Dans notre prière

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Chanoine Henri Rivière

Monsieur le Chanoine Henri Rivière est décédé à Brienon-sur-Armançon, le 24 février 2018, à l’âge de 96 ans, dans la 71ème année de son ministère presbytéral.

La cérémonie de ses funérailles a été célébrée le vendredi 2 mars 2018 à 15 h, en l’église Saint-Eusèbe d’Auxerre, suivie de l’inhumation au cimetière de Chichery.

Son parcours

  • Professeur à l’Institution Saint-Jacques de Joigny, de 1947 à 1963 ;
  • Responsable d’aumôneries de l’Enseignement public et de la JEC, de 1964 à 1979 ;
  • Curé de Saint-Savinien de Sens, de 1979 à 1986 ;
  • Vicaire général, de 1986 à 1992 ;
  • Curé de Villeneuve l’Archevêque, de 1992 à 1999 ;
  • Délégué épiscopal pour le service des Prêtres âgés, de 1999 à 2006 ;

Titulaire de la Croix du Mérite de la République fédérale d’Allemagne.

Homélie prononcée par le père bernard Thourigny, lors des obsèques 

S'il y a eu une « Béatitude » qu' Henri Rivière a bien vécu, à sa manière, c'est celle d' « artisan de paix ». Mais de paix active, pas d'immobilisme...  Henri a marqué de nombreuses personnes tout au long de son ministère, et notamment beaucoup de jeunes avec qui ensuite il est resté en lien.

Cela a commencé à l'école Saint-Jacques, à Joigny, où il était professeur d'allemand pendant 15 années (et où je fus son élève).  Juste après la Seconde Guerre mondiale, il fut à l'initiative du rapprochement franco-allemand, ce qui était difficile à ce moment-là. À partir de 1950, il lança des camps de jeunes franco-allemand, avec la complicité amicale d'un prêtre allemand de Duisburg, l'abbé Konermann. Tous deux devinrent de grands amis. Puis il fut un intermédiaire efficace pour le jumelage de la paroisse Saint-Marse avec la paroisse sainte Elisabeth de Duisburg (les Allemands ont contribué largement au financement de l'église Saint-Marse) ;  des échanges entre ces deux paroisses continuent toujours. Une délégation de la paroisse Sainte Elisabeth n'a pu venir, vu l'état des routes. Cependant ils ont prévu un temps de prière chez eux, en ce moment même, et une messe paroissiale demain soir pour lui.

À l'école Saint-Jacques, et après, il fut aumônier diocésain de la JEC (Jeunesse Etudiante Chrétienne), car il croyait fermement à l'Action Catholique, et il soutenait les mouvements comme le MRJC et le CMR. Il travailla aussi beaucoup avec Paul Bertrand au niveau de l'Aumônerie de l'Enseignement public.

C'était un rural, du village de Chichery (là où il sera inhumé). Il avait la simplicité, la prudence, le bon-sens paysan ; ce qui ne l'empêchait nullement d'aller de l'avant, d'être un acteur d'une Église ouverte, vivante, qui cherche et s'efforce de bien connaître le monde dans lequel nous sommes pour lui parler de façon claire et audible.

Il s'inspirait dans son ministère de tout l'apport du Concile Vatican II. Au Synode diocésain (1988 – 1991), en tant que Vicaire général et responsable de l'animation, il poussait à cette ouverture, à l'engagement des laïcs dans l'Église et dans le monde. Homme de paix, il encourageait les échanges constructifs entre chrétiens, groupes et mouvements aux sensibilités différentes, certains le trouvaient même un peu trop gentil !

Spirituellement, avec d'autres prêtres puis des laïcs il participait au groupe « Évangile et Mission », appelé aussi Cor unum, fondé par le père de Clorivière, ce qui avait développé en lui, disait-il, un besoin de fraternité et de dialogue.

Pendant 10 ans il fut aussi, à mi-temps, prêtre au travail salarié : un Institut de formation l'avait embauché pour faire de l'alphabétisation d'étrangers et aussi de la formation du personnel dans des entreprises et en milieu hospitalier.

Curé de Saint-Savinien à Sens, il créa l'association locale « Vivons ensemble » comprenant des Français et des étrangers de la ZUP de Sens. Et il travaillait dans le même esprit lorsqu'il fut ensuite curé de Villeneuve l'Archevêque.

Important pour lui était de faire de nombreuses rencontres et d'inciter à se rassembler.

Il disait souvent méditer sur les richesses de la différence, image  du Dieu-Trinité.

Du 3, place Saint-Etienne, on a entendu le témoignage tout à l'heure. Ce fut un lieu d'accueil, d'amitié et de réflexion pour les nombreux jeunes qui y sont passés.

Artisan de paix, de relations humaines nombreuses et diversifiées : nous pouvons nous inspirer – chacun selon son tempérament et son charisme – de ce que fut sa vie.

Terminons par une phrase qu'il a écrite :  « Le monde d'aujourd'hui, affronté à tant de problèmes, aurait tant besoin de rencontrer une Église qui, à la suite du Christ, parcourt les chemins du monde, comme Jésus le fit en Palestine. »

Heinrich,  schlaf' gut in Ruhe,  und für alles danken wir Dir !

 

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