Dans notre prière
Frère Antoine, Paul Courcier s’est éteint dans l’espérance de la Résurrection, le mercredi 17 septembre 2025 vers 15 h 30, à l’hôpital d’Avallon.
Né à Oujda, au Maroc, le 18 janvier 1932, Paul passe là avec son frère et sa sœur, ses années d’enfance jusqu’à 16 ans. Son père travaille au cadastre pour le Royaume du Maroc. Revenu en France à Nice, sa scolarité est difficile. A 17 ans, il vit une conversion, une expérience spirituelle décisive de l’Amour de Dieu. Peu à peu, il chemine vers l’Église Catholique dans laquelle il avait été baptisé enfant. Après son premier bac, il entre dans l’école du Tourisme qui le conduira à travailler pour Air France à l’aéroport de Nice. Le 1er novembre 1954, il part pour l’armée et participe à la guerre d’Algérie de 1955 à 1957.
Début janvier 1958, malgré l’opposition de sa famille, il entre à la Pierre-qui-Vire où il reçoit le nom d’Antoine. Il fait sa profession temporaire le 12 février 1959, et suit la formation théologique. Il fait profession solennelle le 23 avril 1962, et est ordonné prêtre le 5 juin 1965.
De 1966 à 1975, frère Antoine est sous-cellérier, chargé de donner le travail à de nombreux frères. Puis il prend la charge de la cuisine jusqu’en 1986. Il devient alors infirmier après avoir suivi une formation aux soins à l’hôpital de Montbard. En 2007, il intègre l’équipe des hôteliers. Ses conférences sont appréciées des hôtes. Parallèlement, il participe à la vie de notre diocèse en étant membre durant plusieurs années du Conseil presbytéral, puis de l’équipe des exorcistes.
En 2021, commence la dernière période de sa vie, plus retirée en cellule. Lorsque la santé se fait plus fragile, il vient à l’infirmerie tout en participant aux repas communautaires.
Frère Antoine a tracé avec générosité et persévérance son chemin de moine, ce que ses proches n’auraient jamais imaginé pour lui. Son expérience personnelle lui donnait de confesser avec assurance sa foi dans une belle liberté. Volontiers provocateur, son humour était peut-être sa manière de mettre un voile pudique sur sa vie plus profonde avec Dieu. Parfois un peu compliqué, il pouvait exercer la patience de ses frères. Il nous laisse le visage d’un frère délibérément confiant en la miséricorde de son Dieu, et donné à sa communauté.
Avec action de grâce, nous avons confié notre frère à la Miséricorde de Dieu, au cours de l’eucharistie le samedi 20 septembre à 11 heures.
Il a été inhumé dans le cimetière du monastère à la suite de la célébration.
Père Luc CORNUAU, Abbé
