Sur cette œuvre on voit Jésus qui marche en portant sa croix, et il est suivi par saint François qui, lui aussi, marche en portant une croix sur ses épaules.
Bien sûr, ceci exprime la dernière parole de l’Evangile que l’on vient d’entendre : « Mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger. »
Et puis, c’est ce qu’a vécu saint François dans sa chair, avec les stigmates.
Au-delà de saint François, telle est la vie du disciple : mettre ses pas dans ceux du Seigneur.
« Devenez mes disciples » dit encore l’Evangile, « car je suis doux et humble de cœur ». J’y entends ces mots : « Pax et bonum », le souhait des franciscains ; souhaiter, surtout s’engager pour la paix et le bien pour les autres et pour le monde.
De saint François, on peut dire qu’il est celui qui a le plus parfaitement suivi, et même imité le Seigneur.
J’évoquais cette fresque, les stigmates, mais tout dans sa vie est à l’image d’un Seigneur doux et humble.
Refusant les honneurs, les richesses, aussi d’être un prêtre ; il a accepté d’être diacre, sans doute parce que cela était nécessaire pour exercer une juridiction sur la communauté des Frères qui s’étaient mis à suivre ses pas.
Et toutes les manières par lesquelles on le désigne soulignent cela, doux et humble : le poverello, et « frères mineurs », qui désignera les franciscains.
Bien des événements de sa vie soulignent qu’il a pris l’Evangile à la lettre. Les lectures bibliques de sa fête donnent écho à cela.
Ben Sirac rapporte que « le grand prêtre Simon répara la Maison de Dieu et consolida le sanctuaire ».
Quand François entend la Seigneur, à Saint Damien, l’appeler à réparer son Eglise, François relève très matériellement les murs de cette église.
Bien entendu, son œuvre fut de restaurer l’Eglise avec un grand « E ».
Une statue exprime cela à Rome.
C’est devant la basilique Saint Jean de Latran, François qui a les bras levés et, lorsqu’on se place derrière la statue, la perspective le fait voir comme soutenant la cathédrale du pape.
Cela reprend la fresque de Giotto qui représente la songe du pape Innocent III.
Peut-être faut-il, pour nous, entendre un appel à lier le souci de l’Eglise au souci des églises, un lien entre le matériel et le spirituel.
Saint François était aussi prophète, par bien des aspects de sa vie.
Pour montrer qu’il épouse Dame pauvreté, qu’il confie sa vie à l’Eglise, il retire, devant son père, tous ses vêtements, et c’est l’évêque d’Assise qui, alors, couvre son corps.
Là encore, le geste concret exprime l’offrande spirituelle.
A contrario, nous pouvons entendre cette mise en garde de l’Evangile : « ils disent et ne font pas ».
Toute la vie de François est parsemée de ces gestes prophétiques.
N’est-ce pas par eux que François répare l’Eglise du Seigneur ? Et qu’il nous appelle à faire de même ?
Ainsi que le diront les Réformateurs quelques siècles plus tard, et c’est une parole que reprendra le concile Vatican II : « Ecclesia semper reformanda » : « l’Eglise est toujours en état de réforme ».
Nous confessons que l’Eglise est sainte, non pas sainte de nature, mais sainte à la mesure où elle se laisse réformer sans cesse par l’Esprit Saint.
A quelques pas d’ici, La Cordelle achève des travaux importants ; il faut les recevoir comme un appel à ce que ces mêmes travaux soient vécus dans nos cœurs à chacun, aussi dans les relations entre nous, dans notre service du monde.
Si François d’Assise demeure si présent aujourd’hui c’est parce bien de ses gestes et de ses paroles résonnent avec une étonnante actualité.
Faut-il s’en étonner ? Il a cherché à suivre le Christ, à laisser l’Evangile dans sa vie. L’actualité de François, c’est l’actualité de l’Evangile.
Plus près de nous, le pape François a voulu poursuivre ce chemin.
Il a sans cesse plaidé pour une Eglise pauvre pour le service des pauvres.
Il a répété à l’envi que « tout est lié ».
Le pauvre d’Assise était habité par cela, l’unité de toute la création, la dignité de chacun des éléments du vivant, avec les animaux en particulier.
Pensons au loup de Gubbio, au sermon aux oiseaux, aux roses qui conservent leur parfum et leurs couleurs, mais perdent leurs épines lorsque François s’y jette.
Notre époque, par les hybridations, a créé des roses sans épines, mais elles n’ont souvent aucun parfum ; surtout, elles laissent pensée que comme des roses sans épines, la vie pourrait être sans épreuve et sans combat.
Nous n’avons pas cette même délicatesse qui habitait saint François ; nous peinons à saisir la dignité de toute chose.
Pour nous, plutôt que d’agir avec désintérêt, dans la gratuité, il faut souvent que nous soyons devant une contrainte pour que, d’abord, on s’interroge sur le bien-fondé de tel ou tel de nos comportements.
Et puis, le plus souvent, on va en rester là ; changer de comportement, c’est une tout autre affaire.
Même si le climat demeure bouleversé, ce début d’automne, les chaleurs de l’été sont déjà bien loin, dans nos esprits, et on parle plutôt de baisser le coût de l’essence que d’interroger notre dépendance aux énergies fossiles et au mode de vie de nos sociétés.
Se convertir est exigeant, difficile, douloureux souvent. Soutenir des politiques de transition des modes de vie est pareillement exigeant.
Il ne s’agit pas de se satisfaire d’un discours d’alerte ou de dénonciation.
La conversion intérieure, la transition dans nos modes de vie, doivent être encouragées, accompagnées, financées même, avant tout pour les plus pauvres.
Les choses ne viendront pas d’elles-mêmes.
« Tout est lié » ; la création et le monde sont une unité ; l’enjeu et les choix sont mondiaux ; les choix ne peuvent seulement être individuels, même si chacun de nous y porte sa part.
Comme l’Eglise est sans cesse en état de réforme, le monde, la vie doivent l’être ; on peut entendre cela dans les propos de l’apôtre Paul dans la lettre aux Galates : « Ce qui compte, c’est d’être une création nouvelle ».
