L’archevêque au stade… Il faut toujours une première fois
Il a fallu que j’atteigne presque soixante-six ans pour que je franchisse les portes d’un stade, en l’occurrence le bien-nommé stade de l’abbé Deschamps à Auxerre.
J’ai en effet été invité par les élus du Département à assister à un match de l’AJA ; l’archevêque d’Auxerre ne pouvait s’y dérober ni ne pas supporter l’équipe de la ville où il réside.
Je reconnais une certaine inquiétude à mesure que la date approchait. Comment cela se passe ? Comment accède-t-on ? Quel comportement faut-il avoir ? Assis ? Debout ? J’ai plutôt l’habitude de fréquenter les cinémas, les salles de concerts, les opéras, en France et à l’étranger, depuis de nombreuses années, et j’en connais les us et coutumes, mais… un stade de football !
Je me retrouve dans la situation que disent connaître les personnes qui n’ont pas l’habitude de franchir les portes des églises, pour une messe, une autre cérémonie. Mes questions sont les leurs : que dire ? Comment se tenir ? Debout ? Assis ? Etc. Beaucoup de catéchumènes nous disent que ces questions les traversent, et même les inquiètent et ont pu les empêcher d’aller à une messe, ignorant tout des comportements qu’il est bon d’y adopter.
Pour cette raison, les accompagnateurs vivent aussi leur mission comme initiant les catéchumènes, non seulement à la Bible, à la prière, à la connaissance de Dieu, mais aussi aux paroles et aux gestes de la liturgie. Ils se tiennent à leur côté pendant la messe, les éclairant sur les gestes, leur expliquant le sens de telle parole, de telle attitude.
Au stade, j’ai aussi bénéficié d’une telle initiation. Après mon entrée, quelqu’un m’a reconnu et m’a piloté jusque dans les salons d’accueil (je dois dire que j’avais une place VIP !).
Pendant le match, il suffit de suivre les mouvements de la foule ; de regarder le ballon comme les joueurs. On est vite dans le bain. Pourtant, j’aurais pu poser telle ou telle question à mes voisins, ma faible connaissance du football et de ses règles ne m’ont pas permis de savoir ce qui provoque un « hors-jeu » !
Mais c’est un peu comme la liturgie : il ne faut pas chercher à tout comprendre ; l’intelligence ne dit pas tout ; on se laisse porter par ceux qui en savent plus que vous, on est soutenu par leur enthousiasme.
Je dois quand même dire une chose : ce dimanche 7 décembre 2025, l’AJA jouait contre le FC Metz… et a gagné : 3/1 ! Je crois que l’équipe, les auxerrois, les icaunais, et les supporters avaient besoin de cela. L’AJA est remontée dans le classement.
Mes voisins ont attribué cette victoire à ma présence et à ma prière… ils espèrent que je reviendrai à l’abbé Deschamps pour qu’un tel score se renouvelle… Cependant, je n’étais pas sur le terrain, et heureusement pour l’équipe. C’est elle qui a gagné, les joueurs et les entraîneurs. Bravo ; et que cela continue.
