Douzième méditation : Lundi 16 novembre 2020
Le livre de l’Apocalypse a été écrit dans un climat de persécutions violentes contre l’Église, dans une sorte de langage codé pour que les Chrétiens lisent entre les lignes de ce livre extrêmement imagé, et soient capables d'y reconnaître leurs épreuves et se souviennent des promesses de Dieu qui n’abandonne pas ses enfants dans la peine.
Au tout début du chapitre 2, le Seigneur s’adresse à l’ange de l’Église d’Éphèse, qui représente les disciples du Christ dans cette Cité d’Asie mineure, en lui disant : «Je connais tes actions, ta peine, ta persévérance, je sais que tu ne peux supporter les malfaisants ; tu as mis à l’épreuve ceux qui se disent apôtres et ne le sont pas ; tu as découvert qu’ils étaient menteurs. Tu ne manques pas de persévérance, et tu as tant supporté pour mon nom, sans ménager ta peine. Mais j’ai contre toi que ton premier amour, tu l’as abandonné. Eh bien, rappelle-toi d’où tu es tombé, convertis-toi, reviens à tes premières actions. »
En ce temps-là comme aujourd’hui et comme dans tous les temps troublés — qui, rappelons-le, sont majoritaires dans l’histoire du monde, il suffit de regarder l’histoire du XXème siècle pour s’en souvenir — Dieu garde les yeux et la main sur nous; Il sait, Il connait les difficultés que nous rencontrons communautairement et personnellement, et, à la différence de ceux qui nous entourent, Dieu connait les combats que nous menons en nous-mêmes contre les injustices et les tentations des malfaisants.
Dieu insiste plus particulièrement ici pour nous mettre en garde contre les faux-apôtres et leurs mensonges. Si Dieu a instauré le collège des apôtres et si dans le mystère de l’Église, ce collège des apôtres se prolonge historiquement dans le collège des évêques, c’est pour que l’Église ne soit pas livrée aux tiraillements de tous les appétits de pouvoir et à tous les vents de folie. La grâce qui est donnée aux Pasteurs de l’Église ne fait pas d’eux des super-chrétiens, ou des plus-saints-que-les-autres, mais elle leur donne la responsabilité de l’Unité et de la Mesure. Aujourd’hui alors que des prophètes de malheur et des apôtres de tous les complotismes s’insinuent dans nos doutes, nos tristesses et nos inquiétudes, ne nous divisons pas et serrons nous les uns contre les autres avec nos Pasteurs. Du désir de l’unité naissent bien des conversions intérieures qui ne seraient peut-être pas possibles de la même manière en dehors de l’épreuve…
Oui, nous aussi nous avons à supporter encore des épreuves qui ne nous sont pas envoyées par Dieu, mais qu’Il utilise pour nous faire grandir. Les épreuves de cette crise sanitaire sont nées dans le mystère du mal, mais Dieu ne se résout jamais à laisser le mal agir… Il vient secrètement nous rejoindre dans nos épreuves et il transforme le mal pour en faire un lieu de conversion. Ces temps sombres sont habités par sa présence et par sa promesse de ne jamais nous abandonner. S’il est présent au milieu de nous, jusque dans nos peurs et nos solitudes, qui pourrait nous détruire? qui pourrait nous empêcher d’en faire un chemin de vie?
Si, comme les chrétiens d’Éphèse du temps de l’Apocalypse, nous avons abandonné notre premier Amour, même un jour, même un instant, convertissons-nous et revenons à la source de nos vies. Croyons aussi que l’Église, même marquée par le péché de ses enfants, demeure le lieu dans lequel nos conversions peuvent s’épanouir et porter du fruit pour le monde; ne nous séparons pas les uns des autres; restons unis.
Pour prolonger la prière :
Retourne mon âme à ton repos, car le Seigneur t’a fait du bien.
Il a gardé mon âme de la mort, Il essuiera pour toujours les larmes de nos yeux.