Si François peut porter une croix, comme le montre cette fresque que j’évoquais en commençant, c’est parce qu’un autre, avant lui, avec lui, la porte.
« Prenez sur vous mon joux, devenez mes disciples ».Suivons le Christ en portant le poids qui nous revient, mais suivons avant tout le Christ en aidant d’autres que nous à porter leur joux, tout comme en acceptant de nous faire aider lorsque notre propre joux devient trop lourd.
Dans le cadre de sa fonction, le Secrétaire - Comptable :
Candidature
Envoyez votre CV, une lettre de motivation à direction@basiliquedevezelay.org
]]>
M. Hubert Bourgoin, diacre, est décédé dans sa 82e anée.
La céméronie aura lieu le jeudi 8 octobre 2026, à 10h30, en l'église de Saint-Martin-des-Champs.
Nous le confions au Seigneur.
]]>En septembre 2021, le chanoine Hugues Guinot proposait le premier “Lexique chrétien”, que nous retrouvons, depuis, chaque mois dans la revue diocésaine.
Qu’il soit remercié de cette enrichissante fidélité !
Vous souhaitez un éclaircissement sur un terme particulier ou vous souhaitez lui suggérer un thème ?
Envoyez votre message à communication@diocese89.fr nous lui transmettrons !
]]>
Sous l’autorité du Délégué épiscopal, vous participez à la mise en œuvre des orientations pastorales diocésaines relatives à l’annonce de la foi et assurez plus particulièrement la coordination de la catéchèse de l’enfance.
Vous souhaitez servir la mission de l’Église et contribuer à l’annonce de l’Évangile.
Vous disposez d’une expérience pastorale, catéchétique ou éducative et d’une bonne connaissance de la foi chrétienne, de l’initiation chrétienne et du fonctionnement de l’Église.
Une formation théologique ou catéchétique (ISPC ou équivalent) est souhaitée, ou la volonté de suivre une telle formation.
Qualités attendues : écoute, accompagnement, capacité d’animation, sens de l’organisation, travail en équipe et maîtrise des outils bureautiques.
CDI à temps plein – Laïc en mission ecclésiale (LEME) contrat de 3 ans renouvelable.
Poste basé à Auxerre, avec déplacements fréquents dans le diocèse.
Disponibilité ponctuelle en soirée ou le week-end.
Permis B indispensable.
Rémunération : 1 966,55 € brut/mois, conformément à la convention collective applicable (indice 185 – valeur du point 10,63 €).
Organisation du temps de travail au forfait jours.
Mutuelle, prévoyance et chèques-vacances.
Adresser CV et lettre de motivation manuscrite à l’Économe diocésain : econome@diocese89.fr
Candidature avant le 15 octobre 2026 – embauche le 1er novembre 2026
]]>
Frère François Marchal est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi, le 10 septembre 2026 à l’hôpital d’Auxerre à l’âge de 93 ans.
La célébration religieuse aura lieu le jeudi 17 septembre 2026 à 10h en l'église de Brienon Sur Armançon.
L’inhumation aura lieu le jeudi 17 septembre 2026 à 15h30 au cimetière de La Houssaye en Brie.
]]>La vie est faite de rencontres !
Il en est de même dans la vie chrétienne. Nous rencontrons le Christ dans la prière, dans sa Parole, dans les sacrements mais aussi dans les visages de ceux que Dieu place sur notre route.
Un diocèse, une paroisse ne sont véritablement vivants que lorsqu’ils deviennent des lieux où l’on se rencontre, où l’on prend le temps de se connaître, de s’écouter, de se soutenir et de partager la joie de croire. La foi chrétienne n’est pas une idée quelconque : elle est une rencontre avec une personne, le Christ Ressuscité !
Dans notre monde où beaucoup souffrent de solitude, la rencontre est précieuse. Un sourire, une parole bienveillante, une visite peuvent transformer une personne. Jésus lui-même n’a cessé de rencontrer des hommes et des femmes sur les chemins de Palestine : Zachée, Bartimée, la Samaritaine, les disciples d’Emmaüs, tant de personnes qui, après avoir rencontré le Christ ne sont plus reparties comme avant.
Le pèlerinage de Lourdes vécu dernièrement nous a permis de vivre cette grâce de la rencontre.
Rencontre avec le Christ source de toute consolation et d’espérance.
Rencontre avec Marie auprès de la grotte de Massabielle.
Rencontre avec les pèlerins venant déposer leurs joies, leurs souffrances.
Prochainement, nos paroisses auront leur(s) journée(s) de rentrée.
Une paroisse est une famille lorsqu’elle sait accueillir. Elle devient missionnaire lorsqu’à travers les rencontres, chacun peut pressentir quelque chose de la tendresse du Christ.
Certes, toute rencontre véritable demande du temps. C’est peut-être l’un des grands défis de notre époque. Nous avons beaucoup de moyens pour communiquer mais avons-nous encore suffisamment de temps pour nous rencontrer ? Le Christ nous invite à retrouver cette disponibilité du cœur.
Que cette nouvelle année pastorale soit une année de rencontre, de fraternité, de joie afin que par notre témoignage, nous puissions annoncer à tous que le Christ est vivant et qu’Il vient à la rencontre de chacun de nous.
Bonne rentrée ! Que le Seigneur bénisse notre diocèse, nos paroisses, nos mouvements et tous ceux qui, chaque jour, donnent de leur temps pour faire vivre l’Église.
La grâce de la rencontre, par l’abbé Thierry Debacker, vicaire général, p. 1
À vos agendas, pp. 28-29
J’ai admis comme candidat au ministère de diacre permanent, Patrick Cottin, résidant à Auxerre.
Il était accompagné de son épouse Emmanuelle et de plusieurs de leurs enfants et entouré de la fraternité diaconale.
