Dans le cadre de sa fonction, le Directeur des services :
Envoyez votre CV, une lettre de motivation manuscrite, et vos prétentions salariales, avant le 31 juillet 2026 à M. Vincent Dano econome@diocese89.fr
]]>La solennité de l’Assomption marque l’anniversaire de la consécration de la France a la Vierge Marie. Prions pour notre pays : que le voyage apostolique de Le on XIV en France et à l’Unesco du 25 au 28 septembre soit une source de grâces pour notre Église, pour tous les habitants de notre pays et même au-delà , et qu’il nous encourage à prendre notre part dans l’annonce joyeuse de l’Évangile, pour que le monde ait la vie. Par l’intercession de la Vierge Marie, prions le Seigneur.
Chers amis, chers frères et sœurs,
Dans quelques semaines, le pape Le on XIV sera en France, pour son premier voyage apostolique dans notre pays. Comme évêque de Rome, il vient pour nous confirmer dans la foi et nous encourager, avec une paternelle sollicitude, à témoigner de l’Évangile, à rester vigilants dans la prie re et à être des artisans d’unité et de dialogue, de justice et de paix, “pour que le monde ait la vie”.
Par-delà les de fis logistiques et les enjeux financiers, la venue du pape Le on XIV est donc d’abord un évènement spirituel. C’est pourquoi, dans la joie d’accueillir prochainement le Successeur de Pierre a Paris, à Saint-Denis, à Lourdes et à Metz, et d’e couter les paroles que le Seigneur lui confiera pour notre Église et tous les habitants de notre pays, les évêques de France nous invitent à prier a cette intention. Ils ont compose une prie re de die e, que nous pouvons re citer ensemble, en famille, en paroisse, en communauté , afin de nous rendre disponibles à l’œuvre de salut que l’Esprit Saint veut accomplir a la faveur de ce voyage apostolique.
La prière écrite pour la venue du pape peut être lue à la fin de la messe.
Voici la prière mise en page pour être facilement imprimée et distribuée en paroisse (planche au format A4 de cartes prières en format A5).
]]>
Retour sur le pèlerinage 2026
]]>
Sœur Thérèse-Paul Deregnaucourt, sœur des Campagnes, est décédée ce vendredi 24 juillet 2026, au Prieuré de Cheny (Yonne) entourée de ses Sœurs. Sa famille a pu venir lundi dernier. Elle avait 97 ans.
La célébration des funérailles aura lieu le jeudi 30 juillet 2026, à 10h00 à l’église de Cheny. Elle sera ensuite inhumée, au cimetière de Lumigny à 16h00.
Vous êtes invités à y participer ou à vous unir par la prière.
Ensemble, nous la confions au Seigneur.
]]>
Sœur Blanche Pagès, Sœur des Campagnes, est décédée ce jeudi 16 juillet 2026, à la résidence Saint Loup de Brienon (Yonne) où elle était depuis 10 ans. En mai dernier, plusieurs soeurs étaient auprès d’elle pour fêter ses 100 ans.
Ses obsèques ont été célébrées le vendredi 24 juillet 2026 à la chapelle des Soeurs de Lumigny (Seine-et-Marne).
Elle a ensuite été inhumée, au cimetière de Lumigny.
Ensemble, nous la confions au Seigneur.
]]>À toutes les personnes touchées par ces catastrophes et contraintes d’évacuer leur maison, à celles qui ont perdu leurs biens ou le fruit de leur travail, aux pompiers blessés, ainsi qu’aux familles de ceux qui ont offert leur vie, nous voulons exprimer notre proximité. Nous les assurons de notre prière.
Nous invitons les catholiques à prendre généreusement part aux élans de solidarité qui se mettent en place. Nous encourageons les paroisses à laisser leurs églises ouvertes, lorsque cela est possible : beaucoup offrent un refuge de fraîcheur au cœur de la chaleur estivale. Les salles paroissiales peuvent également devenir des lieux d’accueil pour les personnes déplacées, afin de leur offrir le repos, le réconfort et l’aide concrète dont elles ont besoin.
Nous savons que la canicule se poursuivra et que ces phénomènes climatiques extrêmes risquent de se répéter. C’est pourquoi, en cette période où beaucoup prennent quelques jours de repos, nous appelons aussi les communautés chrétiennes à ne pas oublier les personnes malades, âgées ou isolées, mais à redoubler d’attention à leur égard et à s’organiser, en paroisse, pour leur manifester une présence fraternelle et fidèle.
La fidélité à l’Évangile nous pousse à nous engager. Elle passe parfois par des gestes aussi simples qu’offrir un verre d’eau (Marc, 9, 41). Dans ces circonstances éprouvantes, demeurons attentifs les uns aux autres et ayons à cœur de témoigner de la charité du Christ pour tous.
Cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, président de la Conférence des évêques de France
Mgr Vincent Jordy, archevêque de Tours, vice-président de la Conférence des évêques de France
Mgr Benoît Bertrand, évêque de Pontoise, vice-président de la Conférence des évêques de France
Pour la fête d’un saint, les choses sont un peu différentes.
Bien entendu, je n’ai pas choisi les textes que nous venons d’entendre, mais ils l’ont été en fonction de la vie de saint Germain, de ce qui nous est proposé de vivre à son exemple.
Ainsi, le livre de Ben Sirac le Sage dresse un portrait qui est appliqué à saint Germain : « Si le Seigneur souverain le veut, il sera rempli de l’esprit d’intelligence, il répandra comme une ondée ses paroles de sagesse, et dans la prière il rendra grâce au Seigneur ».
Mais, toutes ces qualités, pour lesquelles nous rendons grâce à Dieu, la 2ème lecture nous dit qu’elles doivent être mises au service du Seigneur et de l’Eglise : « Que l’on nous regarde donc comme des auxiliaires du Christ et des intendants des mystères de Dieu ».
La Bible nous rappelle, à l’occasion de la fête de saint Germain, mais ce pourrait être le cas dans la vie de tous les saints et saintes, que toutes les qualités d’une personne sont pour le service des autres, et pour les chrétiens, pour le service de l’Evangile.
Quand on parle des évêques, même si les expressions sont moins courues aujourd’hui, l’habitude est de les appeler « Monseigneur », « Excellence » ; on les qualifie aussi de « princes de l’Eglise ».
Hier, ils habitaient des résidences s’apparentant à des palais. Ici, à l’Auxerre, ce palais est devenu l’actuelle préfecture.
C’est vrai, quand j’y entre, je trouve le lieu bien agréable, surtout, la galerie qui surplombe l’Yonne.
Mais… trêve de nostalgie, les mots que la Bible, pour parler d’un évêque, d’un responsable, vous venez de les entendre : « auxiliaires du Christ » et « intendants des mystères de Dieu ».
Ceci vient interroger un sentiment qui peut souvent occuper notre esprit, une attente qui souvent risque d’être déçue : la reconnaissance.
Pourtant, c’est vrai, tout être humain a besoin d’être reconnu, d’être respecté ; cela quel que soit notre âge.
Trop souvent, depuis trop longtemps, le mépris peut exister dans les relations humaines.
D’abord dans des événements historiques qui ont humilié des peuples, des cultures : le colonialisme, l’esclavage.
Et ceci peut aussi s’exprimer dans des relations plus intimes, en famille, au travail.
De telles attitudes sont à fuir, à combattre ; toute personne doit être regardée et traitée, avec respect, avec considération.
Il est légitime que chacun attende cela des autres.
Attendre de la reconnaissance est juste, légitime. En famille, dans la vie sociale, dans l’Eglise aussi.
Sans flagornerie, sans excès, nous devons être attentifs à exprimer respect, reconnaissance, gratitude, aux autres.
Et lorsqu’on nous manifeste cela, il faut l’accueillir avec simplicité.
Là où les choses dérapent, si j’ose dire, c’est lorsque nous parlons ou agissons pour susciter cela, de la reconnaissance, des félicitations.
C’est vrai, cette attitude peut venir d’un défaut de reconnaissance dans l’enfance, dans la jeunesse ; on se sent alors en insécurité, et on cherche à se rassurer ; sans doute faut-il faire un chemin de guérison intérieure, avoir recours à une aide psychologique.
