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]]>Laudato si’, encyclique du pape François “sur la sauvegarde de la maison commune”, marquera certainement les années à venir, voire les prochaines décennies. Publiée le 18 juin 2015, comme un appel universel à la “conversion écologique”, elle constituedéjà un texte majeur, un texte de référence, un Rerum novarum du XXIe siècle et, pour ainsi dire, une “encyclique de maturité”, cinquante ans après Vatican II. Elle donnera sans doute un nouvel élan au magistère social de l’Église catholique.
Extrait de l'édytorial de Mgr Hervé Giraud, publié dans la revue diocésaine de l'été 2015
]]>Nous avons été invités, dans un premier temps, à puiser dans Laudato si’, texte au travers duquel le pape François nous appelle à une conversion à l’écologie intégrale. Le label “Église verte” est un outil qui propose d’allier spiritualité et actions concrètes pour nous mettre en mouvement vers cette conversion, dans la durée.
Entrer dans la démarche de labellisation ne signifie pas plus de contraintes, mais au contraire, invite à s’arrêter, faire un état des lieux et s’interroger pour imaginer quelles seraient les actions qui amèneraient à développer plus de liens dans nos lieux respectifs, et vers les lieux qui nous entourent.
En faisant le tour des groupes, nous constatons que le préalable est de constituer une équipe avec l’accord du responsable de la structure concernée pour, ensemble, trouver des actions simples et accessibles à mettre en œuvre. Pour chacun, c’est une démarche à petit pas qui est le gage de réussite et permet de tenir dans la durée. Cela peut aller des randonnées en ville, à un “jardin des baptisés”, en passant par le covoiturage et des propositions d’ateliers et de conférences.
Nous constatons aussi que souvent les actions proposées intéressent plus de personnes hors Église, en quête de sens, plutôt que les paroissiens eux-mêmes. Il nous faut réfléchir à ce constat. L’implication des monastères, notamment La Pierre-qui-Vire ou La Cordelle, même si les problématiques sont un peu différentes, rejoignent toutes les préoccupations évoquées dans les différents domaines d’“Église verte”.
Par ailleurs, nous avons également commencé une réflexion sur les questions d’énergie, initiée par le groupe de Joigny qui a particulièrement creusé le sujet du fournisseur d’électricité. Complexe et convoquant les aspects gestionnaires du diocèse, il est intéressant de prendre conscience qu’il existe des solutions alternatives, et que des accompagnements sont possibles. Le sujet reste à creuser, demandant des études comparatives et complémentaires, mais a le mérite d’avoir été soulevé.
Chaque année, les chrétiens du monde entier vivent la “semaine Laudato si’” en mai et le “Temps pour la création” du 1er septembre au 4 octobre. Une opportunité de se mettre ou se remettre en mouvement pour proposer des temps spirituels liés à la Création ! (domaine Célébration proposé par le Label “Église verte”). Par ailleurs, co-construire avec d’autres permet plus facilement d’inviter et d’intéresser les personnes qui pourraient être un peu loin de la démarche. Globalement, nous constatons que de plus en plus de paroisses s’approprient ces propositions.
Parler “écologie”, ne veut pas dire parler “écologie politique”. Cela veut dire revisiter la relation que nous avons avec nous-mêmes, avec les autres, le vivant et avec Dieu. Nous nous apercevons alors que l’“écologie intégrale” est transversale et se fait présente dans tous les domaines de nos vies. Il est vrai que cette notion demanderait qu’on s’arrête un moment pour la visiter et la comprendre. L’occasion en sera donnée au printemps prochain lors d’un atelier d’une journée sur cette question.
Frère Xavier (Pierre-qui-Vire) a formulé une demande aux groupes présents, émanant du diocèse de Langres pour lequel il était économe : impulser la dynamique de lancement du label Église Verte dans ce diocèse qui n’a aucun groupe à l’heure actuelle. Éric (Joigny) et Rémy (Sens) ont, depuis, témoigné de leurs expériences respectives en visio lors d’une rencontre préparatoire.
Concrètement, nous avons souhaité être une Église en sortie. Nous avons donc rendu visite à l’équipe du “Jardin de la Croisière” où nous avons été accueillis par le responsable du lieu, ainsi que par la personne responsable de l’antenne locale du Secours Catholique. Érik Polrot (directeur de la structure) nous a décrit la démarche d’insertion des personnes en précarité dans le cadre de la production de maraîchage biologique, et Marylène Vergnaud (Secours catholique) nous a fait toucher du doigt l’importance de l’accompagnement des personnes bénéficiaires. Sans doute avons-nous pu ainsi voir la concrétisation de ce que le Pape entend par “être à l’écoute de la clameur des pauvres et de la clameur de la Terre”.
Nous avons ensuite rejoint le jardin municipal du Moulin à Tan. Là, nous avons écouté le responsable, passionné, nous présenter la production de plants avec la technique dite de “lutte intégrée” — réguler l’invasion de ravageurs par des techniques purement naturelles. Cela revient à nous interroger sur le respect de la nature.
Notre journée s’est terminée par la visite du jardin de l’ancien Archevêché, que Rémy conduit en évolution semi libre et gestion différenciée des espaces, où une célébration a conclu la journée. Célébration “dans la nature” placée sous le signe de la Création et d’un texte d’Isaïe : “Voici que je fais une chose nouvelle : elle germe déjà, ne la voyez-vous pas ? Oui, je vais faire passer un chemin dans le désert, des fleuves dans les lieux arides.” Isaïe 43, 19.