A Auxerre, le 6 septembre 2026
+ Pascal Wintzer
Archevêque de Sens-Auxerre
]]>Elle a assuré pendant de nombreuses années le rôle de secrétaire paroissiale pour la paroisse Sainte-Alpais, et était très engagée dans l’accompagnement des familles en deuil.
“Nous garderons de toi le souvenir d’une femme généreuse, attentive aux autres, profondément attachée à sa foi, à notre communauté paroissiale.
Que le Seigneur que tu as servi avec tant de fidélité, t’accueille maintenant auprès de Lui et te donne cette paix que tu as contribué à transmettre à tant de familles”.
(extraits de l’hommage de Régine Mertzeisen)
Mme Liliane Catineau est décédée le 21 août 2026, à l’âge de 88 ans, à Sens. Les obsèques ont été célébrées à Saint-Julien-du-Sault le 27 août.
Elle était l’épouse de Fernand Catineau, premier diacre permanent du diocèse de Sens-Auxerre.
Nous les confions au Seigneur.
]]>
]]>
Dans le cadre de sa fonction, le Directeur des services :
Envoyez votre CV, une lettre de motivation manuscrite, et vos prétentions salariales, avant le 31 juillet 2026 à M. Vincent Dano econome@diocese89.fr
]]>La solennité de l’Assomption marque l’anniversaire de la consécration de la France a la Vierge Marie. Prions pour notre pays : que le voyage apostolique de Le on XIV en France et à l’Unesco du 25 au 28 septembre soit une source de grâces pour notre Église, pour tous les habitants de notre pays et même au-delà , et qu’il nous encourage à prendre notre part dans l’annonce joyeuse de l’Évangile, pour que le monde ait la vie. Par l’intercession de la Vierge Marie, prions le Seigneur.
Chers amis, chers frères et sœurs,
Dans quelques semaines, le pape Le on XIV sera en France, pour son premier voyage apostolique dans notre pays. Comme évêque de Rome, il vient pour nous confirmer dans la foi et nous encourager, avec une paternelle sollicitude, à témoigner de l’Évangile, à rester vigilants dans la prie re et à être des artisans d’unité et de dialogue, de justice et de paix, “pour que le monde ait la vie”.
Par-delà les de fis logistiques et les enjeux financiers, la venue du pape Le on XIV est donc d’abord un évènement spirituel. C’est pourquoi, dans la joie d’accueillir prochainement le Successeur de Pierre a Paris, à Saint-Denis, à Lourdes et à Metz, et d’e couter les paroles que le Seigneur lui confiera pour notre Église et tous les habitants de notre pays, les évêques de France nous invitent à prier a cette intention. Ils ont compose une prie re de die e, que nous pouvons re citer ensemble, en famille, en paroisse, en communauté , afin de nous rendre disponibles à l’œuvre de salut que l’Esprit Saint veut accomplir a la faveur de ce voyage apostolique.
La prière écrite pour la venue du pape peut être lue à la fin de la messe.
Voici la prière mise en page pour être facilement imprimée et distribuée en paroisse (planche au format A4 de cartes prières en format A5).
]]>
Retour sur le pèlerinage 2026
]]>
Sœur Thérèse-Paul Deregnaucourt, sœur des Campagnes, est décédée ce vendredi 24 juillet 2026, au Prieuré de Cheny (Yonne) entourée de ses Sœurs. Sa famille a pu venir lundi dernier. Elle avait 97 ans.
La célébration des funérailles aura lieu le jeudi 30 juillet 2026, à 10h00 à l’église de Cheny. Elle sera ensuite inhumée, au cimetière de Lumigny à 16h00.
Vous êtes invités à y participer ou à vous unir par la prière.
Ensemble, nous la confions au Seigneur.
]]>
Sœur Blanche Pagès, Sœur des Campagnes, est décédée ce jeudi 16 juillet 2026, à la résidence Saint Loup de Brienon (Yonne) où elle était depuis 10 ans. En mai dernier, plusieurs soeurs étaient auprès d’elle pour fêter ses 100 ans.
Ses obsèques ont été célébrées le vendredi 24 juillet 2026 à la chapelle des Soeurs de Lumigny (Seine-et-Marne).
Elle a ensuite été inhumée, au cimetière de Lumigny.
Ensemble, nous la confions au Seigneur.
]]>À toutes les personnes touchées par ces catastrophes et contraintes d’évacuer leur maison, à celles qui ont perdu leurs biens ou le fruit de leur travail, aux pompiers blessés, ainsi qu’aux familles de ceux qui ont offert leur vie, nous voulons exprimer notre proximité. Nous les assurons de notre prière.
Nous invitons les catholiques à prendre généreusement part aux élans de solidarité qui se mettent en place. Nous encourageons les paroisses à laisser leurs églises ouvertes, lorsque cela est possible : beaucoup offrent un refuge de fraîcheur au cœur de la chaleur estivale. Les salles paroissiales peuvent également devenir des lieux d’accueil pour les personnes déplacées, afin de leur offrir le repos, le réconfort et l’aide concrète dont elles ont besoin.
Nous savons que la canicule se poursuivra et que ces phénomènes climatiques extrêmes risquent de se répéter. C’est pourquoi, en cette période où beaucoup prennent quelques jours de repos, nous appelons aussi les communautés chrétiennes à ne pas oublier les personnes malades, âgées ou isolées, mais à redoubler d’attention à leur égard et à s’organiser, en paroisse, pour leur manifester une présence fraternelle et fidèle.
La fidélité à l’Évangile nous pousse à nous engager. Elle passe parfois par des gestes aussi simples qu’offrir un verre d’eau (Marc, 9, 41). Dans ces circonstances éprouvantes, demeurons attentifs les uns aux autres et ayons à cœur de témoigner de la charité du Christ pour tous.
Cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, président de la Conférence des évêques de France
Mgr Vincent Jordy, archevêque de Tours, vice-président de la Conférence des évêques de France
Mgr Benoît Bertrand, évêque de Pontoise, vice-président de la Conférence des évêques de France
Pour la fête d’un saint, les choses sont un peu différentes.
