Homélie de la Vigile Pascale 2026 — Diocèse de Sens & Auxerre

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Homélie de la Vigile Pascale 2026

Mgr Pascal Wintzer - Saint-Julien du Sault - 4 avril 2026

Même si ce n’est pas le cas pour nous cette année, ce qui est le cœur de la vigile pascale, c’est la célébration des sacrements de l’initiation chrétienne, le baptême, la confirmation et l’eucharistie.
Nous pouvons prier pour ceux qui ont reçu ce sacrement, ici, les années passées, ainsi que pour les catéchumènes de la paroisse qui sont en chemin vers la vie chrétienne.

Pourtant, même s’il n’y a pas de baptême, c’est le baptême qui est au cœur de notre liturgie.
Nous allons tous, dans quelques instants, renouveler notre profession de foi, et nous allons être aspergés d’eau bénite. Bien entendu, nous avons reçu le baptême et la confirmation, une fois pour toutes ; la présence de Dieu est venue habiter notre vie pour toujours, que nous soyons attentifs à cette présence ou bien que nous l’oublions ; le Seigneur est là, présent, il est fidèle.
Cependant, renouveler ce soir les engagements de notre baptême, c’est être rappelés à mieux vivre de cette présence du Seigneur en nous.

Nous venons d’entendre les magnifiques et fortes paroles de saint Paul dans la lettre aux Romains : « Pensez que vous êtes morts au péché, mais vivants pour Dieu en Jésus Christ. »
Oui, notre vie a été changée, nous avons été plongés dans la mort du Seigneur pour ressusciter à une vie nouvelle.
Et pourtant…, cette vie nouvelle est-elle toujours si présente ? Avons-nous tourné vraiment et totalement le dos au péché ?
Ecoutons encore l’apôtre Paul : « Si donc, par le baptême qui nous unit à sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, comme le Christ. »

Elle est peut-être là la source de la tristesse profonde qui peut nous habiter, non pas seulement chacun de nous, mais l’ensemble de l’humanité : nous avons le désir d’aimer, d’être justes, d’être généreux, et nous faisons l’expérience de nos médiocrités et de nos mesquineries.
Le baptême nous a-t-il vraiment changés ?
Dieu est-il si présent et si actif ?
C’est aussi l’apôtre Paul qui exprimait ce sentiment de tristesse, de lassitude peut-être : « Je sais que le bien n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans l’être de chair que je suis. En effet, ce qui est à ma portée, c’est de vouloir le bien, mais pas de l’accomplir. Je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas. »
Et il ajoute : « Malheureux homme que je suis ! Qui donc me délivrera de ce corps qui m’entraîne à la mort ? »

Le carême est terminé, le baptême a été reçu, mais le chemin est toujours devant nous, la conversion est l’appel qui doit marquer notre vie ; et pas seulement notre vie, c’est-à-dire nos comportements, mais aussi notre pensée et notre cœur.
En effet, gardons-en conscience, nos actes, nos paroles, bons et mauvais, viennent du cœur et de la pensée.
Se convertir c’est choisir que le regard que nous portons sur le monde, la société, les autres, soit guidé par la foi, par la Bible.
Nous le savons, et Jésus le rappelle, le mal ce n’est pas ce qui entre dans la bouche, mais ce qui sort du cœur.
C’est parce que, d’abord, notre pensée, notre cœur, est habité de pensées mauvaises, que, immanquablement, nous finirons par tenir des propos négatifs ou émettre des jugements péremptoires.

Face au pessimisme, au regard négatif sur toute chose, le récit de la création nous a fait entendre cette affirmation de Dieu sur toute réalité et tout être vivant : « Dieu vit tout ce qu’il avait fait ; et voici : cela était très bon. »
Avec le livre de l’Exode, nous avons vu la victoire de Dieu sur le mal.
Aujourd’hui, il ne s’agit plus d’attendre la destruction de quiconque – ni les Egyptiens ni quelque peuple n’a pas à être englouti dans la mer – mais nous croyons que Dieu triomphe de tout mal.
Et jusqu’à l’Evangile qui proclame la victoire sur la mort : « Soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. »

Renouvelés par le baptême, c’est bien jusqu’au plus profond de notre cœur que la grâce du Seigneur doit faire son chemin.
Mais cela ne peut se faire sans nous : nous devons vouloir que nos pensées soient converties, qu’elles fuient tout ce qui est négatif et nous emprisonne.
Cette vigile pascale requiert aussi notre volonté.
Dans quelques instants, nous allons renouveler notre profession de foi, mais auparavant, ces questions vont nous être posées : « Pour vivre dans la liberté des enfants de Dieu, renoncez-vous au péché ? »
Et encore : « Renoncez-vous à Satan, auteur et instigateur du péché ? »

Répondre chaque année à ces questions nous montre bien que le choix est toujours au présent ; c’est toujours dans le présent de notre vie que nous rencontrons la tentation, quelle qu’en soit la forme, et que nous devons la combattre, par la volonté, par certains choix concrets de vie, et bien entendu, par la grâce de Dieu.
Enfin, même si nous allons répondre au singulier à chacune des questions : « Je renonce », puis, « Je crois », répondons en nous appuyant les uns sur les autres.
Nous pouvons vraiment nous soutenir les uns les autres, tout ensemble dans le combat contre le mal, et aussi dans notre fidélité à Dieu.
C’est cela l’Eglise, l’Eglise qui naît de la Résurrection du Seigneur et du baptême, ce sont des frères et des sœurs qui se savent attentifs les uns aux autres, priant les uns pour les autres.
Chacun l’a expérimenté : à plusieurs on va plus loin, à plusieurs on est plus forts.

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