Mais, en dehors de cela, il faut agir, parler en liberté, et non pour recueillir approbations ou encouragements.
Aujourd’hui, ce besoin de reconnaissance, qui n’est pas un mal en soit, nourrit les réseaux sociaux.
Chacun y raconte sa vie, exprime ses jugements, attendant approbation et encouragements ; le plus souvent, il n’y récolte que des pensées négatives.
En effet, sur les réseaux, ce qui est exacerbé, c’est la concurrence de tous contre chacun.
Selon cette logique, pour que quelqu’un, il faut que les autres existent moins.
Sur les réseaux on attend du sucre en récompense – oubliant les méfaits du sucre – et on récolte la morsure du piment.
La Bible vient mettre en cause notre besoin de…sucre, j’entends notre besoin de reconnaissance.
C’est le sens des paroles de saint Paul que nous venons d’entendre ; mais Jésus le dit tout aussi clairement dans l’Evangile.
« Quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné, dites : “Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir.” » (Luc 17, 10).
Auxiliaires, intendants, et ici, serviteurs.
Je souligne la traduction : elle parle de « simples serviteurs », une autre traduction, qui marque les esprits, parle de serviteurs « inutiles ». Mais, si on est inutile, à quoi sert sa vie ? Non, chaque être humain est utile, au monde, aux autres, à Dieu.
Utiles, nous le sommes tous, mais sans chercher à en tirer orgueil ; simplement, en ne gâchant pas les dons que le Seigneur nous faits.
Célébrer les saints et les saintes, et ce dimanche, saint Germain, c’est bien reconnaître l’utilité, le sens de sa vie.
Penser qu’il y aurait des serviteurs « inutiles », des personnes inutiles, est tout le contraire de l’Evangile, du respect dû à chacun, en particulier au plus petit.
Honorer les saints ne peut jamais conduire à négliger qui que ce soit, ou bien à penser qu’il y a ceux qui sont les premiers de cordée, d’une part, et de l’autre, ceux qui ne sont rien.
Pour le dire autrement, ceux qui ont le droit à une statue dans une église, et les autres.
Même si la plupart d’entre nous ne serons pas honorés comme l’est saint Germain, chacun compte pour Dieu, chacun a un destin unique, est utile, et reçoit la vocation de la sainteté. Le pape François aimait parler la « sainteté de la porte d’à côté ».
Et ce dimanche, il est juste de parler d’un prêtre « de la porte d’à côté », le Père Jacques Hamel.
Il y a 10 ans, il était assassiné par des terroristes islamistes alors qu’il célébrait la messe dans une église de la banlieue de Rouen avec une poignée de paroissiens.
Sans cet acte, personne ne connaîtrait son nom ; il était un prêtre humble, simple, il ne faisait que son devoir, annoncer l’Evangile, servir ses frères et sœurs.
Son assassinat dit la grandeur des simples et des humbles.
Telle est la sainteté à laquelle le Seigneur nous appelle.
La sainteté exceptionnelle de saint Germain, celle du Père Jacques Hamel, et notre vocation à la sainteté.
Prions et l’un et l’autre de nous soutenir dans notre réponse à l’appel du Seigneur.
En premier lieu, j’exprime ma vive et sincère gratitude pour les personnes qui se sont mobilisées pour m’accueillir, organiser les visites, les rencontres… me nourrir également. Ceci confirme ce que je sais : les paroisses, l’Evangile plus profondément, existent grâce au dévouement de fidèles qui donnent de leur temps, de leur compétence, de leur joie pour animer leur paroisse. Bien sûr, les prêtres et les diacres ont leur part, mais, qu’on le veuille ou non, les ministres ordonnés passent, comme moi-même ; la vie de tous les jours, la fidélité dans l’engagement, ce sont les fidèles qui l’incarnent et la portent. Ceci s’est ô combien confirmé dans les quelques paroisses qui ont vécu des événements douloureux, maladie d’un prêtre, suspens de tel ou tel… les paroisses ne se sont pas effondrées, elles ont su rebondir, et même gagner en vitalité. On aime parfois rapporter cette parole du curé d’Ars : « Laissez une paroisse vingt ans sans prêtre : on y adorera les bêtes ». J’aimerais élargir ce propos : sans rien retirer à la mission des prêtres – c’est l’engagement de ma vie – la foi des fidèles compte tout autant.
Je veux souligner que l’Evangile a besoin et des uns et des autres, ministres ordonnés et fidèles, chacun selon sa vocation et les missions qui en découlent. Mon souhait, ma prière, c’est que des femmes et des hommes, des jeunes, entendent la diversité des appels du Seigneur et répondent généreusement. En particulier pour être prêtres dans le diocèse (et ailleurs, ne soyons pas égoïstes). « Parle Seigneur, ton serviteur écoute ».
Quand un évêque effectue une visite pastorale, il rencontre les catholiques qui font vivre la paroisse, les fidèles qui participent aux liturgies ; il souhaite aussi mieux connaître ce qui fait la vie de la population de cette paroisse. En effet, l’Eglise n’existe pas pour elle-même mais pour proposer l’Evangile à tous. Il ne s’agit pas de verser dans le prosélytisme – l’acte de foi est libre, mais la vie chrétienne n’est pas « hors sol », elle est d’abord conduite par l’écoute de Dieu, et aussi par celle des réalités d’une commune, d’un territoire, de l’histoire locale ; d’où la rencontre des élus, d’entreprises, d’associations, d’activités culturelles, etc.
Les chrétiens s’intéressent aux personnes pour ce qu’elles sont, pour ce qu’est leur vie, et non d’abord pour ce qu’ils pourraient faire avec nous, voire pour nous.
Bien entendu, j’ai pu visiter un bon nombre des églises de chacune des paroisses. J’ai mesuré ce que je sais déjà, combien les églises comptent pour chacun, les catholiques bien entendu, mais au-delà, toute une population. Ceci m’a conduit à rédiger un texte qui fut publié dans la revue diocésaine « Eglise dans l’Yonne » (n°6 – juin 2026, pp. 12-13). Je le reproduis ici :
“Chérissons nos églises.
Dans quelques semaines, débuteront les vacances d’été, deux mois vécus selon un autre rythme, même si, assurément, personne n’est en vacances pendant deux mois.
Notre département compte quelques sites patrimoniaux et touristiques prestigieux ; juillet et août sont les moments où ils revêtent leurs plus beaux atours et proposent toutes sortes d’animations.
Mais, je voudrais plaider ici pour des lieux plus modestes, non gratifiés d’étoiles sur les guides touristiques ni de panneaux sur les autoroutes : nos églises.
Elles aussi, en cette période – mais aussi à d’autres moments de l’année – sont visitées, ne serait-ce que parce que, en voiture, à vélo, à pied, on passe à proximité et l’on s’y arrête.
Je rêve qu’elles aussi, ces petites églises, des villes, des bourgs et des villages, elles se montrent heureuses d’accueillir ceux qui aimeront y entrer.
N’y a-t-il absolument personne pour ouvrir et fermer leur porte ?
Et puis, si la porte est ouverte, surtout en grand – cela incite à en franchir le seuil, leur intérieur doit être « pomponné ».
Il y a des églises où, lorsqu’on y pénètre, on se demande si elles ont été ouvertes depuis vingt, trente, voire cinquante ans. On y trouve encore des affiches, du denier de l’Eglise, du Secours catholique, etc., qui datent… je n’ose en dire l’année.
Et quand vous voyez des chaises cassées dans un coin…
Mon propos ne vise à culpabiliser personne, mais, ne peut-on, de temps à autre, ne serait-ce qu’une fois par an, avant l’été, pour telle église, mobiliser une petite équipe qui nettoie, range… et jette ?
Je sais que, ici et là, des travaux importants sont à entreprendre par la commune propriétaire ; les choses viendront en leur temps. Mais, dès maintenant, un lieu propre, rangé, c’est un lieu qui est vivant. Mes visites pastorales me font visiter bien des églises ; plusieurs d’entre elles sont ainsi, même dans de très petites communes : c’est donc possible ! J’ai constaté la fierté des habitants, au-delà des seuls paroissiens, pour leur église.”
