Diocèse de Sens, diocèse d'Auxerre

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L'actuel diocèse de Sens & Auxerre est né après la Révolution. Ses deux cathédrales conservent le souvenir du diocèse de Sens et de celui d'Auxerre.

Le diocèse de Sens a été fondé vers 240 par saint Savinien. Ses archevêques ont eu une place importante dans l’Eglise de France : au IXème siècle, le Pape Jean VIII a donné à l’archevêque de Sens le titre de "Primat des Gaules et de Germanie" et jusqu’au XVIIème siècle, l’évêque de Paris dépendait de l’archevêque de Sens.

Le diocèse d’Auxerre a été créé vers la fin du 3ème siècle. Vingt-sept de ses évêques (dont St Germain) sont vénérés comme saints ; ce qui lui valut d’être appelé, par le pape Pascal II, "la sainte Eglise d’Auxerre". Le diocèse d’Auxerre fut profondément marqué par le jansénisme : les jansénistes condamnés ou refoulés des autres diocèses vinrent s’y réfugier et les pratiques jansénistes durèrent juqu’à la mort de l’évêque Charles de Caylus en 1754.

SENS, métropole politique et religieuse

Au IVème siècle, Sens avait été désigné par les Romains comme capitale de la 4ème Lyonnaise. A ce titre, elle avait sous sa dépendance Chartres, Auxerre, Meaux, Paris, Orléans et Troyes. La circonscription ecclésiastique fut calquée sur la circonscription civile et le siège épiscopal de Nevers lors de sa création à la fin du Vème siècle fut également rattaché à Sens. Ces sept évêchés constituaient une province ecclésiastique d’une exceptionnelle importance que traduisait la devise CAMPONT - acrostiche des initiales des sept sièges - fièrement inscrite sous les armes du chapitre de la cathédrale de Sens.

En 769, l’archevêque de Sens, Villicaire, était à la tête de la mission épiscopale franque qui assistait à Rome au Concile chargé de juger le pontife intrus Constantin II, avec le titre d’archevêque des Gaules.

La primatie

Par une bulle datée du 2 janvier 876, le pape Jean VIII institue l’archevêque de Sens Ansegise "vicaire apostolique". Même si le terme "primat" n’est pas employé, personne ne se trompe sur la réalité de la fonction, et le moine chroniqueur Odoranne parle même de "pape en second". Le primat constituait un relais entre l’autorité pontificale et les provinces.

En 1163, au plus fort de ses démêlés avec Frédéric Barberousse, le pape Alexandre III consacre la primatie de Sens en venant s’y installer, sur l’invitation du roi Louis VII, de septembre 1163 à avril 1165, en faisant ainsi pour quelques mois le centre de la chrétienté.

Sans doute le rôle de Sens déclinera t-il par la suite. Dès le XIème siècle, Sens et Lyon rivalisaient pour la primatie des Gaules et de la Germanie. Au fur et à mesure que Paris se confirmait capitale du royaume, l’évêché de Paris et le roi lui-même acceptaient de plus en plus mal de dépendre de Sens. Au terme d’un différent s’étalant sur plusieurs siècles, la bulle Universi Orbis du 20 octobre 1622 érigeait Paris en archevêché avec comme suffragants Chartres, Meaux et Orléans.

De la Révolution à nos jours

archevêque de Sens, évêque d’Auxerre

Au moment de la Révolution française, le département de l’Yonne fut formé de territoires provenant de quatre diocèses : le nord du département est une partie de l’ancien diocèse de Sens, le centre comprend une partie de l’ancien diocèse d’Auxerre, le Morvan, au sud, vient de l’ancien diocèse d’Autun et, enfin l’est faisait partie du diocèse de Langres.

La Révolution française voulait faire coïncider les diocèses avec les départements. Après bien des hésitations qui durèrent plus de 20 ans, le Pape rétablit l’archidiocèse de Sens en 1821. Celui-ci prenait les dimensions du département de l’Yonne. Mais afin de conserver le souvenir du diocèse d’Auxerre, l’archevêque se nommera désormais : archevêque de Sens, évêque d’Auxerre et aura donc deux cathédrales.

Le XIXème siècle fut marqué par un anticléricalisme certain ; ceci explique que lors des enquêtes faites sur la situation religieuse de la France rurale au milieu du vingtième siècle, la plus grande partie du département de l’Yonne était classée comme "pays de mission". Aujourd’hui encore le nombre des baptêmes et des funérailles catholiques est inférieur à la moyenne nationale.

Diocèse de l’Yonne

En 1790, le diocèse de Sens devenait le diocèse de l’Yonne. Il était même supprimé par le Concordat de 1801 et réuni au diocèse de Troyes. Le titre d’Archevêque de Sens subsistait toutefois : il était porté non par l’évêque de Troyes mais par l’archevêque de Paris.

Ce n’est qu’en 1821 que la Province fut reconstituée. Elle comprenait l’archidiocèse métropolitain de Sens et les diocèses de Troyes, de Nevers et de Moulins ainsi que, depuis 1954, la Prélature de Pontigny.

En 1973, la résidence de l’archevêque est transférée de Sens à Auxerre, chef-lieu du département de l’Yonne, qui se trouve au centre du département.

En 1984, les anciennes paroisses au nombre de 500 sont regroupées en 102 paroisses nouvelles et en 8 doyennés.

Entre 1987 et 1991 s’est tenu un synode diocésain, c’est-à-dire une assemblée réunissant, sous l’autorité de l’évêque, des délégués (prêtres, religieux, religieuses et laïcs) choisis dans toutes les communautés chrétiennes. Ensemble, ils ont cherché comment mieux témoigner de leur foi.

Sous l’impulsion de Mgr Gilson, de 1996 à 2002, les catholiques de l’Yonne ont continué à approfondir les orientations de ce synode, dans une recherche dynamique. Ils ont travaillé dans trois directions, qui sont des enjeux importants pour la vie et la mission de l’Église dans l’Yonne :

  • Comment prendre en compte la vie des jeunes de notre département, et leur annoncer la Bonne nouvelle de Jésus Christ ?
  • Comment accompagner les familles en deuil et assurer le service de la célébration des obsèques ?
  • Comment mettre en place localement des communautés de croyants qui partagent l’Évangile et témoignent de l’amour de Dieu ?

Une nouvelle province ecclésiastique

Le 8 décembre 2002, un décret de la Congrégation des Évêques a reconfiguré les Provinces ecclésiastiques pour l’ensemble de la France.

Le siège de Sens a perdu son rôle de métropole au profit de Dijon élevé au rang d’archevêché métropolitain dont il devient suffragant en compagnie d’Autun, de Nevers et de la Prélature de la Mission de France dont le siège se trouve à Pontigny.

A titre historique, l’Évêque de Sens conserve le titre d’archevêque. Le décret érigeant la Province de Dijon a été signé le 8 février 2003.