Histoire et description

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Découvrez une présentation de l’histoire et des lieux

L'HISTOIRE

Très tôt Vincelottes fut le lieu d’embarquement sur l’Yonne des vins des religieux de l’abbaye de Reigny. Une première église a du exister au XIIe siècle mais elle fut reconstruite aux XVe et XVIe siècles.

La chapelle des Fonts, supportant le clocher côté Nord est le partie la plus ancienne de l’église actuelle, seul vestige de l’église disparue.

Des remplages de fenêtres du XVe siècle sont encore visibles sur la façade Sud et dans le chœur (la baie axiale est masquée par le retable postérieur et par la construction d’une sacristie). La charpente à chevrons portant ferme date aussi du XVe siècle. Le gros œuvre, chœur et nef, a été édifié dans le style gothique du XVIe.

De la renaissance subsistent le décor de la façade Ouest ainsi qu’une voûte peu profonde avec des ogives soigneusement moulurées dessinant des rectangles sur l’intrados couvrant une chapelle latérale construite entre 2 contreforts Sud. Le XVII siècle a vu l’installation du grand retable daté de 1646, et la construction, à gauche de l’autel, hors œuvre, côté Nord, de la chapelle funéraire de la famille Bastonneau.

Après avoir acquis en 1634 la terre de Vincelottes, André Bastonneau, restaura l’église endommagée par les guerres de religion et s’y fit enterrer vers 1658. Son château et son domaine furent vendus en 1715 par sa fille à la Maison Saint Lazare de Paris. Les épitaphes de cette famille, présentées dans un beau cadre en pierre sculptée furent bouchées en 1793. Les armoiries de la famille sont conservées sur la clef de voûte de la chapelle.

Une belle grille en fer forgé fut posée au XVIIIe siècle entre le chœur et la nef. A cette époque une sacristie fut construite entre 2 contreforts, dans l’axe du chœur, occultant ainsi la baie axiale.

Enfin, un clocher fut reconstruit à partir de 1756 sur le massif le plus ancien de l’édifice (chapelle des Fonts), hors œuvre, côté Nord. En effet, le 29 juin 1756, un violent ouragan avait renversé le clocher de la paroisse : « Un ouragan furieux mêlé d’une grêle prodigieuse » qui au passage a aussi ruiné les vignes de Vincelottes.

Le clocher précédent semblait, selon un dessin de 1674, être une flèche de grande hauteur posée sur son beffroi. Les habitants firent une demande auprès de l’intendant, Monseigneur de Sauvigny, intendant de la généralité de Paris « en son autel rue royal Butte Saint Roch à Paris ». Celui ci dépêcha le 3 décembre 1756 le géomètre Gardet. Il lui fut demandé un devis, demande appuyée par Martineau des Chesnez, Maire d’Auxerre. Gardet fit un devis le 12 janvier 1757 pour un:montant de 3662 livres. Ce devis très descriptif donne la provenance des pierres de taille dure à Coutarnoux. Des coupes de bois ont financé les travaux et de nombreux échanges de lettres eurent lieu avec l’intendant Louis jean Bertier de Sauvigny.

La tour de l’église et son clocher furent reconstruits en 1758 avec des variantes par rapport au devis de Gardet.

Le XIX siècle n’a pas vu d’interventions sur cette église.

LA DESCRIPTION

L’église forme un rectangle terminé à l’Est par un chevet à 3 pans et 2 chapelles hors œuvre au Nord.

La façade Ouest présente un mur pignon entre 2 gros contreforts. Elle est percée d’un oculus rond et d’un portail cintré encadré par 2 colonnes cannelées et surmontées par un entablement et un fronton triangulaire.

La façade Sud est percée de grandes baies en tiers point et étayée par des contreforts à glacis. Une chapelle Renaissance de faible profondeur est logée entre 2 contreforts. Le chevet est prolongé par une sacristie construite au XVIIIe siècle dans l’axe, entre deux contreforts.

Sur la façade Nord se greffent la chapelle seigneuriale et funéraire des Bastonneau construite en 1648 et plus loin une tour carrée épaulée de gros contreforts sur laquelle s’élève le clocher reconstruit en 1756/58. Le clocher est sommé d’un toit à l’impériale contrairement au projet initial qui avait prévu une flèche en égout. Chaque face de clocher est percée d’une baie en tiers point avec abats sons alors que le projet prévoyait 2 baies en plein cintre.

Dans l’angle du clocher se situe une tourelle logeant un escalier à vis.

L’intérieur offre une nef unique de 5 travées voûtes d’ogives prolongées par un chœur à 3 pans et par une sacristie hors œuvre.

Une belle chaire à prêcher, en bois XVIIIe et une belle grille en fer forgé ornent le chœur. Des traces de litre funéraire apparaissent sur les murs gouttereaux. Côté Nord, la chapelle des Fonts occupe le seul élément subsistant d’une église antérieure au XIIe, plan carré, grosses ogives et arcs formerets reposant sur des culots et aboutissant à un gros trou de cloche.

Le clocher reconstruit au XVIIIe siècle repose sur cette base. Encore côté Nord, la chapelle funéraire des Bastonneau, seigneurs de Vincelottes, de plan carré, ouvre sur la première travée de la nef. Édifiée en style gothique au XVIIe siècle, elle offre encore un décor sculpté : clef de voûte aux armes des Bastonneau, épitaphe et son cadre en pierre sculptée et retable à une travée. Sur les voûtaines apparaissent des traces de peintures.

Un retable de grande qualité, daté de 1646, la perspective de la nef. Une seule travée est flanquée de 2 colonnes cannelées de chaque côté, avec chapiteaux composites, entablement, fronton triangulaire interrompu et panneau central avec colonnes rondes à décor végétal, niche abritant une statue d’évêque et fronton circulaire avec denticules. La peinture du retable illustre Jésus au Jardin des Oliviers.

De chaque côté du retable en pierre sont disposées des portes cintrées avec décor soigné de pilastres avec chapiteaux.

On trouve fréquemment dans les églises de l’Yonne cette disposition d’un retable à travée unique complété par des parties latérales avec portes et présentation des reliquaires (Moutiers, Fontenoy, etc.…)

L’église conserve des statues des saints Abdon, Blaise et Norbert.

La totalité du sanctuaire est couverte d’une charpente à chevrons portant ferme, du XVe siècle.