Pour ces premières visites pastorales, il m’a fallu choisir quelques paroisses. J’ai proposé des paroisses différentes, rurales, urbaines, dans différents endroits du département. J’ai cependant choisi de commencer par deux paroisses situées au nord de l’Yonne, sans doute plus éloignées géographiquement d’Auxerre où je réside. J’ai d’ailleurs noté que nombre de personnes pensaient que l’archevêque résidait à Sens. Or, il est à Auxerre depuis 1970 ! Dois-je tirer une conclusion de cela ? Pour beaucoup l’archevêque est une personne peu connue ; que l’on peut apercevoir dans telle liturgie, tel événement. De même, le diocèse est souvent, pour beaucoup, une réalité abstraite, lointaine. Ceci m’inspire deux réflexions.
D’abord il faut prendre acte de cela : l’Eglise est avant tout vécue en proximité, son village, son quartier, son église. Je veux encourager cela, non en affirmant que des prêtres pourraient être partout. Ce sont les fidèles qui sont là, qui y vivent, qui connaissent leurs voisins. C’est le motif pour lequel je souhaite que les finances, recettes, dépenses, soient gérées au plus près, dans chaque paroisse. Donner de l’argent au diocèse, cette réalité un peu abstraite et lointaine, est souvent peu pertinent ; il en va autrement lorsque l’on donne de l’argent à sa paroisse ; on la connaît, on connaît les personnes qui l’animent, on sait ses besoins ; d’où mon désir de rapprocher les finances, dont la collecte du denier, des paroisses.
Ensuite, c’est la mission des ministres ordonnés, aussi des laïcs en mission ecclésiale, des personnes qui reçoivent leur mission de l’archevêque, de mieux donner corps et présence au diocèse, à ce qu’il propose pour tous. Pour les prêtres et les diacres, c’est le sens de l’incardination : on est ordonné pour un diocèse, comme collaborateur de l’évêque, et non pour tel lieu, telle paroisse, telle mission précise. Par exemple, il faudrait que le doyenné soit le lieu de quelques propositions communes à l’ensemble des paroisses – je sais que c’est déjà le cas ici et là. Coopérations, projets spécifiques pour une catégorie de personnes (enfants, jeunes, etc.) formations. Il ne s’agit pas de se disperser mais d’unir des forces quand cela est nécessaire.
Il convient aussi que le diocèse propose des événements qui lui donnent corps, réalité. C’est ce qui sera proposé pendant la prochaine octave de Pâques, du lundi 29 mars au samedi 3 avril 2027, avec le point culminant du samedi 3 avril.
Cette visite pastorale est la première que j’effectue dans le diocèse, et dans une paroisse qui n’a pas gardé mémoire de la dernière visite pastorale ; mes prédécesseurs immédiats n’en ont pas effectué.
Je viens dans une paroisse ébranlée par la mise en cause de deux de ses anciens prêtres, reconnus coupables de faits de violence à l’encontre de mineurs. La révélation des faits, pour l’un de ces prêtres, est survenue quelques semaines avant ma visite.
La paroisse a aussi été marquée par des curés qui y sont restés plusieurs dizaines d’années, dotés de fortes personnalités.
Même si l’évêque ne fait que passer, s’il n’est pas impliqué comme le sont les paroissiens, il est du devoir du responsable d’être présent lui-même auprès de ceux qui vivent une épreuve. Certes, l’évêque ne dispose d’aucun pouvoir magique, il ne peut changer ce qui a été ; à tout le moins, il peut apporter un peu de soutien et de réconfort. Je suis aussi le témoin de l’ancrage des uns et des autres dans la force de l’Evangile ; même lorsque certains de ceux qui le servent ont commis des actes qui ne devraient pas être, la foi, le Seigneur, ont aidé à demeurer fidèles comme le Seigneur nous est fidèle.
La paroisse est constituée de dix-huit communes, avec chacune une église. Ces communes constituaient, avant l’actuelle paroisse, trois paroisses.
Les deux communes principales sont Chéroy et Saint-Valérien, de population égale, à huit kilomètres de distance l’une de l’autre, mais qui portent encore des années où ces deux paroisses se sont vécues comme antagonistes ; ceci est également vérifié au plan communal. On peut souligner qu’il est facile de s’entendre avec ceux qui nous sont très loin ; c’est toujours avec ses proches, voire son semblable que l’accord est plus compliqué.
Plusieurs fois il m’a été dit qu’il fallait respecter l’originalité de chacun de ces deux lieux. Cependant, si les catholiques ne sont pas capables de se montrer de l’estime… on manque à la mission, et on peut comprendre que ceux qui ne partagent pas cet impératif évangélique aient du mal à vivre l’entente.
La paroisse est voisine des deux départements de la Seine-et-Marne et du Loiret d’où viennent certains paroissiens ; elle est à égale distance de Sens, Nemours et Montereau.
Une partie notable de la population travaille en Île de France. Ceci explique l’arrivée d’une population plus jeune – le Nord de l’Yonne est la seule partie du département à gagner de la population – en partie d’origine étrangère, musulmane. Les maires sont attentifs aux enjeux de l’intégration entre les populations diverses. J’ai noté, comme ailleurs dans le diocèse, qu’il n’y avait pas de liens ordinaires entre les diverses religions.
C’est ma deuxième visite pastorale, fin novembre 2025, dans la partie rurale du Sénonais, aux limites de la Seine-et-Marne et, ici, de l’Aube.
La paroisse souffre d’un manque de conduite, de direction, depuis plusieurs années. A la différence de Sainte-Marie, ici, des prêtres se sont succédé sans demeurer très longtemps. Même si les gens se disent essoufflés, pour la vie paroissiale, ils tiennent bon, ils aiment leurs villages, leur paroisse, ils s’y donnent.
La paroisse rassemble les deux anciennes paroisses de Sergines et de Thorigny-sur-Oreuse, qui demeurent sans trop de relations entre elles. Beaucoup d’activités sont dédoublées entre ces deux pôles (catéchèse, équipes obsèques, archives). De même pour l’immobilier : des salles et presbytère à Thorigny, et l’achat récent d’une maison à Sergines.
La paroisse est constituée de villages dispersés, assez peu peuplés, sans véritable lieu centre… sinon Sens qui attire nombre de personnes, d’abord pour le travail, et aussi des paroissiens.
La couronne de Sens existe en fonction de la ville : n’avoir aucune pastorale concertée, envisager les paroisses comme un en-soi, ne prend pas en compte ce réel. Sans envisager la disparition des paroisses, ceci souligne la nécessité d’un rôle plus décisif du doyenné.
La question se pose de savoir si cette paroisse a les moyens de demeurer « paroisse ». Les personnes engagées sont peu nombreuses et risquent de s’épuiser. Le choix fait à la rentrée pastorale 2026 de nommer deux prêtres conjointement au service des paroisses Saint-Louis et Saint-Pierre a pour finalité de permettre de voir si des rapprochements sont possibles entre ces deux paroisses et s’ils peuvent être fructueux.
Il ne s’agit pas de décider les choses sur un coin de table mais de tenter une expérience et d’en tirer les leçons. Travailler en coopération avec d’autres peut permettre de recevoir des forces que l’on n’a pas, mais aussi de partager celles que l’on a.
Après le nord du diocèse, me voici à Auxerre et dans les communes du nord de sa périphérie. La paroisse Sainte-Reine est diverse dans ses populations, socialement et ethniquement ; elle a aussi des histoires spécifiques dans chacun des lieux. L’enjeu est de conjuguer communion et diversité, dans les propositions pastorales comme dans la composition des équipes qui font vivre la paroisse. L’équilibre financier de la paroisse se fait en particulier grâce aux communes périphériques.
La paroisse est propriétaire de deux de ses églises. L’une d’entre elles, Sainte-Thérèse, est fermée depuis plusieurs années ; la paroisse a décidé de s’en séparer ; la Ville d’Auxerre a décidé de son achat pour en faire une Maison de quartier. On peut s’en réjouir.
Pour servir la communion, la paroisse s’est dotée d’un lieu principal, avec une église, une maison paroissiale : Sainte-Geneviève. Elle investit pour la bonne tenue de ces locaux. De plus, ce lieu se trouve à un carrefour routier et dispose de places de stationnement.
La paroisse est dotée d’une vraie vitalité ; elle compte nombre de groupes et d’équipes (prière, lecture de la Parole, engagement caritatif, etc.).