Bien entendu, je n’ai pas choisi les textes que nous venons d’entendre, mais ils l’ont été en fonction de la vie de saint Germain, de ce qui nous est proposé de vivre à son exemple.
Ainsi, le livre de Ben Sirac le Sage dresse un portrait qui est appliqué à saint Germain : « Si le Seigneur souverain le veut, il sera rempli de l’esprit d’intelligence, il répandra comme une ondée ses paroles de sagesse, et dans la prière il rendra grâce au Seigneur ».
Mais, toutes ces qualités, pour lesquelles nous rendons grâce à Dieu, la 2ème lecture nous dit qu’elles doivent être mises au service du Seigneur et de l’Eglise : « Que l’on nous regarde donc comme des auxiliaires du Christ et des intendants des mystères de Dieu ».
La Bible nous rappelle, à l’occasion de la fête de saint Germain, mais ce pourrait être le cas dans la vie de tous les saints et saintes, que toutes les qualités d’une personne sont pour le service des autres, et pour les chrétiens, pour le service de l’Evangile.
Quand on parle des évêques, même si les expressions sont moins courues aujourd’hui, l’habitude est de les appeler « Monseigneur », « Excellence » ; on les qualifie aussi de « princes de l’Eglise ».
Hier, ils habitaient des résidences s’apparentant à des palais. Ici, à l’Auxerre, ce palais est devenu l’actuelle préfecture.
C’est vrai, quand j’y entre, je trouve le lieu bien agréable, surtout, la galerie qui surplombe l’Yonne.
Mais… trêve de nostalgie, les mots que la Bible, pour parler d’un évêque, d’un responsable, vous venez de les entendre : « auxiliaires du Christ » et « intendants des mystères de Dieu ».
Ceci vient interroger un sentiment qui peut souvent occuper notre esprit, une attente qui souvent risque d’être déçue : la reconnaissance.
Pourtant, c’est vrai, tout être humain a besoin d’être reconnu, d’être respecté ; cela quel que soit notre âge.
Trop souvent, depuis trop longtemps, le mépris peut exister dans les relations humaines.
D’abord dans des événements historiques qui ont humilié des peuples, des cultures : le colonialisme, l’esclavage.
Et ceci peut aussi s’exprimer dans des relations plus intimes, en famille, au travail.
De telles attitudes sont à fuir, à combattre ; toute personne doit être regardée et traitée, avec respect, avec considération.
Il est légitime que chacun attende cela des autres.
Attendre de la reconnaissance est juste, légitime. En famille, dans la vie sociale, dans l’Eglise aussi.
Sans flagornerie, sans excès, nous devons être attentifs à exprimer respect, reconnaissance, gratitude, aux autres.
Et lorsqu’on nous manifeste cela, il faut l’accueillir avec simplicité.
Là où les choses dérapent, si j’ose dire, c’est lorsque nous parlons ou agissons pour susciter cela, de la reconnaissance, des félicitations.
C’est vrai, cette attitude peut venir d’un défaut de reconnaissance dans l’enfance, dans la jeunesse ; on se sent alors en insécurité, et on cherche à se rassurer ; sans doute faut-il faire un chemin de guérison intérieure, avoir recours à une aide psychologique.
Mais, en dehors de cela, il faut agir, parler en liberté, et non pour recueillir approbations ou encouragements.
Aujourd’hui, ce besoin de reconnaissance, qui n’est pas un mal en soit, nourrit les réseaux sociaux.
Chacun y raconte sa vie, exprime ses jugements, attendant approbation et encouragements ; le plus souvent, il n’y récolte que des pensées négatives.
En effet, sur les réseaux, ce qui est exacerbé, c’est la concurrence de tous contre chacun.
Selon cette logique, pour que quelqu’un, il faut que les autres existent moins.
Sur les réseaux on attend du sucre en récompense – oubliant les méfaits du sucre – et on récolte la morsure du piment.
La Bible vient mettre en cause notre besoin de…sucre, j’entends notre besoin de reconnaissance.
C’est le sens des paroles de saint Paul que nous venons d’entendre ; mais Jésus le dit tout aussi clairement dans l’Evangile.
« Quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné, dites : “Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir.” » (Luc 17, 10).
Auxiliaires, intendants, et ici, serviteurs.
Je souligne la traduction : elle parle de « simples serviteurs », une autre traduction, qui marque les esprits, parle de serviteurs « inutiles ». Mais, si on est inutile, à quoi sert sa vie ? Non, chaque être humain est utile, au monde, aux autres, à Dieu.
Utiles, nous le sommes tous, mais sans chercher à en tirer orgueil ; simplement, en ne gâchant pas les dons que le Seigneur nous faits.
Célébrer les saints et les saintes, et ce dimanche, saint Germain, c’est bien reconnaître l’utilité, le sens de sa vie.
Penser qu’il y aurait des serviteurs « inutiles », des personnes inutiles, est tout le contraire de l’Evangile, du respect dû à chacun, en particulier au plus petit.
Honorer les saints ne peut jamais conduire à négliger qui que ce soit, ou bien à penser qu’il y a ceux qui sont les premiers de cordée, d’une part, et de l’autre, ceux qui ne sont rien.
Pour le dire autrement, ceux qui ont le droit à une statue dans une église, et les autres.
Même si la plupart d’entre nous ne serons pas honorés comme l’est saint Germain, chacun compte pour Dieu, chacun a un destin unique, est utile, et reçoit la vocation de la sainteté. Le pape François aimait parler la « sainteté de la porte d’à côté ».
Et ce dimanche, il est juste de parler d’un prêtre « de la porte d’à côté », le Père Jacques Hamel.
Il y a 10 ans, il était assassiné par des terroristes islamistes alors qu’il célébrait la messe dans une église de la banlieue de Rouen avec une poignée de paroissiens.
Sans cet acte, personne ne connaîtrait son nom ; il était un prêtre humble, simple, il ne faisait que son devoir, annoncer l’Evangile, servir ses frères et sœurs.
Son assassinat dit la grandeur des simples et des humbles.
Telle est la sainteté à laquelle le Seigneur nous appelle.
