Sixième méditation : Mardi 10 novembre 2020 — 16. Paroisse Saint-Germain d'Auxerre

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Sixième méditation : Mardi 10 novembre 2020

à partir de la Première Lecture du jour: Lettre à Tite 2, 1-8. 11-14.

Texte de référence

« Car la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. Elle nous apprend à renoncer à l’impiété et aux convoitises de ce monde, et à vivre dans le temps présent de manière raisonnable, avec justice et piété, attendant que se réalise la bienheureuse espérance : la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, Jésus Christ. » Par ces mots, saint Paul nous replace salutairement face à la grandeur du Salut qui est apporté par le Christ; Jésus n’est pas un vague prophète, un envoyé céleste qui serait venu sur la terre pour nous apporter quelques bonnes paroles de la part de Dieu, qui aurait souffert pour apaiser la colère d’un Dieu pervers, et serait reparti après avoir montré sa puissance en sortant vivant du tombeau. Jésus, dans son humanité vulnérable, proche, et en tout point semblable à la nôtre (hormis le péché), est la Manifestation de la Grâce de Dieu… Par sa vie, ses gestes, sa présence, ses paroles et ses silences, il a rendu accessible cet immense mystère qu’est la Grâce : la Grâce dans laquelle l’univers a été créé et sauvé, cette Grâce qui est première, originelle, sans laquelle rien ne saurait naître, survivre, et encore moins aspirer à la Vie, cette Grâce qui est aussi dernière, finale, récapitulatrice, a été manifestée dans la chair du Christ, l’Alpha et l’Oméga. En le contemplant, Lui, le Christ, nous comprenons que l’Évangile, la Bonne Nouvelle, n’est pas un livre mais une personne... nous comprenons aussi que la Grâce n’est pas une chose, une énergie, un bien spirituel comme un autre que nous pourrions acquérir, posséder, échanger... mais qu’elle est Dieu Lui-même se révélant, se livrant, se donnant à nous sans que nous puissions jamais le posséder. C’est dans la Relation au Christ que nous sommes sauvés, que ce monde est sauvé. Le Salut n’est pas une chose mais une relation avec Lui «car il s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien ». Pendant ces temps troublés, demandons à Dieu la force de ne pas nous laisser happer par les tentations de réduire la foi chrétienne à une croyance magique, à une superstition de plus…. La foi en Christ est vaste, haute, spacieuse, exigeante, profondément émouvante et splendide, à condition d’être respectée dans son irréductible complexité. Les caricatures que nous en faisons souvent par raideur et par peur de l'inconnu, sont ni plus ni moins qu’une défiguration de Dieu aux yeux du monde… Le pire des blasphèmes viendra toujours des croyants qui, plein de bonnes intentions réduisent Dieu à leurs gribouillis superstitieux. Prions les uns pour les autres, et prions pour l’unité de notre Église.