Dans notre prière
Le frère Noël, François Deney s’est éteint dans le désir de rejoindre son Seigneur, ce dimanche 17 novembre 2019, à l’EHPAD Saint-Didier de Rouvray.
François Deney est né à Cérons (Gironde) le 25 juillet 1925, premier de trois enfants. La carrière de son père, médecin de la marine, conduit la famille, au gré des affectations, de la Tunisie au Sénégal en passant par Brest et Toulon. Il vit beaucoup au bord de la mer, ce qui le marque durablement. Après ses études secondaires, il fait l’école des Arts Décoratifs puis les Beaux-Arts à Paris, de 1943 à 1952, année au cours de laquelle il est présenté au concours pour le Prix de Rome.
Le 20 octobre 1952, il arrive au monastère. Intégré au groupe des frères convers sous le nom de frère Noël, il fait profession temporaire le 15 août 1954 puis sa profession solennelle le 15 août 1957.
Au monastère sa vie est cachée et laborieuse : tour à tour, il est employé à la buanderie, à la cuisine durant huit années, puis cinq ans à l’imprimerie. En 1970, ses talents artistiques sont mis à profit aux éditions Zodiaque dont il assure la réalisation des croquis, cartes et plans
nécessaires à une meilleure compréhension des édifices romans présentés. Son style laisse une note de simplicité et de gaité au milieu de ces ouvrages très sérieux. Parallèlement il travaille pour la bibliothèque, ainsi qu’à l’entretien des vélos. Du fait d’un handicap à la colonne vertébrale qui lui impose le plus possible la position assise, la bicyclette est son moyen de détente privilégié. A partir de 1973, il participe au groupe Asie qui accompagne les moines bouddhistes coréens en séjour au monastère puis assure le lien avec les moines tibétains de Kagyu Ling en Saône et Loire.
Les déplacements devenant plus difficiles, il rejoint l’infirmerie, et depuis juillet dernier l’EHPAD de Rouvray, où il appréciait les soins qu’on lui prodiguait.
Artiste dans l’âme, il avait l’œil en alerte, le regard toujours plein d’humour sur la vie, les évènements et les personnes. Cet humour se conjuguait souvent avec amour, compassion et écoute bienveillante envers les êtres, sans exclure parfois une parole décalée pour déranger l’ordre trop bien établi... Fasciné par le mystère de Dieu, il portait en lui une ouverture, une soif d’absolu en laquelle se nourrissait sa prière.
Père Luc CORNUAU, Abbé