La sainteté exceptionnelle de saint Germain, celle du Père Jacques Hamel, et notre vocation à la sainteté.
Prions et l’un et l’autre de nous soutenir dans notre réponse à l’appel du Seigneur.
En premier lieu, j’exprime ma vive et sincère gratitude pour les personnes qui se sont mobilisées pour m’accueillir, organiser les visites, les rencontres… me nourrir également. Ceci confirme ce que je sais : les paroisses, l’Evangile plus profondément, existent grâce au dévouement de fidèles qui donnent de leur temps, de leur compétence, de leur joie pour animer leur paroisse. Bien sûr, les prêtres et les diacres ont leur part, mais, qu’on le veuille ou non, les ministres ordonnés passent, comme moi-même ; la vie de tous les jours, la fidélité dans l’engagement, ce sont les fidèles qui l’incarnent et la portent. Ceci s’est ô combien confirmé dans les quelques paroisses qui ont vécu des événements douloureux, maladie d’un prêtre, suspens de tel ou tel… les paroisses ne se sont pas effondrées, elles ont su rebondir, et même gagner en vitalité. On aime parfois rapporter cette parole du curé d’Ars : « Laissez une paroisse vingt ans sans prêtre : on y adorera les bêtes ». J’aimerais élargir ce propos : sans rien retirer à la mission des prêtres – c’est l’engagement de ma vie – la foi des fidèles compte tout autant.
Je veux souligner que l’Evangile a besoin et des uns et des autres, ministres ordonnés et fidèles, chacun selon sa vocation et les missions qui en découlent. Mon souhait, ma prière, c’est que des femmes et des hommes, des jeunes, entendent la diversité des appels du Seigneur et répondent généreusement. En particulier pour être prêtres dans le diocèse (et ailleurs, ne soyons pas égoïstes). « Parle Seigneur, ton serviteur écoute ».
Quand un évêque effectue une visite pastorale, il rencontre les catholiques qui font vivre la paroisse, les fidèles qui participent aux liturgies ; il souhaite aussi mieux connaître ce qui fait la vie de la population de cette paroisse. En effet, l’Eglise n’existe pas pour elle-même mais pour proposer l’Evangile à tous. Il ne s’agit pas de verser dans le prosélytisme – l’acte de foi est libre, mais la vie chrétienne n’est pas « hors sol », elle est d’abord conduite par l’écoute de Dieu, et aussi par celle des réalités d’une commune, d’un territoire, de l’histoire locale ; d’où la rencontre des élus, d’entreprises, d’associations, d’activités culturelles, etc.
Les chrétiens s’intéressent aux personnes pour ce qu’elles sont, pour ce qu’est leur vie, et non d’abord pour ce qu’ils pourraient faire avec nous, voire pour nous.
Bien entendu, j’ai pu visiter un bon nombre des églises de chacune des paroisses. J’ai mesuré ce que je sais déjà, combien les églises comptent pour chacun, les catholiques bien entendu, mais au-delà, toute une population. Ceci m’a conduit à rédiger un texte qui fut publié dans la revue diocésaine « Eglise dans l’Yonne » (n°6 – juin 2026, pp. 12-13). Je le reproduis ici :
“Chérissons nos églises.
Dans quelques semaines, débuteront les vacances d’été, deux mois vécus selon un autre rythme, même si, assurément, personne n’est en vacances pendant deux mois.
Notre département compte quelques sites patrimoniaux et touristiques prestigieux ; juillet et août sont les moments où ils revêtent leurs plus beaux atours et proposent toutes sortes d’animations.
Mais, je voudrais plaider ici pour des lieux plus modestes, non gratifiés d’étoiles sur les guides touristiques ni de panneaux sur les autoroutes : nos églises.
Elles aussi, en cette période – mais aussi à d’autres moments de l’année – sont visitées, ne serait-ce que parce que, en voiture, à vélo, à pied, on passe à proximité et l’on s’y arrête.
Je rêve qu’elles aussi, ces petites églises, des villes, des bourgs et des villages, elles se montrent heureuses d’accueillir ceux qui aimeront y entrer.
N’y a-t-il absolument personne pour ouvrir et fermer leur porte ?
Et puis, si la porte est ouverte, surtout en grand – cela incite à en franchir le seuil, leur intérieur doit être « pomponné ».
Il y a des églises où, lorsqu’on y pénètre, on se demande si elles ont été ouvertes depuis vingt, trente, voire cinquante ans. On y trouve encore des affiches, du denier de l’Eglise, du Secours catholique, etc., qui datent… je n’ose en dire l’année.
Et quand vous voyez des chaises cassées dans un coin…
Mon propos ne vise à culpabiliser personne, mais, ne peut-on, de temps à autre, ne serait-ce qu’une fois par an, avant l’été, pour telle église, mobiliser une petite équipe qui nettoie, range… et jette ?
Je sais que, ici et là, des travaux importants sont à entreprendre par la commune propriétaire ; les choses viendront en leur temps. Mais, dès maintenant, un lieu propre, rangé, c’est un lieu qui est vivant. Mes visites pastorales me font visiter bien des églises ; plusieurs d’entre elles sont ainsi, même dans de très petites communes : c’est donc possible ! J’ai constaté la fierté des habitants, au-delà des seuls paroissiens, pour leur église.”
Pour ces premières visites pastorales, il m’a fallu choisir quelques paroisses. J’ai proposé des paroisses différentes, rurales, urbaines, dans différents endroits du département. J’ai cependant choisi de commencer par deux paroisses situées au nord de l’Yonne, sans doute plus éloignées géographiquement d’Auxerre où je réside. J’ai d’ailleurs noté que nombre de personnes pensaient que l’archevêque résidait à Sens. Or, il est à Auxerre depuis 1970 ! Dois-je tirer une conclusion de cela ? Pour beaucoup l’archevêque est une personne peu connue ; que l’on peut apercevoir dans telle liturgie, tel événement. De même, le diocèse est souvent, pour beaucoup, une réalité abstraite, lointaine. Ceci m’inspire deux réflexions.
