons-nous des paroisses fonctionnelles, c’est-à-dire prestataires de services, ou des paroisses vocationnelles qui permettraient à tout homme, toute femme, jeune ou adulte de venir frapper à la porte, parler, se sentir comme chez lui… pour grandir, retrouver la vie, un salut ?

 

  • Et peut-être la plus essentielle et qui le taraude à chaque visite pastorale : qu’en est-il vraiment de notre relation personnelle au Christ… ? Car c’est bien de Lui dont il s’agit. Un prêtre disait lors de la retraite spirituelle : “On ne sert pas une structure”. Non, effectivement, nous servons le Christ ! Et son ordre est clair : “Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde.” (Mt 28,19-20). Si nous voulons relancer la mission… simplement, c’est bien Jésus le Christ qu’il faut imiter avec la délicatesse pastorale, la bienveillance fraternelle, la proximité missionnaire.

L’après-midi s’est poursuivi avec l’intervention de M. Benoît Birsky (Préfecture de l’Yonne) sur les moyens mis en œuvre par l’administration départementale pour gérer les enjeux de proximité et notamment les intercommunalités.

Puis, c’est en petits groupes que les participants se sont retrouvés pour réfléchir concrètement sur les moyens à mettre en place, ou à développer, dans notre diocèse pour poursuivre la mission de notre Église diocésaine et “relancer la mission”.

L’Assemblée diocésaine s’est achevée par la célébration des vêpres à l’abbaye Saint-Germain, avec une ultime démarche de pèlerinage au tombeau de saint Germain pour conclure cette année jubilaire des 1 600 ans de son élection au siège épiscopal d’Auxerre.

 

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