Treizième méditation : Mardi 17 novembre 2020 — 16. Paroisse Saint-Germain d'Auxerre

Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Treizième méditation : Mardi 17 novembre 2020

à partir de l’Évangile de la messe du jour : Lc 19, 1-10

texte de référence

    « Zachée, descends vite; aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. »   
Zachée cherchait à voir Jésus qui allait passer et le voilà montant dans son fameux sycomore… Nous connaissons par coeur ce passage de l’Évangile selon saint Luc, mais nous ne attardons pas toujours sur les mots de Jésus que j’ai choisi de proposer à notre méditation : Jésus demande à Zachée de descendre rapidement de cet arbre d’observation lointaine pour pouvoir aller demeurer chez lui. 
    Dieu s’est incarné, nous le redisons à chaque fois que nous proclamons la foi de l’Église; qu’est-ce à dire? qu'Il s’est fait chair pour se faire proche, pour habiter l’intimité avec les hommes; Qu’est-ce à dire? Il s’est fait homme pour rejoindre tout homme et pas seulement la part de ceux qui le cherchent. Dans les religions, quelles qu’elles soient, des hommes ont ouvert des voies à la recherche du Ciel, mais dans la Révélation chrétienne, c’est Dieu qui a ouvert une voie vers le monde et qui s’y est engagé lui-même. En le faisant, librement, par Amour, pour conduire la création à son achèvement, Il remettait en cause les idées naturelles charriées dans tous les réflexes religieux de l’homme : Il remettait en question et invalidait profondément l’enfermement de Dieu dans une éternité, une immuabilité et une distance que l’homme déclarait « convenables ». 
    Que serait l’idée d’un Dieu proche, partageant avec l’homme la table, la route et l’amitié? Quelle que soit la réponse que nous apportons personnellement à cette question qui nous semblera toujours un peu incongrue, dérangeante, nous ne devons pas oublier la force de l’Évangile: c’est Dieu Lui-même qui est venu partager notre condition humaine, pas une émanation diminuée, pas un messager, mais le Fils éternel qui est Dieu de toute éternité! 
    C’est ce Dieu-là qui s’adresse à Zachée et à chacun d’entre nous aujourd’hui: « il faut que j’aille demeurer dans ta maison ». Ne diminuons pas l’étonnement par des interprétations symboliques alambiquées : l’appel qu’Il nous lance est véritablement lié à notre accueil de sa Présence dans nos espaces d’intimité… là où nous ne nous risquons qu’à une petite prière parfois, réservant la véritable Rencontre à l’assemblée eucharistique de nos dimanches. Il nous faut réapprendre à accueillir Dieu chez nous, pour que la vie de la communauté chrétienne soit amplifiée par toutes ces vies d’intimité avec le Dieu vivant. Ces temps douloureux nous apprendront peut-être que la valeur de la messe prend tout son sens dans des vies habitées par le désir de Dieu et par sa venue inattendue. J’ai besoin, comme vous d’accueillir Dieu chez moi, de le fréquenter dans ma maison de pierres et de bois, comme dans celle de mon âme, pour que notre Église soit toujours plus faite de pierres vivantes.