La majorité de sa population est de la ville d’Auxerre ; ceci appelle à développer de vraies collaborations avec les deux autres paroisses de cette ville, en particulier la paroisse Saint-Germain. Ceci a été décidé ces derniers mois : la pastorale des jeunes doit se vivre en commun, avec un ou une même responsable pastorale. Ceci est aussi motivé par le fait que l’établissement scolaire Saint-Joseph-La-Salle est situé sur le territoire de la paroisse Sainte-Reine, même s’il accueille des élèves de toute la ville et au-delà.
Ceci est l’occasion de souligner que les paroisses urbaines sont à comprendre différemment des paroisses en ruralité. La proximité n’y joue pas de la même manière ; l’élection de tel lieu compte pour certains ; et puis, des services qui rejoignent au-delà des paroisses y sont situés (santé, enseignement, commerce également). Ainsi, l’hôpital d’Auxerre est situé sur la paroisse. Depuis 2023, le Père Avit Barushywanubusa en est l’aumônier ; il redonne de la vitalité à cette aumônerie, dont j’enverrai les membres en mission quelques semaines après cette visite pastorale.
Le dimanche 1er février, j’ai célébré à l’abbatiale de Pontigny à 9h30 puis à Chablis à 11h30 ; les assemblées y sont plutôt réduites. Or, à Chablis les rues sont pleines… le marché est la grande activité du dimanche matin et attire largement. Le soir, à 18h, vêpres et salut à Pontigny… nous étions 5 dans l’abbatiale. S’il est bon de proposer des prières, ne faut-il pas que le lieu soit en accord avec l’assemblée ? Le chœur de Pontigny soulignait d’autant ce contraste.
Pontigny est aussi marquée par la communauté Emmaüs, la seule du département. Elle compte seize compagnons, deux retraités ainsi que trois salariés : le responsable, la secrétaire et la cuisinière. Ils doivent générer 30.000€ par an et par personne pour assurer leur équilibre. En 2025, ils sont pour la première fois en déficit : les remous autour de l’abbé Pierre ont un impact sur leurs ressources.
Il y a aussi une baisse d’activité : Emmaüs est moins sollicité pour retirer des affaires (développement de la revente sur des sites de seconde main, baisse des dons). La vente de meubles tend à disparaître, comme celle des bibelots ; les vêtements sont l’essentiel.
Il y a un débat autour des représentations de l’abbé Pierre. Je m’interroge : on peut admettre des images à l’intérieur des locaux, mais, pour ce qui est visible de la voie publique (pignon du bâtiment, camions), celles-ci ne devrait-elles pas être enlevées ?
La rencontre des maires et des élus conduit à parler des églises, leur entretien, les travaux. C’est souvent le cas lors de ces rencontres. Suis-je trop rapide à penser que pour eux, pour les personnes qui connaissent moins l’Eglise, avec un évêque, on parle des églises, comme si celui-ci n’avait pas d’intérêt pour d’autres sujets. Or, les visites pastorales sont d’abord l’occasion de voir la vie concrète d’un lieu, de ses habitants.
Pour ce qui est des églises, je souligne la pluralité de leur signification :
Ceci conduit à avoir un sens ouvert de l’affectation : aujourd’hui comme dans le passé, les églises ont vocation à accueillir d’autres choses que le culte, dans le respect de leur destination première. On peut aussi réfléchir à un usage partagé, à des espaces partagés ; il y a des exemples en France. Sans doute ceci doit-il être réversible.
Cependant chaque lieu est singulier et les choix sont et seront différents selon chaque lieu.
Des maires se sentent un devoir de protéger les églises ; c’est le principal patrimoine de la commune.
Pour cela, il faut :
On peut se poser la question : les églises parlent-elles aux jeunes générations ? Auront-elles le même engagement que nous pour les préserver ?
Je réponds oui ; je le lis dans les lettres des catéchumènes :
Les élus sont comme l’évêque, ils doivent faire des choix, et choisir, c’est exclure et décevoir.
Et les évêques sont comme les maires… ils déçoivent car ils n’ont pas les moyens d’honorer toutes les attentes ; les gens demandent des prêtres… il n’y a aucune réserve cachée.
Nous accueillons des prêtres venus du Sud ; sans les connaître, sans savoir leurs compétences.
Nous les mettons au service des paroisses, or, certains ne sont pas faits pour être des pasteurs, encore moins des curés (de même que parmi les prêtres d’ici).
On envoie des prêtres, mais les insatisfactions apparaissent très vite, chez les paroissiens, chez eux aussi sans doute, même s’ils n’osent pas exprimer clairement leur souffrance.
On peut parler de la diversité des ministères, il le faut, mais… dans l’imaginaire, l’Eglise catholique, c’est l’église, la messe, le prêtre.
J’en reviens à ma question, faut-il couvrir tout le territoire ? Nommer un curé dans chaque paroisse ? Ou bien, tenir compte des charismes et ne tenir comme « lieu d’Eglise », que les quelques endroits où un vrai pasteur, un curé qui a le charisme de ce ministère, peut l’assurer ? Ceci est à mettre en lien avec mon propos inaugural : ce sont les habitants du lieu qui le font vivre au quotidien.
Le dimanche suivant, je présidais la Saint-Vincent du Chablisien. Vraiment, il est important d’être présent, participant, à ces événements qui rassemblent des centaines de personnes, les élus, les professionnels de la vigne. Aujourd’hui, elle est la richesse de ces communes.
La paroisse a été érigée en 2023 ; elle compte quatorze communes et dix-huit églises et chapelles, toutes communales.
Il y a 4500 habitants, plutôt âgés ; des résidences secondaires.
De 2018 à 2026, les communes de la paroisse ont perdu 200 habitants.
Un point-fort est la desserte de plusieurs communes par la ligne de train Auxerre-Clamecy.
Le canal du Nivernais, s’il ne transporte plus de marchandises, exerce une belle attraction touristique, tourisme fluvial, mais aussi randonnée pédestre et à vélo.
Comme toujours, les propositions paroissiales doivent prendre en compte cela, la vie la plus concrète des personnes et ce qui caractérise les lieux de son implantation.
La paroisse est marquée par trois réalités : le Morvan, la Forterre et le Nivernais, avec des lieux d’attraction différents : Avallon, Clamecy et Auxerre.
Les activités sont l’agriculture, l’artisanat. Les carrières de pierre ont eu une place importante, en particulier pour la construction du Paris haussmannien ; elles ont fermé en 1940, rien n’y avait été mécanisé.
Aujourd’hui, il y a le projet d’ouvrir une carrière de carbonate de calcium (matière première pour la pharmacie).
Des entreprises ont su se diversifier, réorienter leur production, de manière à perpétuer une activité, ainsi la faïence qui s’est tournée vers la fabrication de fèves.
La paroisse est propriétaire de deux de ses églises, à Laroche et à Migennes ; on sait que ceci représente une charge financière importante pour une paroisse. Comme pour tout bâtiment, il faut veiller à des travaux d’entretien réguliers au risque de la dégradation des édifices et de charges encore plus importantes par la suite.
Migennes est le lieu principal de la paroisse, et joue ce rôle naturel.
La visite pastorale m’a donné de visiter chacune des églises. Je me suis demandé si cela était nécessaire, en particulier parce que cela prend du temps ; mais… ces visites ont été l’occasion d’une rencontre avec le maire ou des élus ; aussi de parler de travaux à effectuer.
En France, quand on parle des paroissiens, on donne le chiffre des habitants ; or, parmi ces habitants, il n’y a pas que des paroissiens, il y a les fidèles d’autres religions, les sans-religion… peut-être faut-il avoir conscience que les catholiques sont quelques-uns, quelques familles.
Dès lors, annoncer l’Evangile c’est à la fois nourrir ceux-là et témoigner pour tous ; ce n’est pas la même chose, et ce sont deux types d’engagements différents, mais qui doivent exister l’un et l’autre.
Pour les personnes qui animent la paroisse, il y a donc des degrés divers d’investissement. Il ne faut pas négliger les premiers, il faut nourrir leur foi, tout en assurant ce que l’on peut qualifier, faute de mieux, de « service public religieux ».