D’abord il faut prendre acte de cela : l’Eglise est avant tout vécue en proximité, son village, son quartier, son église. Je veux encourager cela, non en affirmant que des prêtres pourraient être partout. Ce sont les fidèles qui sont là, qui y vivent, qui connaissent leurs voisins. C’est le motif pour lequel je souhaite que les finances, recettes, dépenses, soient gérées au plus près, dans chaque paroisse. Donner de l’argent au diocèse, cette réalité un peu abstraite et lointaine, est souvent peu pertinent ; il en va autrement lorsque l’on donne de l’argent à sa paroisse ; on la connaît, on connaît les personnes qui l’animent, on sait ses besoins ; d’où mon désir de rapprocher les finances, dont la collecte du denier, des paroisses.
Ensuite, c’est la mission des ministres ordonnés, aussi des laïcs en mission ecclésiale, des personnes qui reçoivent leur mission de l’archevêque, de mieux donner corps et présence au diocèse, à ce qu’il propose pour tous. Pour les prêtres et les diacres, c’est le sens de l’incardination : on est ordonné pour un diocèse, comme collaborateur de l’évêque, et non pour tel lieu, telle paroisse, telle mission précise. Par exemple, il faudrait que le doyenné soit le lieu de quelques propositions communes à l’ensemble des paroisses – je sais que c’est déjà le cas ici et là. Coopérations, projets spécifiques pour une catégorie de personnes (enfants, jeunes, etc.) formations. Il ne s’agit pas de se disperser mais d’unir des forces quand cela est nécessaire.
Il convient aussi que le diocèse propose des événements qui lui donnent corps, réalité. C’est ce qui sera proposé pendant la prochaine octave de Pâques, du lundi 29 mars au samedi 3 avril 2027, avec le point culminant du samedi 3 avril.
Cette visite pastorale est la première que j’effectue dans le diocèse, et dans une paroisse qui n’a pas gardé mémoire de la dernière visite pastorale ; mes prédécesseurs immédiats n’en ont pas effectué.
Je viens dans une paroisse ébranlée par la mise en cause de deux de ses anciens prêtres, reconnus coupables de faits de violence à l’encontre de mineurs. La révélation des faits, pour l’un de ces prêtres, est survenue quelques semaines avant ma visite.
La paroisse a aussi été marquée par des curés qui y sont restés plusieurs dizaines d’années, dotés de fortes personnalités.
Même si l’évêque ne fait que passer, s’il n’est pas impliqué comme le sont les paroissiens, il est du devoir du responsable d’être présent lui-même auprès de ceux qui vivent une épreuve. Certes, l’évêque ne dispose d’aucun pouvoir magique, il ne peut changer ce qui a été ; à tout le moins, il peut apporter un peu de soutien et de réconfort. Je suis aussi le témoin de l’ancrage des uns et des autres dans la force de l’Evangile ; même lorsque certains de ceux qui le servent ont commis des actes qui ne devraient pas être, la foi, le Seigneur, ont aidé à demeurer fidèles comme le Seigneur nous est fidèle.
La paroisse est constituée de dix-huit communes, avec chacune une église. Ces communes constituaient, avant l’actuelle paroisse, trois paroisses.
Les deux communes principales sont Chéroy et Saint-Valérien, de population égale, à huit kilomètres de distance l’une de l’autre, mais qui portent encore des années où ces deux paroisses se sont vécues comme antagonistes ; ceci est également vérifié au plan communal. On peut souligner qu’il est facile de s’entendre avec ceux qui nous sont très loin ; c’est toujours avec ses proches, voire son semblable que l’accord est plus compliqué.
Plusieurs fois il m’a été dit qu’il fallait respecter l’originalité de chacun de ces deux lieux. Cependant, si les catholiques ne sont pas capables de se montrer de l’estime… on manque à la mission, et on peut comprendre que ceux qui ne partagent pas cet impératif évangélique aient du mal à vivre l’entente.
La paroisse est voisine des deux départements de la Seine-et-Marne et du Loiret d’où viennent certains paroissiens ; elle est à égale distance de Sens, Nemours et Montereau.
Une partie notable de la population travaille en Île de France. Ceci explique l’arrivée d’une population plus jeune – le Nord de l’Yonne est la seule partie du département à gagner de la population – en partie d’origine étrangère, musulmane. Les maires sont attentifs aux enjeux de l’intégration entre les populations diverses. J’ai noté, comme ailleurs dans le diocèse, qu’il n’y avait pas de liens ordinaires entre les diverses religions.
C’est ma deuxième visite pastorale, fin novembre 2025, dans la partie rurale du Sénonais, aux limites de la Seine-et-Marne et, ici, de l’Aube.
La paroisse souffre d’un manque de conduite, de direction, depuis plusieurs années. A la différence de Sainte-Marie, ici, des prêtres se sont succédé sans demeurer très longtemps. Même si les gens se disent essoufflés, pour la vie paroissiale, ils tiennent bon, ils aiment leurs villages, leur paroisse, ils s’y donnent.
La paroisse rassemble les deux anciennes paroisses de Sergines et de Thorigny-sur-Oreuse, qui demeurent sans trop de relations entre elles. Beaucoup d’activités sont dédoublées entre ces deux pôles (catéchèse, équipes obsèques, archives). De même pour l’immobilier : des salles et presbytère à Thorigny, et l’achat récent d’une maison à Sergines.
La paroisse est constituée de villages dispersés, assez peu peuplés, sans véritable lieu centre… sinon Sens qui attire nombre de personnes, d’abord pour le travail, et aussi des paroissiens.
La couronne de Sens existe en fonction de la ville : n’avoir aucune pastorale concertée, envisager les paroisses comme un en-soi, ne prend pas en compte ce réel. Sans envisager la disparition des paroisses, ceci souligne la nécessité d’un rôle plus décisif du doyenné.
