Dix-septième méditation : Samedi 21 novembre 2020 — 16. Paroisse Saint-Germain d'Auxerre

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Dix-septième méditation : Samedi 21 novembre 2020

Mémoire de la Présentation de la Vierge Marie, à partir de l’Évangile de la messe du jour: Lc 20, 27-40.

Texte de référence

Dans l’Évangile de ce jour, nous assistons à une controverse initiée par un groupe de Sadducéens qui tentent de décrédibiliser la foi en la Résurrection et qui tend un piège à Jésus en lui présentant une de ces situations humaines impossibles comme il en existe tant : une femme épousant successivement sept frères décédant l’un après l’autre, sans laisser d’enfants. S’il y avait une résurrection — disent-ils —  la situation serait impossible à gérer; cette femme ne pourrait être l’épouse de sept hommes..., c’est donc sans doute qu'il n’y a pas de résurrection… Le raccourci est tragiquement injuste mais il est valable dans une certaine logique, une logique dans laquelle la réalité du divin doit se plier à celle du mondain. 

            La réponse du Christ remet les choses en place à partir de la réalité essentielle qu’est la réalité de Dieu. Si l’on veut comprendre ce que sera la Résurrection, la réponse de Dieu à la mort, au péché, au mystère du mal sous toutes ses formes, il ne faut pas partir des possibilités de ce monde tel que nous le voyons… celui-ci est marqué par le péché, par la loi de la mort… et nous en faisons l’expérience dans toute notre vie à chaque deuil, à chaque division, à chaque humiliation. Nous oublions trop souvent que Dieu n’est en rien responsable de l’œuvre du Démon; qu’Il combat sans cesse, dans chaque vie, contre tous les règnes de l’adversaire qui jette la mort aux quatre coins du monde. Ce n’est donc pas en partant de la grammaire d’un monde prisonnier que l’on pourra comprendre l’annonce de la Liberté venant de Dieu. C’est dans ce sens qu’il faut entendre les mots prononcés par Jésus dans sa réponse aux Sadducéens : « Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Tous, en effet, vivent pour lui ». 

            Oui! c’est à partir du Dieu vivant, face auquel tout ne peut être que vivant, qu’il faut chercher à envisager la réalité qui nous attend. La Résurrection promise par le Christ ne peut être comprise qu’à partir de deux points de vue : à partir de ce que Dieu a révélé de Lui-même, et à partir de ce que notre cœur désire. Tout d’abord, Dieu s’est révélé comme le Dieu des vivants dans toute l’histoire humaine tissée de tant de morts, Il a fait briller sa face sur des esclaves, des malades, des aveugles, des exilés, des pécheurs et Il leur a rendu la Liberté, la santé, la vue, la terre et la vie en guise de révélation de ce qu’Il est…! Comment pourrions-nous enfermer sa promesse dans les lois étriquées qui nous tiennent aujourd’hui encore sous leur joug? Le deuxième point de vue est celui du Désir de l’homme. Tout homme, croyant ou non, garde en lui ce sens profond d’une Création faite pour la Vie. L’homme image de Dieu, sait, quand il consent à être poète, rêveur, ou amoureux, que ce monde défiguré par la mort a été créé pour la Vie… Quand il est honnête avec son cœur, l’homme confronté à la mort, n’est jamais résigné; au contraire, il aspire de tout son être à une réalité qu’il ne sait plus, ou pas encore nommer : la réalité du Royaume pour lequel ce monde a été fait, et dont l’homme est le sommet, et en quelque sorte le gardien, dans sa conscience en quête de Dieu.

            Chrétiens, nous avons vu le Christ vivant, au matin de Pâques; en Lui, la victoire promise à tous resplendit déjà, et nous voyons briller dans sa chair la plénitude de la Création renouvelée, rendue capable du Royaume pour l'éternité. Acceptons que Dieu ait semé en ce monde le germe du Royaume qui vient, au lieu de tenir le Royaume et son Roi libérateur dans les fers de notre rationalisme possessif…