Être chrétien, c’est vivre et faire, et tendre à équilibrer ces deux attitudes, ces deux verbes : il n’y a pas que le « faire ».
Être chrétien, c’est une joie et c’est une charge ; mais, la joie ne doit pas disparaître sous le poids.
J’ai entendu, mais comme ailleurs, le constat d’un manque : il n’y a plus, ou pas, de rencontre ou de formation diocésaine dans certains domaines de la pastorale, j’ai noté la liturgie. Les EAP ne se voient plus proposer de rencontre ou de formation. Il faut travailler à y remédier.
J’ai conscience que mon propos est bien partiel. De plus, des mêmes choses ont pu être dites dans les différentes paroisses. Si j’ai choisi de consacrer un court développement pour chacune des paroisses, au-delà des éléments très spécifiques à chacune d’entre elles – ici et là j’ai pointé tel appel précis, bien des propos peuvent être entendus pour l’ensemble des paroisses.
Parmi ce qui est commun, il y a l’agriculture. Je crois que, dans chacune des paroisses, j’ai rencontré des agriculteurs, parfois à leur étonnement : je l’évoquais plus haut, on pense parfois qu’un évêque, un prêtre, ne s’intéresse qu’aux choses religieuses. Je ne prétends pas me présenter comme un expert agricole, mais, chacun est concerné, il s’agit de la vie, et plus concrètement encore de la nourriture.
Avant tout, l’agriculture est un métier de passion, quel que soit le type de production, de modèle choisi. C’est un métier exigeant, on ne peut l’exercer sans cela, sans l’aimer.
J’ai aussi entendu une souffrance exprimée quant à l’image souvent négative de ce métier : l’agriculture serait facteur de pollution.
Puis-je m’appliquer à moi-même quelques appels alors entendus ? Eviter l’ignorance du réel de la vie des agriculteurs. Savoir qu’ils aiment leur métier ; qu’ils sont en contact avec la nature. Et rétablir les liens entre cultivateur et mangeur.
]]>
Les fraudeurs demandent “un petit service” “votre aide précieuse” et demandent une réponse “afin de donner plus de détails”.
pour télécharger le fichier, cliquer sur l'image
Dans maints domaines, la post-vérité fait florès. Alors que la loi sur la fin de vie est votée à l’Assemblée nationale – le Sénat s’y est opposé, une autre loi est débattue qui entend détricoter un certain nombre de règles limitant l’usage d’intrants dans l’agriculture, le développement de retenues d’eau (les méga-bassines) et le contrôle de ces pratiques comme d’autres par des agences d’Etat, c’est la loi qualifiée « d’urgence agricole », ou loi Duplomb 2, la première loi Duplomb ayant été en partie détricotée.
Où est l’urgence ? Revenir sur ce qui encadre l’usage de la chimie et le pompage de l’eau ? Là encore un mot est détourné de son sens : l’urgence, ici verbale, se trouve contredite par l’urgence physiologique et naturelle que chacun éprouve et dont beaucoup souffrent : le dérèglement climatique et ses conséquences multiples. Mais, plutôt que d’interroger, pour le remettre en cause, le modèle dont nous héritons, pour le dire vite « l’agro-industrie » et l’usage des énergies fossiles, on veut non seulement le défendre mais le développer.
Les Européens ont conservé quelque retenue dans leur expression ; quand la réalité contredit les actes, en montre la non-pertinence, on cherche à argumenter. Outre-Atlantique, l’administration Trump n’a pas ces pudeurs de jeune-fille et ne craint pas d’affirmer une chose même si elle est fausse. La vérité devient dès lors le discours, les faits étant ce qui ne peut qu’étayer ce discours ; ce qui le contredirait est qualifié de « fake news ».
Il faut le reconnaître, le mensonge, car c’est bien ce dont il s’agit, a souvent plus d’attrait que la vérité, surtout si celle-ci vient contraindre notre sacro-sainte liberté individuelle. Ceci n’est pas nouveau : dès les premiers chapitres du livre de la Genèse, c’est le mensonge qui conduit à envisager Dieu non comme celui qui donne la vie et la liberté, comme celui qui les limite, voire les empêche. Aujourd’hui comme hier, les êtres humains sont dans un danger mortel, lorsqu’ils choisissent de prêter l’oreille au sifflement de la ruse plutôt qu’à la Parole de la vérité.
]]>Certes, il y a des débats au sujet du caractère anthropique de ce changement ; certains estiment qu’il est le fait de cycles naturels auxquels sont soumises les planètes et non des activités humaines — très concrètement la révolution industrielle inaugurée au XIXe siècle en Europe et désormais commune à l’ensemble de la planète, et l’utilisation des énergies fossiles. Pendant que l’on discute, les conditions de vie deviennent de plus en plus difficiles. Quand ce texte sera publié, peut-être que les températures auront fortement baissé et on passera à autre chose, sans tenir compte de ce qui, pourtant, devrait nous inciter à interroger nos comportements, personnels et collectifs.
Quoi qu’il en soit, ceci nous rappelle que l’être humain est avant tout un corps ; il peut souhaiter ne vivre que grâce à son intelligence – artificielle, ce qui serait préférable prétendent certains – mais, lorsque le corps va mal, du fait d’une maladie, d’un handicap, de l’âge… du climat, tout s’en trouve affecté : travail, vie quotidienne, et même la prière. En temps ordinaire, le corps se fait oublier ; à nous alors de ne pas l’oublier, sans pour autant attendre de mauvaises conditions de vie pour qu’il se rappelle à nous.
Comme élément constitutif de l’humanité, le corps est social, il existe, croît, souffre en fonction des interactions avec les autres humains, comme avec l’ensemble de la création, et donc, du climat.
Les symptômes d’une maladie sont un bienfait, ils signalent un dysfonctionnement, et c’est grâce à cela que l’on se tourne vers la médecine. Jusqu’où doit aller le dérèglement climatique pour que nous comprenions que les recettes d’hier ne viendront pas résoudre les problèmes d’aujourd’hui ?
À vos agendas, pp. 28-29
En effet, pour quelle raison se présenter pour recevoir un ministère ? La réponse est simple, elle est celle du baptême : c’est la foi ; pour la dire autrement, c’est la personne du Seigneur.
C’est cela qui permet d’engager une vie : l’amour pour quelqu’un. Pour un diacre qui s’engage au célibat, c’est son amour pour le Seigneur.
« A qui irions-nous Seigneur, tu as les paroles de la vie éternelle ? » affirme l’apôtre Pierre.
Certes, d’autres raisons entrent en ligne de compte : le style de vie, le célibat, l’engagement, la militance…
Mais, toutes ces raisons ne sont que secondes : d’abord on choisit et d’aimer et de suivre le Seigneur.
Cependant, il faut se garder de négliger les causes secondes, si tant est qu’elles sont situées à leur juste place… la seconde.
Sans elles, sans ces causes secondes, on fait fi des lois de l’incarnation, des lois de notre condition humaine.
Et pourtant, on entend parfois ces réflexions : si on a la foi, il faut tout attendre Dieu.
Certes… mais jusqu’à entendre parfois affirmer : il faut compter sur Dieu pour nous guérir… A quoi bon des vaccins ?
J’ai même entendu cette affirmation : « Moi, quand je conduis, je laisse le volant à l’Esprit-Saint ! » Vous imaginez bien qu’un tel conducteur ne m’a jamais eu comme passager.
Est-ce que je manque de foi ?
N’oublions pas que la création nous a été confiée.
Ainsi, devenir diacre, marcher vers le ministère de prêtre, ne se fait pas sans prendre en compte l’humanité de chacun.
C’est le sens de la question que je posais tout à l’heure : « A-t-il les aptitudes requises ? »
Ceci pourrait nous étonner ; d’autres questions pourraient sembler plus opportunes : Croit-il ? A-t-il bien la foi catholique ?Manifeste-t-il de la charité ?
Tout cela compte bien entendu, mais le rituel mentionne les aptitudes.
Pour être ordonné, diacre, prêtre, évêque aussi me semble-t-il, il faut être assis dans son humanité.
Il faut être de cette pierre, à peu près stable, sur laquelle on pourra bâtir.
Ceci étant, alors, alors seulement, il y aura le dialogue que nous nouerons dans quelques instants et qui parle de prière, de charité, de simplicité de cœur.