La question se pose de savoir si cette paroisse a les moyens de demeurer « paroisse ». Les personnes engagées sont peu nombreuses et risquent de s’épuiser. Le choix fait à la rentrée pastorale 2026 de nommer deux prêtres conjointement au service des paroisses Saint-Louis et Saint-Pierre a pour finalité de permettre de voir si des rapprochements sont possibles entre ces deux paroisses et s’ils peuvent être fructueux.
Il ne s’agit pas de décider les choses sur un coin de table mais de tenter une expérience et d’en tirer les leçons. Travailler en coopération avec d’autres peut permettre de recevoir des forces que l’on n’a pas, mais aussi de partager celles que l’on a.
Après le nord du diocèse, me voici à Auxerre et dans les communes du nord de sa périphérie. La paroisse Sainte-Reine est diverse dans ses populations, socialement et ethniquement ; elle a aussi des histoires spécifiques dans chacun des lieux. L’enjeu est de conjuguer communion et diversité, dans les propositions pastorales comme dans la composition des équipes qui font vivre la paroisse. L’équilibre financier de la paroisse se fait en particulier grâce aux communes périphériques.
La paroisse est propriétaire de deux de ses églises. L’une d’entre elles, Sainte-Thérèse, est fermée depuis plusieurs années ; la paroisse a décidé de s’en séparer ; la Ville d’Auxerre a décidé de son achat pour en faire une Maison de quartier. On peut s’en réjouir.
Pour servir la communion, la paroisse s’est dotée d’un lieu principal, avec une église, une maison paroissiale : Sainte-Geneviève. Elle investit pour la bonne tenue de ces locaux. De plus, ce lieu se trouve à un carrefour routier et dispose de places de stationnement.
La paroisse est dotée d’une vraie vitalité ; elle compte nombre de groupes et d’équipes (prière, lecture de la Parole, engagement caritatif, etc.).
La majorité de sa population est de la ville d’Auxerre ; ceci appelle à développer de vraies collaborations avec les deux autres paroisses de cette ville, en particulier la paroisse Saint-Germain. Ceci a été décidé ces derniers mois : la pastorale des jeunes doit se vivre en commun, avec un ou une même responsable pastorale. Ceci est aussi motivé par le fait que l’établissement scolaire Saint-Joseph-La-Salle est situé sur le territoire de la paroisse Sainte-Reine, même s’il accueille des élèves de toute la ville et au-delà.
Ceci est l’occasion de souligner que les paroisses urbaines sont à comprendre différemment des paroisses en ruralité. La proximité n’y joue pas de la même manière ; l’élection de tel lieu compte pour certains ; et puis, des services qui rejoignent au-delà des paroisses y sont situés (santé, enseignement, commerce également). Ainsi, l’hôpital d’Auxerre est situé sur la paroisse. Depuis 2023, le Père Avit Barushywanubusa en est l’aumônier ; il redonne de la vitalité à cette aumônerie, dont j’enverrai les membres en mission quelques semaines après cette visite pastorale.
Le dimanche 1er février, j’ai célébré à l’abbatiale de Pontigny à 9h30 puis à Chablis à 11h30 ; les assemblées y sont plutôt réduites. Or, à Chablis les rues sont pleines… le marché est la grande activité du dimanche matin et attire largement. Le soir, à 18h, vêpres et salut à Pontigny… nous étions 5 dans l’abbatiale. S’il est bon de proposer des prières, ne faut-il pas que le lieu soit en accord avec l’assemblée ? Le chœur de Pontigny soulignait d’autant ce contraste.
Pontigny est aussi marquée par la communauté Emmaüs, la seule du département. Elle compte seize compagnons, deux retraités ainsi que trois salariés : le responsable, la secrétaire et la cuisinière. Ils doivent générer 30.000€ par an et par personne pour assurer leur équilibre. En 2025, ils sont pour la première fois en déficit : les remous autour de l’abbé Pierre ont un impact sur leurs ressources.
Il y a aussi une baisse d’activité : Emmaüs est moins sollicité pour retirer des affaires (développement de la revente sur des sites de seconde main, baisse des dons). La vente de meubles tend à disparaître, comme celle des bibelots ; les vêtements sont l’essentiel.
Il y a un débat autour des représentations de l’abbé Pierre. Je m’interroge : on peut admettre des images à l’intérieur des locaux, mais, pour ce qui est visible de la voie publique (pignon du bâtiment, camions), celles-ci ne devrait-elles pas être enlevées ?
La rencontre des maires et des élus conduit à parler des églises, leur entretien, les travaux. C’est souvent le cas lors de ces rencontres. Suis-je trop rapide à penser que pour eux, pour les personnes qui connaissent moins l’Eglise, avec un évêque, on parle des églises, comme si celui-ci n’avait pas d’intérêt pour d’autres sujets. Or, les visites pastorales sont d’abord l’occasion de voir la vie concrète d’un lieu, de ses habitants.
Pour ce qui est des églises, je souligne la pluralité de leur signification :
Ceci conduit à avoir un sens ouvert de l’affectation : aujourd’hui comme dans le passé, les églises ont vocation à accueillir d’autres choses que le culte, dans le respect de leur destination première. On peut aussi réfléchir à un usage partagé, à des espaces partagés ; il y a des exemples en France. Sans doute ceci doit-il être réversible.
Cependant chaque lieu est singulier et les choix sont et seront différents selon chaque lieu.
Des maires se sentent un devoir de protéger les églises ; c’est le principal patrimoine de la commune.
Pour cela, il faut :
On peut se poser la question : les églises parlent-elles aux jeunes générations ? Auront-elles le même engagement que nous pour les préserver ?
Je réponds oui ; je le lis dans les lettres des catéchumènes :
Les élus sont comme l’évêque, ils doivent faire des choix, et choisir, c’est exclure et décevoir.
Et les évêques sont comme les maires… ils déçoivent car ils n’ont pas les moyens d’honorer toutes les attentes ; les gens demandent des prêtres… il n’y a aucune réserve cachée.
Nous accueillons des prêtres venus du Sud ; sans les connaître, sans savoir leurs compétences.
Nous les mettons au service des paroisses, or, certains ne sont pas faits pour être des pasteurs, encore moins des curés (de même que parmi les prêtres d’ici).
