Dans notre prière
Le frère Jean-Noël Bouloy s’est éteint dans l’espérance de la Résurrection, pendant les vêpres, ce mercredi 8 avril 2026, après une longue attente, à l’infirmerie du monastère.
Jean Noël naît le 24 novembre 1927, à Cuperly (Marne). Il est le 12e et dernier d’une famille d’agriculteurs. A 13 ans, il entre au Petit Séminaire de Châlons en Champagne où il fait sa scolarité jusqu’au baccalauréat.
Le 14 octobre 1946, il entre au monastère. Il fait profession temporaire le 17 novembre 1947. Une période de service militaire le mobilise de fin octobre 1949 à la fin octobre 1950. Le 8 décembre, il prononce ses vœux solennels, puis est ordonné prêtre le 30 mai 1953.
A partir de mai 1954, il est sous-maître au noviciat et le restera jusqu’en 1961. Assez vite, il rejoint l’équipe des imprimeurs. Il travaille au façonnage de 1955 à 1965, puis durant neuf ans à la fondeuse. En 1974, il devient hôtelier à Béthanie où il reste jusqu’à son départ pour la ferme, en 1979. Là il est responsable du groupe des frères qui vivent sur place. Il contribue à développer la fromagerie en diversifiant la gamme des fromages. Lorsque la ferme est confiée à des laïcs en 1988, il est envoyé au prieuré de Chauveroche. Là, il retrouve la vie d’une petite communauté de cinq frères. Il travaille à l’atelier des croix et prend une part active dans l’accueil des hôtes. En 2006, il revient à la Pierre-qui-Vire, où il retrouve le service d’hôtelier à Béthanie pendant cinq ans. Puis de 2011 à 2023, il aide au réfectoire des hôtes et gère la cave à fromages. Avec l’âge et la marche plus difficile, il demeure davantage en cellule, puis à l’infirmerie, où il conserve son autonomie jusqu’à ses dernières semaines.
Très actif, notre frère Jean Noël nous laisse le témoignage d’une grande générosité dans le don de lui-même, dans la prière, dans la vie communautaire et le travail. La perte de mobilité et l’isolement qu’elle a impliqué, ainsi que la baisse progressive de la vue lui ont coûté. Très attentif aux mots, il savait en jouer avec humour, mais aussi nous dire quelques convictions pointues avec force. Il cherchait toujours comment être mieux ajusté devant le mystère de la vie et de Dieu, pour éviter de se payer trop facilement de mots. Ses prises de parole devant les hôtes ou lors des homélies n’étaient jamais anodines. Son courage, sa gentillesse et son désir de Dieu nous ont touchés toutes ces dernières années.
Avec action de grâce, nous confierons notre frère à la Miséricorde de Dieu, au cours de l’eucharistie ce samedi 11 avril à 11 heures.
Il sera inhumé dans le cimetière du monastère à la suite de la célébration.
Père Luc CORNUAU, Abbé