Affirmer que ce qui est premier c’est la foi, que c’est la suite du Seigneur, éclaire la réponse que nous tous nous devons donner à une autre question : Qu’attend-on, qu’attendez-vous d’un prêtre ? Qu’attendez-vous d’un diacre en chemin vers le sacerdoce ?
On répond parfois : qu’il fasse des choses ?
Oui… mais, avant tout, on attend qu’il soit un disciple, qu’il écoute, qu’il suive et qu’il aime le Maître.
Si être ministre de l’Eglise, c’est « faire des choses », il y a des circonstances de la vie où on ne pourra plus en faire beaucoup, en raison de l’âge avant tout.
Cesse-t-on alors d’être diacre, d’être prêtre ?
La réponse est dans la question.
Mais, écouter, aimer… cesse-t-on jamais de le vivre ?
Certains aujourd’hui répondent par l’affirmative et en concluent : à quoi bon vivre !
La vie devient un poids pour soi, pour les autres, pour la société, alors, autant y mettre fin.
Vous savez que cela anime les débats à l’Assemblée nationale ces jours-ci.
Mais, dire la priorité de l’écoute, de l’amour, sur le faire, c’est se doter de quelques garanties pour que Dieu demeure le premier servi.
Certes, on peut se rassurer en pensant que l’on fait les choses de Dieu, que l’on fait des choses pour Dieu, et c’est bel et bon.
Mais, le risque, souvent insensible dans la manière dont il s’instille, c’est que le faire demeure, alors que Dieu aura peu à peu disparu, faute de le rencontrer, de l’écouter, de lui parler.
La logique de l’Evangile est et sera toujours déroutante.
La foi renverse les montagnes ; on vient d’entendre qu’elle bouscule les hiérarchies, les ordonnancements naturels : « les derniers seront premiers, les premiers seront derniers ».
Il ne s’agit pas de cultiver quelque rancœur, encore moins du ressentiment vis-à-vis de quiconque ; c’est tout le contraire.
Mais, ceux que nous fêtons aujourd’hui et demain, Pierre et Paul, ont découvert, par leur rencontre avec le Seigneur, que le Maître s’est fait le serviteur.
Le renversement des priorités, au nom de l’Evangile, prend des couleurs nouvelles, parfois inédites, en fonction des temps et des lieux.
Il y a quelques semaines, c’est l’interrogation que nous a adressé le pape Léon XIV au sujet de l’IA et des technologies.
Que cherchons-nous ? L’efficacité, ou le service de l’humanité ?
C’est vrai, je suis un homme de ma génération, qui a longtemps vécu sans ordinateur, téléphone portable et sans IA.
M’en porté-je plus mal ?
Je n’entends pas imposer ma manière de vivre à des personnes qui sont plus jeunes que moi… n’est-ce pas François-Xavier !
Cependant… rapidité et efficacité ne peuvent être des critères absolus, ne peuvent rendre légitimes et bienfaisantes toutes les technologies.
Il y a dans le choix du célibat – et je parle du choix du célibat : si l’Eglise vous appelle à être diacre, le choix du célibat est personnel, il est votre engagement – donc, le choix du célibat est une manière d’assumer un renoncement, à la vie conjugale, à la parentalité, et ceci est vraiment de l’ordre d’un renoncement.
Le célibat inscrit, dès ce jour, le signe du renoncement comme faisant corps avec le ministère de diacre, et de prêtre.
Il ne s’agit pas de renoncer pour renoncer, mais de renoncer pour un bien plus grand.
Cela n’est pas réservé aux célibataires par choix ; toute vie humaine sait qu’elle ne peut être tout et qu’elle doit choisir, donc renoncer.
Tout ce qu’offrent les techniques et les technologies, tout ce dont nous sommes capables, n’est pas de soi juste et adapté.
Dans ce cas, on ne renonce pas pour amputer son humanité, mais pour mieux la respecter.
Ce à quoi nul ne peut se dérober, ce dont nul ne peut se priver, c’est de son humanité.
On sait qu’elle est imparfaite, limitée, parfois blessée, malade.
Mais c’est dans notre humanité la plus ordinaire que nous vivons une expérience de Dieu ; c’est à partir de ces expériences que nous cheminons pour accueillir Dieu tel qu’il se révèle et tel qu’il se donne.
Gardons-nous d’opposer service de Dieu et service de l’homme. Laissant penser que nous serions plus chrétiens en devenant moins humains.
Enfin, recevons de la fête liturgique de ce jour.
La liturgie a choisi de nous faire célébrer ensemble les apôtres Pierre et Paul.
Ceci exprime un choix du Seigneur lui-même : lorsqu’il envoie des disciples, il les envoie deux par deux.
Et parmi les Douze, il y a des frères : Pierre et André, Jacques et Jean.
Plus fondamentalement encore, ce chiffre, deux, est celui de l’humanité : « Dieu créa l’homme à son image ; homme et femme il les créa ».
Ainsi, tout ministère, celui de diacre, celui de prêtre, ne se vit jamais seul ; nul ne peut penser à lui seul exprimer le ministère du Christ lui-même.
Même s’il n’y a pas de vie commune, nous ne sommes pas des religieux, gardons-nous de la mauvaise solitude.
Et puis, il y a quelques jours, nous célébrions la Nativité de saint Jean-Baptiste ; de ceci aussi il faut recevoir.
Rien ne naît sans avoir été précédé. Le 24 juin précède le 25 décembre. Même la naissance de Jésus a été précédée d’une autre naissance, et plus largement de l’histoire du peuple d’Israël.
A combien plus forte raison pour nous : chacun doit se dire que l’Eglise ne commence pas avec lui, l’humanité même ne commence pas avec lui.
C’est une chance, et non un poids, de s’inscrire dans une histoire qui nous précède, d’entrer dans une famille qui nous préexiste.
François-Xavier, soyez heureux d’entrer, par cette ordination, dans la famille de l’Eglise de Sens-Auxerre, c’est le sens de votre incardination.
Cette famille, votre famille, se réjouit de vous accueillir.
Nous la confions à votre prière.
]]>Le 28 juin 2026, rendez-vous à 14h à la cathédrale d’Auxerre.
Si vous êtes intéressé(e), veuillez vous signaler à l’adresse suivante : liturgie.sacrement@diocese89.fr
]]>Un article sera à retrouver dans le numéro de l'été de la revue diocésaine Église dans l'Yonne
]]>
L’introduction de Magnifique humanité propose une mise en regard originale de deux textes bibliques : la construction de la tour de Babel (Genèse 11) et la reconstruction du Temple de Jérusalem au retour de l’exil à Babylone (Néhémie 1-2).
« La magnifique humanité créée par Dieu se trouve aujourd’hui face à un choix décisif : ériger une nouvelle tour de Babel ou bâtir la cité où Dieu et l’humanité habitent ensemble. Chaque génération reçoit en héritage la tâche de façonner son époque : faire mûrir l’histoire comme un lieu où la dignité de toute personne est préservée, la justice promue et la fraternité rendue possible. Mais sur chaque époque pèse le risque de construire un monde inhumain et plus injuste » n° 1.
« Babel révèle la limite de toute construction qui, aussi grandiose soit-elle, naît de l’absolutisation de l’humain et de sa prétention à l’autosuffisance, sacrifie la dignité des personnes à l’efficacité et aspire à atteindre le ciel sans la bénédiction de Dieu » n° 7.
« Le récit de Néhémie 1-2 (la reconstruction du Temple après l’exil) montre comment la ville renaît non pas grâce à l’initiative d’une seule personne mais grâce à la responsabilité partagée de tout le peuple : prêtres, artisans, chefs de famille, femmes et jeunes. C’est une œuvre qui a Dieu au centre et qui rétablit les liens avant même de poser les pierres » n° 8.
Chaque génération d’humanité est placée devant des choix ; aujourd’hui ceux-ci nous situent face à la technologie.
« Au fil des siècles, le développement technologique a contribué à une amélioration significative des conditions de vie de l’humanité ; en même temps, chaque étape du progrès a également révélé le visage ambigu d’outils susceptibles de causer du tort parce qu’ils ne sont pas mis au service du bien » n° 4.