Un bel envoi pour nous soutenir dans nos diverses démarches “Église verte” !
Bernadette Daguin, pour l’équipe du Comité CLEFS
ecologie@diocese89.fr
L'association Ecoplan 89 a pour objectif :
Retrouvez ci-dessous, la carte Ecoplan 89 des producteurs locaux (secteur alimentation) :
]]>Il ressort qu’il est important d’avoir à cœur de faire comprendre qu’Église verte n’est pas une succession de contraintes, mais bien un outil ancré dans la spiritualité qui aide à se maintenir dans la démarche. C’est une façon d’observer et de regarder les choses avec un angle différent. Bernadette
Comme souvent dans les rencontres de personnes qui partagent les mêmes projets ou valeurs, les échanges ont été riches et fructueux. [...] Il était intéressant de se redire que chacun fait à sa mesure ; qu’il est important d’avancer mais surtout de ne pas s’épuiser. Cela implique que nous devrons faire des choix malgré notre enthousiasme. À Joigny, nous nous engageons sur des “petites actions” comme l’accueil du Repair café tous les trimestres, avec l’organisation d’ateliers compost et fabrication de produits maison à cette occasion. Et des conférences de sensibilisation et information sur l’écologie tous les mois avec, si possible, la participation de quelques “pointures” de l’écologie. Et encore et toujours, prier et célébrer la création à toutes occasions ! Agnès
Le tour d’horizon que nous a fait frère Xavier dans l’après-midi sur les avancées de la démarche Église verte à la Pierre-qui-Vire fut édifiant et exemplaire ! Ils ont réellement une longueur d’avance par rapport au volet “monastère” du label, et j’ai eu l’impression confirmée que nous étions “au bon endroit” pour cette réunion diocésaine. Les retours d’expérience des autres intervenants, chacun à leur niveau, m’ont paru également très inspirants pour nous situer et nous projeter dans notre propre parcours Église verte. Nous sommes donc repartis avec des pistes nouvelles, mais aussi confortés dans l’idée que “nous ne sommes pas seuls” sur le chemin… Éric
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Frère Patrice a dressé l’historique de la présence des Franciscains à Vézelay puis a partagé “l’essence” du projet d’accueil à l’ermitage de La Cordelle : l’envie de vivre pleinement une éco-spiritualité avec les personnes de passage. Tout en étant contemplatifs, ils rejoignent beaucoup de personnes en quête de spirituel, de ressourcement, de contemplation, de recherche… Ils aident à cheminer, tout en se laissant questionner. De ce constat, et afin de mieux accueillir le public, une réflexion est menée en lien avec des architectes pour concevoir un nouveau bâtiment qui permettrait de faire des retraites, sans hôtellerie réelle, mais de partager simplement la vie des frères dans une démarche écologique. De fait, les bâtiments actuels sont trop exigus pour faire cela dans de bonnes conditions.
Après avoir célébré dans la chapelle et déjeuner d’un repas végétarien (la viande n’est servie que le dimanche), nous avons clôturé cette rencontre par une visite de la basilique de Vézelay où par chance la luminosité nous donne encore à voir le “chemin de Lumière” qui nous conduit au Christ.
Bernadette Daguin, chargée de mission au sein des Communautés Laudato si’ et membre du comité CLEFS
Le rôle de ce comité "CLEFS" est tout d’abord d’aider à une prise de conscience : à la lumière de notre foi, nous devons percevoir la crise écologique avec ses conséquences sur le Vivant, et agir ENSEMBLE pour contribuer à y remédier. L’objectif de ce comité est également de susciter ou d’accompagner des réflexions et des mises en actes concrètes, par la création de groupes « Laudato si' en actes ». En présentant son livre lors de l’assemblée diocésaine de février 2021, Marie-Hélène Lafage nous a donné des outils pour échanger, et voir comment, sur nos territoires paroissiaux, nous en inspirer pour réfléchir, prier, transformer nos habitudes, et agir ensemble dans des engagements simples et concrets.
Un autre outil pour accompagner des processus de transition écologique, est le Label Église Verte. Proposé par les Églises Chrétiennes, il aide nos lieux ecclésiaux à entrer dans une démarche de conversion écologique très concrète. En réfléchissant aux enjeux spirituels, il permet à chaque lieu de progresser afin de prendre soin de la Création. Le Comité pourra accompagner cette mise en mouvement dans chaque communauté ecclésiale souhaitant s’engager, en allant à leur rencontre pour proposer de l’information et de la formation.
Une autre facette du comité « CLEFS » sera de tisser des liens, de visiter et promouvoir d’autres initiatives socio-écologiques nombreuses dans l’Yonne. Car vivre la conversion écologique, c’est autant aller à la rencontre des autres que faire des propositions. C’est aujourd’hui une opportunité pastorale qui peut rejoindre bien des préoccupations citoyennes et intergénérationnelles. Ainsi, suite à la dernière Assemblée des évêques sur le thème « Cultiver la terre et se nourrir », le projet est de poursuivre la réflexion et les échanges avec des agriculteurs de l’Yonne, de faciliter le dialogue entre eux.
Enfin, au-delà des questions et préoccupations écologiques qui pèsent aujourd’hui sur notre quotidien, ce comité veut porter avec tous aussi une espérance : celle de « transformer la menace écologique en promesse », celle d’entrevoir de nouveaux possibles, sources de fraternité, de joie.
Mme Bernadette Daguin
et Père François Campagnac