Huitième méditation : Jeudi 12 novembre 2020 — 16. Paroisse Saint-Germain d'Auxerre

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Paroisse Saint-Germain d'Auxerre

Huitième méditation : Jeudi 12 novembre 2020

à partir du Psaume de la messe du jour : (Ps 145 (146), 6c-7, 8-9a, 9bc-10)

Texte de référence

            «Le Seigneur garde à jamais sa fidélité,
            il fait justice aux opprimés ;
            aux affamés, il donne le pain ;
            le Seigneur délie les enchaînés
.» 

          La fidélité première c’est celle de Dieu. Sans cette fidélité originelle, nos tentatives d’être fidèles seraient vaines et sans doute même insensées. Tant de gens soutiennent aujourd’hui que la fidélité est conditionnée, voire inutile ou impossible; on voit courir l’idée que l’intérêt individuel est bien plus précieux que la fidélité à des personnes, à des principes, à soi-même… C’est en contemplant l’action de Dieu dans l’histoire d’Amour avec son Peuple que nous voyons se révéler un Dieu fidèle, un Dieu qui est la fidélité à ce qu’Il a choisi librement. La fidélité de Dieu nous est une consolation dans toutes nos épreuves, dans toutes nos attentes, dans nos faims et nos soifs. Dieu est fidèle, et il ne nous abandonnera à des famines ou à des chaînes éternelles. Que la traversée de cette vie entre ombres et lumières soit guidée par sa promesse; nous la verrons s’accomplir.

            «Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles,
            le Seigneur redresse les accablés,
            le Seigneur aime les justes,
            le Seigneur protège l’étranger.
 » 

          Ce qui défigure l’homme de manière radicale, ce qui fait parfois de nos vies des caricatures de l’humain, c’est l’enfermement. Que celui-ci prenne la forme de la cécité, de l’accablement, de l’injustice égoïste, ou du refus de l’autre dans sa différence, il produit toujours notre aliénation. L’homme créé à l’image de Dieu est fait pour contempler la beauté de la création et pour l'offrir dans sa contemplation eucharistique; il est fait pour «espérer contre toute espérance » pour combattre en lui les destructions de l’âme que sont les accablements mortels; il est fait pour aimer la justice qui le rapproche de Dieu, et pour déployer l’Amour concret du prochain, tout spécialement quand le prochain est vraiment cet autre, étrange, qui me dérange et m’enrichit: l’étranger.

            «Il soutient la veuve et l’orphelin,
            il égare les pas du méchant.
            D’âge en âge, le Seigneur régnera :
            ton Dieu, ô Sion, pour toujours ! 
» 

          Dieu sera toujours du côté de celui que nous avons laissé sans défense, à la marge de notre existence, mais c’est là aussi, à l’écart du monde et des voies de réussite qu’Il vient souvent nous chercher, nous-mêmes… Car nous sommes parfois cette veuve et cet orphelin sans défense et sans le toit de la présence aimante de la société. Ne croyons pas que la veuve et l’orphelin, l’étranger, la victime, l’accablé sont toujours un autre que Dieu me préfèrerait; je suis aussi cette veuve et cet orphelin, et le comprendre m’aide à ne pas être en permanence dans le complexe du frère aîné du fils prodigue, incapable de voir à quel point il a été aimé, sauvé, repêché dans ses errances. Nous sommes tous redevables à l’Amour de Dieu, débiteurs de ce Seigneur qui « régnera pour toujours ».