Léon XIV décline ces choix en quatre points :
Pour faire les choix face auxquels nous sommes, nous ne partons pas de rien ; l’Evangile, la conscience morale, la Doctrine sociale de l’Eglise donnent des repères qui éclairent et orientent.
Alors que notre époque renvoie chacun à lui-même, laisse entendre qu’échec ou réussite seraient dans les seules mains de la personne, et donc, que l’échec, la faiblesse, la fragilité seraient des sanctions méritées par celui ou celle qui n’a pas su se montrer fort, le pape Léon XIV insiste pour affirmer qu’une telle vision est tout le contraire de la grandeur de l’humanité.
« Parmi les idéologies, je considère comme particulièrement insidieuse celle qui laisse entendre que chaque personne devrait mériter ou justifier sa propre valeur, au point d’attribuer un très grand prix à celles qui sont les plus efficaces et les plus performantes. Dans une telle perspective, la personne finit par être réduite à un moyen pour obtenir des résultats, à une ressource à utiliser ou à exploiter, et n’est plus reconnue comme une fin en soi, jamais à instrumentaliser. Or la valeur de la personne ne dépend pas de ce qu’elle réalise ou produit, il existe des droits qui sont dus à tous du simple fait qu’ils sont des personnes. Aucun pouvoir humain ne peut légitimement les nier ou les limiter arbitrairement » n° 51. « La dignité fondamentale de chaque personne ne s’acquiert pas, ne se mérite pas et n’a pas besoin d’être démontrée » n° 53.
Dès lors, ainsi que l’affirme sans cesse l’Eglise, les biens, matériels, techniques, technologiques ne sont pas la propriété de ceux qui en héritent ou s’en emparent, ils sont destinés à tous.
« J’estime qu’aujourd’hui, pour préserver la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle, nous devons revenir à une réflexion sur le bien commun, sur la destination universelle des biens, sur la subsidiarité, sur la solidarité et sur la justice sociale » n° 46.
« Aujourd’hui, parmi les biens universellement destinés à tous, nous devons également compter des nouvelles formes de propriété : brevets, algorithmes, plateformes numériques, infrastructures technologiques, données. Dans un contexte où la richesse des nations dépend de plus en plus des connaissances et des technologies, quand ces biens se concentrent entre les mains de quelques-uns, sans forme adéquate de partage et d’accès, il se crée un nouveau déséquilibre contredisant la destination universelle des biens et alimentant le fossé entre les inclus et les exclus, entre ceux qui peuvent participer à la révolution numérique et ceux qui en restent à l’écart » n° 67.
Ayant posé les principes, le pape peut alors développer une réflexion au sujet de la mal nommée « intelligence artificielle ». Elle n’est en effet ni intelligence – c’est un formidable calculateur –, ni artificielle – elle est le produit de technologies développées par des humains.
Léon XIV, comme d’autres auteurs, dénonce la fascination face à l’IA qui conduit à perdre tout jugement critique, ou à penser que les technologies s’imposeraient d’elles-mêmes et que rien ne pourrait être fait pour les contrôler, voire en restreindre l’usage. Or, de tels choix nous en faisons : ainsi, alors que nous sommes capables aujourd’hui de développer le clonage humain, les lois votées par les Parlements l’interdisent. S’interdire de poser des limites est un déni de liberté et de conscience. Aussi quant à l’IA, il est du devoir des Etats, mais aussi de chacun de dire « non » à certaines IA comme à certains de leurs usages. Si elles sont précieuses dans le domaine de la recherche scientifique comme dans l’exercice de la médecine, leur usage, dans l’ordre de la production de la pensée, est néfaste et destructeur, en particulier pour ce qui est de la pensée religieuse. Dieu est venu à la rencontre d’humains à la fois beaux et faillibles, non d’une prétendue et illusoire perfection. Vivre ou annoncer l’Evangile par l’IA pervertit le dessein de Dieu et aliène la pensée humaine. Il y a donc nécessité à exercer sa pensée critique, à tout sujet, et donc au sujet de l’IA.
« Les innovations technologiques – notamment l’intelligence artificielle – ne sont pas neutres : elles peuvent favoriser la participation et la justice, ou bien aggraver les inégalités, le contrôle et l’exclusion. C’est pourquoi elles doivent être évaluées à l’aune d’une question décisive : contribuent-elles réellement à faire grandir les personnes et les peuples en humanité et en fraternité, dans le respect de la Maison commune et des générations futures ? » n° 85.
« La technique n’est pas un simple instrument, lorsqu’elle devient un critère, elle finit par déterminer ce qui compte et ce qui peut être écarté, réduisant la création à un objet d’exploitation et les personnes à des rouages d’un système qu’il faut rendre toujours plus performant » n° 92.
Le pape ne se montre pas technophobe, mais techno-critique, ce que nous devrions être chacun :
« En soi, ces innovations peuvent devenir une aide précieuse pour le développement humain intégral et pour la sauvegarde de notre Maison commune. Mais, précisément en raison de leur puissance, elles peuvent agir comme un accélérateur du paradigme technocratique et nécessitent un nouveau cadre spirituel, éthique et politique. Plus puissant ne signifie pas nécessairement meilleur. En ce sens, les paroles de Romano Guardini restent d’actualité : ‘’L’homme moderne n’a pas reçu l’éducation nécessaire pour faire un bon usage de son pouvoir’’ » n° 93.
« La rapidité et la simplicité avec lesquelles il est possible d’obtenir des indications, des élaborations complexes, des contenus médiatiques et des formes d’assistance concrètes simplifient nos vies, mais peuvent aussi nous habituer à trop déléguer et à rechercher des réponses immédiates, affaiblissant notre jugement personnel et notre créativité. L’impression d’objectivité que les réponses et les propositions de ces systèmes peuvent susciter risque de nous faire oublier qu’elles reflètent les paramètres culturels de ceux qui les ont conçus et formés, avec toutes leurs qualités et leurs défauts. L’imitation artificielle d’une communication humaine positive – parole de conseil, d’empathie, d’amitié, d’amour – peut s’avérer gratifiante et même utile, mais chez des utilisateurs peu avertis, elle peut induire en erreur et donner l’illusion d’être en relation avec un sujet personnel authentique. Lorsque la parole est simulée, elle ne construit pas une relation, mais son apparence » n° 100.
Il s’agit également de prendre conscience qu’il n’y a rien de magique dans l’IA comme dans n’importe quelle technique ou technologie. Derrière elles se trouvent des intelligences humaines, mais aussi des projets économiques et politiques. La nature de ces projets doit toujours être prise en compte, elle est un critère décisif pour juger de la moralité de la technologie développée.
« Rien, dans le monde de l’IA, n’est immatériel ou magique. Chaque réponse qui semble immédiate et parfaite provient d’une longue chaîne de médiations, d’un vaste réseau de ressources naturelles, d’infrastructures énergétiques et, surtout, de personnes » n° 173. « Les systèmes d’IA actuels nécessitent de grandes quantités d’énergie et d’eau, ils ont un impact significatif sur les émissions de dioxyde de carbone et consomment des ressources de manière intensive » n° 101.
« Nous ne pouvons pas considérer l’IA comme moralement neutre. […] C’est pourquoi le discernement éthique ne peut se limiter à se demander si nous utilisons un certain système à des fins bonnes ou mauvaises, mais doit également s’interroger sur la manière dont il est conçu et sur la conception de la personne et de la société qui est inscrite dans les données et les modèles qui le guident » n° 104.
« Une IA plus morale ne sert à rien si cette morale est décidée par une poignée de personnes. Il faut une politique plus présente, capable de ralentir là où tout s’accélère et de protéger les espaces où les communautés peuvent encore participer et s’interroger » n° 107.
Parmi les critères de discernement, le pape Léon XIV, dans la droite ligne des enseignements du pape François, et surtout de la personne de Jésus Christ, pauvre parmi les pauvres, pose l’attention prioritaire à ce qui est fragile, loin de se laisser fasciner par le critère de l’efficacité.
« Lorsque l’efficacité devient la mesure de la valeur, l’être humain est tenté de se considérer comme un projet à optimiser plutôt que comme une créature appelée à la relation et à la communion » n° 112.
