Histoire et description

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Découvrez une présentation de l’histoire et des lieux

Ce n’est être ni prétentieux ni chauvin que de dire que l’église paroissiale Saint Romain de Migé a fière allure. Tout est à la fois puissance et élégance avec son clocher massif, ses forts piliers et ses proportions qui étonnent aujourd’hui mais que justifiait jadis l’importance du village. Notons aussi ses portails si intéressants dans leur style différent, la hauteur de ses voûtes et ses grosses gargouilles.

Ce qui frappe lorsqu’on entre dans cette église, c’est l’unité de style de la construction (ogival flamboyant du commencement du 16e siècle) et ses proportions ! 34,15 mètres de longueur et 17 mètres, largeur des deux nefs. La hauteur générale des voûtes est de 10,10 mètres.

Le plan : deux nefs ogivales à larges baies flamboyantes, la nef principale se termine par une abside à trois pans. Au Nord près du chœur, une tour carrée du 16e siècle soutenue par de larges contreforts. En 1770, elle a été exhaussée de 10 mètres, ce qui l’a portée à 26 mètres de haut. Un pavillon de 5 mètres a remplacé alors l’ancien clocher. Près de cette tour un petit portail orné de sculptures d’un art "naïf".

Les contreforts du chœur sont tous ornés de clochetons et toutes les gargouilles devaient attirer l’attention du visiteur. A remarquer surtout, au chevet de l’église, la gargouille bourguignonne avec sa cuve, son pilon entre ses pattes et sa hotte sur le dos.

Le portail principal est "irrégulier", il n’est pas dans l’axe du pignon mais quelle richesse de sculpture ! Cet immense pignon du portail principal, du temps de Louis XII, offre une très élégante ornementation. On remarque tout d’abord la finesse des sculptures et la hardiesse du linteau sans trumeau ou pilier central. Il épouse la forme d’une large baie encadrée par des clochetons avec des guirlandes de raisins animées par ceux qui vivent de la vigne : le vendangeur, l’âne, le dieu Pan, les raveux, les oiseaux... Toute cette décoration courant dans les moulures des pieds-droits.

Sur le tympan du portail principal, il y avaient autrefois une statue équestre de Saint Romain sur fond d’azur frappé de fleurs de lis, sans doute signe de l’ancien régime, qui disparut durant la Révolution Française. Le portail latéral, à droite de la façade, date de la Renaissance. Dans un tympan, d’un travail très fin, en forme de coquille il présente de charmants détails d’ornementation qui représentent le Christ descendu de la croix et soutenu par la Vierge qu’accompagnent deux anges tenant une couronne sur la tête du Christ. Un porche garantissait autrefois ce portail des injures du temps. On en remarque encore l’emplacement sur la façade.

L’ensemble intérieur est tout à fait remarquable par sa disposition inusitée. En effet, les deux bas-côtés ayant une largeur et une hauteur égales à celle de la nef, on croit se trouver dans l’une des immenses salles capitulaires des anciennes abbayes... Les voûtes en pierres bien appareillées offrent beaucoup d’élégance. Leurs fines nervures ogivales retombent ou s’appuient sur de sveltes colonnes isolées d’un bel effet. Toutes ces colonnes "engagées" sont torses et caractéristiques de l’art bourguignon.

Quel enchantement ce devait être lorsque les voûtes enchevêtrées du chœur et du sanctuaire étaient éclairées par les cinq grandes fenêtres à meneaux toutes ornées de vitraux du 16e siècle. Enfin pour apporter une dernière précision, disons qu’une salamandre sculptée à l’une des clefs de voûtes (chapelle de Saint Vincent) indique le règne de François 1°. C’est l’époque où fut terminée l’église de Migé, commencée durant le règne précédent ou même sous Charles VIII. Bien que certains en attribuent la construction à Chatenai de la Rivière qui l’aurait terminée en 1545...

Quelques dates

1811 à 1817 : Réparation de l’église, soubassements des murs et des piliers en pierre plus dure à cause de l’eau qui tombe des toitures. Dans la sacristie, pour l’assainissement, on remplace l’ancien pavé par des carreaux bien cuits. On remplace la porte pleine par une autre "grillée" par le haut pour faciliter la circulation de l’air. On enduit et blanchit les murs. Enfin on répare le mur du cimetière en pierres sèches et on y redresse la croix.

1836 : On remplace la porte charretière du presbytère et on achète un "serpent"" à musique.

1857 : Les honoraires du 2° chantre et de l’ophicléide (Alexis Verain et Julien Vildieu) passent de 40 Fr à 50 Fr.

1860 : Un orgue (harmonium) Alexandre et un lustre (chapelle de la Sainte Vierge) sont achetés à Paris et amenés à ses frais par Mme Marguerite Mailleau, Vve Barthelemy Vildieu.

1860 : Achat d’un chemin de croix (175 Frs)

1861 - 17 février : Erection du chemin de croix par M. le doyen de Coulanges

1862 : Construction du lutrin (chapelle de la Sainte Vierge).

1863 : Achat d’une bannière de la Sainte Vierge.

1864 : Achat de la statue de la chapelle de Sainte Vierge

1865 : Fin du mois d’Août : On commence les réparations de la charpente et de la couverture de l’église.

1866 : On décide de nouveau de re-daller le sanctuaire.

1868 : On pose un banc de communion en fonte.

1869 : "Malheureusement l’église elle-même est blanchie à la chaux, ce qui la dépare complètement."

1869 - 29 septembre : Baptême de Thérèse, la grosse cloche. Elle a pour parrain le Baron de Halvelt des Barres, conseiller général, et pour marraine Thérèse Yanville de Vincelles, assistée de son père, conseiller général.

1872 : On a refait le dallage et les bancs des chapelles de la Sainte Vierge et de St Vincent.

1885 - 1899 : On vend les vieux vitraux du 16e siècle pour en acheter des neufs. Sans doute ces vitraux neufs et en grisaille sont en bon état. Mais du point de vue artistique combien notre église aurait encore plus de valeur si on avait pu lui garder ses vitraux d’origine  ! Hélas !

1906 : Dernière séance du conseil de fabrique (effroi de la séparation de l’Eglise et de l’Etat).