Parlons finances diocésaines — Diocèse de Sens & Auxerre

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Parlons finances diocésaines

Il est bon de le rappeler, le diocèse dispose de réserves financières relativement importantes ; elles sont le signe de la bonne gestion qui a présidé son fonctionnement. Je pourrais me dire que, ces réserves, me permettent de poursuivre le chemin en équilibrant le budget de fonctionnement en puisant dans ces réserves. Etant donné les années durant lesquelles je vais être dans l’Yonne, cette manière de faire n’épuisera sans doute pas les réserves et m’évitera de faire des réformes douloureuses.
Une telle attitude ne serait pas responsable. Et puis, elle détournerait le sens de ces réserves : elles sont utiles pour des projets, des innovations pastorales et non pour combler les déficits. Mon projet est donc de travailler à équilibrer le budget de fonctionnement ordinaire du diocèse ; ce qui n’est pas le cas depuis plusieurs années.

Pour ce faire, chacun connaît le chemin : développer les recettes et baisser les dépenses.
Le développement des recettes est quelque chose sur quoi nous n’avons pas de prise directe. En effet, l’Eglise catholique vit de dons, elle ne lève pas l’impôt. Plusieurs moyens sont cependant disponibles. D’abord faire évoluer le montant des offrandes faites à l’occasion des sacrements et des célébrations (c’est ce que l’on appelle le casuel). Nous avons choisi d’avoir un casuel identique dans les diocèses de la Province ecclésiastique de Dijon. Ces offrandes sont toujours un montant indicatif ; nous savons que certains n’auront pas la possibilité de donner cette somme, alors que d’autres choisiront d’en dépasser le montant.
Les autres ressources sont aléatoires. Ce sont les quêtes, tant des dimanches, des fêtes, que des autres sacrements et liturgies. Depuis quelques années ces sommes sont en augmentation. Et il y a enfin le denier de l’Eglise. Les personnes qui donnent régulièrement sont aussi très régulièrement sollicitées… au risque de provoquer leur lassitude. Tout le travail de l’économat est de s’adresser à de nouvelles personnes, donateurs potentiels, qui ignorent le denier et son sens. Ceci passe, dans le respect de la loi, par l’utilisation des adresses des personnes qui ont demandé un service à l’Eglise et ont accepté de recevoir des communications de la part du diocèse. Exploiter un fichier déjà existant sans l’enrichir, consiste le plus souvent à travailler en pure perte, et à provoquer la lassitude des destinataires.

L’autre volet d’action consiste à baisser les dépenses. On sait que la chose n’est souvent guère populaire, la difficulté à établir un budget pour le pays illustre cela. Cependant, dans le diocèse, des leviers existent et sont utilisés. D’abord travailler sur toutes les dépenses courantes (énergie, fluides, outils de communication, etc.) pour revoir les contrats, établir des devis, etc. Ensuite, il s’agit de gérer au mieux l’immobilier dont, ou le diocèse, ou les paroisses sont propriétaires. On peut certes estimer que tout est nécessaire et indispensable, mais… lorsqu’une salle paroissiale, ou un presbytère où aucun prêtre ne réside plus, ne sert qu’une fois par semaine, voire une fois par mois… cette nécessité reste à démontrer. Ce bâtiment représente des charges, et, peu occupé, peu entretenu, il se détériore. Il y a encore devant nous un travail d’audit immobilier à réaliser.
De tels choix permettront de pouvoir consacrer un peu plus de dépenses pour les personnes. En effet, l’annonce de l’Evangile, ce sont des personnes, et les paroisses comme les services diocésains ont besoin de personnes, formées, compétentes, pour assurer telle ou telle mission. Je préfère me séparer de murs que des personnes. Dans un monde idéal – mais le serait-il vraiment ? on pourrait n’avoir à jamais choisir ni décider, ou bien, « choisir tout » ; dans le monde réel on n’est capable de dire « oui » que si, en même temps, on sait dire « non ».
Ces réflexions que je vous propose n’ont de pertinence que si elles sont accompagnées d’une information complète sur les réalités financières du diocèse, comme des paroisses. C’est la raison pour laquelle, chaque année, diocèse et paroisses rendent leurs comptes publics. Je crois qu’il est toujours juste de s’appuyer sur la capacité de chacun à mesurer des enjeux pour lui permettre de prendre des décisions, dont celle de contribuer à la vie de sa paroisse et de son diocèse.
Je sais que les règles du marketing aiment jouer sur l’émotion. Pour soutenir une œuvre humanitaire, on choisira un visuel qui montre un enfant malnutri, plutôt que de proposer une analyse sur les désordres du monde qui expliquent pourquoi cet enfant ne mange pas à sa faim. Pour l’Eglise, là aussi, on choisira l’image d’un prêtre souriant en train d’accueillir des fidèles (ce qui est en soi très bien) plutôt que de présenter les équilibres financiers d’un diocèse et les choix qui doivent être faits. J’ai l’heur de penser que l’intelligence de chacun peut être sollicitée, et pas seulement la réaction émotive. L’Eglise, comme toute réalité de la vie sociale, est constituée de personnes qui en sont pleinement les actrices et les acteurs ; l’information, précise et exhaustive leur est due.

Je vous remercie de m’avoir lu jusqu’ici ; je vous remercie de porter avec moi la vie de notre Eglise dans l’Yonne.

Mgr Pascal Wintzer, le 2 décembre 2025

 

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