« La qualité d’une civilisation ne se mesure pas à la puissance de ses moyens, mais à l’attention qu’elle sait offrir, à sa capacité à reconnaître l’autre comme un visage et non comme une fonction. La capacité à prendre soin les uns des autres est une dimension importante de notre humanité » n° 114.
« Notre rapport à la vie semble aujourd’hui en crise. Tout ce qui apparaît comme une ‘’limite’’ – incapacité, maladie, vieillesse, souffrance, vulnérabilité – tend à être perçu avant tout comme un défaut à corriger, plutôt que comme un espace où l’humain mûrit et s’ouvre à la relation. Nous devons nous rappeler que l’humain ne s’épanouit pas malgré la limite mais souvent à travers la limite » n° 118.
« L’humanité – magnifique et blessé – ne doit être ni remplacée ni dépassée : elle peut accueillir les progrès de la technique pour soigner les souffrances et ouvrir de nouvelles possibilités, à condition de ne pas renier ce qui fait d’elle ce qu’elle est, c’est-à-dire la capacité de relation et d’amour » n° 126.
L’IA ne fait pas surgir une question inédite. Le mensonge, le relativisme – « Qu’est-ce que la vérité ? » interrogeait Pilate –, la difficulté à distinguer le vrai du faux sont des questions permanentes, cependant, la qualité des technologies renforce nos troubles. Ainsi, combien d’artistes se voient-ils dépossédés de leur génie par l’usage d’IA qui produisent livres, chansons, films, etc. Quant à l’actualité et à ses images falsifiées, elle jette dans un trouble profond.
« La recherche de la vérité est un élément essentiel de la démocratie, qui est elle-même un instrument de participation au bien commun. Lorsque la question de savoir ce qui est vrai perd de son intérêt et qu’un pragmatisme se répand, se contentant de ce qui semble utile ou efficace, la vie démocratique s’affaiblit. En effet, celle-ci ne se nourrit pas seulement de règles et de procédures, mais avant tout d’un rapport loyal au fait et d’une réelle orientation vers le bien des personnes et de la société. Le désintérêt pour la vérité conduit lentement mais inexorablement à glisser vers le totalitarisme » n° 134.
« Le premier devoir qui nous incombe est de ne pas diaboliser ni idolâtrer les outils, mais de les maîtriser en partant d’un point d’ancrage : la vérité est un bien commun, et non la propriété de ceux qui détiennent le pouvoir ou la visibilité. Il faut donc promouvoir une écologie de la communication » n° 137.
Dans ce domaine comme de manière générale, un enjeu décisif est celui de l’éducation, celle des autres, des jeunes, mais aussi la nôtre : comment être crédible lorsque nous appelons à se passer des réseaux sociaux ou de l’IA et que nous sommes suspendus aux écrans de nos portables ? « Nous devons nous éduquer à jeûner de l’IA et protéger nos jeunes de la promesse de la machine parfaite, de cette séduction subtile qui fait paraître inutile la pensée humaine précisément au moment où elle est la plus nécessaire » n° 140.
« Si nous ne faisons pas attention, un système éducatif dépourvu d’amour pour la vérité risque de voir le jour, dans lequel le flux incessant d’informations se substitue à la recherche, à la réflexion et au discernement. Les connaissances fragmentaires se multiplient, mais il devient plus difficile d’appréhender la réalité dans son ensemble, de poser des questions sur le sens des choses et de développer une véritable pensée critique et créative » n° 146.
Eduquer les autres appelle à la maîtrise de soi-même, dont celle de notre parole, que celle-ci jaillisse de nos lèvres, ou, et c’est là que le danger est le plus grand, de ce que nous postons sur les réseaux : « La première contribution que nous pouvons apporter à une civilisation plus humaine est de prêter attention à nos paroles. Désarmons les mots et nous contribuerons à désarmer la terre. Le pouvoir des mots est immense et nous en faisons l’expérience de notre communication quotidienne » n° 214.
Pouvoir une chose, s’en savoir en capacité, disposer d’outils technologiques, n’appelle jamais à les utiliser sans discernement. Plutôt que de nous laisser fasciner, voire circonvenir par leur puissance, exerçons la vraie puissance qui est entre nos mains, et possible par la volonté du cœur : parfois dire « oui », mais, aussi, souvent, dire « non », refuser de nous servir de ce qui, pourtant, semble produire relations et compétences, mais ceci n’est que de l’ordre du paraître. « Dans le monde actuel, une culture de la puissance s’installe progressivement, où la disponibilité des moyens et la capacité de dominer tendent à dicter l’ordre du jour et les critères de décision, reléguant le bien commun de l’humanité au second plan et réduisant le drame concret des peuples en guerre à une variable secondaire par rapport aux intérêts stratégiques. Cette culture de la puissance s’infiltre dans la société, modifie les relations et les comportements, se répand en normalisant la guerre, en recherchant une puissance militaire toujours plus grande, en profitant de la crise du multilatéralisme et en alimentant un faux réalisme qui répète qu’il n’existe pas d’alternatives » n° 188
Je termine cette rapide présentation de l’encyclique en rappelant que les chrétiens ne se situent pas en surplomb de la société, encore moins de l’ensemble des humains. Poser une instance critique, dénoncer des choix dangereux, les appelle à se laisser, les premiers, à ce regard critique. « La doctrine sociale n’est pas seulement un message adressé à la société : c’est aussi un examen de conscience pour l’Eglise, maison et école de communion, toujours appelée à vérifier que les principes évoqués dans ce chapitre sont d’abord vécus en son sein. Le bien commun, dans le contexte ecclésial, prend le visage d’un style synodal pour la mission au service du Royaume » n° 86.
« La vigilance et la transparence sont avant tout une grave responsabilité de l’Eglise elle-même et nous ne devons pas attendre que d’autres nous obligent à affronter des vérités dérangeantes sur nous-mêmes » n° 138.
]]>
En ce temps de joie pour notre diocèse, nous rendons grâce pour les 150 adultes qui ont reçu le sacrement de la Confirmation le lundi de Pentecôte, sans oublier ceux qui le recevront ces prochaines semaines.
Cet événement n’est pas simplement une étape de plus dans le parcours de la vie chrétienne ; il est une rencontre profonde avec l’Esprit-Saint, ce souffle de Dieu qui vient fortifier, éclairer et envoyer en mission.
À la Pentecôte, les apôtres qui étaient enfermés, paralysés par la peur et l’incertitude, ont vu leur vie bouleversée par la venue de l’Esprit-Saint. En un instant, ils ont été transformés. La peur a laissé place au courage, le silence à l’annonce, le repli à l’élan missionnaire.
Ce même Esprit agit aujourd’hui encore. Dans un monde souvent marqué par l’individualisme, le doute et l’agitation, la Confirmation rappelle que nul chrétien n’avance seul. L’Esprit-Saint fait de chacun un témoin. Il ne donne pas toutes les réponses d’un coup mais il éclaire le chemin. Il ne supprime pas toutes les difficultés mais : il donne la force de les traverser. Ceux qui ont reçu ce sacrement ont accueilli cet appel personnel du Christ : “Va, et sois mon témoin”. Ils ont accepté de laisser l’Esprit-Saint guider leur vie, inspirer leurs choix, nourrir leur foi et ouvrir leur cœur aux autres.
Notre diocèse a un rôle essentiel : entourer nos confirmés par la prière, l’exemple et l’encouragement. Car l’Esprit-Saint ne fait pas grandir des croyants isolés ; il bâtit une Église vivante, fraternelle et missionnaire et fait naître une joie profonde. Le pape Léon XIV s’adressant récemment aux jeunes chrétiens de Gênes disait : “Nous ne vivons pas notre foi seuls ; nous la vivons ensemble. Et tisser ces liens d’amitié et de communauté est une manière de vivre avec persévérance en tant que disciples de Jésus”.
En ce temps de Confirmation, laissons aussi résonner cet appel pour chacun de nous. Le don de l’Esprit-Saint nous est donné chaque jour pour renouveler notre foi, raviver notre espérance et fortifier notre charité.
Laissons-le habiter en nous, laissons-le être notre Enseignant pour qu’il nous fasse souvenir de toutes les paroles de Jésus. Alors, c’est le Dieu d’amour, la Trinité tout entière, Père et Fils et Saint-Esprit qui viendra chez nous pour y faire sa demeure.