On envoie des prêtres, mais les insatisfactions apparaissent très vite, chez les paroissiens, chez eux aussi sans doute, même s’ils n’osent pas exprimer clairement leur souffrance.
On peut parler de la diversité des ministères, il le faut, mais… dans l’imaginaire, l’Eglise catholique, c’est l’église, la messe, le prêtre.
J’en reviens à ma question, faut-il couvrir tout le territoire ? Nommer un curé dans chaque paroisse ? Ou bien, tenir compte des charismes et ne tenir comme « lieu d’Eglise », que les quelques endroits où un vrai pasteur, un curé qui a le charisme de ce ministère, peut l’assurer ? Ceci est à mettre en lien avec mon propos inaugural : ce sont les habitants du lieu qui le font vivre au quotidien.
Le dimanche suivant, je présidais la Saint-Vincent du Chablisien. Vraiment, il est important d’être présent, participant, à ces événements qui rassemblent des centaines de personnes, les élus, les professionnels de la vigne. Aujourd’hui, elle est la richesse de ces communes.
La paroisse a été érigée en 2023 ; elle compte quatorze communes et dix-huit églises et chapelles, toutes communales.
Il y a 4500 habitants, plutôt âgés ; des résidences secondaires.
De 2018 à 2026, les communes de la paroisse ont perdu 200 habitants.
Un point-fort est la desserte de plusieurs communes par la ligne de train Auxerre-Clamecy.
Le canal du Nivernais, s’il ne transporte plus de marchandises, exerce une belle attraction touristique, tourisme fluvial, mais aussi randonnée pédestre et à vélo.
Comme toujours, les propositions paroissiales doivent prendre en compte cela, la vie la plus concrète des personnes et ce qui caractérise les lieux de son implantation.
La paroisse est marquée par trois réalités : le Morvan, la Forterre et le Nivernais, avec des lieux d’attraction différents : Avallon, Clamecy et Auxerre.
Les activités sont l’agriculture, l’artisanat. Les carrières de pierre ont eu une place importante, en particulier pour la construction du Paris haussmannien ; elles ont fermé en 1940, rien n’y avait été mécanisé.
Aujourd’hui, il y a le projet d’ouvrir une carrière de carbonate de calcium (matière première pour la pharmacie).
Des entreprises ont su se diversifier, réorienter leur production, de manière à perpétuer une activité, ainsi la faïence qui s’est tournée vers la fabrication de fèves.
La paroisse est propriétaire de deux de ses églises, à Laroche et à Migennes ; on sait que ceci représente une charge financière importante pour une paroisse. Comme pour tout bâtiment, il faut veiller à des travaux d’entretien réguliers au risque de la dégradation des édifices et de charges encore plus importantes par la suite.
Migennes est le lieu principal de la paroisse, et joue ce rôle naturel.
La visite pastorale m’a donné de visiter chacune des églises. Je me suis demandé si cela était nécessaire, en particulier parce que cela prend du temps ; mais… ces visites ont été l’occasion d’une rencontre avec le maire ou des élus ; aussi de parler de travaux à effectuer.
En France, quand on parle des paroissiens, on donne le chiffre des habitants ; or, parmi ces habitants, il n’y a pas que des paroissiens, il y a les fidèles d’autres religions, les sans-religion… peut-être faut-il avoir conscience que les catholiques sont quelques-uns, quelques familles.
Dès lors, annoncer l’Evangile c’est à la fois nourrir ceux-là et témoigner pour tous ; ce n’est pas la même chose, et ce sont deux types d’engagements différents, mais qui doivent exister l’un et l’autre.
Pour les personnes qui animent la paroisse, il y a donc des degrés divers d’investissement. Il ne faut pas négliger les premiers, il faut nourrir leur foi, tout en assurant ce que l’on peut qualifier, faute de mieux, de « service public religieux ».
Être chrétien, c’est vivre et faire, et tendre à équilibrer ces deux attitudes, ces deux verbes : il n’y a pas que le « faire ».
Être chrétien, c’est une joie et c’est une charge ; mais, la joie ne doit pas disparaître sous le poids.
J’ai entendu, mais comme ailleurs, le constat d’un manque : il n’y a plus, ou pas, de rencontre ou de formation diocésaine dans certains domaines de la pastorale, j’ai noté la liturgie. Les EAP ne se voient plus proposer de rencontre ou de formation. Il faut travailler à y remédier.
J’ai conscience que mon propos est bien partiel. De plus, des mêmes choses ont pu être dites dans les différentes paroisses. Si j’ai choisi de consacrer un court développement pour chacune des paroisses, au-delà des éléments très spécifiques à chacune d’entre elles – ici et là j’ai pointé tel appel précis, bien des propos peuvent être entendus pour l’ensemble des paroisses.
Parmi ce qui est commun, il y a l’agriculture. Je crois que, dans chacune des paroisses, j’ai rencontré des agriculteurs, parfois à leur étonnement : je l’évoquais plus haut, on pense parfois qu’un évêque, un prêtre, ne s’intéresse qu’aux choses religieuses. Je ne prétends pas me présenter comme un expert agricole, mais, chacun est concerné, il s’agit de la vie, et plus concrètement encore de la nourriture.
Avant tout, l’agriculture est un métier de passion, quel que soit le type de production, de modèle choisi. C’est un métier exigeant, on ne peut l’exercer sans cela, sans l’aimer.
J’ai aussi entendu une souffrance exprimée quant à l’image souvent négative de ce métier : l’agriculture serait facteur de pollution.
Puis-je m’appliquer à moi-même quelques appels alors entendus ? Eviter l’ignorance du réel de la vie des agriculteurs. Savoir qu’ils aiment leur métier ; qu’ils sont en contact avec la nature. Et rétablir les liens entre cultivateur et mangeur.
]]>
Les fraudeurs demandent “un petit service” “votre aide précieuse” et demandent une réponse “afin de donner plus de détails”.
pour télécharger le fichier, cliquer sur l'image